« Ségur de la Santé » : LE MANIFESTE DES SOIGNANTS

LA SANTÉ DOIT ÉCHAPPER AUX LOIS DU MARCHÉ !

Le

Cet article est en accès libre grâce aux abonnés modestes et géniaux, mais…

…sans publicité ni actionnaires, Là-bas si j’y suis est uniquement financé par les abonnements. Sans les abonnés, il ne nous serait pas possible de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre indépendance  : rejoignez-nous  !

Je m'abonne J'offre un abonnement

Alors que s’ouvre le « Ségur de la Santé » entre le gouvernement et l’hôpital public (et les Ehpad), le collectif Les jours heureux publie dans Libération le « MANIFESTE DES SOIGNANTS », pour une refonte sociale (et totale) du système de santé en France.

En lutte depuis des années contre le démantèlement et la gestion financière de l’hôpital public, aujourd’hui les soignants sont soutenus par la majorité du pays. Les bravos, les primes et les médailles n’ont pas suffi à enfumer l’opinion. La lutte contre la pandémie a montré à la fois l’échec idéologique des politiques de santé, et aussi la réussite des soignants qui se sont organisés en dehors du carcan gestionnaire. « L’impensable est devenu réalité », disent-ils. L’augmentation des salaires et la restructuration des conditions de travail sont des priorités urgentes, mais c’est toute la politique de santé qui doit être reconstruite par la base. La santé doit échapper à la loi du marché. Pas seulement la santé, bien sûr, mais faire plier l’exécutif sur ce front sera un encouragement pour les combats qui viennent.

Six mesures d’urgence

La gratuité intégrale des dispositifs de protection, de dépistage et de soins liés au Covid-19.

L’augmentation du prochain budget de la santé (Ondam) autant que nécessaire pour répondre aux besoins en ville et à l’hôpital, et pour reconstruire la psychiatrie sinistrée.

La revalorisation des bas salaires des personnels travaillant à l’hôpital, en ville et en Ehpad, pour atteindre en trois ans le niveau moyen des revenus correspondants dans les pays de l’OCDE.

L’arrêt de la politique de fermeture de lits et l’annulation de leurs réductions programmées. Au contraire, il faut ouvrir le nombre de lits hospitaliers nécessaires pour répondre aux besoins, notamment pour l’aval des urgences et la réadaptation.

L’embauche et la formation de personnels soignants pour assurer la sécurité et la qualité des soins.

Le vote d’une loi de démocratie sanitaire formalisant l’association aux prises de décision sur la santé des professionnels et des usagers et plaçant la gestion au service du soin et de la prévention. Cette loi limitera la place de la T2A (tarification à l’activité) et révisera la « gouvernance d’entreprise » mise en place par la loi HPST (hôpital, patients, santé, territoires).

Pour le jour d’après

Outre les propositions du manifeste, le collectif pour les jours heureux en décline une dizaine d’autres. Extraits.

Financer de façon inaliénable la Sécurité sociale, par des cotisations, des taxes et impôts progressifs portant sur l’ensemble des revenus […] ; définir un large « panier solidaire » de prévention, de soins et de services, pris en charge à 100 % […].

Développer un service public de santé unifié de l’enfance et de la famille […] ; construire un nouveau secteur psychiatrique ville-hôpital […].

Augmenter le nombre de lits d’aval des urgences et de soins de suite. Définir des quotas de personnels […] pour assurer la sécurité des patients et la qualité des soins […].

Développer la cogestion entre administration et soignants. Limiter la T2A (tarification à l’activité) aux activités standardisées, programmées […].

Revaloriser les carrières des professions de santé et de la recherche […] ; mise en extinction […] du secteur 2 […] parallèlement à la revalorisation négociée du secteur 1. Mise en extinction progressive de l’activité privée à l’hôpital public […].

Porter à 10 % des dépenses de santé le budget de la prévention […].

Développer une politique publique industrielle du médicament […] ; s’assurer de stocks de sécurité pour au moins six mois […].

Refonder les études en santé en […] incluant les formations paramédicales et en intégrant les sciences humaines […].

Accroître le financement du service public de la recherche en sciences de la vie et en santé […].

Collectif Les jours heureux : MANIFESTE DES SOIGNANTS

La pandémie du Covid-19 a agi comme une loupe grossissante sur notre système de santé. Elle a montré à toutes et à tous à la fois ses faiblesses et ses richesses. Ses faiblesses, particulièrement le manque de moyens de l’hôpital public soumis depuis des années au couple infernal de la rigueur budgétaire à courte vue et du management d’entreprise commerciale, mais aussi le défaut de coordination entre la médecine de ville et l’hôpital. De nombreux territoires sont devenus des déserts médicaux, la psychiatrie est paupérisée, la prévention délaissée. La richesse du système de santé est avant tout celle de ses ressources humaines. Dès lors que la gestion a été mise au service des équipes soignantes médicales et paramédicales et que tous les professionnels de santé se sont mobilisés, en ville comme à l’hôpital, ce qui était jugé auparavant impossible est devenu soudainement faisable. L’impensable est devenu réalité. L’inertie bureaucratique administrative a laissé la place à la rapidité d’adaptation, la routine procédurale a été remplacée par la créativité individuelle et collective, la concurrence et le chacun pour soi ont été supplantés par la coopération altruiste, la recherche de l’activité rentable a disparu, faisant place au juste soin pour chaque patient avec un maximum d’efficience pour la collectivité. Et ce malgré le manque de dispositifs de protection et les pénuries de médicaments, et malgré le sentiment amer d’abandon des personnels hospitaliers qui se sont mobilisés depuis plusieurs mois pour réclamer un plan d’urgence pour l’hôpital public. Les applaudissements aux fenêtres, tous les jours à 20 heures, témoignaient du partage de ces valeurs par l’ensemble de la communauté nationale, unie autour des soignants et des premiers de corvée. Puisse cette crise nous faire quitter les « eaux glacées du calcul égoïste » des jours d’avant, pour nous faire retrouver ensemble « les jours heureux ».

La prise en charge exemplaire de l’épidémie de Covid-19 a montré que les personnels de santé de notre pays, malgré les difficultés, avaient gardé la foi dans leur métier et avaient les compétences requises pour répondre à une crise d’une extrême ampleur. Cette crise a démontré le rôle crucial d’un service public de santé et l’attachement de la nation à ce service public. Sa refondation est aujourd’hui urgente avec pour principes :

 Un accès universel et automatique à des soins de qualité, impliquant la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé. Quand la différence de l’espérance de vie est de treize ans entre les plus fortunés et les plus démunis et quand la densité médicale varie pratiquement du simple au double d’un département à l’autre, le Covid-19 nous rappelle notre commune humanité et notre communauté de destin, justifiant notre solidarité.

 Une prise en charge globale des patients, non seulement biomédicale mais aussi psychologique et sociale, grâce à un travail d’équipe et à une coordination des professionnels. Les progrès technologiques et l’intelligence artificielle permettront de développer une médecine de précision mais l’être humain, même séquencé et connecté, ne se réduira jamais à un tas de chiffres. La médecine de demain sera biotechnologique et individualisée, mais pour être une médecine de la personne elle devra être intégrée et relationnelle.

 L’exigence du juste soin pour le patient au moindre coût pour la collectivité. Tout ce qui est nécessaire mais rien que ce qui est nécessaire, car tout acte superflu peut être dangereux et entraîne un surcoût pour la Sécurité sociale, qui limite le remboursement d’autres soins indispensables.

 La primauté des intérêts de santé publique et de sécurité sanitaire sur les intérêts économiques et financiers, et en particulier les intérêts des industriels de la santé.

 Le libre choix du médecin par le patient, dans le cadre d’une gradation des soins allant des soins primaires de proximité aux centres de référence, en passant par les soins spécialisés.

 L’indépendance des professionnels vis-à-vis de l’industrie comme de l’État, le respect de la confidentialité du colloque singulier, le droit à l’information et à la pratique de la décision médicale partagée entre le soignant et le soigné, la protection des données individuelles de santé.

 Le développement de la prévention, notamment par la promotion de l’activité physique et la lutte contre la « malbouffe », ainsi que par une politique environnementale contre les pollutions, les expositions professionnelles et le changement climatique.

 La participation des usagers aux côtés des professionnels et des gestionnaires à la « gouvernance » du système de santé, parallèlement à l’information et à la formation sur l’histoire de sa construction, son organisation et ses modes de financement.

 L’augmentation importante des moyens de la recherche en sciences de la vie et en santé publique.

Avec ces principes, cinq services publics de santé doivent être développés, en rappelant que service public veut dire « au service du public et lui appartenant collectivement », et non étatisation.

1/ L’assurance maladie, pour réaliser la double solidarité des bien portants avec les patients et des plus riches avec les plus pauvres

Il faut développer le service public de l’assurance maladie reposant sur la Sécurité sociale, financée par des cotisations, des taxes et des impôts progressifs portant sur l’ensemble des revenus, indépendamment des risques de santé personnels. Ainsi est réalisée la double solidarité des biens portants avec les patients et des plus riches avec les plus pauvres. Les recettes de la Sécurité sociale doivent être sanctuarisées. Il faut revenir sur l’abrogation de la loi Veil de 1994, qui obligeait l’État à compenser intégralement toute exonération de cotisation sociale. Ce service prendra en charge à 100 % un large panier de prévention, de soins et de services, dit « solidaire », validé médicalement et socialement accepté. Le financement de l’assurance maladie sera déterminé chaque année à partir du calcul prévisionnel de l’augmentation des charges et des besoins. La direction de la Sécurité sociale inclura les professionnels et les usagers dans l’esprit des pères fondateurs de la Sécurité sociale : un « bien commun » ne pouvant être ni privatisé ni étatisé, avec une gouvernance partagée entre toutes les parties prenantes.

2/ Le service public des soins et de la prévention, pour permettre l’égalité d’accès aux soins sur tout le territoire au tarif remboursé par la Sécu

Son organisation sera graduée, allant des soins primaires assurés en premier par le médecin généraliste, l’infirmière et le pharmacien, jusqu’aux centres hospitaliers de référence. Les « communautés professionnelles de territoire de santé » rassemblent l’ensemble des professionnels et des établissements de santé d’un territoire et favorisent l’exercice regroupé en équipe pluriprofessionnelle. Le développement du dossier médical partagé et la formation continue recertifiante de tous les professionnels permettront une amélioration de la qualité des soins et une réduction des prescriptions et des actes injustifiés. Un financement alternatif au paiement à l’acte ou à l’activité (T2A), par nature inflationniste, sera expérimenté avant d’être généralisé. Les professionnels de santé auront des revenus ajustés sur la moyenne des pays de l’OCDE. Ils assureront la permanence et la continuité des soins, des missions de dépistage et de prévention, des interventions pour le maintien au domicile des personnes âgées, en coopération avec le secteur médico-social et social, des missions d’enseignement et de recherche. Un service public unifié de santé de l’enfance et de la famille, incorporant la PMI, les réseaux périnataux, la médecine scolaire, la médecine des adolescents, la pédopsychiatrie, jouera un rôle à la fois préventif et curatif.

Au sein du service public des soins, le service public hospitalier et les soins de suite et de réadaptation reposent sur les équipes médicales et paramédicales. La gestion doit être placée au service du soin. Des quotas de personnels nécessaires pour garantir la sécurité des patients et assurer la qualité des soins seront définis pour chaque unité. L’adaptation des capacités d’hospitalisation doit permettre d’accueillir les malades hospitalisés en urgence, de même que les patients atteints d’affections chroniques pris en charge directement dans les services où ils sont suivis.

La psychiatrie doit recevoir une attention particulière pour reconstruire un secteur ville-hôpital rénové, grâce à un plan de rattrapage rendu indispensable par des années de sous-dotation. La psychiatrie a besoin d’un système dédié pour assurer l’accueil, le diagnostic et le suivi des malades mentaux au plus près de leur lieu de vie et de leur entourage familial, en intégrant pleinement la dimension sociale de la prise en charge et en développant des liens avec le service public de la médecine de proximité, car les patients souffrant de maladies mentales ont aussi plus de maladies somatiques.

La prise en charge des populations de très grande précarité nécessite la mise en place de dispositifs de médecine populationnelle, proactive, pour la prévention comme pour le soin, ce qui implique notamment l’intégration de l’aide médicale d’État dans le régime général de l’assurance maladie.

La « gouvernance » doit être revue à tous les niveaux, associant au pouvoir de décision les soignants et impliquant les usagers. Elle suppose une planification sanitaire reposant sur l’évaluation des besoins nationaux et régionaux, et organisant la complémentarité (et non la concurrence) entre les établissements et entre les professionnels, ainsi que la coordination avec le secteur médico-social et social.

Cette planification est nécessaire pour assurer, avec les collectivités territoriales, la répartition sur le territoire des centres et des activités (urgences, maternité, IVG, psychiatrie…).

3/ Le service de santé publique et de sécurité sanitaire, pour redonner confiance à la population dans le système

Le service de santé publique et de sécurité sanitaire doit reposer sur :

 Un ministère de la Santé unifié autour de la direction générale de la santé.

 Les agences régionales de santé (ARS) réformées, travaillant avec les régions. Leur mission doit être la santé publique, et non la gestion budgétaire.

 Les agences sanitaires chargées notamment de l’expertise, de la prévention, de la préparation et de la réponse aux crises sanitaires. L’état des stocks stratégiques doit faire l’objet d’un rapport et d’un vote annuel du Parlement.

 Le développement d’un dossier médical partagé devrait aider à la constitution d’une base de données de médecine de ville (diagnostics, résultats d’examens complémentaires…) complétant les bases de données hospitalières et de la Sécurité sociale pour permettre des études de santé publique et d’évaluation des politiques de santé. Les bases de données doivent être sécurisées et rester gérées par des établissements publics et non par des entreprises privées.

 Une politique de prévention des maladies chroniques luttant contre leurs déterminants sociaux et environnementaux, y compris professionnels, et développant une politique d’éducation à la santé adaptée aux populations. Le budget de la prévention doit être porté à 10 % des dépenses de santé. La médecine du travail doit trouver sa place dans le service de santé publique et de sécurité sanitaire.

Cette dernière suppose une politique publique industrielle de la santé et du médicament, comme l’a montré la crise du Covid-19. Un établissement public doit permettre la production à prix coûtant des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur passés dans le domaine public et des dispositifs médicaux nécessaires à la sécurité des patients et des soignants. Ceci suppose la relocalisation en France et en Europe de la production des principes actifs des médicaments indispensables et des matériels médicaux aujourd’hui fabriqués à plus de 80 % en Chine et en Inde. Les médicaments vitaux innovants devront avoir un prix public permettant un accès universel, au besoin en recourant à la licence d’office. Tout monopole concernant l’ensemble des moyens thérapeutiques contre les pandémies devrait être interdit. Il faut imposer aux industriels de la santé la transparence des coûts et agir de concert avec les autres pays européens. La notion de transparence vaut aussi pour l’ensemble des données de sécurité. Il faut réaliser systématiquement des études publiques indépendantes (financées par l’industrie) pour vérifier l’efficacité et la sécurité des médicaments, en vraie vie, notamment par l’utilisation de bases de données sécurisées gérées par un établissement public.

La lutte contre l’occultation des conflits d’intérêts doit être étendue à tous les professionnels concernés (incluant les gestionnaires) et aux élus. Il est en effet indispensable de redonner confiance à la population dans le système de santé si l’on veut lutter efficacement contre les fake news et les faux lanceurs d’alerte, responsables d’une défiance injustifiée d’une partie de la population à l’égard de traitements efficaces, comme les vaccins.

4/ Le service public de l’enseignement et de la formation continue : pour accompagner les soignants au long de leur apprentissage puis de leur carrière

Différentes filières universitaires et d’écoles d’ingénieurs permettront l’entrée dans les études de médecine avec une filière dédiée à la recherche parallèlement au cursus médical. Les formations paramédicales devront poursuivre leur universitarisation dans des facultés de santé avec des unités d’enseignement partagées avec les études de médecine, et développer des cursus de pratique avancée dans différentes disciplines de spécialités. En attendant, il faut reconnaître et valoriser les acquis professionnels et ceux de l’expérience. La formation doit comprendre en alternance des périodes d’enseignement théorique et des stages cliniques à plein temps. Le programme de base doit être orienté vers la formation généraliste des professionnels. L’enseignement des sciences humaines et sociales doit être inclus dans le cursus général des premières années et trouver ultérieurement une place particulière selon les spécialités. Les médecins et les paramédicaux appelés à suivre des patients atteints de maladies chroniques doivent être formés ensemble à l’éducation thérapeutique des patients. Il faut revoir la formation et la sélection des enseignants en santé.

La formation post-universitaire doit être totalement indépendante des industries de la santé. Une politique ambitieuse de formation médicale permanente, incluant un processus de recertification pour la totalité des médecins, doit être mise en œuvre en associant universités, hôpitaux publics, sociétés savantes et organismes professionnels au niveau local comme national. Cet effort considérable doit être intégralement financé par un fonds public bénéficiant de la règle du « 1 pour 1 » (pour 1 euro consacré à la promotion de leurs produits, les industriels doivent verser 1 euro au fonds public pour la formation post-universitaire) ou d’un pourcentage des dividendes versé aux actionnaires.

5/ Le service public de la recherche en santé : pour garantir le progrès

Le service public de la recherche en santé repose essentiellement sur les CHU, les universités, l’Inserm et le CNRS. La recherche est le moteur des progrès en médecine et en santé. Tous ces aspects sont indispensables, de la recherche fondamentale à la recherche en santé publique et en sciences humaines et sociales, en passant par la recherche translationnelle et clinique. Ces moyens actuels sont très insuffisants pour revaloriser les salaires des chercheurs, ingénieurs et techniciens, mettre fin aux statuts précaires anormalement prolongés, assurer le financement pérenne des projets de long terme. Le système de financement est complexe, souvent illisible et aléatoire. Un effort continu de revalorisation et de simplification doit être entrepris (avec l’objectif d’un accroissement du budget d’au moins 50 % en dix ans, à euro constant). La complexification de la recherche implique de développer au sein des CHU des instituts de recherche pluridisciplinaires ayant une masse critique de chercheurs et de moyens. La recherche au sein des CHU doit impliquer l’université.

Signataires :

Ont participé à la rédaction collective du programme :

André Baruchel, Alain Beaupin, Hakim Bécheur, Chistian Bensimon, Francis Berenbaum, François Bourdillon, Julie Bourmaleau, Michel Canis, Sophie Crozier, Stéphane Dauger, Mady Denantes, Bruno Devergie, Alain Fischer, Alain Gaudric, Julien Gaudric, Anne Gervais, Yves Gervais, Nathalie Godard, André Grimaldi, Jean-Pierre Hugot, Hugo Huon, Paul Jacquin, Christophe Jolivet, Xavier Lecoutour, Evelyne Lenoble, Philippe Lévy, Anne Marie Magnier, Dominique Malgrange, Dominique Méda, Didier Ménard, Olivier Milleron , Isabelle Montet, Fabienne Orsi, Antoine Pélissolo, Jean-Charles Piette, Carine Rolland, François Salachas, Rémi Salomon, Alfred Spira, Pierre Suesser, Juliana Veras, Jean-Paul Vernant.

En approuvent l’orientation en faveur du service public de santé avec ses 5 piliers et les propositions présentées :

Pierre Amarenco, Fabrizio Andreelli, Isabelle Andreu, Jean Marc Baleyte,Thierry Baudet, Dominique Bégué, Hélène Bihan,Alexandre Blebtreu, Jean François Bergmann, Catherine Boileau,Olivier Bonnot, Philippe de Botton, Clara Bouché, Eric Bruckert, Claire Carette, Simon Cattan, Eric Caumes, Lucy Chaillous, Philippe Chanson , Jean-Philippe Collet, Line Commery, Julie Cosserat, Barbara Coué, Patrice Darmont, Sophie Demeret, Isabelle Desguerre, Camille Deybach, Caroline Dubertret, Yves Dulac, Anne Dutour, Gilles Edan, Fabienne Eymard, Bertrand Fontaine, Philippe Fossati, Irène Frachon, Vincent Gajdos, Philippe Grimbert, Philippe Guerci, Christian Guy-Coichard, Julien Haroche, Agnès Hartemann, Axel Hoffmann, Jean-Pierre Hugot, Marie Line Jacquemont, Sandra Janson, Guillaume Jondeau, Jean Luc Jouve, Mathieu Lafaurie, Sandrine Lafille, Etienne Larger, Joelle Laugier, Céline Laville , Catherine Lubetski, Michèle Maestracci, Luc Mallet, Xavier Mariette, Christophe Marguet, Paulette Morin, Marie Rose Moro, Luc Mothon, Philippe Moulin, Alex Pariente,Thomas Papo, Fabien Paris, Alfred Penfornis, Antoinette Perlat, Florence Pinsard, Oriane Plumet, Marc Popelier, Bernard Pradines, Vincent Rigalleau, Jean-Pierre Riveline, Gilberte Robain, Benjamin Rohaut, Ronan Roussel, Philippe Rousselot, Nicole Smolski, Mélanie Tessier, José Timsit, Jacques Trévidic, Christophe Trivalle, Roland Tubiana, Laurent Vassal, Cécile Vigneau, Jacques Young…

Les jours heureux, collectif de soignants médicaux et paramédicaux

Voir aussi

 Les jours heureux, collectif de soignants médicaux et paramédicaux , « Cinq services publics pour sauver la santé : le manifeste des soignants », Libération, 24 mai 2020

Sur notre site

À écouter

  • CONTRE LE RETOUR À L’ANORMAL ! COMMENT LA PSYCHIATRIE A FAIT FACE ? PODCAST RADIO

    ET LES FOUS DANS TOUT ÇA ? Abonnés

    Écouter
    Comment ça c’est passé du côté psychiatrique ? On s’en doute, angoisse et enfermement forcé ont entraîné délires et « pétages de plomb ». Les urgences psychiatriques ont vu arriver des crises inconnues jusque-là. En France, selon Santé (…)
    Valérie, aide-soignante, la tête haute simplement [VIDÉO : 4’47 et PODCAST : 14’16]

    UN APPEL À LA COLÈRE Accès libre

    Écouter
    Elle avait refusé de serrer la main du président. Valérie, aide-soignante au CHU de Rouen, militante CGT, vous vous souvenez ? C’était en avril 2018 lors des luttes pour la défense de l’hôpital public. Macron rabâchait sa petite chanson (…)

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

  • Lettre à Martine Barrat Accès libre

    -

    Lire

    Chère Martine Barrat,

    Je ne serais pas surpris que tu ne te souviennes pas de moi, voilà 47 ans que l’on ne s’est pas revu. C’était début juillet 1979 à New York, dans ton petit appartement du légendaire Chelsea Hotel où tu vis toujours à 93 ans. J’ai lu ça dans les articles pour la rétrospective qui t’est consacrée à Arles cet été, dans les Rencontres de la photographie.

  • Clim et châtiment Bardella, Sodome et Gomorrhe Abonnés

    -

    Lire

    Le réchauffement est un châtiment. Voilà ce que répète partout Jordan Bardella, voilà ce qui hante et obsède le président du premier parti d’extrême droite, possible président de la République française : le réchauffement est un châtiment.

    Mais comment en est-il arrivé à cette forte pensée ?

    La Bible !

    Oui, dans la Bible, qui est un livre très connu que lui a recommandé son équipe de campagne en lui soulignant des phrases à apprendre en cas de rencontre avec le pape ou ce genre d’influenceur :

    « Alors le Seigneur fit descendre du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de soufre et de feu.

    Et il perdit ces villes avec tous leurs habitants, tout le pays à l’entour avec ceux qui l’habitaient. » (Genèse)

  • Dillah a pris un petit coup de chaud… La fin du monde plutôt que la fin du capitalisme ! Abonnés

    -

    Voir

    Marine Le Pen, présidente en 2027 ? Macron qui revient en 2032 pour refaire la courte échelle à Marine en 2037 ? Et pourquoi pas vu que la gauche est toujours pas foutue de s’unir autour d’une candidature unique. Du coup, à quoi bon se prendre la tête à chercher une voie pour l’émancipation collective loin du capitalisme ? Ne cherchons plus le bonheur dans la tempérance, la retenue, la sobriété et le partage… Le changement climatique ? Rien à foutre, j’ai la clim !

  • Pions Abonnés

    -

    Lire

    Il y a la canicule, le mondial de foot, le Tour de France pour nous distraire et il y a pour 2027 la mise en place d’un régime autoritaire (pour le dire sans excès), voire d’un régime néo-fasciste pour le dire plus vertement. Plus que jamais, la fable de la grenouille qu’on fait bouillir à feu doux dans une casserole s’impose. L’union des droites (de Macron à Zemmour et consorts) compte sur le climat, les vacances et les sports pour profiter que la population a la tête ailleurs et avancer ses pions un par un.

    Les trois derniers avancés sur l’échiquier politique ont de quoi nous alarmer.

    Premier pion : supposant qu’ils agissent toujours en légitime défense – même quand ils tirent dans le dos d’un manifestant ou d’un passant (la liste, hélas, est longue) –, l’Assemblée nationale vient de voter une loi accordant aux policiers un droit de tuer.

  • Olive revient ! Abonnés

    -

    Voir

    Cher toi, cher AMG, cher ami, cher lecteur
    Toi que voilà surpris de m’entendre à cette heure
    Alors que ma dernière remonte à cet hiver !
    (Presque six mois d’absence, en voilà des manières…)

    Le bon chauffeur de car, dans son Tarn-et-Garonne
    A-t-il pris des vacances, est-il devenu aphone ?
    Se serait-il coincé le cul dans la portière ?
    J’avoue que ça en fait des questions, des mystères

  • Une célébration inoubliable Accès libre

    -

    Lire

    850 000 feux d’artifice lancés simultanément pour célébrer le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis ce samedi 4 juillet. Une idée de Donald Trump parmi toutes ses idées. Merveilleux, non ? Bien sûr, les wokistes font croire qu’avec la vague de chaleur, 38 °C, sans vent, qui sévit, « le plus grand feu d’artifice du monde » va entraîner une pollution apocalyptique et une destruction massive d’oiseaux de toutes espèces. Peu importe, il faut « inonder la zone de merde » pour faire oublier la défaite devant l’Iran, l’affaire Epstein et les deux milliards de dollars que Trump a gagnés en 2025 entre cryptomonnaie, deals immobiliers et produits dérivés de la marque Trump, alors que l’inflation est à la hausse et que sa popularité est à la baisse.

  • Emmanuel Grégoire pourrait-il s’inspirer de Zohran Mamdani ? Abonnés

    -

    Lire

    Zohran Mamdani, c’est pas du trump-l’œil et ça fait du bien !

    Vous avez aimé son élection à la mairie de New York, vous allez adorer ses premiers mois à la tête de la plus grande ville américaine même si, vu d’ici, on garde toujours en tête l’image du jeune musulman de 34 ans, né en Ouganda, naturalisé américain en 2018 et qui a reçu le soutien d’un tiers des électeurs juifs malgré les mises en garde de Bernard-Henri Lévy qui avait tristement écrit sur X que « tous les New-Yorkais de cœur sont en deuil aujourd’hui ».

    Après l’élection de Mamdani, notre célèbre philosophe à la chemise blanche avait écrit, le mercredi 5 novembre, sur X, que « rien ne justifie l’antisémitisme. Aucun programme social, aucune préoccupation pour les minorités – rien. L’antisémitisme de Monsieur Mamdani n’est pas une opinion, c’est un crime ».

  • Gérard Mordillat : « Nous devons lutter contre ceux qui veulent nous empêcher de penser et de créer » Accès libre

    -

    Voir

    En Palestine, l’armée israélienne a détruit complètement 22 universités sur 38. À Washington D.C, Donald Trump a pris le contrôle de la programmation de la Smithsonian Institution. En France, l’extrême droite s’empare de certains médias, du monde de l’édition, bientôt de la musique et du cinéma français. Le point commun entre tout ça ? Pour Gérard Mordillat, si la culture, le savoir et la mémoire sont ciblés, c’est qu’ils sont l’antithèse du projet fasciste.

  • Pour battre un record de buzz en trois secondes, Luc Ferry est un de nos plus grands champions Accès libre

    -

    Voir

    Pour battre un record de buzz en trois secondes, Luc Ferry est un de nos plus grands champions. Ancien ministre de l’éducation nationale du gouvernement Raffarin, le philosophe Luc Ferry a su se recycler. Qu’il incite la police à tirer sur les « gilets jaunes » (« qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois ») ou qu’il assure que Samuel Paty était juif, raison de sa mort, Luc Ferry fait la joie des médias qui se le disputent pour son insondable connerie qui fait des records d’écoute et de grinçante rigolade.

  • Moi, j’aime bien Guillaume Erner Accès libre

    -

    Lire

    Je revois la scène, j’épluchais des asperges pour les faire à la vapeur et j’entends ça : 31K15. C’était à la radio, le journaliste Guillaume Erner qui parlait de son passé dans la fringue et la confection. « 31K15, dit-il, c’était la marque de nos machines à coudre. » Moi aussi, Guillaume ! moi aussi ! 31K15, c’était la machine à coudre de ma mère. Elle l’appelait comme ça : ma trente-et-une K quinze. Elle y bossait jour et nuit à coudre des tabliers, des pyjamas, des musettes pour nourrir la famille très nombreuse que nous étions dans notre banlieue rouge. Un gars en moto, venu du Sentier, le quartier de la fringue dans Paris, apportait ces paquets de tissus découpés qu’il fallait coudre avec cette 31K15. D’un coup, c’est tout ça qui m’est revenu, l’enfance, la famille, la maman et jusque tard dans la nuit le bruit de sa 31K15 qui nous berçait.

Une sélection :

Rencontre avec Francesca Albanese qui publie son rapport sur la torture en Palestine (vidéo et radio. Durée : 24’53) Francesca Albanese : « Israël a reçu un permis de torturer les Palestiniens » Accès libreVoir

Le

Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés…

À Genève, le 21 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés FRANCESCA ALBANESE a présenté son dernier rapport « TORTURE ET GÉNOCIDE » dans les territoires palestiniens occupés.

Pas seulement bavure ou revanche, mais méthode systématique contre les Palestiniens dans les prisons mais aussi hors des lieux de détention, y compris sur des mineurs. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une logique qui s’exerce sur les corps comme sur les conditions de vie.

Le rapport précise : « la torture est une caractéristique structurelle du génocide en cours commis par Israël et, plus largement, de l’apartheid colonial de peuplement ».

« Fils de pute », « enculé » Accès libreLire

Le

À sept reprises en moins de six minutes, en direct et en public, le 19 décembre 2025, le député d’extrême droite Charles Alloncle a répété « fils de pute », « enculé » dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public dont il est le rapporteur. Des termes rarement usités dans un cadre officiel qui lui ont valu des milliers de messages dans les réseaux d’extrême droite et dans tous les médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.

Nouvelle rubrique TOUS NOS ARTICLES SUR GAZA ! Accès libreLire

Le

TOUS NOS ARTICLES SUR GAZA !
Nous avons réuni tous nos articles sur Gaza depuis le 7 octobre 2023.
76 articles (!) Vidéos et podcasts, beaucoup en accès libre.
Ignorance et ressentiment permettent toutes les manipulations et tous les chantages. Les partisans du génocide n’hésitent pas à instrumentaliser la mémoire juive pour accuser d’antisémitisme la moindre solidarité pour le peuple (…)