Un texte de Daniel Mermet datant de 1980 sur France Inter lors de la mort de Jean-Paul Sartre.

Il y a quarante ans, Sartre

Le

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Des dizaines grimpés sur la statue du lion de Denfert, sans cri, sans geste, et toute une foule, toute une lente marée qui empêche le corbillard d’avancer, écrasé sous les fleurs. C’était comme une immense manif mais silencieuse, au ralenti, la dernière manif d’une génération, le plus grand enterrement depuis celui de Victor Hugo, disait-on. Pas d’officiels bien sûr, pas de people, ou alors les people c’était nous, combien ? 30 000, 50 000 ? Pas de service d’ordre, non plus, c’est Jean-Paul Sartre qu’on enterre, cet ordre-là n’est pas le sien, ni le nôtre. Quant aux honneurs, le sien fut de les refuser tous. Oui, c’est toute une génération qu’on enterre ce jour là avec Sartre.

On est en 1980, le 19 avril. Un an plus tard la gauche arrive au pouvoir en France, mais déjà le néo-libéralisme triomphe avec Thatcher et Reagan. Le néo-libéralisme, le conservatisme, la fin des grands horizons, le grand bond en arrière arrivent quand Sartre s’en va. Trois ans plus tard, la gauche en France retournera sa veste et trahira l’espérance populaire. À Jean-Paul Sartre, succéderont les nouveaux philosophes qui allaient le ridiculiser en le caricaturant à jamais juché sur un tonneau alors qu’il s’adressait en mai 1968 aux ouvriers de Renault à Billancourt. Or c’est à moi qu’il s’adressait, à mon frangin tourneur-fraiseur, à ma jeunesse, à mon quartier de « gens de peu », ceux de la banlieue rouge où j’ai grandi, à nous qu’il donnait une conscience de classe, de refus et de révolte.

Une lourde porte se refermait. À Sartre, De Gaulle et Picasso allaient succéder BHL, Sarkozy et les sacs Vuitton. Et, hélas aussi, le journal Libération.

Ah, BHL, avec son bouquin sur Sartre, sur le ton « Tout à fait un type dans mon genre, ce Jean-Paul Sartre ! ». Je vais te dire, pompeux cornichon, ce que nous avions en commun Sartre et moi, c’est la haine du bourgeois. La différence c’est que lui savait de quoi il parlait, puisqu’il était issu de ce monde-là, et qu’il cohabitait avec le bourgeois qui était en lui, alors que moi, c’était par ouï-dire.

Je vais te dire, puisque l’heure avance, je me suis toujours méfié de ces gens-là que je suis obligé de côtoyer depuis si longtemps. La dissidence, la contestation, la révolution, les bourgeois adorent, ils frissonnent. Le bourgeois de gauche idéalise l’ouvrier, ce prolo si brave, si pittoresque, si « vrai ». Il le flatte, il l’imite, il se pare de ses vertus, " Haut en couleur et bien dans son jus" . Il en fut ainsi tant que ces bourgeois ont eu besoin de la force ouvrière, tant qu’ils ont eu peur de cette force, mais un jour basta l’accordéon, ils l’ont lâché dès qu’ils ont pu, dès que leur grand plan de délocalisation et de désindustrialisation leur a permis de se débarrasser de ce beauf alcoolique stupide et raciste.

Sauf que là, Sartre est toujours debout sur son tonneau ridicule, pas glamour du tout avec son œil en biais et sa voix de fumeur. Mais debout. Et parlant. Et excessif. Toujours excessif. Fonçant dans le mur, puis dans un autre, puis dans un autre. À la recherche de la porte. Comme moi, comme j’ai toujours fait, comme nous sommes des millions et des millions à l’avoir fait et à le faire.

Ce que ces bourgeois firent avec le prolétaire, ils l’ont fait avec le nègre, avec la femme voilée, avec l’enfant biafrais, ils l’ont fait avec l’Afghan, le Bosniaque ou la Somalienne, et ils continuent ainsi à entasser des corps dont ils usurpent la souffrance comme autant de marches de leurs glorieux escaliers vers les plateaux de télé et les câlins de leurs maîtres.

Une chose encore. Dire Sartre, c’est aussitôt entendre la phrase fameuse : « je préfère avoir tort avec Sartre que raison avec Raymond Aron ». Si le peu joyeux Raymond Aron fut bien cet atlantiste chantre du néolibéralisme dont nous mesurons aujourd’hui les irréparables dégâts sur notre terre patrie et sur ceux qui s’y accrochent, alors oui, nous avions raison de nous tromper avec Sartre.

C’est vrai que nous avons beaucoup plus parlé de Sartre que nous ne l’avons lu, comme on fait aujourd’hui de Bourdieu ou de Chomsky ou de Simone de Beauvoir. Avec ou sans tonneau. Mais debout. Et aujourd’hui, aujourd’hui même avec le violent projecteur que cette pandémie braque sur vos gueules, chers cornichons, on est en train de comprendre qu’on n’a plus besoin de vous demander les clés pour enfoncer cette porte.

Tout ça pour un texte que j’avais perdu et que l’excellente revue Ballast a retrouvé dans une ancienne revue devenue mythique « Oblique » créée par le génial et regretté Roger Borderie. En 1980, j’étais depuis peu à France Inter dans la belle équipe de l’Oreille en Coin. Le matin avant mon émission, les patrons, Pierre Codou et Jean Garretto, m’ont appelé pour me demander de faire « quelque chose de spécial sur la mort de Sartre ». Il n’y avait que ces deux fous de radio pour avoir une idée pareille. C’est le texte d’introduction de cette émission qui a été publié ensuite dans Oblique. C’était il y a quarante ans. Hier donc.

Daniel Mermet, 15 avril 2020.

Sartre est mort

Il y a du soleil plein le jar­din. Le chat dort sur une chaise blanche. Ce matin, les tulipes sont enfin ouvertes, j’ai eu rai­son d’ar­ro­ser hier soir.
Il fait beau.
Un vent très léger fait bou­ger les jour­naux.
Jean-Paul Sartre est mort.
Les tulipes sont rouges, cer­taines sont ouvertes, d’autres pas encore. Ce matin, à six heures et demi à la gare de Mantes, j’ai ache­té tous les jour­naux. Il y avait foule autour du kiosque, tous les gens d’i­ci vont tra­vailler à Paris.
Je n’ai pas envie de tra­vailler aujourd’­hui.
Je sais, c’est déri­soire, un ani­ma­teur de radio qui raconte ses états d’âme, c’est comme un clown qui entre à Notre-Dame, mais il y a des jours où on a plus envie de jouer, mettre son faux-nez, jouer de la trom­pi­nette. Il y a des jours où on vou­drait tout sim­ple­ment trou­ver les mots, les mots les plus simples pour dire qu’on est tout sim­ple­ment ému...


J’ai appris la nou­velle hier soir, mar­di 15 avril. Vers minuit un ami m’a télé­pho­né. Sartre est mort. Et nous étions muets, nous qui étions sûrs de n’a­voir aucun père, aucun repère.
J’ai télé­pho­né à d’autres amis et d’autres voix m’ont appe­lé dans la nuit. Et nous avons par­lé long­temps, comme nous par­lions autre­fois, des heures devant un café, à St-Michel, à St-Germain-des-prés.
Nous qui n’o­sons plus, même en paroles, refaire le monde qui nous a refait.
Dans la nuit la voix des vieux amis me par­ve­nait d’une ferme en Bretagne, d’une boîte en Provence, et tan­dis qu’on se par­lait dans ce bis­trot grand comme la France, à un moment j’i­ma­gi­nais dans la nuit nos lampes de che­vet éclai­rant vague­ment nos biblio­thèques,
nos maigres signes inté­rieurs de richesse,
les vieux livres de poches trouées,
les Mains sales, la Nausée,
que nous lisions dans le métro
en tuant (du regard !)
les bour­geois dans le dos…

Et petit à petit ces voix qui se par­laient dans le noir
esquis­saient vague­ment la pho­to de la classe. La pho­to d’une classe.
La nôtre.
Une pho­to qui repré­sente une ban­lieue idiote
entre l’u­sine à gaz et le Canal de l’Ourcq,
un lieu où il n’y a pas lieu d’es­pé­rer.
On devait avoir huit ans en 1950.
Dans le quar­tier il y avait des Italiens, des Arméniens, des Arabes, des Juifs, des Espagnols, des Portugais,
et des Français,
et tout autour la pluie, le cra­chin et l’é­trange cha­leur
de toute la petite sueur des pauvres
et on ne savait pas du tout ce qu’é­tait un gigot
pas plus qu’un phi­lo­sophe.
On se cachait der­rière les pla­tanes de la route natio­nale et on atten­dait que passent une belle bagnole, une grande trac­tion noire, une amé­ri­caine brillante et on leur lan­çait des pierres.
On savait même pas que ça s’ap­pe­lait la haine, ce truc dur comme un caillou, que si tu te casses la gueule ça fait très mal aux genoux.
On avait juste appris la leçon « les pauvres sont des cons ».
Et on savait pas que quelque part, quel­qu’un s’a­char­nait à com­prendre, à expli­quer les rai­sons de la colère, les rai­sons de se révol­ter.

Jean-Paul Sartre est mort.
Il nous res­sem­blait si peu ce vieux, cet enfant de bour­geois culti­vé, cet intel­lec­tuel-né, nous qui appre­nions à lire dans Le Parisien Libéré, nous qui n’a­vons jamais réus­si à lire aucun de ses livres de phi­lo­so­phie, nous savons, que de tous les grands intel­lec­tuels qui se sont comme on disait naguère « enga­gés » auprès de la classe ouvrière, auprès des dam­nés de la terre,
Sartre a été le seul à n’a­voir pas usur­pé
jamais il ne s’est dégui­sé en nègre ou en ouvrier.
Il n’a pas tra­hi « ces gens-là »
dont je fus
dont je suis
et pour des mil­liers, pour des mil­lions de gens aujourd’­hui
l’é­mo­tion c’est
la mort d’un homme qui n’a pas tra­hi.
Avec son œil qui dit merde à l’autre
il a dit merde à la conne­rie
merde à toutes les oppres­sions, à toutes les pres­sions
même celles de ses amis
il nous a dit qu’il y a un autre monde mais qu’il est
dans celui-ci
et il nous a appris la contra­dic­tion, tout au long de sa vie
il s’est contre­dit
jus­qu’au bout, celui que les vieux cons appellent le phi­lo­sophe du déses­poir a dit les rai­sons de l’es­poir
aujourd’­hui.


En 56 nous avions gran­di.
Il fal­lait s’en sor­tir à tout prix (c’est si loin la ban­lieue, Paris).
S’en sor­tir, deve­nir n’im­porte quoi, chau­dron­nier, des­si­na­teur, avoir une che­mise en nylon.
Des types sur le mar­ché ven­daient L’Humanité.
La nuit ma mère fai­sait de la confec­tion.
« C’est pas bien de se dire qu’on est des pro­lé­taires. »
Mon vieux, avec un crayon bleu, entou­rait les petites annonces dans un jour­nal où il était écrit : « Les chars sovié­tiques écrasent Budapest ».
Un same­di, par hasard je suis allé à la Bibliothèque muni­ci­pale. La biblio­thé­caire était une vieille anar­chiste. Elle disait : « Chers petits, vous n’êtes que des peigne-culs, il vous faut apprendre le lan­gage de l’en­ne­mi. » J’ai rame­né des livres à la mai­son dans un sac à pro­vi­sion des fois qu’on trouve la solu­tion dans ces mots écrits si petit entre deux mor­ceaux de car­ton.
Les Chemins de la liber­té c’é­tait vache­ment coton.
On reco­piait des pas­sages sur des pages de cahier qu’on accro­chait au mur, au-des­sus du cosy-corner1 :
« J’étais un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets. » Ça fai­sait de la peine à ma mère et c’é­tait l’Algérie.
On tor­tu­rait allè­gre­ment, on appe­lait ça des « évé­ne­ments ». Et tout deve­nait clair. On envoyait le contin­gent. Pendant quatre ans, Gérard, Maxime, Jean et mon frère on se disait on va y aller. On avait peur. On en a pro­fi­té pour apprendre un gros mot : Déserteur.

Place de la République, en sor­tant de l’é­cole, on balan­çait des bou­lons sur la gueule des flics. Jean-Pierre s’est fait ouvrir la tête. Le sang cou­lait sur son blou­son, devant le maga­sin « À la toile d’a­vion ».
Nous avons eu 20 ans en 1962.
Nous avons vu les cha­rognes de Charonne.
Et je me fous éper­du­ment de par­ler comme un ancien com­bat­tant.
Nous avions sim­ple­ment 20 ans
l’an­née de l’in­dé­pen­dance de l’Algérie
20 ans.
Bien plus tard j’ai lu Paul Nizan, Aden Arabie qui com­mence avec cette phrase :
« J’avais 20 ans et je ne lais­se­rai per­sonne dire que c’est le plus bel âge de la vie. »

Et il y a eu 68. Nous avions fini de gran­dir et nous nous sommes beau­coup aimés.
Je ne sais pas si vous vous rap­pe­lez on avait appe­lé ça le prin­temps.
Mes enfants jouaient dans l’herbe à côté du tran­sis­tor.
Nous avons enten­du la voix de Sartre sur un poste péri­phé­rique.
Il disait que sa géné­ra­tion avait fait faillite et il nous par­lait d’un stu­pé­fiant, d’un enfan­tin, d’un incroyable espoir.

Sur nos lignes de télé­phone nous avons par­lé toute la nuit.
Séparés par des mil­liers de kilo­mètres, nous avions envie de nous tou­cher, de nous ser­rer. Je sais, j’ai l’air de par­ler de nous, mais nous par­lions de lui.
Vers six heures et demi ce matin je suis allé à la gare cher­cher les jour­naux. Sur la place du vil­lage devant chez moi, des types mal réveillés, des ouvriers, des immi­grés atten­daient l’au­to­car qui fait le ramas­sage pour les usines Renault à Flins. Ils n’é­taient pas au cou­rant.
J’ai lu les jour­naux, vous aus­si. Des pages entières sur la mort de Sartre. Des jour­na­listes font leur bou­lot, cer­tains très bien. Il faut des évé­ne­ments comme ça pour que la France se rap­pelle Voltaire, Victor Hugo, la Révolution, la Commune et la Résistance.
Et il y a les autres, les asti­cots, les hyènes, « l’in­dé­crot­table chep­tel des pro­fi­teurs d’a­bîme » dont par­lait Antonin Artaud, les putains pas res­pec­tueuses qui écrivent tou­jours putain avec un P et trois petits points. Mais ceux-là, pas la peine de s’en rap­pe­ler, ils sont là tous les jours, vigi­lants, morts-vivants, les har­dis mili­tants de la médio­cri­té.
Mais trop tard, il y a les mots. Les mots impri­més.
Et nous sommes tous les auteurs, et nous sommes tous les héri­tiers.

Daniel Mermet, 15 avril 1980.

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Les obsèques de Jean-Paul Sartre dans le journal télévisé de Léon Zitrone sur Antenne 2 le 19 avril 1980 :

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    Elle offre ainsi un avantage indu sur le terrain des idées à ceux qui concentrent pouvoir et richesse.

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    On arnaque par le cœur, par le cul et par le fric.

    Pour pratiquer l’arnaque aux sentiments, vous pouvez trouver des kits de phishing sur Telegram entre 75 et 300 euros. Vous apprendrez à utiliser l’IA, vous apprendrez le « boomer trap », le piège à séniors. Des milliers se font piéger chaque année, parfois jusqu’à la ruine complète.

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    Une brève éclaircie ou bien le début d’un durable contre-feu ?

    Enseignant à l’université Johns Hopkins, l’historien Tristan Cabello voit dans cette victoire un laboratoire pour la gauche.

    Alors que nos gauches s’entretuent avec application en offrant un boulevard aux réacs les plus déboutonnés, il y a là sans doute pour nous du grain à moudre, surtout à la veille des municipales.

    Gel des loyers, bus gratuits, crèches abordables.

    C’est en répondant aux galères populaires que Mamdani a réussi. Avec bien moins de moyens financiers, il a battu Andrew Cuomo, figure de l’establishment démocrate, le parti qui, en méprisant les préoccupations des modestes, a favorisé l’élection de Trump.

    Accusée bien sûr d’antisémitisme et de soutien du Hamas, toute la jeunesse de la communauté juive de New York a voté pour lui.

    Et surtout Mamdani a laissé tomber les « culture wars », les guerres culturelles, c’est-à-dire les conflits identitaires et moraux qui masquent un agenda économique pro-patronat. Des débats dont notre gauche culturelle se gave depuis longtemps, loin des soucis du populo beauf et mal élevé.

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    Alice de Rochechouart, c’est la grande noblesse, les grandes écoles, les grands moyens et pourtant elle part en guerre contre les privilèges. Ceux d’aujourd’hui, ceux qui n’ont pas été abolis en 1789, ceux qui n’ont fait que prospérer depuis.

    Oui, souvenez-vous, le quatorze juillet, le peuple avait pris la Bastille mais il voulait plus, il voulait l’égalité et d’abord du pain. Alors dans son élan, il a ouvert la chasse au noble. La vraie chasse. Et d’eux-mêmes, comme par enchantement, dans la fameuse nuit du quatre août, les nobles ont dit d’accord, et ils ont aboli leurs privilèges, d’accord, fini le régime féodal.

    Une victoire et même une révolution. Mais les racines étaient profondes, d’autres privilèges sont apparus, des espèces souvent inconnues. On a beau couper et arracher, ça repousse.

    Aujourd’hui, les inégalités sont plus monstrueuses que jamais et le plus monstrueux, c’est tout ce qui réussit à nous faire encaisser les privilèges d’aujourd’hui. En soutenant l’extrême droite dans sa marche vers le pouvoir, les grandes fortunes entendent légitimer et augmenter leurs gentils privilèges.

    Alors ? L’impuissance a gagné, on a renoncé ?

    Pas Alice de Rochechouart. C’est ce qu’elle explique à Marième.

    Tremblez privilégiés, vos jours sont comptés !

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Le front anti-Zucman déchaîné Accès libre

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    Les médias cherchent à augmenter toujours plus leur audience, les élus font tout pour séduire leurs électeurs. Mais il arrive que la majorité des médias et la majorité des élus s’opposent à la majorité des citoyens.

    C’est ce qui vient d’arriver avec la taxe Zucman. Selon toutes les enquêtes, plus de 80 % de l’opinion s’est déclarée favorable à l’instauration d’un impôt plancher de 2 % sur les très hauts patrimoines qui échappent à l’impôt sur le revenu, soit 1 800 personnes disposant de plus de 100 millions d’euros.

    C’est l’idée que défend inlassablement l’économiste Gabriel Zucman depuis des mois. Rien de révolutionnaire, rien d’anticapitaliste, une simple affaire de justice et d’égalité. Pourtant, malgré le consensus populaire, une majorité de droite et d’extrême droite a rejeté ce projet de loi.

    De même, la plupart des médias se sont déchaînés pour défendre ces quelques super-privilégiés comme le bon chien de garde défend son maître.

    Et alors ? Le peuple a pris la rue en réclamant l’abolition des privilèges ? En promenant quelques têtes de milliardaires au bout d’une pique ?

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Jeanne Mermet : « Désertons » ! Abonnés

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    Déserter « comme acte politique, philosophique, poétique pratique » !

    Elle s’appelle Jeanne Mermet mais aucun lien de parenté, c’est une simple homonymie.

    Elle est diplômée de l’École polytechnique, la plus prestigieuse de la République. Elle est de ce que Pierre Bourdieu appelle la « noblesse d’État ». Et pourtant elle déserte, elle refuse d’exercer ce métier d’ingénieure. Je refuse de nuire, dit-elle.

    On se souvient des étonnantes déclarations des jeunes ingénieurs d’AGROPARISTECH en 2023 qui, diplôme en poche, ont refusé de collaborer à ce « système ». La vidéo a fait des millions de vues (voir notre MERCREDITO du 10 février 2023).

    Et depuis ? Que devient ce mouvement ? Ce BIG QUIT ?

    Simple poussée de fièvre avant de retourner du côté du manche après un peu de tourisme révolutionnaire ? Caprice de privilégié qui se la joue sauveur du monde en prenant la Bastille sur son compte Instagram ?

    Ou bien tout autre chose.

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Thomas Porcher : « Pourquoi la dette n’est pas un problème » Abonnés

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    Les riches ont-ils mérité leur richesse ? La taxe « Zucman » est-elle confiscatoire ? Taxer les riches aura-t-il pour effet de les faire fuir à l’étranger ? Faut-il avoir peur de la dette ?

    Voilà autant d’idées reçues en économie sur lesquelles nous avons tous plus ou moins une opinion, mais à propos desquelles on a souvent du mal à argumenter le soir du réveillon lorsqu’on se retrouve à dîner face à son beau-frère de droite.

    Après ses agapes de fin d’année, Laurence De Cock s’est donc dit qu’il fallait un professeur d’économie un tout petit peu pédagogue pour nous expliquer tout cela clairement et nous donner des billes pour la prochaine réunion de famille.

    Voilà ainsi révélées les vraies raisons de la présence de Thomas Porcher dans cette émission. Car s’il y a bien un professeur qui prend son métier à cœur, c’est lui. Professeur d’économie à la Paris School of Business, il est surtout connu pour ses nombreuses interventions médiatiques en tant qu’« économiste de gauche » et pour être la seule personne autorisée à contredire Dominique Seux chaque vendredi matin sur France Inter.

    Il a aussi publié une bande dessinée avec Ludivine Stock et Raphaël Ruffier-Fossoul, L’économie pour les 99 %, pour essayer de combattre les idées reçues en économie. Et combattre les idées reçues en économie, c’est ce qu’il est venu faire au micro de Laurence De Cock dans ce nouvel épisode de « Si j’aurais su ».

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Henri Salvador : « Les voleurs d’eau » Abonnés

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    C’est une mélodie rythmée, scandée, entêtante, obsédante, comme il a pu en composer des centaines dans sa carrière longue de 70 années. Pour celle-ci, Henri Salvador se serait inspiré d’un air traditionnel vénézuélien.

    Plus étonnantes sont les paroles interprétées par un chanteur talentueux mais qui ne s’est pas fait remarquer pour ses combats, si ce n’est en 2007 quand il est venu soutenir – quelques mois avant sa mort – le candidat Sarkozy à son meeting de Bercy. Les paroles ne sont donc pas de lui, elles sont de son complice Bernard Michel et elles valent le détour puisqu’elles évoquent un sujet éminemment politique : l’accaparement de l’eau. Cette semaine, Olivier Besancenot est arrivé, sans se presser, à se réconcilier avec Henri Salvador.

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Romaric Godin : « L’IA est un système qui vise à discipliner les masses » Abonnés

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    Comment résoudre la triple crise que nous affrontons : crise économique, crise écologique et crise anthropologique ? Pour le journaliste de Mediapart Romaric Godin, qui publie à La Découverte Le problème à trois corps du capitalisme. Sur la gestion autoritaire du désastre (et les moyens de lui faire face), ces trois crises sont les différents visages d’un unique problème : le capitalisme.

    Le problème à N corps est un problème mathématique qui vise à déterminer les trajectoires d’un ensemble de corps célestes qui s’attirent mutuellement. En 2006, le romancier chinois Liu Cixin s’est inspiré de ce problème pour écrire son best-seller de science fiction, Le Problème à trois corps.

  • Chute de Trump et victoire « socialiste démocrate » dans le Michigan Le loser communiste qui « déteste les juifs et déteste Israël » Abonnés

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    C’est ainsi que Donald Trump présente Abdul El-Sayed qui vient de remporter la primaire démocrate dans le Michigan. Une bonne nouvelle pour le parti républicain selon Trump, qui ironise finement alors qu’il est en chute libre dans les sondages, à son plus bas niveau depuis sa réélection, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.

Une sélection :

Rencontre avec Francesca Albanese qui publie son rapport sur la torture en Palestine (vidéo et radio. Durée : 24’53) Francesca Albanese : « Israël a reçu un permis de torturer les Palestiniens » Accès libreVoir

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Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés…

À Genève, le 21 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés FRANCESCA ALBANESE a présenté son dernier rapport « TORTURE ET GÉNOCIDE » dans les territoires palestiniens occupés.

Pas seulement bavure ou revanche, mais méthode systématique contre les Palestiniens dans les prisons mais aussi hors des lieux de détention, y compris sur des mineurs. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une logique qui s’exerce sur les corps comme sur les conditions de vie.

Le rapport précise : « la torture est une caractéristique structurelle du génocide en cours commis par Israël et, plus largement, de l’apartheid colonial de peuplement ».

« Fils de pute », « enculé » Accès libreLire

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À sept reprises en moins de six minutes, en direct et en public, le 19 décembre 2025, le député d’extrême droite Charles Alloncle a répété « fils de pute », « enculé » dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public dont il est le rapporteur. Des termes rarement usités dans un cadre officiel qui lui ont valu des milliers de messages dans les réseaux d’extrême droite et dans tous les médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.

Nouvelle rubrique TOUS NOS ARTICLES SUR GAZA ! Accès libreLire

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TOUS NOS ARTICLES SUR GAZA !
Nous avons réuni tous nos articles sur Gaza depuis le 7 octobre 2023.
76 articles (!) Vidéos et podcasts, beaucoup en accès libre.
Ignorance et ressentiment permettent toutes les manipulations et tous les chantages. Les partisans du génocide n’hésitent pas à instrumentaliser la mémoire juive pour accuser d’antisémitisme la moindre solidarité pour le peuple (…)