Infobrèves

Toutes les dernières brèves sélectionnées et vérifiées par la fine équipe de journalistes de Là-bas ! Envoyez-nous vos infos à infobreves@la-bas.org.

25 novembre 2020 à 17h37min

Mise en concurrence du 39.19, le numéro d’appel d’urgence pour les femmes victimes de violences

152. 152, c’est le nombre de féminicides recensés en 2019.

7 000, c’est le nombre d’appels hebdomadaires enregistrés pendant le premier confinement par le 39.19, le numéro d’appel d’urgence pour les femmes victimes de violences

Géré depuis sa création en 1992 par un réseau d’associations spécialisées, le 39.19 est aujourd’hui soumis à une mise en concurence.

Dans un contexte de crise sanitaire et de confinement qui ont vu les chiffres de signalement de violences domestiques bondir, et après un grennelle des violence faites aux femmes en demie-teinte dont les mesures ont souvent été jugées insuffisantes, cette privatisation rampante est donc la réponse aux demandes que les associations d’aide aux femmes formulent depuis des mois : l’allocation de fonds complémentaires pour l’ouverture du service 24/24 en 2021.

Dans un communiqué ce mardi 17 novembre, la FNSF (Fédération Nationale Solidarité Femmes) ainsi que 21 autres signataires s’indignent : « La lutte contre les violences et la protection des femmes est une cause d’intérêt général et non une activité marchande à laquelle on peut appliquer les lois du marché. »

Le projet de loi de Sécurité globale adopté par l’Assemblée nationale

L’Assemblée nationale a adopté ce mardi 24 novembre à 17h56 le projet de loi de Sécurité globale à une très large majorité, 388 voix pour, 104 contre et 66 abstentions. Sans surprise, la majorité parlementaire a voté comme un seul homme malgré quelques dissensions et a pu compter sur le soutien du Rassemblement national à ce texte.

Le projet de loi devrait être examiné à partir de janvier au Sénat. Mais, comme il passe en procédure accélérée, il ne bénéficiera pas d’une seconde lecture par l’Assemblée nationale. Le premier ministre Jean Castex, a annoncé aujourd’hui qu’il saisirait lui-même le Conseil constitutionnel à propos de l’article qui vise à pénaliser la diffusion de l’image des policiers « à des fins malveillantes » (sic).

De nombreuses associations, ONG, syndicats de journalistes et citoyens appellent à une nouvelle manifestation ce samedi 28 novembre à 14h à Paris au départ de la place de la République.

Vous trouverez en cliquant ici le détail des votes des parlementaires, pour savoir qui a voté quoi sur ce texte.

(photo : vote solennel de la « proposition de loi relative à la sécurité globale »)


Jésus a-t-il existé ? Gérard Mordillat vous répond

Suite à notre émission « Pour l’enseignement du fait religieux à l’école », nous avons reçu de nombreux commentaires, dont certains s’interrogent sur l’existence historique de Jésus. Gérard Mordillat leur répond :

« Les ami-e-s,

Contrairement aux âneries débitées par Onfray par exemple, il n’y a aucun doute sur l’existence d’un juif nommé Jésus, crucifié par les Romains sous l’accusation de roi des Juifs. La crucifixion et le titre de la croix, dans l’évangile selon Marc, étant même pour les historiens les plus radicaux les deux points où l’on peut affirmer que la tradition évangélique touche à l’histoire. En réalité, derrière la négation de l’existence historique de Jésus, il y a la négation de sa judéité. On veut bien que Jésus n’existe pas, qu’il soit un alien, un spectre ou je ne sais quoi, mais on ne veut surtout pas qu’il soit un juif du premier siècle, exécuté par les Romains comme tant d’autres. Partant de là, il ne faut pas confondre le Jésus historique et le Jésus-Christ de la chrétienté. Henri Barbusse l’a dit de façon définitive : « du temps où vivait Jésus, il n’y avait pas de Jésus-Christ ; quand Jésus-Christ est apparu, il y avait longtemps que Jésus était mort ». Donc cessons ce débat stérile et ridicule : cessons de penser comme des catholiques déçus de leur religion et ignorant leurs textes fondateurs.

En ce qui concerne Mahomet et Ali (troisième personnage de l’islam), l’analyse est la même : du Mahomet historique on ne sait rien, le Coran est quasiment muet à son sujet et sa figure construite à partir de textes rapportés deux siècles après sa mort ; idem pour Ali dont, d’après les chiites, tout ce qui le concernait a été effacé du texte sacré par ses ennemis et sa figure reconstruite ultérieurement par ses partisans. Comme pour Jésus, il y a un gouffre entre le Mahomet historique et le Mahomet de la foi, remis en selle par le calife Abd Al-Malik après soixante-dix ans de silence. Quant à Ali, c’est et demeura un fantôme ; ce qui ne signifie pas qu’un Ali historique n’a pas existé…

L’injonction fondamentale des rabbins, c’est de scruter les lettres. N’hésitons pas à le faire. Vive l’historico-critique ! »

Gérard Mordillat
19 novembre 2020 à 16h39min

Proposition de loi Sécurité globale : la liberté d’informer attaquée lors du rassemblement pour le droit à l’information

De nombreuses rédactions, dont celle de Là-bas si j’y suis, dénoncent les agressions récentes contre la liberté de la presse et plus généralement contre la liberté d’informer le public, et appellent à un rassemblement ce samedi.


Les organisations signataires de l’appel au rassemblement contre la proposition de loi (PPL) Sécurité globale se félicitent du succès de la mobilisation à Paris et dans toute la France. Elles dénoncent avec fermeté les violences et menaces à l’encontre de journalistes, commises par des forces de l’ordre à la fin de ce rassemblement pacifique.

Mobilisation citoyenne de grande ampleur

Alors que le Parlement a débuté l’examen de la proposition de loi Sécurité globale, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans de nombreuses villes en France pour dénoncer les atteintes à la liberté d’informer et de manifester, et la volonté manifeste d’une surveillance globalisée des citoyens.

Ces divers rassemblements ont mobilisé en peu de temps malgré la situation sanitaire. Cela démontre l’étendue des inquiétudes face aux risques de reculs majeurs des libertés publiques contenus dans la PPL. Ces craintes ont été exprimées par des syndicats, des sociétés, des associations et des collectifs de journalistes et de réalisateurs de documentaires, mais aussi des collectifs de familles victimes de violences policières, des associations de défense des libertés, des citoyens, des parlementaires de différentes couleurs politiques. Elles trouvent écho dans les alertes respectivement prononcées par le Défenseur des Droits, la Commission Consultative des droits de l’homme, ainsi que les rapporteurs spéciaux des droits de l’Homme de l’ONU.

Atteintes à la liberté d’informer à Paris...

Ce succès populaire a malheureusement été terni par ce que nous avons dénoncé, ensemble, lors des différents rassemblements. Ainsi, des atteintes à la liberté d’informer ont été commises par des membres des forces de l’ordre en fin de rassemblement à Paris. Un policier a donné l’ordre de quitter les lieux à des journalistes sous peine de les arrêter pour participation à un attroupement (1).

Tangi Kermarrec, journaliste à France 3 Ile-de-France, et Hannah Nelson, journaliste pigiste au média Taranis News, ont été interpellés, violemment pour cette dernière, et placés en garde-à-vue pour participation à un attroupement après sommation et dissimulation du visage ! En pleine pandémie de Covid et alors qu’un tel délit est contraire au droit international !

Au moins six reporters d’image ont également été pris pour cible. Trois d’entre eux ont subi des violences, notamment des coups de matraque. Deux autres ont été menacés d’interpellation et empêchés de faire leur travail d’information, sous prétexte selon le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qu’ils ne se seraient pas accrédités auprès de la préfecture avant de couvrir une manifestation sur la voie publique. Deux observateurs de l’Observatoire parisien des libertés publiques (portant une chasuble Ligue des droits de l’Homme et un casque siglé LDH et SAF) ont également reçu des coups.

… et en régions

À Bayonne, un photojournaliste de Mediabask a été menacé par des forces de l’ordre alors qu’il couvrait une manifestation contre la PPL Sécurité globale. À Toulouse, un journaliste de Reporterre a également été pris à partie par un CRS alors qu’il lui montrait sa carte de presse.

La dispersion du rassemblement de Paris été décidée en vertu du nouveau Schéma national de maintien de l’ordre (SNMO), qui s’appuie sur la loi contre les attroupements de 2012. Pour le SNMO, les requérants (des syndicats de journalistes et la LDH), dont le juge des référés n’a pas estimé l’urgence, vont au fond devant le Conseil d’État pour le contester.

Dans le même temps, certains syndicats de policiers ont mené des attaques de cyberharcèlement sur les réseaux sociaux contre plusieurs journalistes.

Nous, signataires de ce texte, dénonçons avec fermeté ces agressions honteuses contre la liberté de la presse et plus généralement contre la liberté d’informer le public, et témoignons notre entière solidarité envers les journalistes et les observateurs citoyens pris pour cible, de manière gratuite.

Ces attaques renforcent notre détermination à combattre les dérives liberticides contenues dans cette proposition de loi.

Rassemblement ce samedi à 14h30 à Paris.

Nous donnons rendez-vous à tou.te.s les citoyen.ne.s soucieuses des libertés publiques et républicaines, ce samedi 21 novembre à 14 h 30, à Paris, sur le parvis des droits de l’Homme, place du Trocadéro, comme dans de nombreuses autres villes.

Paris, le 19 novembre 2020.

Signataires :
SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes, SGJ-FO - LDH - Collectif REC (Reporters en Colère) - Là-bas si j’y suis - Association de la presse judiciaire - la Société des réalisateurs de films (SRF) - la Guilde des auteurs-réalisateurs de reportages et de documentaires (Garrd) - Rédaction de L’Humanité - SDJ du MédiaTV - Profession : Pigiste - Union des Clubs de la presse de France et francophones - Acrimed - Collectif La Meute - Reporterre - Mr Mondialisation - Macadam Press - Divergence Image - le Groupe 25 Images - Société des rédacteurs du Monde - SDJ France 3 National - Collectif OEIL - Société des journalistes et du personnel de Libération (SJPL) - SDR Europe 1 - SDJ de Challenges - SDJ de Télérama - SDJ Médiapart - SDJ France Inter - SDJ France Info (radio) - SDJ France 2 - SDJ Les Echos - SDJ AFP - SDJ BFMTV - SDJ Paris Match - SDR du Monde – SDJ du Figaro – SDJ du Point – SDR de l’Obs – Société du personnel de l’Humanité – SDJ de RFI – SDJ de 20 minutes – SDJ de M6 – SDJ du JDD – SDJ de Challenges – SDJ du Parisien/Aujourd’hui en France – SDJ de France Culture – Société civile de Sud-Ouest – SDJ de l’Express – SDJ de Premières lignes – SDJ de la Tribune – SDJ de Courrier international – SDJ de la Vie – SDJ de RTL – SDJ de franceinfo.fr - Attac – Amnesty International France - Union syndicale Solidaires - Association des cinéastes documentaristes - (et dans l’attente de nouvelles signatures)

18 novembre 2020 à 10h52min

Manifestation massive contre la loi « sécurité globale » devant l’Assemblée Nationale

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté hier soir à Paris et dans de nombreuses villes de France contre le projet de loi dit de « sécurité globale ».

Le rassemblement à Paris devant l’Assemblée nationale était massif et joyeux, avant d’être noyé sous les lacrymogènes et les canons à eau sur les coups de 21h30. Mais voici l’image de la soirée, pour se redonner un peu de courage, avec la Fanfare invisible qui « chante des chansons d’espoir, qui parlent de la liberté » :

Dans cette manifestation dont l’objet était justemment de défendre le droit d’informer et d’être informé, de nombreux journalistes ont encore subi des entraves et des violences de la part de policiers. Plusieurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux, on y voit les journalistes Simon Louvet (Actu Paris) et Rémy Buisine (Brut) se faire matraquer, les reporters Clément Lanot (Line Press) et Taha Bouhafs (Là-bas) être bousculés et intimidés, et, plus grave, la jeune photo-reporter de 18 ans Hannah Nelson (Taranis) être trainée au sol par les cheveux et placée en garde à vue.

Un rassemblement a lieu à 15h devant le commissariat du 10e arrondissement pour exiger sa libération.

Le texte discuté à l’assemblée divise au sein de la majorité. Véritable fourre-tout sécuritaire, il mélange des choses aussi différentes que l’interdiction de diffuser le visage des policiers, l’assouplissement des règles du port d’armes pour les agents, ou la généralisation de l’utilisation des drones sur la voie publique.

17 novembre 2020 à 09h52min

Le Sénat vote en catimini le recul de l’âge de départ à la retraite à 63 ans !

Coup de théatre au Sénat ce samedi. En plein état d’urgence sanitaire, à l’occasion des débats sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale (qui supprime encore des lits), la majorité de droite du Sénat a fait revenir par un amendement inattendu la réforme des retraites : report de l’âge de départ et allongement de la durée des cotisations.

Un amendement adopté à 19h samedi 14 novembre qui repousse l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans pour tout le monde dès 2025, et allonge la durée de cotisations à 43 ans.

Si la disposition a peu de chances de survivre à l’aller-retour à l’Assemblée nationale, la ministre des Solidarités Brigitte Bourguignon, loin d’être outrée par cette tentative de passer en catimini un projet combattu pendant des mois par les français, a simplement jugé l’initiative « prématurée ».

(photo : twitter de la sénatrice communiste Laurence Cohen)

16 novembre 2020 à 13h22min

Filmer est un droit : appel à manifester contre la loi de « Sécurité globale »

La loi de « sécurité globale » qui vise notamment à interdire la diffusion d’images de policiers sera votée à l’Assemblée nationale demain, mardi 17 novembre. De nombreuses associations, syndicats, journalistes et familles de victimes appellent à un rassemblement à 18h demain devant l’Assemblée nationale pour s’opposer à cette loi de « censure globale ».

La ligue des droits de l’Homme a mis à disposition sur son site une attestation dérogatoire en vue de participer à une manifestation pour le 17 novembre.

4 novembre 2020 à 19h26min

Affaire de l’Île-Saint-Denis : un policier poursuivi pour injures racistes

« Un bicot comme ça, ça nage pas, ça coule ! » Le 26 avril dernier, une vidéo montrait des violences policières et des insultes racistes contre un homme qui s’était jeté dans la Seine pour échapper aux policiers. Nous avions recueilli le témoignage de cet homme, Samir. Deux policiers avaient été suspendus suite à la diffusion de ces images.

Ce mercredi 4 novembre, le procureur a décidé de poursuivre pour « injures à caractère raciale » Pierre C. le policier qui avait traité Samir de « bicot ».

L’audience aura lieu le jeudi 4 mars 2021 en correctionnelle. En revanche, le procureur n’a pas retenu les violences policières, car selon lui, « l’infraction ne paraissait pas suffisamment caractérisée ».

L’avocat de Samir prévoit quand même de faire citer ces policiers pour « violences par personnes dépositaires de l’autorité publique et à caractère raciste ».

4 novembre 2020 à 12h42min

DEMAIN, INTERDIT DE FILMER LA POLICE ?

Une proposition de loi dite de « sécurité globale » doit être examinée à partir de ce mercredi 4 novembre par la commission des Lois de l’Assemblée nationale. Rédigé par le député La République en marche Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du Raid, l’article 24 inquiète particulièrement les associations et les journalistes : l’interdiction de diffuser le visage des policiers. Une disposition qui représente une véritable entrave à la liberté d’informer. Rappelons que ce sont bien plus souvent des vidéos que des rapports de l’IGPN qui permettent d’idientifier et de poursuivre les policiers qui commettent des abus et des violences dans le cadre de leurs fonctions, comme dans les cas récents de Cédric Chouviat à Paris ou de Geneviève Legay à Nice.

Arié Alimi, avocat de la Ligue des Droits de l’Homme, nous explique la dangerosité de l’article 24 du projet de loi « sécurité globale ».

Une pétition est en cours pour le « Refus de la loi visant à empêcher la diffusion des images de violences policières ».

15 octobre 2020 à 19h13min

Ah, zut ! Monsieur Macron a oublié de parler des soignants...

En annonçant son « couvre feu » Emmanuel Macron a complètement oublié de nous parler de la situation de l’hôpital et des soignants, ces héros qu’il admire au plus haut point. Du coup, les personnels soignants sont descendus dans la rue pour dire et redire encore le manque de moyen et de personnels face à la pandémie qui revient. Malgré les beaux discours et les milliards promis, la situation continue de se dégrader.

Dans la manifestation, nous retrouvons Farida, l’infirmière qui avait été violentée par la police sous l’oeil des caméras lors d’un précédent rassemblement post-confinement : « Je suis encore là car rien n’a changé à l’hôpital ! » Son procès aura lieu le 22 février 2021, nous en reparlerons.

Le collectif Inter-Hopitaux et la CGT-Santé notamment réclament « des embauches immédiates, une revalorisation significative des salaires et l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble des personnels. »

Face à la nouvelle vague de la pandémie, les soignants de l’hôpital public tiendront-ils une seconde fois ? C’est justement le sujet du nouveau reportage de Dillah Teibi, à écouter ici.

13 octobre 2020 à 18h37min

PARIS - Le ministère de l’écologie repeint en vert

Action surprise ce matin des militants écologistes d’Extinction Rebellion devant le ministère de l’écologie, boulevard Saint-Germain à Paris. Une cinquantaine d’activistes ont bloqué le boulevard et déversé de la peinture verte sur la façade du ministère de l’écologie : « Votre transition écologique est un leurre [...] Vous êtes complices et auteurs de ce qui est en passe de devenir le plus grand crime contre l’humanité de l’histoire », dénoncent-ils.

Plusieurs interpellations ont eu lieu aux alentours de 13h, et les journalistes ont été écartés de l’action le temps que les derniers militants soient dégagés par la police.

12 octobre 2020 à 19h57min

SARCELLES - Un an après la mort d’Ibrahima Bah : marche pour demander justice et vérité

Une marche avait lieu ce samedi 10 octobre à Sarcelles pour commémorer la mort d’Ibrahima Bah à Villiers-le-Bel il y a un an, le 6 octobre 2019, dans des conditions pour le moins floues alors qu’il conduisait sa moto à proximité d’un contrôle de police. Plusieurs centaines de personnes et un important cortège de motards ont descendu l’avenue du 8 mai 1945 pour réclamer la vérité et la justice dans cette affaire.

En effet, l’enquête pour homicide involontaire ouverte par le parquet de Pontoise le 19 octobre 2019 et confiée à l’IGPN n’avance toujours pas. Pourtant, « il serait facile d’établir la vérité dans cette histoire, puisqu’il y a trois caméras (de vidéosurveillance) qui ont filmé l’affaire et de nombreux témoins occulaires », affirme Adja, soeur ainé d’Ibrahima Bah. Dans une lettre datée du 9 juillet, l’avocat de la famille Me Yacine Bouzrou regrette « qu’aucune enquête effective n’est menée concernant ces faits » et demande le dépaysement de l’affaire, exprimant des doutes sur l’impartialité des magistrats.

Les policiers ont-t-ils volontairement barré la route au motard, comme l’affirment des témoins ? Le fourgon a-t-il percuté le deux-roues ? Ibrahima a-t-il voulu éviter un éventuel contrôle ? Un an après, la famille est toujours sans réponse.

(Vidéo : équipe Là-bas )

12 octobre 2020 à 13h55min

Interpellations de journalistes : graves menaces sur la liberté d’informer et d’être informé

Samedi 3 octobre 2020, lors d’une action de militants écologistes sur le Tarmac de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, aux alentours de 9h30 la gendarmerie a procédé à l’interpellation d’une dizaine de journalistes. Dans l’attente des consignes du procureur, ils ont été dans un premier temps, regroupés ensemble, indépendamment des militants.

Puis le groupe des journalistes a été scindé en deux : les journalistes possédant une carte de presse et ceux sans carte. Le premier groupe de journalistes a été libéré aux alentours de 13h30 après leur audition en tant que témoins. Ceux qui ne possédaient pas la carte ont été placés en garde à vue et regroupés avec les militants. Leur libération n’a été effective que le soir.

Les signataires de ce communiqué réaffirment avec force qu’arrêter des journalistes qui ne font que leur métier est inadmissible, les placer en garde à vue l’est encore davantage.

Nous nous inquiétons des entraves de plus en plus récurrentes à l’encontre des journalistes. La liberté d’informer et d’être informé nécessite leur présence, avec ou sans la carte délivrée par la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP), quelles que soient les manifestations couvertes.

Nous rappelons que la carte de presse n’est en aucun cas obligatoire à l’exercice du métier de journaliste.

Le traitement différencié entre des journalistes « encartés » et non « encartés » est particulièrement alarmant.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré lors d’une interview à France Inter le 23 septembre 2020 : « Nous n’avons jamais demandé une carte de presse pour être journaliste sur une manifestation ».
Nous constatons une fois de plus que ceci n’est pas appliqué sur le terrain.

Le Nouveau Schéma national du maintien de l’ordre tel qu’il a été présenté le 17 septembre 2020 aura comme conséquence une augmentation des entraves à la liberté d’informer et d’être informé.


Signataires : SNJ - SNJ CGT - CFDT Journalistes - SGJ FO - SIPMCS-CNT - Union Syndicale Solidaires - FEJ - CLAP (Comité de Liaison et d’Action pour la Photographie) - GARRD (Guilde des auteurs réalisateurs de reportages et de documentaires) - PAJ (Photographes, Auteurs, Journalistes) - Profession Pigiste - SAIF - SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia) - UPP - ABACAPRESS - Collectif Argos - Dysturb - Divergence - Hans Lucas - Haytham - ITEM - Le Pictorium - Modds - Myop - Pink - Signatures - Tendance floue - VU’ - 2e BUREAU - École des métiers de l’information (EMI-CFD) - Visa pour l’image - La Tribune - SDJ AFP - SDJ Franceinfo.fr - SDJ Le Média - SDJ Libération - SDJ Mediapart - SDJ RFI - SDP l’Humanité - Amnesty International France - Attac France - Ligue des droits de l’Homme - Acrimed - Collectif GERDA - Collectif Oeil - Collectif Youpress - La Fourmilière - Là-bas si j’y suis - La Meute - Les Incorrigibles - Mr Mondialisation - Ras la plume - REC (Reporters en Colère) - Reporterre

Crédit photo : RAPHAEL KESSLER / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

9 octobre 2020 à 15h44min

PARIS - Manifestation des femmes de chambre contre les licenciements au pretexte du Covid

Une manifestation des femmes de chambre des grands hôtels parisiens avait lieu aujourd’hui à Paris, contre la sous-traitance et les licenciements massifs en cours dans l’hôtellerie au prétexte de la crise sanitaire.

Après le groupe Accor qui a annoncé la suppression de 1000 emplois, c’est au tour des palaces Martinez, Hyatt Louvre et W Opéra de supprimer plusieurs centaines de postes.

Ces grands hôtels sont pourtant gérés par des puissants groupes tels que Mariott, Constellation (Qatar) ou Accor qui bénéficient en plus des mesures de soutien du gouvernement, avec la prise en charge à 100% de l’indemnité d’activité partielle jusqu’au 31 décembre 2020 (avec possible prolongation jusqu’en mars 2021). Sans parler des milliards versés à leurs actionnaires.

La marche des femmes de chambre s’est terminée devant le Park Hyatt Regency, l’un des plus grands hôtels parisiens, qui prévoit un plan de licenciements de 191 salariés, soit 40% de l’effectif.

7 octobre 2020 à 14h28min

PARIS - Des patrons de bars organisent un apéro au métro Assemblée Nationale

Quelques dizaines de patrons de bars parisiens organisaient hier soir un apéro dans le métro à la station Assemblée Nationale, pour dénoncer les nouvelles restrictions sanitaires et la fermeture des bars depuis le 6 octobre pour une durée minimale de 15 jours.

Rassemblés depuis la fin septembre dans le collectif « Restons ouverts », ils dénoncent le deux poids deux mesures entre les transports en commun bondés qui restent ouverts et leurs commerces obligés de fermer. « Liberté pour les bistrots ! »

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