Un texte d’Olivier Azam (Les Mutins de Pangée)

Réponse aux perfidies de l’AFP sur Julian Assange

Le

Cet article est en accès libre grâce aux abonnés modestes et géniaux, mais…

…sans publicité ni actionnaires, Là-bas si j’y suis est uniquement financé par les abonnements. Sans les abonnés, il ne nous serait pas possible de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre indépendance  : rejoignez-nous  !

Je m'abonne J'offre un abonnement

Dans l’apparente neutralité d’une dépêche du 10 décembre 2021 annonçant que la Haute Cour de Londres venait de rendre de nouveau possible l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis, l’AFP prend fait et cause contre un confrère journaliste, fondateur de WikiLeaks, lentement assassiné dans la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres.
Le titre annonce la couleur : « Julian Assange, héros controversé de la liberté d’informer ».

Controversé ? Vraiment ?

L’auteur de la dépêche (Sylvain Peuchmaurd) note que Julian Assange « a vu son image se troubler avec le temps ». De quel trouble s’agit-il ? Et qui estime que trouble il y a ?

Depuis les révélations de Chelsea Manning via WikiLeaks en 2010, documentant les crimes de guerre et les actes de torture commis régulièrement par l’armée des États-Unis en Afghanistan, en Irak et dans la prison de Guantánamo, Julian Assange est officiellement devenu « une cible prioritaire  » pour Washington. Plus que « troublée », nous avons assisté en dix ans à la totale destruction de l’image d’Assange, organisée par les États-Unis et leurs subordonnés, autour des allégations de « délits sexuels » dans l’affaire suédoise qui, après neuf ans de procédure, s’est soldée par un abandon des poursuites dans un relatif silence médiatique si on le compare à l’empressement à l’accuser de viol.

Après son arrestation dans l’ambassade d’Équateur à Londres le 11 avril 2019, Julian Assange a purgé la lourde peine de 50 semaines de prison dans une prison de haute sécurité pour n’avoir pas respecté les conditions de sa liberté conditionnelle (ayant épuisé tous ses recours face à la justice britannique, l’extradition vers la Suède était imminente en juin 2012, il avait alors brisé son bracelet électronique avant de se réfugier dans l’ambassade équatorienne). Il a ensuite été maintenu en détention à Belmarsh à la demande de Washington qui veut juger le journaliste australien sur la base de chefs d’inculpation essentiellement fondés sur l’Espionage Act qui est une loi interne aux États-Unis, créée en 1917 pour enfermer les opposants à l’entrée en guerre.

La dépêche de l’AFP précise : « Son image de “cyber-warrior” aux cheveux blancs s’est brouillée au fil des ans, en particulier avec la diffusion par sa plateforme, en 2016, pendant la campagne présidentielle américaine, de milliers de courriels piratés provenant du Parti démocrate et de l’équipe d’Hillary Clinton.  »

Le journaliste de l’agence de presse n’a pas trouvé la place de préciser ce que contiennent les révélations de ces courriels qui ont « brouillé l’image » d’Assange :

 la publication par WikiLeaks de courriels prouvant comment la direction du Parti démocrate américain a manipulé les primaires pour favoriser Hillary Clinton au détriment de Bernie Sanders, notamment comment la candidate a triché lors des débats en ayant accès à l’avance aux questions ;

 les révélations par WikiLeaks d’extraits des conférences payées par Goldman Sachs en 2013 et le financement de la Fondation Clinton par l’Arabie saoudite alors que les records de ventes d’armes à ce pays ont été battus sous le mandat de secrétaire d’État Hillary Clinton.

En février 2016, WikiLeaks avait aussi publié les « NSA Targets World Leaders » révélant comment, pendant la présidence de Barack Obama, les services américains avaient espionné une réunion privée sur la stratégie de lutte contre le changement climatique entre le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin ainsi que la mise sur écoute de plusieurs grands diplomates et hauts dirigeants (dont Nicolas Sarkozy), le chef de cabinet du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), des hauts responsables de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) et de l’Union européenne.


Toutes ces vérités, que personne n’a pu nier, l’AFP semble les ignorer ou les juger désormais non publiables. Pourquoi ?

« Selon la CIA, ces documents ont été obtenus auprès d’agents russes, ce que nie la plateforme  », dit la dépêche, renvoyant dos à dos les deux parties en oubliant de préciser que ces allégations n’ont pu être prouvées par les États-Unis, notamment dans la très longue et très coûteuse enquête du procureur spécial Robert Mueller sur la soi-disant ingérence russe dans ce dossier (lire Aaron Maté « CrowdStrikeOut : Mueller’s own report undercuts its core Russia-meddling claims » [1]).
L’AFP ne précise pas que WikiLeaks n’a pas seulement publié des documents révélant la surveillance massive de leur propres citoyens par les services de renseignement – publics et privés – états-uniens mais aussi celle de leurs équivalents russes sur leur population (« Spy Files Russia », septembre 2019, en partenariat avec Mediapart et La Repubblica), mais sans que ces révélations ne provoquent une demande d’extradition de Julian Assange du Royaume-Uni vers la Russie.

« Ces révélations avaient alors suscité des éloges appuyés du candidat Donald Trump, qui avait lancé lors d’un meeting : "J’adore WikiLeaks !" », se souvient l’AFP, en occultant le fait que WikiLeaks avait dénoncé en janvier 2017 la promesse de campagne non tenue de Trump sur la publication de sa déclaration d’impôts, et en oubliant aussi que, le 21 avril 2017, le ministre US de la Justice Jefferson « Jeff » Session avait fait de l’arrestation d’Assange une « priorité » pour les États-Unis et que le président Trump n’a jamais fait le moindre geste pour arrêter les poursuites contre lui, son « soutien » à WikiLeaks s’étant limité à une boutade de meeting de campagne.

« En 2011, les cinq journaux (dont The New York Times, The Guardian et Le Monde) associés à WikiLeaks condamnent la méthode de la plateforme, qui rend publics des télégrammes du département d’État américain non expurgés. Ils estiment que les documents sont susceptibles de « mettre certaines sources en danger ». La critique sera reprise par le lanceur d’alerte Edward Snowden », pointe l’AFP qui semble ignorer quelques détails importants :

 ces grands titres de la presse internationale ont justement publié de nombreuses révélations en partenariat avec WikiLeaks, dont les « Afghans War Diaries », « The Iraq War Logs » et le « Cablegate » en 2010 ;

 lors des audiences d’extradition en 2020, aucun des journalistes de ces journaux n’est venu dénoncer les méthodes d’Assange. Au contraire, le journaliste américain John Goetz, qui travaillait au Spiegel au moment de ces grandes révélations, a témoigné en faveur du fondateur de WikiLeaks, insistant sur sa déontologie exigeante. Selon lui, Assange a personnellement veillé à ce que les noms des informateurs vulnérables apparaissant dans des centaines de milliers de documents secrets du gouvernement américain ne soient jamais publiés ;

 WikiLeaks a sollicité le Pentagone pour qu’il efface lui-même les noms des agents potentiellement menacés mais les autorités américaines n’ont pas donné suite. On peut notamment le voir dans le documentaire de Laura Poitras, Risk (2016) ;

 en 2010, Julian Assange a lui-même refusé au Gardian de publier des documents car il estimait que ceux-ci risquaient de mettre en danger des personnes. Il n’a pas cédé au harcèlement des journalistes du quotidien britannique, pressés de rendre publics les documents dont ils avaient obtenu une copie ;

 en février 2011, dans leur livre WikiLeaks. Inside Julian Assange’s War on Secrecy (Guardian Books), David Leigh et Luke Harding, journalistes au Guardian, ont publié le mot de passe confié par Assange permettant d’accéder aux 250 000 câbles diplomatiques non expurgés.

« Ce faisant, David Leigh et le Guardian ont violé de manière répétée les conditions de sécurité de WikiLeaks, notamment notre consigne que les câbles non publiés soient mis à l’abri des services secrets en les conservant sur des ordinateurs non connectés à internet  », déplorait Julian Assange dans un communiqué.

Quoi qu’il en soit, les États-Unis n’ont jamais apporté le moindre début de preuve contre Julian Assange permettant de l’accuser d’avoir « du sang sur les mains » comme avait pourtant titré le New York Times, en désignant celui qui, justement, avait révélé à quel point ses accusateurs trempent dans le crime.

Pour avoir publié ces vérités, que personne ne peut aujourd’hui contester, Assange a payé de sa liberté depuis presque dix ans et risque aujourd’hui de mourir en prison sans avoir été condamné pour le moindre crime. Ce n’est pas seulement, comme l’écrit l’AFP, un « noyau dur  » qui « lui est resté fidèle à l’instar de la créatrice britannique Vivienne Westwood, et nombre d’associations de journalistes ou de défense des droits humains » (ce qui est déjà beaucoup), mais des experts médicaux indépendants, ainsi que ceux qui dénoncent les conditions de détention d’Assange comme Doctors for Assange, un collectif international de plus de 300 médecins, et bien sûr le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Nils Melzer.

L’AFP laisse entendre que Snowden serait désormais contre Assange, or le lanceur d’alerte de la NSA ne cesse de soutenir le fondateur de WikiLeaks, suggérant même à Donald Trump avant la fin de son mandat que « s’il fallait gracier une seule personne, il fallait gracier Assange  ». Pas plus tard que ce 10 décembre, Edward Snowden exprimait son indignation face au jugement de ce jour dans plusieurs tweets et retweets. Autant d’éléments que l’AFP ne peut ignorer si elle connaît l’existence de Twitter.

Les avocats de Julian Assange vont saisir la Cour suprême pour tenter d’éviter sa probable extradition vers les États-Unis où il risque 175 ans de prison pour avoir dit la vérité et fait ce que tout journaliste est censé faire, comme l’AFP est bien placée pour le savoir. La persécution est rendue possible par la passivité voire la complicité des médias dominants et ce genre de dépêche qui valide les arguments de Washington contre la liberté d’informer en répétant les « fake news » et calomnies habituelles.

N’en déplaise à l’AFP, Julian Assange est le journaliste le plus primé du XXIe siècle et il est soutenu par de nombreux confrères dans le monde, des syndicats de journalistes (en France par le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes, à l’échelon international par la FIJ), des ONG comme RSF, Amnesty International, Human Rights Watch...

En espérant que s’il reste encore à l’AFP quelques journalistes attachés aux faits, ils prendront en compte ces éléments en vue d’un correctif et des excuses publiques pour cette dépêche qui « porte la plume dans la plaie » de la torture qui tue à petit feu leur confrère.

Olivier Azam,
Les Mutins de Pangée

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

  • Olivier Compagnon : « L’Amérique latine a été le laboratoire de la grande mutation néolibérale qui a affecté le monde entier » Abonnés

    -

    Voir

    « La puissance militaire écrasante des forces américaines aériennes, terrestres et maritimes a été utilisée pour lancer un assaut spectaculaire, un assaut comme on n’en avait jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale. »

    Voici comment le président Donald Trump se félicitait le 3 janvier dernier de l’intervention militaire qu’il avait ordonnée au Venezuela.

    L’enlèvement et la capture du président Maduro ont sidéré le monde entier.

    Par leur outrecuidance : jamais les États-Unis n’étaient aussi directement et militairement intervenus en Amérique du Sud.

    Par leur franchise : Donald Trump citait explicitement les réserves pétrolières du pays comme but recherché du renversement de Maduro.

    Par leur illégalité : aussi condamnable qu’ait pu être le pouvoir exercé par Nicolás Maduro, rien, ni dans le droit international, ni dans la charte des Nations unies, n’autorise une telle intervention dans un pays souverain étranger.

    Qu’est-ce qui a poussé le président Trump à un tel coup de force ? Quelle relation les États-Unis d’Amérique entretiennent-ils avec le sous-continent sud-américain ? Qu’est-ce que la fameuse « doctrine Monroe » que tout le monde aime rappeler ?

    Olivier Compagnon est professeur d’histoire contemporaine à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine. Il est l’invité de Laurence De Cock dans ce nouvel épisode de « Si j’aurais su ».

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Rage Against the Machine : « Sleep Now In Fire » Abonnés

    -

    Voir

    Le 26 janvier 2000, la bourse de New York clôt sa journée deux heures plus tôt que l’horaire prévu. Une première depuis le krach de 1929. Le responsable ? Un certain Michael Moore, qui avait l’obtenu l’autorisation de tourner un clip pour le groupe de rock Rage Against the Machine en face de la bourse. Était-il prévu que certains membres de la foule qui assistait au concert tenteraient de pénétrer le temple du capitalisme mondial ? Olivier Besancenot vous raconte l’histoire incroyable de ce tournage qui se termina au poste au moins pour le réalisateur et le bassiste du groupe.

  • Municipales : toutes les gauches ensemble, c’est possible ? Abonnés

    -

    Voir

    Oui mais c’est comme le poisson volant, c’est plutôt rare. Cinq ou six cas possibles sur 35 000 communes dont deux irréductibles : Agen et Fontenay-sous-Bois.

    Pourquoi ? Comment ?

    La division de la gauche a toujours été la meilleure garantie de succès pour la droite et l’extrême droite. Mais près de Paris, à Fontenay-sous-Bois, ancienne ville communiste du temps de la « banlieue rouge », on n’a pas fait du passé table rase. On n’a pas oublié les avantages du « communisme municipal » et son programme en matière scolaire, culture, sport, santé publique, très clairement plus près des jetables que des notables.

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre hsitoire Rachel Sumner : « Radium Girls » Abonnés

    -

    Voir

    Depuis un siècle, cette histoire a été maintes fois racontée dans des livres, des films, des pièces de théâtre et même des bandes dessinées. L’histoire des « Radium Girls », ces ouvrières embauchées à partir de 1917 par l’entreprise United States Radium Corporation pour appliquer une peinture luminescente sur les aiguilles des montres. Ce que ne savaient pas ces filles, c’est que la peinture fabriquée avec du radium était extrêmement toxique… Il ne manquait qu’une chanson pour transmettre la mémoire de la lutte des « Radium Girls » pour leur survie et contre leur employeur : la chanteuse américaine Rachel Sumner vient combler ce manque avec cette magnifique chanson que vous raconte cette semaine Olivier Besancenot.

  • Quand une privilégiée s’attaque aux privilèges Pour une nouvelle abolition des privilèges Abonnés

    -

    Voir

    Alice de Rochechouart, c’est la grande noblesse, les grandes écoles, les grands moyens et pourtant elle part en guerre contre les privilèges. Ceux d’aujourd’hui, ceux qui n’ont pas été abolis en 1789, ceux qui n’ont fait que prospérer depuis.

    Oui, souvenez-vous, le quatorze juillet, le peuple avait pris la Bastille mais il voulait plus, il voulait l’égalité et d’abord du pain. Alors dans son élan, il a ouvert la chasse au noble. La vraie chasse. Et d’eux-mêmes, comme par enchantement, dans la fameuse nuit du quatre août, les nobles ont dit d’accord, et ils ont aboli leurs privilèges, d’accord, fini le régime féodal.

    Une victoire et même une révolution. Mais les racines étaient profondes, d’autres privilèges sont apparus, des espèces souvent inconnues. On a beau couper et arracher, ça repousse.

    Aujourd’hui, les inégalités sont plus monstrueuses que jamais et le plus monstrueux, c’est tout ce qui réussit à nous faire encaisser les privilèges d’aujourd’hui. En soutenant l’extrême droite dans sa marche vers le pouvoir, les grandes fortunes entendent légitimer et augmenter leurs gentils privilèges.

    Alors ? L’impuissance a gagné, on a renoncé ?

    Pas Alice de Rochechouart. C’est ce qu’elle explique à Marième.

    Tremblez privilégiés, vos jours sont comptés !

  • Contre la déprime générale La victoire de Zohran Mamdani, un laboratoire pour la gauche Abonnés

    -

    Voir

    Dans ces jours qui n’en finissent pas de déchanter, la victoire de Zohran Mamdani à la mairie de New York le 4 novembre 2025 a été une formidable embellie. Crédité de 1 % un an auparavant, ce pétulant musulman est devenu le premier maire « socialiste » dans la plus grande ville américaine qui compte le plus de milliardaires au monde.

    Une brève éclaircie ou bien le début d’un durable contre-feu ?

    Enseignant à l’université Johns Hopkins, l’historien Tristan Cabello voit dans cette victoire un laboratoire pour la gauche.

    Alors que nos gauches s’entretuent avec application en offrant un boulevard aux réacs les plus déboutonnés, il y a là sans doute pour nous du grain à moudre, surtout à la veille des municipales.

    Gel des loyers, bus gratuits, crèches abordables.

    C’est en répondant aux galères populaires que Mamdani a réussi. Avec bien moins de moyens financiers, il a battu Andrew Cuomo, figure de l’establishment démocrate, le parti qui, en méprisant les préoccupations des modestes, a favorisé l’élection de Trump.

    Accusée bien sûr d’antisémitisme et de soutien du Hamas, toute la jeunesse de la communauté juive de New York a voté pour lui.

    Et surtout Mamdani a laissé tomber les « culture wars », les guerres culturelles, c’est-à-dire les conflits identitaires et moraux qui masquent un agenda économique pro-patronat. Des débats dont notre gauche culturelle se gave depuis longtemps, loin des soucis du populo beauf et mal élevé.

    Un entretien contre la déprime générale avec une surprise à la fin…

  • Leïla Shahid, toute une vie Palestine Accès libre

    -

    Écouter

    Leïla Shahid vient de mourir. Une grande dame, une très grande dame répètent les messages. 76 ans. Malade, elle a mis fin à ses jours. Bouleversé, tout un monde est bouleversé, un monde bien plus grand que la Palestine. Elle lui a consacré toute sa vie mais sa voix porte bien plus loin. Elle le répétait sans cesse : « ne dites pas "conflit israélo-palestinien" mais dites "question de Palestine". Il s’agit bien d’un enjeu mondial de justice et de dignité qui survivra aux décombres, aux gravats et au génocide.

  • Quatrième visite officielle en Inde. Dans notre GUIDE DU DROITARD, toutes les questions dont il ne sera pas question En visite en Inde, Macron ose la cravate à pois Abonnés

    -

    Voir

    Visite officielle de Monsieur et Madame Macron en Inde

    « Pour l’occasion, la première dame était vêtue d’un pantalon taille haute noir et d’une chemise blanche recouverte d’un blazer en cuir terracotta aux épaules structurées. Le président, lui, avait opté pour un costume bleu marine classique avec une touche de fantaisie sur sa cravate à pois. »

    Une visite dans le cadre d’un « partenariat stratégique bilatéral », notamment la vente de 114 chasseurs Rafale. Pour ça, bien sûr, il ne faut pas être trop regardant sur certains sujets comme les droits humains et tous ces trucs-là, les inégalités, l’environnement et tous ces éléphants au milieu du salon.

    Pour connaître les questions dont il ne sera pas question, voyez notre récent GUIDE DU DROITARD.

    Et faites suivre à toute la suite officielle…

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte nos chants de bataille Bruce Springsteen : « Streets of Minneapolis » Abonnés

    -

    Voir

    Si on devait ne garder qu’un chant de bataille, ce serait lui ! Le 7 janvier 2026, le service de l’immigration états-unien, surnommé « ICE », tuait de quatre balles Renee Good, une mère de famille de Minneapolis qui leur résistait. Le 24 janvier, c’est un infirmier en réanimation de 37 ans, Alex Pretti, citoyen américain, qui succombait après avoir été touché de dix balles tirées par les agents de l’ICE. Le 28 janvier, Bruce Springsteen publiait sur ses réseaux Streets of Minneapolis. Écrite en quelques heures, enregistrée le lendemain. Plusieurs millions de vues en quelques jours. Et la voix des vrais manifestants de Minneapolis en guise de chœur : « ICE out ! »

  • Apprenez enfin l’art du savoir-vivre. Un reportage de Charlotte Perry. RADIO/PODCAST Soyez les bienvenus à l’académie des bienséances Abonnés

    -

    Écouter

    Vous rotez en mangeant, vous buvez au goulot, vous sortez des blagues grasses, vous êtes un rustre et un malpoli. Vous ne réussirez jamais dans la vie. Sauf si vous allez voir Bérengère de Monbois qui va vous apprendre les bonnes manières et tous les codes du savoir-vivre à la française. Comment tenir son couteau et sa fourchette sans éborgner votre voisine de table, comment faire un baise-main sans se moucher en même temps, comment faire la conversation sans parler du génocide à Gaza ni de ces 3 000 milliardaires français qu’il faudrait fusiller ? Pas facile pour les habitués de Là-bas. Mais les temps changent, il faut s’adapter. Bérengère va vous apprendre tout ça, et enfin vous aussi vous allez réussir dans la vie ! Bienvenue à l’académie des bienséances !

  • Michaël Lainé publie « L’ère de la post-vérité. Comment les algorithmes changent notre rapport à la réalité » (La Découverte) L’émotion prend l’ascenseur quand la raison prend l’escalier Abonnés

    -

    Voir

    Pas de doute, on préfère croire que savoir. Sauf que même par là, ça ne passe plus. Pour Michaël Lainé, nous voilà entrés dans « l’ère de la post-vérité ».

    Croyance, propagande, bourrage de crâne, dans toutes les langues du monde on connaît la chanson du décervelage. Ravi et béat, nez en l’air, on suit l’étoile qui brille sans voir le camion qui arrive en face. Même sur le chemin de l’abattoir, on préfère chasser cette sorcière nommée Vérité.

    Oui mais c’est moyenâgeux tout ça. De nos jours on est informé, on a tous les moyens de savoir en temps réel comme jamais dans l’histoire humaine.

    Sauf que l’utopie du cyberespace a été entièrement colonisée et devenue un moyen de domination planétaire sans précédent. Pour Michaël Lainé, aujourd’hui les algorithmes sont en train de changer entièrement notre rapport à la réalité. L’algorithme en sait plus sur moi que moi-même. Les contenus clivants et anxiogènes sont privilégiés pour générer un maximum de revenus publicitaires en s’adressant à cette part de nous-mêmes qui souhaite se débarrasser de la réalité. La peur, la colère, l’indignation nous attirent davantage et nous poussent à un maximum de clics.

    Il montre aussi que l’essor mondial du « climato-dénialisme » et des extrêmes droites est en grande partie dû au biais d’internet et des réseaux sociaux qui en favorisent les idées.

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Midnight Oil : « Beds Are Burning » Abonnés

    -

    Voir

    Une chanson anti-colonialiste peut-elle devenir un tube et se hisser dans les premières places du top 50 ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est ce qui est arrivé au groupe australien Midnight Oil avec leur chanson Beds Are Burning. Vous ignoriez comment les colons britanniques ont volé leurs terres aux Aborigènes d’Australie ? En 1987, il a suffi de quatre minutes et quinze secondes au groupe de rock Midnight Oil pour raconter cette histoire au monde entier.

Une sélection :

Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Renaud : « Son bleu » AbonnésVoir

Le

En ce mois de novembre 1994, François Mitterrand est toujours président de la République, pour quelques mois encore.

Depuis quatorze ans, le nombre de chômeurs a doublé, bondissant de 1 376 000 en 1980 à 2 605 000 en 1994. La création des « Restos du cœur » en 1985 a rendu visibles et concrètes les conséquences du « tournant de la rigueur » adopté par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1983. La ratification du traité de Maastricht en 1992 a entériné la soumission de la politique économique et sociale à des « critères de convergence » budgétaires. La conversion des socialistes au capitalisme néolibéral a précipité la désindustrialisation du pays et la destruction de centaines de milliers d’emplois.

C’est donc en novembre 1994, à la toute fin des deux septennats de celui qu’il a naguère soutenu, que Renaud publie son onzième album, À la Belle de Mai, sur laquelle figure cette chanson, Son bleu. L’une des préférées de Renaud, paraît-il, que vous raconte aujourd’hui Olivier Besancenot.

Bougre de merdre UBUESQUE UBU Accès libreLire

Le

C’est une évidence, Donald TRUMP a pris UBU comme modèle. TRUMP, c’est UBU et UBU, c’est TRUMP. Et la France doit en être fière car UBU a été créé en France, UBU est un produit français, on l’oublie trop. Nous avons Notre-Dame, Napoléon et le camembert mais, MERDRE ! nous avons aussi le père UBU. Il est temps que Macron exige des indemnisations pour une telle exploitation de notre patrimoine.

Laurent Mauduit, « Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires » (La Découverte) Collaborations AbonnésVoir

Le

La France est à un point de bascule. Pour la première fois depuis Vichy, notre démocratie est menacée de l’intérieur, la responsabilité est collective mais la responsabilité des milieux d’affaires est écrasante, dit Laurent Mauduit. Longtemps responsable des pages économiques du Monde puis co-fondateur de Mediapart, il se consacre à des enquêtes. Cette fois, il s’intéresse à ce bon vieux couple : extrême droite et milieux d’affaires.

Le front anti-Zucman déchaîné Accès libreVoir

Le

Les médias cherchent à augmenter toujours plus leur audience, les élus font tout pour séduire leurs électeurs. Mais il arrive que la majorité des médias et la majorité des élus s’opposent à la majorité des citoyens.

C’est ce qui vient d’arriver avec la taxe Zucman. Selon toutes les enquêtes, plus de 80 % de l’opinion s’est déclarée favorable à l’instauration d’un impôt plancher de 2 % sur les très hauts patrimoines qui échappent à l’impôt sur le revenu, soit 1 800 personnes disposant de plus de 100 millions d’euros.

C’est l’idée que défend inlassablement l’économiste Gabriel Zucman depuis des mois. Rien de révolutionnaire, rien d’anticapitaliste, une simple affaire de justice et d’égalité. Pourtant, malgré le consensus populaire, une majorité de droite et d’extrême droite a rejeté ce projet de loi.

De même, la plupart des médias se sont déchaînés pour défendre ces quelques super-privilégiés comme le bon chien de garde défend son maître.

Et alors ? Le peuple a pris la rue en réclamant l’abolition des privilèges ? En promenant quelques têtes de milliardaires au bout d’une pique ?