I pay for your story Abonnés

1

Le

Ce film était disponible pour les abonnés jusqu'au 5 janvier 2019. Retrouvez un nouveau film chaque 1er samedi du mois avec votre abonnement à Là-bas si j'y suis. Voir le film du mois.

À Utica, ville sinistrée des États-Unis, Lech Kowalski propose aux habitants de payer pour écouter leur histoire. Avant Trump, un portrait poignant de l’Amérique des marges, entre tragédie et survie.

Suspendu à une véranda, un néon bleu et rouge clignote avec la mention "I pay for your story". À Utica, ville moyenne de la "Rust Belt" dans le nord-est des États-Unis, dont le rêve américain s’est évanoui depuis longtemps avec la désindustrialisation, Lech Kowalski (La malédiction du gaz de schiste, À l’est du paradis) fait caméra ouverte pour les habitants et les rémunère deux fois le salaire minimum pour les entendre. Noirs pour la plupart, les volontaires déroulent simplement le fil de leur vie, avec deux gros dénominateurs communs : la fatalité misère-drogue-prison et l’instinct de survie, avec l’espoir ténu et tenace d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Des condensés de destins où ils affirment aussi leur identité et leur dignité, loin des statistiques où l’on tend à les enfermer, comme leur refus de la stigmatisation. À travers leurs récits résistants se dessine, de l’intérieur, le chaos d’une cité sinistrée, qui hier encore s’enorgueillissait de son industrie textile et de son usine de la General Electric. Dans un ancien night-club désaffecté, rempli de gravats, un père évoque les soirées festives d’autrefois, avant le basculement. Et avant même l’élection de Trump, ces rescapés cabossés pressentent déjà des émeutes à venir.

Lech Kowalski, enfant d’émigrés Polonais, qui a passé son adolescence à Utica, parvient à travers la force brute des témoignages à ausculter la ville éreintée par la pauvreté, miroir piqué de l’Amérique. Une cité démembrée, singulièrement cinématographique, qui émerge au détour de brefs et beaux plans, souvent de nuit. Sans excès d’empathie ni de curiosité, le réalisateur restitue puissamment, par la sobriété du dispositif, la parole de ces "sans-voix", comme ce sexagénaire qui a passé vingt-cinq ans derrière les barreaux et envisage son retour en prison pour la promesse d’un lit et de soins médicaux. Le portrait abyssal d’une époque, où se glisse, comme une lueur vacillante, un hommage à la mère du cinéaste.

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Une sélection :

Les nouveaux négationnistes Accès libreVoir

Le

« Gaza brûle. » C’est avec ces deux mots très clairs que le ministre israélien de la Défense a qualifié mardi 16 septembre l’offensive terrestre menée par l’armée israélienne pour « prendre le contrôle » de la ville de Gaza.

Même les autorités françaises, pourtant diplomates, ont dénoncé « cette campagne destructrice, qui n’a plus de logique militaire ». Le jour même, une commission d’enquête internationale de l’ONU sur le territoire palestinien occupé « estime qu’Israël est responsable du génocide commis à Gaza ».

Pendant ce temps, en France, certains continuent à estimer qu’« Israël n’est pas responsable d’une famine à Gaza » (Bernard-Henri Lévy, 24 août 2025), que « la détestation d’Israël sur la base d’un mensonge médiatique invraisemblable, la fausse famine, le faux génocide, est à son comble » (Gilles-William Goldnadel, 14 septembre 2025) et même qu’« il n’y a AUCUN journaliste à Gaza. Uniquement des tueurs, des combattants ou des preneurs d’otages avec une carte de presse. » (Raphaël Enthoven, 15 août 2025). Gérard Mordillat revient aujourd’hui sur ceux qui s’évertuent à nier la réalité du massacre à Gaza, ces « nouveaux » négationnistes.

Tout un été Là-bas pour se refaire la cerise ! COMMENT LE FASCISME GAGNE LA FRANCE AbonnésÉcouter

Le

Nationaliser le bonheur commence par virer ces passions tristes qui nous bouffent comme des punaises de lit et rétrécissent la surface de la cage. Contre ça il faut des biscuits, il faut des provisions, il faut des armes. Là-bas si j’y suis vous en donne tout l’été, comme cette émission avec le sociologue Ugo Palheta à l’occasion de la nouvelle édition de son livre Comment le fascisme gagne la France. De Macron à Le Pen parue en mai aux éditions La Découverte.

On vise les affects et non la pensée Rima Hassan, sorcière terroriste AbonnésLire

Le

Fachos, droite et extrême droite, de Retailleau à Marion Maréchal en passant par les 94 sénateurs qui exigent la levée de son immunité parlementaire, une chasse délirante est ouverte contre la députée européenne Rima Hassan suite à son entretien avec Jean-Jacques Bourdin le 27 février.

Voilà le pourquoi et le comment d’un lynchage ordinaire.

Charmant dessin daté du 3 mars. Le virage réac du dessinateur Plantu ne date pas d’hier mais il a le mérite de montrer une droitisation générale de plus en plus déboutonnée. Si on suit Plantu, le « dessinateur citoyen », ces dernières années, on arrive à Gaza devenu le Auschwitz du Hamas avec LFI qui garde le camp ? (images trouvées par le site Contre Attaque)