État d’urgence et business de la sécurité

« La police est l’institution qui utilise la violence et la coercition pour maintenir l’ordre social, économique et politique. Pour maintenir la domination de race et de genre » assure Mathieu Rigouste. D’emblée de jeu, le sociologue qui se définit comme quelqu’un qui « prend part aux luttes populaires contre les systèmes de domination et d’oppression » donne le ton de cet entretien dans lequel il analyse l’état d’urgence décrété après les attentats de janvier et novembre 2015, les enjeux politiques sécuritaires déjà à l’œuvre depuis de nombreuses années en France : origines coloniales de cette juridiction d’exception, gestion policière des quartiers populaires, expansion du capitalisme de la sécurité et du business des marchands d’armes. Ce petit livre illustré par Gwen Tomahawk, donne des armes pour penser notre présent et résister au rapport de domination. À savoir « l’entraide et le partage pour organiser l’autodéfense et l’autonomisation collective ».

Livre recommandé par notre AMG, Corinne Najim.

Mathieu Rigouste, État d’urgence et business de la sécurité, Niet ! éditions, Paris, 2016.

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

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    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

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Les Rendez-vous des Repaires

  • Le café repaire d’Aix vous invite le mardi 23 octobre 2018 à 19h au Restaurant "Le Coton Rouge", 4, chemin du Coton Rouge (à côté de la cité Universitaire Arc de Meyran). Brigitte présentera "Milieu animal et milieu humain" de Jakob von UEXKÜLL. Les recherches de Uexküll expriment l’abandon sans (...)

  • Lors de notre café repaire du 14 novembre, nous évoquerons la situation au ROJAVA, une résistance ignorée des grands média. Nous serons accompagné du président de l’association "Amitiés kurdes de Bretagne". Venez nombreux !

Une sélection :

À Nantes, deux mois après la mort d’Aboubakar tué par un policier. Un grand reportage de Dillah Teibi POURQUOI BRÛLER DES BIBLIOTHÈQUES ? Retour à Nantes AbonnésÉcouter

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70 bibliothèques ont été incendiées en France entre 1996 et 2013. Vous le saviez ? À Nantes en juillet dernier, lors des nuits d’émeutes qui ont suivi la mort d’Aboubakar Fofana 22 ans, tué par un policier, une bibliothèque a été brûlée, 10 000 livres sont partis en fumée. Pourquoi ? Vandalisme idiot ? Revanche culturelle ? Erreur de cible ? Pourquoi un tel sacrilège ? "C’est pour faire mal à l’Etat " nous dit un des incendiaires. Pourquoi brûler des bibliothèques ? À Nantes, un reportage de Dillah Teibi :

Migrations : la gauche déchirée ? AbonnésLire

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« Ils viennent manger le pain des Français, foutons-les à la mer ! » Rital, espingouin, bicot, porto, youpin, négro, bridé, métèque… À qui le tour aujourd’hui ? Regardez nos remparts, nos murailles, nos barbelés, nos citadelles, nos gardes-chiourmes, nos caméras de surveillance, nos drones et nos centres de détention ; tout ce qui dit la peur de l’autre, la terreur de l’invasion, la haine de l’envahisseur qui vient jusque dans nos bras égorger nos filles et nos compagnes.

La chronique écosocialiste de Corinne Morel Darleux En Arctique, le réchauffement climatique est bon pour le business AbonnésVoir

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L’Arctique est un endroit du globe intéressant pour étudier comment certains voient dans le dérèglement climatique une nouvelle manière de faire des affaires et du business. Et ça remonte d’ailleurs à déjà quelques temps, puisque dès la fin de la guerre froide, les Russes ont senti venir la fonte des glaces dans l’Arctique et ont senti l’eldorado derrière ça : puisque l’Arctique, ce n’est pas juste de la banquise qui fond, c’est aussi des réserves de pétrole et de gaz absolument faramineuses.

Un entretien de Daniel Mermet avec Geoffroy de Lagasnerie Geoffroy de Lagasnerie : « Il n’y a pas d’intellectuel de droite » AbonnésVoir

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Pourquoi dialoguer avec Finkielkraut ou Zemmour ? Ça ne sert à rien, « il n’y a pas d’intellectuel de droite », répond le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie. « La définition de la gauche, c’est l’incommensurabilité à la droite. C’est-à-dire que nous n’avons, avec la droite, aucun terrain d’accord. Nous ne sommes pas dans une position de débat, mais dans une position d’affrontement. C’est "une lutte – comme disait Bourdieu à propos de Manet et de l’Académie – à la vie, à la mort". » Contrairement à ce qu’on laisse croire, la force de la gauche aujourd’hui, c’est d’être « imaginatrice », « inventive » et d’avoir « une pensée ». À propos des médias, des révolutions symboliques, de Mai 68, des quartiers populaires ou encore de la politique pénale, Geoffroy de Lagasnerie prouve que la gauche peut encore avoir une pensée stimulante et enthousiasmante.