Jeu blanc

C’est un roman. Cela pourrait être une autobiographie. L’auteur, Richard Wagamese est d’origine objiwé, soit une des plus grandes nations amérindiennes en Amérique du Nord. Le héros, également issu de cette communauté, raconte son histoire, se remémore son enfance, la récolte du riz et de la pêche, son enfermement dans un pensionnat où les blancs s’échinent à effacer son indianité. « Ils m’emmenèrent dans un pensionnat (…) une fois j’avais lu qu’il y avait dans l’univers des trous qui avalaient toute la lumière, tous les corps. (Il) vola tout la lumière de monde, tout ce que je connaissais s’évanouit avec un bruissement audible comme le fait l’orignal quand il disparaît dans les épicéas », écrit-il. Ce livre parle de racisme, de destruction culturelle, mais aussi de la relation magique de l’homme avec la nature. Par cette double voix, on découvre la singularité et la richesse de l’identité indienne.

Richard Wagamese, Jeu blanc, traduit de l'anglais (Canada) par Christine Raguet, Zoé, Paris, 2017.

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MACRON, APRÈS LA COVID, LE VIDE Déboulonner des statues ou les repeindre en rouge ? Accès libreÉcouter

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Déboulonner, c’est bien, mais après, c’est fini, on n’en parle plus. Tandis que repeindre en rouge, couper une oreille ou une main d’une statue, ça vous interpelle, ça appelle une explication… Vous vous dites, quelle horreur, couper une oreille ou une main d’une statue, mais c’est atroce ! Sans doute, mais un peu moins tout de même que le châtiment des oreilles coupées pratiqué par les maîtres sur leurs esclaves, comme l’exigeait le Code noir, rédigé par le ministre Jean-Baptiste Colbert en 1665, et dont la statue trône toujours aujourd’hui devant l’Assemblée nationale à Paris.

AUTONOMES. Un documentaire de François BÉGAUDEAU François Bégaudeau : « Tu te fais des drôles d’amis quand tu t’attaques à la bourgeoisie » AbonnésVoir

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Sortir du système, vivre une autre vie, en rupture, en marge, autrement, être indépendant, être autonome. Des vieux mots, des vieux rêves. Mais qui se vivent parfois, qui se risquent, qui marchent ou qui se plantent , mais qui ont en commun le même vieux désir de tordre les barreaux de la cage et d’aller voir là-bas si j’y suis.

HOMMAGE À YANN AUGRAS, PORTE-PAROLE DE LA LUTTE DES GM&S (VIDÉO 12:35) Mort accidentelle d’un résistant Accès libreVoir

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Yann Augras est mort. Un accident de voiture en sortant du boulot, le 11 juin, sur une route de la Creuse, près de chez lui. Aucun mot ne peut dire l’émotion, aucun, sauf les oiseaux qu’on entendait pendant la minute de silence au cimetière avec les drapeaux de la CGT au-dessus des gens, immobiles avec ces masques étranges. Les oiseaux ne se taisent pas et les copains de Yann ne vont pas se taire. Ces masques ne sont pas des bâillons. Le temps de ramasser le drapeau, ils vont continuer la lutte. Ils savent que c’est la seule consolation possible.

LES DICTIONNAIRES EN DEUIL, ROBERT PLEURE ALAIN (hommage) ALAIN REY : QUEL FUT SON DERNIER MOT ? Accès libreÉcouter

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Le plus populaire des grands érudits, le plus expressif des vocabulistes mais surtout, au-delà de son colossal travail pour Le Robert et autres dictionnaires en tous genres, Alain Rey a fait comprendre toute l’importance des mots et du langage, l’inventivité intarissable des humains, les hasards des sonorités des bouches et des corps, et d’abord comment les mots ensorcellent, comment les mots sont des cages et les armes les plus puissantes des puissants.