
C’était déjà l’homme le plus riche du monde mais, depuis vendredi 12 juin 2026, avec l’entrée en bourse historique de SpaceX, Elon Musk possède plus d’argent et de richesses que quiconque dans l’histoire de l’humanité. Il possède plus que le PIB de l’Irlande ou de Taïwan, plus que le total des fortunes des quatre personnes les plus riches de la planète et l’équivalent du budget américain de la défense pour un an.
En France, à droite, on admire. À l’extrême droite, on acclame. De BFM à CNEWS on applaudit : « quand Musk regarde les étoiles, Bercy regarde le trou de la Sécu », nous dit CNEWS. Un soutien sans faille. Le fascisme libertarien contre l’État social.
Elon Musk soutient toute l’extrême droite européenne, aussi bien l’AfD pro-nazie en Allemagne, Reform UK en Grande-Bretagne ou Frères d’Italie. On se souvient du soutien enthousiaste de Jordan Bardella en 2024 pour proposer Elon Musk pour le prix Sakharov pour les droits humains, un prix accordé à Nelson Mandela.
Virtuose du buzz, Elon Musk, père de quatorze enfants, est l’influenceur d’extrême droite le plus puissant au monde, bien au-delà de ses 250 millions de followers. Pour les chercheurs du Center for Countering Digital Hate, Elon Musk dispose d’un pouvoir sans équivalent pour façonner ce que voient les internautes, notamment son rôle déterminant dans la diffusion de récits anti-immigrants sur X, dont les algorithmes boostent les contenus racistes et fascistes et font des millions de vues.
Exemple récent lors des émeutes de Belfast. Suite à une attaque au couteau par un réfugié soudanais, l’extrême droite a lancé des émeutes racistes en Irlande du Nord, autour de Belfast, durant deux nuits de violences et d’incendies contre les migrants. Des émeutes soutenues et attisées par la galaxie Elon Musk et son réseau social X . Avec plus de 64 millions de vues pour ses publications anti-immigration sur X, selon le Center for Countering Digital Hate, Elon Musk a relayé les appels à manifester en soutien à Tommy Robinson, leader d’extrême droite anti-immigration, particulièrement violent [1].
Déjà en mai à Londres, Tommy Robinson organisait une manif réunissant 50 000 personnes, relayée en France par l’extrême droite jusqu’aux médias mainstream.
De l’évangélisation aux médias de masse, au cours de l’histoire le pouvoir oligarchique a toujours su créer et imposer par la violence ou la séduction les moyens de sa domination. Des moyens auxquels certains contre-pouvoirs, des groupes ou des individus, ont su parfois s’opposer, résister et imposer des libertés et des progrès humains.
Aujourd’hui, loin des utopies libertaires du net, l’Europe est une colonie numérique entièrement dominée par la « Big Tech ». Une domination immatérielle exercée par les dominés qui participent eux-mêmes, de gré ou de force, à leur propre domination.
Quelle stratégie contre cette colonisation dont beaucoup ne mesurent pas la profondeur destructrice en cours ?
Depuis des mois, la justice française s’intéresse à Elon Musk et à Grok, l’IA de X, son réseau social. Après des mois d’enquêtes, il est poursuivi pour manipulations algorithmiques afin de peser sur le débat public français, pour extraction frauduleuse de données, pour deepfakes et pour modérations insuffisantes, contenus antisémites et négationnistes, diffusion de contenus pédopornographiques…
Convoqué par la justice française, il ne s’est pas présenté.
Pour l’historien Johann Chapoutot , Elon Musk représente « une vision du monde (…) viriliste, homophobe, raciste, antisémite ».
On se souvient de son fameux salut nazi en janvier 2025 qui avait enchanté les groupes nazis à travers le monde. « On est de retour, enfin ! »
Pour le député du Rassemblement national, Julien Odoul, c’était simplement Elon Musk qui « transmettait en fait son cœur au public ».

