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Les bouquins de LÀ-BAS

La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

Vos avis et conseils sont bienvenus !

La sélection

Histoire

  • L’œuvre du temps

    Ludivine Bantigny (Éditions de la Sorbonne, 2018)

    « Parce que l’histoire s’écrit au présent et que le passé est décidément vivant », écrit l’auteur. Ludivine Bantigny, historienne intéressée par la jeunesse, l’engagement politique, la conscience historique, la guerre d’Algérie et mai 68, ne pouvait pas mieux résumer son dernier ouvrage. Il oscille entre les souvenirs personnels et les questions parcourant la ligne du temps. Quel rapport les sociétés entretiennent-elles avec lui ? L’écriture de l’histoire peut-elle être neutre - et doit elle l’être ? Quelle part y occupent les émotions et l’intensité des sensibilités ? Ces pages parfois intimes partent à la recherche d’un temps ravivé où surgissent les fantômes de l’histoire, vagabondent à travers le romanesque pour abolir les frontières entre le passé, le présent et le futur. Cette « œuvre » s’aventure sur des chemins d’espoir, pour que « vienne un temps dont on s’éprenne… Lire la suite
  • L’écran rouge. Syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo

    Tangui Perron (Les éditions de l’atelier, 2018)

    Le ciel est à vous, La bataille du rail, Antoine et Antoinette, La Marseillaise, un cinéma qui se voulait « pour le peuple et par le le peuple ». Cet ouvrage veut raviver une histoire oubliée du cinéma français qui fut l’objet de nombreux combats, des années trente à la fin des années cinquante. En quatre chapitres - Un long Front populaire, La guerre et ses galeries, De beaux lendemains, la Défense du cinéma français-, les auteurs revisitent les fondations sociales et politiques du cinéma français à laquelle les syndicats et militants ont largement contribué. Il y a les temps forts : l’occupation des studios en 1936, la renaissance du festival de Cannes, la mobilisation populaire pour les ciné-clubs, les comités de défense, l’action auprès des parlementaires, la création d’aides publiques, les conventions collectives. Il y a aussi le portrait et l’action de militants célèbres ou oubliés : le cinéaste… Lire la suite
  • La moustache du soldat inconnu

    Jérôme Prieur (Seuil, 2018)

    1918-2018. Pour célébrer le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, Jérôme Prieur, écrivain, cinéaste, a pris la plume à sa manière : personnelle, intime. « Depuis l’enfance, j’ai voulu écrire mes souvenirs de la guerre de 14 », écrit-il « avec leur moustache, leur képi, leur casque, n’ont-ils pas tous l’air de se ressembler, ces soldats. Alors j’ai laissé les revenants m’approcher. J’ai fouillé leurs visages, leurs photos et même un petit film tourné au front ». Cette cohorte de disparus, de fantômes relégués dans les secrets de famille reprennent vie. Et nous rappelle que l’Histoire est d’abord celle des hommes.
  • La guerre civile en France, 1958-1962. Du coup d’État gaulliste à la fin de l’OAS

    Grey Anderson (La fabrique, 2018)

    Mai 1958, qui s’en souvient ? Qui veut s’en souvenir ? Qui célèbre ce mai, alors que celui survenu en 68 est toujours commenté ? Les réponses sont dans ce livre écrit par un historien américain : « si mai 68 est un moment joyeux et solaire, les quatre années de guerre civile qui s’écoulent entre la prise du Gouvernement général d’Alger le 1er mai 1958 à la fin de l’OAS au printemps 1962, n’ont rien que l’on aime se rappeler ». Et pour cause : ce fut « le temps de la haine et de la violence extrêmes, de l’usage généralisé de la torture, des exactions policières contre les Algériens révoltés et ceux qui les soutiennent, le mensonge officiel qui présente le retrait d’Algérie et le complot initial comme le triomphe de la démocratie ». Ces quatre sales années, la France les a cachées sous le tapis de son histoire. Grey Anderson les en a ressorties pour mettre au grand jour le refoulement de cette réalité douloureuse qui… Lire la suite
  • Une histoire populaire de la France

    Gérard Noiriel (Agone, 2018)

    En 1980, parait la première édition de la magistrale « Histoire populaire des Etats-Unis » d’Howard Zinn, le grand historien américain. Chez Agone, nait alors l’idée de demander à un autre grand historien, français cette fois, de réaliser une enquête similaire sur l’hexagone. Gérard Noiriel, historien du monde ouvrier de l’immigration et de la question nationale, s’est attelé à la tâche. Dans le sillage de Zinn, il s’est efforcé d’articuler les formes de dominations subies par les exclus de l’historien, tout en préservant le primat de la lutte des classes. Noiriel a mis une décennie à terminer cet ouvrage, synthèse d’une vie de recherches et d’engagements. Cette somme éclaire la place et le rôle du peuple dans toutes les grandes luttes et les évènements qui ont scandé l’histoire de France, de la guerre de Cent ans à nos jours, faisant écho à nos problématiques actuelles. « J’ai privilégié les questions qui sont… Lire la suite

Biographie

  • Misère de l’espace moderne. La production de Le Corbusier et ses conséquences

    Olivier Barancy (Agone, 2017)

    Le Corbusier : un imposteur doublé d’un fasciste bon teint. Bon, ça on le sait. Le plus grave que démontre Olivier Barancy, architecte et auteur de cette enquête fondée sur l’analyse de la production bâtie ou théorique de Le Corbusier, c’est une oeuvre catastrophique, des projets au caractère totalitaire et une misère spatiale engendrée de son vivant jusqu’à aujourd’hui. Modèle des architectes de l’après-guerre qui ont couvert la France de béton, son monde cauchemardesque qu’il voulait édifier, fait les affaires des bureaucrates russes et chinois.
  • André Gorz, une vie

    Willy Gianinazzi (La Découverte, 2016)

    Il était urgent de retracer la vie et la pensée d’André Gorz, rédacteur aux Temps modernes, journaliste à l’Express et fondateur du Nouvel Observateur, penseur existentialiste, anticapitaliste, artisan de l’écologie politique et de la décroissance. Willy Gianinazzi s‘est attelé avec bonheur et pertinence au portrait de cet humaniste qui croyait qu’un autre monde était possible. Cette première biographie à la croisée de la littérature, de la philosophie et du journalisme est aussi l’occasion revisiter un demi-siècle de vie intellectuelle et politique. Un hymne à la liberté.
  • Martin Luther King. Une biographie intellectuelle et politique

    Sylvie Laurent (Seuil, 2015)

    Qui est Martin Luther King ? La réponse tout le monde la connait : un pasteur afro-américain qui eut un rêve et qui fut assassiné pour avoir lutter pour les droits civiques et l’égalité des Noirs. La suite, vous la trouverez dans la biographie écrite par Sylvie Laurent, américaniste, agrégée d’histoire et docteur en littérature américaine. Un travail nécessaire pour mieux connaitre cet homme aussi universellement célébré que mal connu. Ces pages redonnent la force révolutionnaire de sa pensée et la brutalité de l’oppression contre laquelle il s’insurgeait. Ainsi, par exemple, qui se souvient qu’à peine un an après avoir reçu le prix Nobel de la paix, en 1964, Martin Luther King déclarait que son rêve était devenu un cauchemar en raison de l’enracinement du système d’exploitation capitaliste ? Chantre de la fraternité et de l’unité nationale, Martin Luther King était un militant avant-gardiste et radical qui… Lire la suite
  • Victor Serge. Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques -1908-1947

    Victor Serge (Robert Laffont, 2001)

    Anarchiste né à Bruxelles en 1890, il rejoint la Révolution russe en 1919, avocat du bolchévisme et des acquis d’Octobre 17, il ne tarde pas à dénoncer Staline. Il passe du côté de Trotsky. Déporté dans l’Oural, il s’enfuit et devient la cible du Komintern ce qui ne l’empêche pas de dénoncer purges et procès, ainsi que les attaques de l’URSS contre les partisans du POUM qui se battent en Espagne. En 1937, il rompt avec Trotsky et finira au Mexique, indigent, esseulé, poursuivant sa trajectoire, celle d’ « un écrivain majeur qui sut dire non en écoutant sa seule conscience d’homme. »

Médias

  • « Au nom de la démocratie, votez bien ! ». Retour sur le traitement médiatique des élections présidentielles de 2002 et 2017

    Mathias Reymond (Acrimed-Agone, 2019)

    Économiste, prof à l’université de Montpellier, co-animateur du site Acrimed, Mathias Reymond dégaine un arsenal critique pour désosser le traitement médiatique des élections présidentielles de 2002 et 2017. À le lire, ce sont les médias qui se réclamant du débat démocratique qu’elles piétinent cependant allègrement, ont orchestré la dramaturgie politique du second tour. Ce sont encore ces médias, qui en collaboration avec les communicants politiques, influent sur ce à quoi il faut penser, disposent du pouvoir de consécration ou de stigmatisation des candidats, pèsent sur des choix électoraux et écrasent des opinions dissidentes. Ce journalisme de prescriptions fait les élections. Pas à tous les coups, nuance Mathias Reymond qui ajoute : « les médias cherchent toujours à imposer un choix qui semble inéluctable. Le choix des maîtres.… Lire la suite
  • Berlin, 1933. La presse internationale face à Hitler

    Daniel Schneidermann (Le Seuil, 2018)

    Que faisaient les quelques 200 journalistes occidentaux en poste à Berlin quand Hitler arrive au pouvoir en janvier 1933 ? Pourquoi ces correspondants américains, britanniques, français, représentants de journaux attachés à la liberté de la presse et à la démocratie, n’ont-ils pas prévenu le monde sur la barbarie dont la mise en place était perceptible dès le début ? Comment a pu se produire cet aveuglement collectif de la presse internationale face à Hitler qui ouvrira la voie à partir de 1941, au déni planétaire de la Shoah ? En retraçant la vie quotidienne des journalistes occidentaux dont les interlocuteurs s’appelaient Goering ou Goebbels, Daniel Schneidermann, fondateur et animateur d’Arrêt sur Images, pose des questions essentielles sur l’exercice de la profession. Il s’interroge, au regard de cette période, sur notre capacité à être mieux armés aujourd’hui pour rendre compte des catastrophes hors… Lire la suite
  • La pensée en otage

    Aude Lancelin (Les Liens qui Libèrent, 2018)

    Après Le monde libre, Aude Lancelin poursuit sa réflexion sur notre système d’information et l’apparente démocratie des médias dominants massivement rachetés par le CAC 40. Ils imposent, écrit-elle, « une idéologue de « neutralité » mortifère, propulsant sur le devant de la scène ses valets intellectuels, dévastant l’esprit public ». Dans cet essai, elle démonte sept idées fausses, autant de mensonges, de pseudo évidences et de mythes consolateurs, qui « empêchent les gens de prendre conscience de la gravité de la situation ». Une centaine de pages nécessaires pour s’« armer intellectuellement contre les médias dominants ».
  • Journaliste, syndicaliste, communiste. Trente-sept ans d’un combat dans l’audiovisuel

    Jean-François Téaldi (Tirésias-Michel Reynaud, 2017)

    C’est une histoire de l’audiovisuel français comme on ne vous l’avait jamais racontée, celle vue à travers le témoignage d’un journaliste qui a participé à toutes les discussions sociales importantes qui contribuèrent à assurer sa pérennité. Le récit de Jean-François Téaldi fourmille d’anecdotes inédites où l’on comprend qu’« il n’a pas été facile d’être communiste dans une télévisions publique longtemps contrôlée par le pouvoir politique » comme l’écrit l’ancien président de France télévisions, Hervé Bourges dans la préface à cet ouvrage de près de 400 pages. On croise également Jacques Médecin, Christian Estrosi, Bernard Tapie, Jean-Marie Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou encore Nicolas Sarkosy. On apprend aussi comment se sont menés en interne les nombreux combats pour la défense des droits au… Lire la suite
  • Pour aboutir à un livre

    Eric Hazan (La Fabrique, 2016)

    « La fabrique d’une maison d’édition ». Le sous-titre de ce petit livre est on ne peut plus clair. On vous raconte les différentes étapes de l’édition, on vous décrit des acteurs – auteur, maquettiste, correcteur, imprimeur, diffuseur-, on vous présente le metteur en scène, celui qui porte le nom d’éditeur. Ce livre raconte aussi une aventure forcément folle « faite d’hésitations et de cahots, de bonheurs et de rencontres précieuses ». Éric Hazan en est le récitant. Il sait de quoi il parle puisqu’il dirige depuis presque vingt ans La fabrique, sa maison d’édition toujours soutenue par le désir collectif de subvertir à l’ordre établi.

Politique

  • Le hareng de Bismarck ou le poison allemand

    Jean-Luc Mélenchon (Plan, 2015)

    Le « poison allemand » est celui que la politique du gouvernement Merkel diffuse dans l’économie de ses voisins. Un poison asphyxiant qui condamne ceux-ci à la misère, au chaos social et politique. Dans ce pamphlet, Jean-Luc Mélenchon appelle à assumer une confrontation franche des points de vue avec l’Allemagne actuelle pour stopper la marche au chaos en cours.
  • La droitisation du monde

    François Cusset (Textuel, 2015)

    Professeur d’études américaines à l’université de Nanterre, historien des idées et chercheur en histoire intellectuelle, François Cusset analyse le puissant virage à droite de la planète. Initié en occident à partir des années 70, puis renforcé par le démantèlement du bloc soviétique dix ans plus tard et le décollage du capitalisme dans tout le sud du globe, il déplie toutes les strates qui ont conduit à cette droitisation depuis près d’un demi siècle. Luttant contre la fatalité d’un tel tournant, François Cusset dresse la liste de nouvelles résistances et pointe le réveil des forces d’émancipation, forces encore dispersées mais prêtes à combattre. « Le soulèvement n’est qu’une question de délai » affirme t-il en conclusion à cette conversation avec Régis Meyran. « Et sa forme qui reste à inventer, une question d’imagination… Lire la suite
  • Le maître ignorant, cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle

    Jacques Rancière (Fayard, 2014)

    Laissons le soin à Rancière de présenter lui-même son livre publié pour la première fois en 1987 : « J’ai écrit un ouvrage qui s’appelle Le Maître ignorant. Il me revient donc logiquement de défendre sur ce sujet la position apparemment la plus déraisonnable : la première vertu du maître est une vertu d’ignorance. Mon livre raconte l’histoire d’un professeur, Joseph Jacotot, qui fit scandale dans la Hollande et la France des années 1830 en proclamant que les ignorants pouvaient apprendre seuls sans maître pour leur expliquer, et que les maîtres, de leur côté, pouvaient enseigner ce qu’ils ignoraient eux-mêmes. Je voudrais pourtant montrer qu’il ne s’agit pas là de plaisir du paradoxe mais d’interrogation fondamentale sur ce que savoir, enseigner et apprendre veulent dire ; pas de voyage dans l’histoire de la pédagogie amusante mais de réflexion philosophique absolument actuelle sur la manière dont la raison… Lire la suite
  • Ca te passera avec l’âge

    Alain Krivine (Flammarion, 2006)

    Tout au long de sa vie de militant, Alain Krivine s’est appliqué à faire mentir ceux qui avaient prédit que « ça passerait avec l’âge », comme si l’espoir n’était qu’une maladie de jeunesse... Mais comment traverser ce demi-siècle, des réseaux de soutien au FLN algérien, des barricades du Quartier latin, des révolutions à l’étranger aux combats de la LCR et aux manifestations altermondialistes, sans qu’au loin l’idéal d’un monde plus juste et libéré de toutes les oppressions n’indique le chemin à suivre ? C’est cette aventure collective qu’Alain Krivine a souhaité raconter afin d’en tirer des leçons pour aujourd’hui tant il est vrai qu’un révolutionnaire n’écrit pas ses mémoires, mais pense d’abord à… Lire la suite
  • Manifeste du parti communiste

    Friedrich Engels, Karl Marx (Flammarion, 1998)

    « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Publié pour la première fois en février 1848 à Londres, le Manifeste de Marx et Engels, à l’écriture si rigoureuse et tranchante, n’a rien perdu de sa vigueur critique ni de son intérêt philosophique.

Économie et Finance

  • L’art de la fausse générosité, la fondation Bill et Melinda Gates

    Lionel Astruc (Actes sud, 2019)

    Qu’ils étaient exemplaires Bill et Melinda Gates, devenus en 2000 les icônes de la générosité mondiale ! Qu’ils étaient irréprochables Bill et Melinda Gates qui en créant leur fondation ont décidé de distribuer leur richesse, se transformant ainsi en donateurs planétaires ! Hélas, c’était oublier que ces chez gens là, rien ne se perd, tout se transforme. Et que la philanthropie est aussi un business. Cette enquête le démontre avec éclat. Lionel Astuc démonte le système de dons qui cache en fait des mécanismes d’évitement fiscal, la fausse charité et la transformation de la fondation en trust qui finance les OGM, l’armement, les labos pharmaceutiques… Dans le monde de la finance, il n’y a vraiment rien à sauver. Même pas les… Lire la suite
  • Macron, un mauvais tournant

    Les économistes atterrés (Les Liens qui Libèrent, 2018)

    Détruire progressivement le modèle social français pour aligner la France sur les standards du capitalisme financier libéralisé : tel est le programme d’Emmanuel Macron qui pour y parvenir utilise les institutions bonapartistes de la Ve République. Les Économistes atterrés décryptent les méthodes et les implications de cette entreprise présidentielle. Cet ouvrage analyse les réformes mises en œuvre depuis le début du quinquennat et les suivantes, montre qu’elle aggrave les problèmes : crise économique, crise productive, crise sociale, crise écologique. Des solutions pour changer de cap existent. Comme existent des réponses qui donneraient les moyens de satisfaire aux exigences de la transition sociale et écologique et permettraient d’établir une société sobre, égalitaire, solidaire. « La France n’est pas condamnée à s’engager dans la voie sans issue du libéralisme. Elle doit retrouver la fierté de son… Lire la suite
  • Le capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin)

    Jean Ziegler (Seuil, 2018)

    Qui est cet ogre animé par un ordre cannibale qui broie la vie de milliards d’êtres humains, accroit comme jamais les inégalités et la misère, épuise la planète, plonge dans la déprime les populations, aggrave les replis identitaires sous l’effet de la dictature du marché ? Cet ogre c’est le capitalisme qu’il faut tuer comme l’hydre à plusieurs têtes. Par le truchement d’un dialogue avec sa petite-fille Zohra, Jean Ziegler, ancien rapporteur pour l’ONU pour le droit à l’alimentation et actuel vice-président du comité consultatif du Conseil des Droits de l’homme, en appelle à une insurrection qui renversera ce système économique dictatorial. « Quand viendra-t-elle ? », demande la petite-fille. « Personne ne le sait », répond le grand-père, « mais elle est proche ». Parce qu’elle est… Lire la suite
  • Foucault, Bourdieu et la question néo libérale

    Christian Laval (La découverte, 2018)

    Chacun à leur manière, et avec des styles très différents, ces deux intellectuels français se sont intéressés à la question du néolibéralisme - Michel Foucault dans les années 70, Pierre Bourdieu dans années 90. Christian Laval, agrégé de sciences sociales et professeur de sociologie à Nanterre, examine l’originalité et la cohérence de leurs recherches, leurs limites et les points aveugles pas encore explorés. Cet ouvrage permet de faire comprendre en quoi les travaux de Foucault et Bourdieu sont incontournables pour comprendre le mode de pouvoir actuel et réfléchir à cette question centrale : quelle nouvelle politique faut-il inventer pour mener ce combat central du XXIe siècle ?
  • Le système dette

    Éric Toussaint (Les Liens qui Libèrent, 2017)

    Historien, docteur en sciences-politiques et porte-parole du CADTM international (Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes), Éric Toussaint retrace l’histoire des dettes souveraines et de leur répudiation. Il nous emmène en Amérique Latine, en Chine, en Tunisie, en Égypte et en Grèce bien-sûr, replonge dans les racines du mal où à partir du XIXe siècle le recours à l’endettement devient un des bras armés du capitalisme pour mettre sous tutelle des économies entières. Tout au long de ces pages, Éric Toussaint martèle une évidence que le système ne veut pas entendre : la pratique de la dette n’est pas inéluctable. La preuve, des états ont réussi à annuler les leur, Mexique, Cuba, Costa Rica et la Russie des Soviets. Les dictatures ont toujours une… Lire la suite

Sociologie

  • Le président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron

    Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot (Zone, 2019)

    Cette « chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron » est un délice concocté par les Pinçon&Charlot, infatigables sociologues de la grande bourgeoisie. Non pas qu’ils relèvent des données fracassantes – ils ne sont pas avares de leurs découvertes - mais parce qu’ils en font l’analyse et la synthèse. Ces infos mises bout à bout dressent un portrait glaçant de l’oligarchie du pouvoir en France, du mépris social dont témoigne le président des ultra-riches pour « ceux qui ne sont rien », des faveurs qu’accorde ce même président pour la caste des privilégiés qui coûtent « un pognon de dingue ». Ce livre est une chronique édifiante d’une guerre de classe menée dans le cœur de ce qui s’apparente à une monarchie présidentielle. On le sait, mais cela fait du bien de l’entendre encore et encore. Pour ne pas s’habituer. Pour ne pas supporter… Lire la suite
  • La société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire

    Grégoire Chamayou (La fabrique, 2018)

    Dans cet ouvrage dont le sous-titre annonce clairement son objet, une généalogie du libéralisme autoritaire, le philosophe Grégoire Chamayou s’empare de ce qu’il nomme la « crise de gouvernabilité ». Pour cela, il a épluché les discours théoriques des années 70 (principalement nord-américains) portant sur l’entreprise et le management et qui font apparaître de nouvelles stratégies développées par le monde des affaires pour contrer les contestations des gouvernés (plus d’autonomie et plus d’égalités pour les travailleurs, les femmes, les minorités). Grégoire Chamayou met en lumière l’existence d’un contre-mouvement des forces libérales et un nouvel art de gouverner. « Une sorte de contre-activisme des pratiques managériales dont nous ne sommes pas sortis », affirme l’auteur qui montre que ce libéralisme autoritaire suppose une verticalité de l’État. Un État fort pour une économie… Lire la suite
  • La stragégie de l’émotion

    Anne-Cécile Robert (Lux, 2018)

    Frémir plutôt que réfléchir. Tout est dit dans cet axiome développé par Anne-Cécile Robert, journaliste au Monde Diplomatique et professeur associé à l’université Paris 8. Pour elle, les émotions dévorent l’espace social et politique au détriment des autres modes de connaissances du monde, notamment la raison. Et de rajouter : « Des émissions de divertissement à l’actualité médiatique en passant par les discours politiques, le recours à l’émotion est devenu l’une des figures imposées de la vie publique. Si les émotions, positives ou négatives, enrichissent l’existence, cette forme d’expression peut poser de redoutables défis à la démocratie lorsqu’elle se fait envahissante et tend à remplacer l’analyse. » Autrement dit, la manipulation des esprits prend des formes inattendues. C’est l’extension du domaine de la… Lire la suite
  • La condition anarchique. Affects et institutions de la valeur

    Frédéric Lordon (Seuil, 2018)

    Poursuivant son intérêt pour les usages de la philosophie de Spinoza en sciences sociales, Frédéric Lordon, économiste et chercheur en philosophie, décortique les systèmes de valeurs aussi différentes que l’économie, la morale et l’esthétique. D’où tirent-elles leur autorité ? Qui établit leur valeur ? En « décollant "anarchie" de ses usages courants, comme catégorie politique bien connue, pour retourner à une lecture étymologique - l’anarchie, c’est l’an-arkhé, c’est-à-dire l’absence d’arkhé, l’absence de fondement »-, il développe l’idée qu’il n’existe aucun fondement de vérité absolue, que ces valeurs sont le simple produit de la société, que ce sont les affects collectifs qui font la valeur dans tous les ordres de valeur, ceux là qui soutiennent la valeur là où il n’y a aucun ancrage. D’où le concept de la « condition anarchique » et la grande question : comment tient une société qui ne tient à rien… Lire la suite
  • Nouvelles morales, nouvelles censures

    Emmanuel Pierrat (Gallimard, 2018)

    Avocat au barreau de Paris, spécialisé dans le droit de la culture et les affaires de censure, Emmanuel Pierrat s’alarme des attaques que subissent les œuvres dans tous ses territoires. Arts plastique, littérature, cinéma, musique. À la manœuvre, selon lui, les ligues de vertu du troisième millénaire, quelque soit leur cause légitime et pétries des meilleures intentions : lutte contre le racisme, l’esclavage, la souffrance animale, l’antisémitisme, anti tabagisme à l’écran, dans les pubs. Comment faire alors dans ce nouveau paysage politique qui enserre de plus en plus la liberté d’expression ? Comment concilier le devoir de mémoire, le légitime respect de l’égalité du citoyen et les droits des minorités, avec l’amour de l’art et de la liberté ? La clé réside sans doute dans la pédagogie, propose en substance Emmanuel Pierrat dans cette réflexion concrète et illustrée d’exemples. Il s’adresse à « tous ceux… Lire la suite

Travail et luttes sociales

  • Bullshit jobs

    David Graeber (Les Liens qui Libèrent, 2018)

    En 2013, David Graeber, un anthropologue anglais, publie sur Strike ! (magazine radical et en ligne), un article sur « les jobs à la con », soit « une forme d’emploi rémunéré qui est si inutile, superflue ou néfaste que même le salarié ne parvient à justifier son existence ». Paru en plein été, il est aussitôt lu, repris, partagé par des milliers puis des millions de personnes, dans le monde entier. Ce livre en est le dérivé. Il cite des exemples de Bullshit jobs, oblige le lecteur à se poser des questions - « Avez-vous l’impression que le monde pourrait se passer de votre travail ? » ; « Avez-vous déjà pensé que vous seriez plus utile dans un hôpital, une salle de classe, un commerce ou une cuisine que dans un open space situé dans un quartier de bureaux ? » ; « Avez-vous déjà participé à un afterwork avec des gens dont les intitulés de jobs étaient absolument mystérieux ? ». David Graeber, aussi et surtout,… Lire la suite
  • DRH, la machine à broyer

    didier Bille (Cherche Midi, 2018)

    « Recruter, casser, jeter ». Tout est dit dans le sous-titre de ce témoignage livré par un ancien des ressources humaines qui a travaillé pour de grands groupes et s’attache désormais à replacer le lien social, le respect et à la bienveillance au cœur des politique de RH. Didier Bille balance les pratiques qu’il a mises en œuvre. Objectifs inatteignables, injonctions paradoxales, harcèlement moral, évaluations truquées, propagande. Autant de techniques froides et cyniques qui démontrent la collusion entre les ressources humaines et les directions visant à dissoudre le lien social et à instaurer une culture de la peur. Bienvenu dans l’enfer où tous les coups bas sont permis.
  • Un monde à gagner

    Marie-Laure Dufresne-Castets (Don Quichote, 2017)

    Moulinex, Les Contis, Les cinq de Renault Le Mans, la relaxe de Ghislaine, l’affaire Alain Herbert… À travers une dizaine de combats emblématiques, Marie-Laure Dufresne-Castets raconte, de l’intérieur, « la lutte des classes du tribunal ». Avocate en droit du travail, elle a choisi de se mettre aux cotés des travailleurs. « Je suis descendue dans l’arène de leurs luttes et je n’ai plus jamais voulu en sortir ». Elle raconte le cynisme, la violence inouïe de la gestion de la « masse salariale » par le patronat et cette opinion qui gagne les juges que le travail ne « coûte » rien. Bienvenu dans un monde qui plait tant à Macron au point qu’il veut en faire la norme.
  • Changer d’avenir, réinventer le travail et le modèle économique

    Les économistes atterrés (Les Liens qui libèrent, 2017)

    Repenser l’idée même de la croissance, de l’ubérisation de la société, du délitement de la protection sociale, de la profondeur de la crise… Ce collectif d’économistes et de citoyens donnent les clefs pour comprendre le caractère systémique de la crise et propose d’entrer dans un nouveau monde. Les Economistes Atterrés qui s’inscrivent résolument dans la transition écologique, proposent d’autres organisations du travail pour renforcer la solidarité et combattre le précariat. Des idées, des idées et encore des idées pour nous sauver de l’orthodoxie néolibérale. Et donner de solides arguments pour batailler contre.
  • Désobéir - La collection

    Les désobéissants, Xavier Renou (Le Passager clandestin, 2017)

    Vous avez aimé les Que sais-je ? , vous adorerez cette collection de petits bouquins pleins de conseils pratiques pour Désobéir dans l’entreprise, Désobéir aux grands projets qui coutent très cher et ne servent à rien, Sivens, Lyon-Turin, Notre-Dame-des-Landes. Voilà pour les derniers. Il y a aussi désobéir au sexisme, à l’argent, au nucléaire, au colonialisme, à la précarité… Autant de modes d’emploi clairs et efficaces, concoctés par un « collectif activiste qui forme à la désobéissance civile ». En plus, ils sont faciles à glisser dans une poche !

Environnement et Santé

  • Nous voulons des coquelicots

    Fabrice Nicolino, François Veillerette (Les Liens qui Libèrent , 2018)

    Ce livre est un manifeste. Un manifeste pour la vie, les coquelicots dans les champs de blé, les oiseaux au bord du chemin, les abeilles qui subissent une véritable apocalypse qui les fait disparaître par milliards. Le coupable, tout le monde le connait : ce sont les pesticides, « ces poisons qui détruisent tout ce qui est vivant, ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises ». Semeurs de mort, ils doivent être définitivement éradiqués. Pas demain, maintenant. « L’heure n’est plus à la discussion de salon, il faut se lever, ensemble, dans un soulèvement pacifique de toute la société », lancent les auteurs de cet appel pour l’interdiction des pesticides. Le journaliste-essayiste à Charlie Hebdo et l’ancien président de Greenpeace espèrent que chacun… Lire la suite
  • Éloge des mauvaises herbes . Ce que nous devons à la ZAD

    Collectif (Les Liens qui Libèrent, 2018)

    Soit dix-sept intellectuels, artistes, écrivains, poètes* qui dissertent sur « ce que nous devons à la ZAD », cette zone à défendre qui est bien plus qu’un bout de bocage. Leurs textes ainsi rassemblés racontent que, dans notre monde normé, catalogué, mesuré, peut s’y inventer de nouvelles formes de vie et de liberté. Sur la ZAD, on existe en commun, on cohabite avec la nature, on rêve, on sort de l’emprise du marché. On lutte, on invente, on redonne du sens au travail et à l’agriculture, on prépare les alternatives en occupant les terres. « C’est notre réalité de demain qui prend forme sous nos yeux. C’est une percée de mauvaises herbes ». Une percée de la vie. * David Graeber, Jade Lindgaard, Virginie Despentes, John Jordan, Vandana Shiva, Olivier Abel, Geneviève Pruvost, Bruno Latour, Christophe Bonneuil, Nathalie Quintane, Starhawk, Kristin Ross, Pablo Servigne, Wilfried Lupano, Amandine Gay, Patrick… Lire la suite
  • Être forêts, habiter des territoires en lutte

    Jean-Baptiste Vidalou (Zones, 2017)

    « Nous sommes allés à la rencontre des forêts et de celles et ceux qui les défendent. Nous y avons découvert des continents innombrables, des sentiers inédits, des êtres ingouvernables. Toute une géographie depuis laquelle il était possible, enfin, de respirer », écrit l’auteur qui se présente comme un bâtisseur en pierre sèche et par ailleurs agrégé de philosophie. Ces forêts sont celles des paysans Guerrero du Mexique qui se battent contre les exploitants, des trappeurs du peuple Cri du Canada défendant sa forêt boréale victime de déforestation, des Penan de Bornéo qui s’arment de sarbacanes contre les plantations de palmiers à huile. Sauver la forêt, mais aussi l’habiter pour la protéger, comme du bois de Tronçay à celui de Sivens, de Notre-Dame-des-Landes aux Cévennes. Autant d’espaces à se réapproprier, autant de luttes à mener pour clamer haut et fort que la forêt est bien autre chose qu’une réserve de… Lire la suite
  • Dictionnaire impertinent de la vieillesse

    Alain Jean, Christian Gallopin, Didier Martz, José Polard, Michel Billé (Éres, 2017)

    « Ce n’est pas parce qu’on a un pied dans la tombe qu’on va se laisser marcher sur l’autre » disait François Mauriac. Cette phrase placée en exergue de ce dictionnaire donne le ton : il sera volontairement impertinent et résolument iconoclaste. Nourri par une vingtaine d’auteurs et porté par l’association « EHPAD’côté – les pas de côté » pour dire que les vieux, s’ils sont privés de liberté par l’avancée de l’âge, ne sont pas privés ni d’humour, ni de dignité, ni de besoin d’égalité. Rire pour dissoudre le mépris et pour exploser le dieu unique des Ehpad : la rentabilité. Exemples de définition. Vieillissement réussi : avoir une Rolex avant 50 ans, s’en souvenir après 80 ans. Maladie d’Alzheimer : étranger sans papier, à la fois immigré du temps et émigré de la… Lire la suite
  • Homme augmenté, humanité diminuée

    Philippe Baqué (Agone Contre-feux, 2017)

    « D’Alzheimer au transhumanisme, la science au service d’une idéologie hégémonique et mercantile ». Ce sous-titre résume à lui-seul l’objet de l’enquête de Philippe Baqué que la maladie d’Alzheimer de sa mère a propulsé dans un monde inconnu, celui du business de la santé. Ce livre en forme de carnet de bord écrit à la première personne montre comment les laboratoires spéculent, les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) se lancent dans des projets mégalomaniaques, comment s’élabore une société basée sur une conception eugéniste des corps et des consciences. Rassurez-vous, ce ne sera pas donné à tout le monde ! Dehors les pauvres, l’immortalité, c’est pour les riches.

International

  • Black lives matter

    Keeanga-Yamahtta Taylor (Agone/Contre-feux, 2017)

    « Plus qu’un moment, un mouvement » écrit Keeanga-Yamahtta Taylor, militante antiraciste, anticapitaliste et auteur de ce livre qui raconte les luttes du Black Lives Matter (BLM). Enseignante à l’université de Princeton, elle pose une question centrale : comment cette mobilisation afro-américaine contre le racisme systémique envers les noirs a-t-elle pu naître sous le mandat du premier président… noir ? Pour comprendre la grande désillusion provoquée par Obama et la naissance du BLM en 2012, l’auteur plonge dans l’histoire des mouvements sociaux des années 60, analyse l’économie du racisme ainsi que l’essor d’une élite noir prompte à relayer les préjugés racistes et anti-pauvres. En protestant sans cesse contre le profilage racial, « l’inhumanité de la police » et son arsenal militaire, une justice prompte à acquitter les flics tueurs de noirs, le Black Lives Matter pourrait devenir le catalyseur et s’étendre… Lire la suite
  • La machine à tuer, la guerre des drones

    Jeremy Scahill (Lux , 2017)

    Parfaits les drones, avec leur frappe chirurgicale, utiles grâce à leur absence d’affect face à leur cible ? Pas vraiment, assurent les auteurs de ce livre préfacé par Edward Snowden. « Ils ne visent juste qu’une fois sur dix et la plupart du temps, assassinent des personnes qui ne représentent aucune menace » assure Jeremy Scahill. Ce journaliste d’enquête, ancien correspondant de guerre pour le magazine américain La Nation, est formel : « ces engins et ceux qui les commandent à distance font non seulement des victimes innocentes ». En 2012, cette arme a tué plus de 200 personnes au Yémen dont seules 35 représentaient une menace. De plus, ces engins volants affaiblissent le renseignement antiterroriste (il tue au lieu de capturer) et attise la colère des populations affectées par la menace de la mort venue du ciel. La guerre des drones, la sale guerre… Lire la suite
  • La nouvelle question d’Orient

    Georges Corm (La Découverte, 2017)

    Georges Corm est historien et économiste. Il est également spécialiste du monde arabe auquel il a consacré de nombreux ouvrages. L’idée de son dernier essai est de faire comprendre les violences généralisées que connaissent un nombre grandissant des sociétés arabes depuis les années 2000, mais aussi le chaos et l’extension du terrorisme se réclamant de conceptions millénaristes de la religion musulmane dans de nombreux pays musulmans, en France, en Belgique et aussi aux Etats-Unis. Pour Georges Corm, il y a urgence à contextualiser, donner des clefs historiques, rappeler les débats, la rupture et la continuité de « la nouvelle question d’Orient ». Pour prendre conscience des causes qui ont conduit à ce « dérèglement de la raison… Lire la suite
  • Un boycott légitime. Pour le BDS universitaire et culturel de l’État d’Israël

    Armelle Laborie, Eyal Sivan (La Fabrique, 2016)

    BDS pour Boycott Désinvestissement Sanctions. Soit une campagne internationale lancée en 2014 par 171 organisations non gouvernementales palestiniennes et relayée dans le monde entier, appelant à exercer des pressions économiques, académiques, culturelles et politiques sur Israël afin d’aboutir à la fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes, l’égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël, et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens. Le DBS se concentre désormais sur une de ses composantes : les institutions universitaires et culturelles israéliennes. C’est pour lever des idées fausses à son sujet, le justifier et prôner le droit à l’exercer qu’Eyal Sivan, cinéaste israélien et Armelle Laborie, productrice de documentaires, ont signé cet essai. Entreprise pédagogique « défendre la liberté d’appeler au boycott ne va pas à l’encontre de la liberté critique ou de… Lire la suite
  • L’ordre et le monde. critique de la Cour pénale internationale

    Juan Branco (Fayard, 2016)

    Née à l’orée du XXIe siècle, la Cour pénale internationale a pour mission de juger les plus grands criminels de notre temps, responsables de génocides, de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Lourde et belle tâche que celle de lutter contre l’impunité et d’amener les bourreaux à répondre de leurs actes. Sauf que cette organisation n’a jamais été à la hauteur de ses ambitions. Pire, son existence même est mise en cause. Juan Branco, docteur en droit et par ailleurs conseiller juridique de Julian Assange, y a travaillé plus d’un an, d’abord comme stagiaire puis comme assistant spécial et officier de liaison du Premier Procureur de la Cour Pénale Internationale. Ce livre est le résultat de son enquête où le droit côtoie la philosophie, le constat d’un (dis)fonctionnement juridique fait écho à l’état de notre… Lire la suite

Humour et fiction

  • Numberland, le monde en chiffres

    Mitchell Symons (Marabout, 2014)

    Détendons-nous, jouons un peu, beaucoup, passionnément grâce à ce journaliste-écrivain anglais pour voit la vie en…chiffres. Avec un humour bien de chez lui, il nous raconte, au hasard des 28 chapitres, l’être humain, la musique, l’argent, l’amour, des anecdotes en tous genres. Ainsi 9,12 est la plus grande distance en mètres à laquelle quelqu’un ait craché un criquet mort avec la bouche ; ou encore 3 085 209 600 000 est le nombre de rouleaux de papiers peint qu’il faudrait pour recouvrir le désert du Sahara. Des données chiffrées, loufoques et drôles, il en existe des milliers dans ces pages. Parfaitement inutiles, donc nécessaires.

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La pollution atmosphérique tue vingt fois plus que la Covid-19 1972 : DES VÉLOS, PAS D’AUTOS ! Accès libreVoir

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La Covid-19 nous a obligés à faire passer nos vies avant l’économie. Mais maintenant, retour à la normale. Avec la pollution atmosphérique qui tue vingt fois plus, l’économie passe avant nos vies. Voici un petit retour sur la première manif écolo en faveur du vélo, le 22 avril 1972, organisée par les Amis de la Terre et suivie par 25 000 doux dingues…

Pour un programme de PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE. Avec le sociologue Razmig Keucheyan Monde d’après : mode d’emploi Accès libreÉcouter

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Demain, le paradis ? Ce n’est pas certain. Mais quel avenir avec ce choc énorme ? Il est urgent de faire front face à un pouvoir qui va revenir comme avant, mais en pire. Voici le projet de deux chercheurs, Razmig Keucheyan et Cédric Durand, une PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE avec un programme en cinq points : un contrôle public de l’investissement, une garantie de l’emploi, la relocalisation de (...)

Comment en est-on arrivé là en si peu de temps ? Voilà la réponse dans une super BD ! LA GRIPPETTE DU PANGOLIN AbonnésLire

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C’est passé si vite… Une histoire de pandémie, de confinement et de résidence secondaire : voilà qu’un éternuement de pangolin en Chine fait trembler le monde entier. Enfin, presque le monde entier. Parce qu’en France, la clairvoyance présidentielle nous a évité de tomber dans la panique, puis de paniquer parce qu’il était temps. De ne pas porter de masques inutiles, puis de porter des masques indispensables. De confiner, de déconfiner. On passe son temps sur Internet à essayer de comprendre ce qui nous tombe sur la tête et on finit noyé sous le flot d’informations continues. Alors arrêtons-nous un instant. Prenez le temps – grâce à Mathieu Colloghan – de regarder ce qui s’est passé depuis le rhume du pangolin.

SANTÉ PUBLIQUE. DÉCONFINEMENT. OÙ EN SONT LES PROMESSES DE MONSIEUR MACRON ? SOIGNANTS : APRÈS LES BRAVOS, LE MÉPRIS AbonnésVoir

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Bravo nos héros, show-biz et trémolos, merci, merci, bravo, bravo. Et après ? Et maintenant ? Où en sont les promesses de Monsieur Macron ? Le grand plan d’investissement massif ? Les soignants se sont dépassés, beaucoup ont payé de leur santé et même de leur vie. Pendant des semaines et avec succès, ils ont réussi à faire passer la santé avant l’intendance. Oui, bravo. Mais aujourd’hui ? Pas de réponse. Pourtant, Monsieur Macron avait promis ?

« Mépris et trahison ». Voila ce que balance le collectif Inter-hôpitaux à l’heure du déconfinement. Voilà des mois que ces soignants sont à fond dans une lutte qui dure depuis des années pour sauver l’hôpital public des griffes de la logique marchande. Nous les avons rencontrés à l’heure du déconfinement.

Profitant de l’émotion générale pour amadouer un pays qui le rejette, Macron et ses communicants ont poussé encore un peu plus loin le bouchon du cynisme. Avant d’évoquer « les jours heureux », ce destructeur obstiné du modèle social français s’est transformé en brave militant d’Attac pour faire l’éloge de l’État-providence : « ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. »