La chronique écosocialiste de Corinne Morel Darleux

Le fond de l’air est vert : on ne perd pas toujours ! Abonnés

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Aujourd’hui, Le Fond De l’Air Est Vert exerce son droit de suite. Et même, son devoir de suite ! C’est vrai quoi, Corinne Morel Darleux évoque avec nous des tas de sujets passionnants, mais après ? Que deviennent-ils ? Que se passe-t-il ? Où en est-on ? Retour sur quelques-uns de nos sujets, et leurs suites - réjouissantes ou non.

À qui profite l’A45 ? (septembre 2017)

En septembre 2017, la toute première chronique de Corinne Morel Darleux était consacrée à l’A45, ce projet d’autoroute entre Saint-Étienne et Lyon. On se disait alors :

« Chouette ! Une nouvelle autoroute ! Bon, il faut sacrifier 500 hectares de terres agricoles et naturelles, sans parler d’autres petites nuisances, mais ça va rapporter gros. À qui ? Euh… Eh bien surtout à Vinci, qui décroche là un projet à 845 millions d’euros d’argent public. »

Et l’on ajoutait :

« Mauvaise nouvelle cependant pour Vinci : après les zadistes de Notre-Dame-Des-Landes, voilà que les opposants à l’A45 s’y mettent aussi. »

SUITE :
Un an après, c’est une victoire ! La large mobilisation des opposants a payé : après plusieurs manifestations, un rassemblement monstre de 10 000 personnes et 130 tracteurs le 1er juillet, et le travail acharné et coordonné des agriculteurs, des habitants et des élus, l’autoroute A45 ne se fera pas ! La ministre en charge du dossier s’est même mise à reprendre les arguments développés par les opposants... [1] Comme quoi, face aux lobbies, on ne perd pas toujours. Un beau cas d’école, une belle et franche victoire qu’il faut souligner... et reproduire !

Glyphosate : 150$ de chiffre d’affaires par seconde… et combien de victimes ?

(novembre 2017)

En novembre 2017, Corinne nous alertait sur le scandale sanitaire du glyphosate et sur le rôle des lobbies qui s’activaient à grands renforts de faux rapports scientifiques pour empêcher son interdiction.

« Monsanto va bien plus loin qu’une classique affaire de lobbying. L’entreprise américaine a fait appel à des fantômes, des « auteurs fantômes » plus exactement. Cela s’appelle du « ghostwritting ». Ou du blanchiment. Les propres employés de Monsanto étaient chargés de rédiger textes et études auxquels des scientifiques « indépendants » – mais secrètement payés par la firme chimique – n’avaient plus qu’à apporter leur caution, leur prestige, c’est-à-dire leur signature en bas de page... »

Comme pour l’amiante et le PCB : on sait que ces produits sont dangereux, mais le poids des lobbies et des fake news qu’ils produisent nous empêche de légiférer.

SUITE :
Un an après, nous sommes toujours en plein dans la république des lobbies. Emmanuel Macron vient de faire entrer au gouvernement Emmanuelle Wargon, qui n’est autre que l’ancienne directrice de communication de Danone [2], l’un des groupes agroalimentaires les plus puissants du monde. Et la pratique du ghostwriting se poursuit-elle ? C’est encore mieux : après les rapports fantômes, on vient d’apprendre que nous avons des agriculteurs fantômes. Monsanto a mis en place des groupes d’agriculteurs qui vont sur les foires, qui sont sur les réseaux sociaux pour dire à quel point le glyphosate a rendu leur vie merveilleuse. En France, le groupe s’appelle « Agriculture et Liberté ». Sauf que Greenpeace vient de démontrer qu’aucun agriculteur n’appartenait à ce groupe, et qu’il s’agissait en fait d’une campagne menée par un lobby qui s’appelle Red Flag, et qui travaille pour… Monsanto. [3] La bataille culturelle continue.

Brésil : l’extrême-droite aux portes du pouvoir

(avril 2018)

Dès avril 2018, alors qu’elle était de retour du Forum social mondial de Bahia, Corinne nous parlait du grand bond en arrière qu’était en train de connaître le Brésil depuis la destitution de Dilma Rousseff. Elle nous alertait également sur la figure du fasciste Jair Bolsonaro, et sur le poids de l’agro-industrie au Brésil.

« Michel Temer est très proche notamment d’un groupe parlementaire agricole qui est l’un des plus puissants du Congrès, et qui fait qu’il prend des mesures de privatisation d’un certain nombre de terres. Il a voulu essayer de revenir aussi sur une réserve naturelle protégée pour pouvoir y exploiter le cuivre. Donc on voit qu’il y a effectivement la patte de ces lobbies de l’agro-industrie qui sont très importants : c’est 23 % du PIB au Brésil »

Hélas, Corinne avait eu le nez creux.

SUITE :
Jair Bolsonao a été élu président du Brésil le dimanche 28 octobre. Un désastre pour les mouvements sociaux et les luttes environnementales, notamment pour l’emblématique combat des paysans sans terre, dont vous pouvez entendre les inquiétudes dans le reportage de Gaylord Van Wymeersh, Brésil, la dictature néolibérale est possible. À peine élu, Jair Bolsonaro, très proche de l’agro-business brésilien, déclarait vouloir libéraliser l’industrie forestière, et faciliter la mise sur le marché de produits chimiques potentiellement dangereux. Le carnage contre la forêt primaire amazonienne n’est donc pas prêt de s’arrêter...

Tous alternatiba !

(octobre 2018)

Début octobre, Corinne nous racontait l’histoire d’Alternatiba et de ces villages d’alternatives ! Elle nous confiait à cette occasion :

« Au début, on était un certain nombre à être un peu dubitatif sur le côté « petites-actions-concrètes-locales », tout ça très positif, dans la joie et la bonne humeur, qui risquait de passer à côté d’une critique un peu plus mordante du capitalisme. Mais il faut aussi accepter de faire de la place à d’autres formes d’actions, qu’elles soient individuelles, collectives, nationales ou mondiales. Je suis de plus en plus ébranlée par ce qui se passe, et je crois qu’au point où on en est, tout est bon à prendre. » »

De retour de ce week-end Alternatiba, et des marches climat qui se tiennent chaque mois, Corinne n’a pas varié :

SUITE :
« On a l’impression que pas mal de choses bougent. La dernière marche pour le climat, le 13 octobre, il y avait quand même 120 000 personnes. Moi j’étais à Grenoble, et j’étais très frappée : les gens qui sont là sont des gens qu’on n’a pas l’habitude de voir, beaucoup de jeunes qui arrivent au militantisme par le biais de ces marches. Et ça fonctionne. Entre ce qu’on entendait il y a quelques années dans ces mouvements climats et ce qu’on voit aujourd’hui en termes de discussions, de slogans et de débats, les choses se sont extrêmement politisées, au sens où on est aujourd’hui sur une critique du système, sur le fait de cibler de manière claire la finance et les banques qui favorisent l’extraction des énergies fossiles ou la fraude fiscale. Il y a donc une véritable politisation de ce mouvement, et en même temps, l’intelligence de garder ces fameux « petits-pas », petits gestes, qui sont très vilipendés, mais qu’il ne faut pas écarter trop vite, parce que c’est souvent la première marche, qui permet d’aller vers des choses plus politiques. Parce que ce n’est pas vrai que vous prenez un individu dans la rue qui n’a jamais milité, et que d’un coup, il va aller barbouiller les vitrines de la Société Générale. Ça n’existe pas. Donc oui, parfois, il y a besoin de cliquer pour signer une pétition, d’aller marcher un samedi après-midi… c’est souvent la première marche vers des actions plus collectives, et plus anticapitalistes, lâchons le mot. »

En espérant que tous ces mouvements, ces plateformes et ces marches soient le début de la constitution d’un lobby citoyen, qui à termes puisse équilibrer un peu le rapport de force avec les capitalistes !

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    Philippe Meirieu est chercheur et militant en pédagogie, membre du parti Les Écologistes, ancien conseiller régional de la région Rhône-Alpes et actuellement vice-président des Céméa, les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active. Cela fait quarante ans que Philippe Meirieu travaille et milite sur les questions de pédagogie.

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    C’est un séparatisme qui ne dit pas son nom, mais qui est déjà à l’œuvre de manière éclatante dans la capitale : à Paris, 40 % des lycéens sont scolarisés dans un établissement privé. À l’échelle nationale, la proportion d’élèves scolarisés dans le privé est moindre, mais elle ne cesse de croître. Tout ça est la lointaine conséquence de la loi Debré, adoptée le 29 décembre 1959, qui institutionnalisa le financement public de l’enseignement privé. Durant l’année 1959 déjà, de nombreuses manifestations avaient eu lieu pour s’opposer à ce détournement de fonds publics au profit de l’enseignement privé. Et devinez : qui se trouvait parmi les manifestants ? Gérard Mordillat, bien sûr.

  • Chaque mardi, OIivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #24 : « Here’s to you » Abonnés

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    « Here’s to you, Nicola and Bart,
    Rest forever here in our hearts,
    The last and final moment is yours,
    That agony is your triumph. »

    Tout le monde ou presque connaît ces quatre vers, qui sont les uniques paroles de cette chanson répétées en boucle par Joan Baez. Ce qu’on sait moins, c’est que cette chanson a d’abord été composée par Ennio Morricone pour un film. C’est même deux chansons que Joan Baez a enregistrées en 1971 pour le film de Giuliano Montaldo, Sacco et Vanzetti, qui raconte l’histoire des deux anarchistes italiens condamnés – sans preuves – à mort et exécutés en 1927.

  • Les VINGT ANS de l’association 4ACG : les anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (reportage RADIO|PODCAST|durée : 47’35) Ils ont perdu leur jeunesse dans les Aurès, mais voilà ce qu’ils ont fait de leur mémoire : 4ACG Abonnés

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    Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre : 4ACG. Une association créée il y a vingt ans par quatre anciens appelés en Algérie à la fin des années 1950, quatre paysans du Tarn qui refusaient de toucher leur retraite de combattant (465 euros environ par an), mais qui voulaient l’utiliser pour des actions engagées. Avec plus de 400 adhérents, ils ont pu aider et fraterniser, en Algérie comme en Palestine, et intervenir dans les écoles « pour éveiller l’esprit de résistance ». Nous étions invités à la célébration de leurs vingt ans, le 17 mars à Mauges-sur-Loire. C’est une des grandes fiertés de LÀ-BAS que d’avoir, il y a vingt ans, contribué au démarrage de cette aventure. Une joie de se retrouver là et de retrouver l’ami RÉMI SERRES, l’un des quatre paysans qui a lancé cette superbe histoire.

  • SI J’AURAIS SU ! Un nouveau rendez-vous LÀ-BAS avec LAURENCE DE COCK CONTRE LA DESTRUCTION DE L’ÉCOLE PUBLIQUE DANS LE 93 ! Abonnés

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    Laurence de Cock reçoit trois enseignantes du 93, Servanne, Louise et Amandine qui n’ont pas envie de laisser le pouvoir aux destructeurs de l’école publique. Leur but est clair : lutter à fond contre cette destruction, montrer les dégâts, et appeler toutes et tous à la castagne. Oui, entre privé et public c’est la vraie lutte des classes.

  • La revue de presse indispensable du vendredi On a des idées pour aider Bruno Le Maire à équilibrer les comptes publics Abonnés

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    Alors qu’il y a encore quelques mois les principaux ministres du gouvernement renâclaient à répondre aux sollicitations du Journal du dimanche nouvellement contrôlé par le milliardaire Vincent Bolloré, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a moins de pudeur quand il s’agit de promouvoir son dernier livre, le sixième depuis qu’il est en poste à Bercy. Une occasion rêvée pour se lancer dans une diatribe contre ce que la gauche a fait de pire : « nous devons remplacer l’État providence par l’État protecteur. Partout en Europe mais surtout en France, l’État providence a fini par devenir une machine à empiler de nouvelles dépenses publiques, sans examen de leur pertinence ni de leur efficacité, sans remise en cause non plus des dépenses précédentes. Nous devons reprendre la maîtrise de ce système devenu incontrôlable. Quel est en fait son but ultime ? La gratuité de tout, pour tous, tout le temps : c’est intenable ! » Sans craindre de se contredire, le pompier pyromane crie que les caisses sont vides en oubliant que c’est lui qui en est largement responsable, ministre des Finances qu’il est depuis sept ans. Petit rappel des faits.

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #23 : « Strange Fruit » Abonnés

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    « Les arbres du Sud portent un fruit étrange
    Du sang sur les feuilles, du sang sur les racines
    Un corps noir se balançant dans la brise du Sud
    Étrange fruit pendant aux peupliers »

    Une chanson peut-elle changer le cours de l’histoire ? À elle seule, peut-être pas, mais c’est sans doute ce qu’a contribué à faire cet étrange fruit, ce « strange fruit » chanté par Billie Holiday pour la première fois en 1939 au Café Society, à New York. À l’époque, Time Magazine qualifia la chanson d’« œuvre majeure de propagande musicale pour la NAACP », la fameuse organisation de défense des droits civiques aux États-Unis.

  • De l’usage ordinaire d’un certain journalisme : cloisonner les sujets pour taire l’indicible Abonnés

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    Vous l’avez sûrement remarqué : ces jours-ci, le très social-démocrate président de la Cour des comptes Pierre Moscovici saute comme un cabri de plateaux télé en studios radio pour alarmer comme il se doit sur une indispensable réduction des dépenses publiques. Mardi 12 mars, notre prédicateur officiait en direct sur France Culture, émission après laquelle j’ai fait un mail à la rédaction où je m’agaçais de ce que personne ne fît remarquer à l’illustre argentier de gauche que la somme envolée en évasion fiscale dépassait quand même de très loin le chiffre qu’il brandissait en nécessaire et urgente réduction des dépenses. Jean Leymarie, éditorialiste politique et co-intervieweur ce jour-là, m’a poliment répondu ceci :

    « J’attache autant d’importance que vous à la question de l’évasion fiscale. La rédaction aussi. J’y ai consacré plusieurs sujets ces dernières années, et j’y reviendrai bientôt. Bien cordialement ».

    Ce qui est exact et certainement sincère. Et qui appelait donc une réponse un peu développée. La voici.

    Olive Laporte

Une sélection :

Avant le grand procès de Macron, le 07 mai, un tour dans les archives de Là-bas (juin 2006) BHL : LE PROCÈS DU POMPEUX CORNICHON Accès libreÉcouter

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Attendu par le monde entier, le Grand Procès de Macron aura donc lieu le 7 mai à la Bourse du travail de Paris à 18 heures. C’est le sixième procès du tribunal de Là-bas, créé en ...2003 à l’initiative du dessinateur CABU et de l’équipe de LA-BAS. Enregistrés au théâtre Dejazet à Paris devant des salles combles, d’importantes personnalités ont comparu : CHIRAC Jacques (2003) SARKOZY Nicolas (2005), KOUCHNER Bernard (2008), DSK Dominique (2011). C’est le procès du français le plus entarté au monde, LEVY Bernard-Henri dit BHL diffusé en juin 2006 que nous vous proposons de (re)découvrir aujourd’hui.

Le 13 mars 2010 Jean Ferrat prenait le dernier train. On n’oublie pas... FERRAT, C’EST NOUS TOUS ! Des chansons, des archives, des inédits… Accès libreVoir

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Il y a 13 ans, le 13 mars, Jean Ferrat prenait le dernier train. On n’oublie pas, car Ferrat, c’est nous tous. La montagne, c’est chez nous, les marins de Potemkine, c’est nos frères, ma môme, c’est la mienne, la nuit et le brouillard, c’est en nous, c’est nous qui ne guérissons pas de notre enfance, c’est nous qui aimons à perdre la raison.

Une série d’histoires dans les luttes pour l’émancipation, racontées par Olivier Besancenot Qui a inventé le 8 mars ? AbonnésVoir

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C’est maintenant à peu près acquis pour tout le monde, le 8 mars n’est pas la journée « de la femme », mais la « journée internationale des droits des femmes ». Un jour de manifestations et de grèves qui semble connaître un nouveau souffle avec le mouvement féministe récent, qui lutte autant contre les violences sexistes et sexuelles que pour réduire les inégalités salariales et améliorer les conditions de travail des métiers majoritairement exercés par des femmes. Mais saviez-vous qu’aux origines de cette journée du 8 mars se trouvait l’Internationale socialiste des femmes ?