La condition anarchique. Affects et institutions de la valeur

Poursuivant son intérêt pour les usages de la philosophie de Spinoza en sciences sociales, Frédéric Lordon, économiste et chercheur en philosophie, décortique les systèmes de valeurs aussi différentes que l’économie, la morale et l’esthétique. D’où tirent-elles leur autorité ? Qui établit leur valeur ? En « décollant "anarchie" de ses usages courants, comme catégorie politique bien connue, pour retourner à une lecture étymologique - l’anarchie, c’est l’an-arkhé, c’est-à-dire l’absence d’arkhé, l’absence de fondement »-, il développe l’idée qu’il n’existe aucun fondement de vérité absolue, que ces valeurs sont le simple produit de la société, que ce sont les affects collectifs qui font la valeur dans tous les ordres de valeur, ceux là qui soutiennent la valeur là où il n’y a aucun ancrage. D’où le concept de la « condition anarchique » et la grande question : comment tient une société qui ne tient à rien ?

Frédéric Lordon, La condition anarchique. Affects et institutions de la valeur , Seuil, Paris, 2018.

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Une sélection :

La Guerre Des Idées, « LE DÉCHAÎNEMENT DU MONDE » : un entretien de Daniel Mermet avec François Cusset François Cusset : l’État brandit la violence pour cacher celle qu’il pratique AbonnésVoir

Le

Génocides, grandes boucheries, hécatombes, le siècle passé fut le plus violent de l’Histoire. Aujourd’hui la violence diminue, c’est ce que nous croyons, c’est ce que nous disent les experts. Pour François Cusset, la violence n’a pas reculé, elle a changé de formes et de logiques. Et la comparaison avec la violence « bien pire jadis » ou la violence « bien pire ailleurs » nous empêche de mesurer celle que le désastre néolibéral nous inflige aujourd’hui.

« LE JOURNALISME DOIT DÉFIER L’AUTORITÉ. » Le journaliste Robert Fisk est mort à 74 ans QUAND ROBERT RENCONTRE BEN LADEN Accès libreÉcouter

Le

Le grand journaliste Robert Fisk est mort. Pas du tout l’air d’un baroudeur, mais plutôt d’un brave irlandais, amateur de rugby, qui sort de son pub. Depuis quarante ans, il était sur tous les coups et toutes les guerres : Liban, Syrie, Irak, Iran, Algérie, Bosnie, Afghanistan, la liste est longue. Toujours à rebrousse-poil et à contre-courant, toujours sur le terrain, le calepin à la main. Contesté, jalousé, respecté, ses papiers – très suivis par le public – agaçaient les professionnels de la profession. Il avait reçu quantité de prix et de récompenses.

Retour en Afghanistan : une heure avec le diable Accès libreÉcouter

Le

La France doit-elle ou non s’enfoncer dans ce bourbier qu’est l’Afghanistan ?
Pour mener une guerre, il faut connaitre ses ennemis. Et pour cela, Là-bas propose un petit retour en Afghanistan et une rencontre avec Abdul Salam Zaif, ex-ambassadeur des talibans qui raconte son parcours et les raisons de son entrée dans le mouvement.