
Hind Rajab, 6 ans, a été tuée le 29 janvier 2024 par les Forces de défense israéliennes. Son meurtre a été racontée par Kaouther Ben Hania dans le film La Voix de Hind Rajab.
Ciblage délibéré des enfants par l’armée israélienne dans la bande de Gaza.
C’est la conclusion d’un important rapport d’une commission de l’ONU publié ce 18 juin, repris à travers le monde et qui confirme qu’Israël commet un génocide à Gaza.
Rappelons que plus de 20 000 enfants ont été tués dans la bande de Gaza entre le 7 octobre 2023 et le 7 octobre 2025. Plus de 40 000 ont été blessés et plus de 58 500 ont aujourd’hui perdu au moins un parent ou sont devenus orphelins.

Gazal Bakr dans le couloir de l’immeuble où elle vit désormais à Doha (photo : Samar Abu Elouf/THE NEW YORKER)
En dépit de la trêve d’octobre 2025, au moins 250 enfants ont été tués depuis en l’espace de six mois, d’octobre 2025 à mars 2026.
Et le massacre continue.
Dans ce rapport, les experts de l’ONU précisent que « le ciblage délibéré des enfants est l’un des éléments clés permettant d’établir l’intention génocidaire des autorités et forces de sécurité israéliennes de détruire le groupe palestinien, dans son ensemble ou en partie, à Gaza ».
97 % de toutes les écoles ont été détruites, 95 % des universités ont été touchées à Gaza et 22 des 38 universités ont été complètement détruites.
Mais Israël cible aussi les enfants en les visant délibérément, en tirant sur leurs organes vitaux en utilisant des armes de précision. Tel-Aviv utilise des quadricoptères, des drones et des fusils de précision visant spécifiquement les enfants à la tête et dans la partie supérieure du corps « pour infliger le maximum de dommages », explique Srinivasan Muralidhar, le président de la commission d’enquête internationale indépendante sur les territoires palestiniens occupés.
Il cite le cas d’un bébé en train d’être allaité dans une tente, touché à la tête par un drone avec une caméra infrarouge qui permet de visualiser la forme des personnes visées. Des preuves qui montrent que des enfants palestiniens ont été délibérément pris pour cibles et tués par les forces de sécurité israéliennes.
Un rapport « diffamatoire » selon Israël
Après la publication de ce nouveau rapport, Israël n’a pas tardé à réagir, qualifiant de « diffamatoire » le document, de « mascarade calomnieuse » et l’accusant de « passer sous silence les tactiques brutales du Hamas, qui s’en prend sans pitié aux enfants israéliens et utilise des enfants palestiniens comme boucliers humains ».

Eyal Zamir a été nommé le 6 mars 2025 chef d’état-major des Forces de défense israéliennes (photo : FORCES DE DÉFENSE ISRAÉLIENNES)
Mais qui sont les assassins ? Des poursuites sont-elles possibles ?
Le rapport recense la liste des divisions, brigades et unités israéliennes susceptibles d’être impliquées dans la mort d’enfants lors d’incidents survenus à Gaza. « Nous savons qui ils sont », affirme un des membres de la commission, Chris Sidoti. « Ces enfants n’ont pas été tués dans une zone de guerre, notait le 19 juin dernier James Elder, porte-parole de l’Unicef. Ils ont été tués chez eux. Dans leurs écoles. En jouant au football. Alors qu’ils pêchaient. Ils ont été abattus, bombardés et pris pour cible par des drones. »
Des enfants ciblés pas seulement à Gaza
Cette commission d’enquête pointe aussi le traitement des enfants en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. Les violences commises par les colons et des soldats envers les plus jeunes ont augmenté : torture, violences sexuelles, privation de nourriture, etc., visant majoritairement les garçons. Mais Israël justifie ses actes en arguant le contexte de « menace terroriste constante ».
Selon l’ONG Defence for Children International, plus de la moitié des enfants palestiniens détenus dans les prisons israéliennes à la fin de l’année dernière étaient détenus sans inculpation ni procès. « On a coutume de dire que 100 % des enfants de Gaza et la plupart des enfants de Cisjordanie aujourd’hui, sont en situation de difficultés en ce qui concerne la santé mentale, soit en situation de traumatisme, soit en situation de peur, soit en situation d’une grande situation de vulnérabilité », d’après RFI qui cite responsable du plaidoyer et des programmes internationaux de l’Unicef.
« Les autorités israéliennes ont bafoué toutes les normes du droit international dans leur traitement des enfants palestiniens, et elles doivent en répondre », insiste Chris Sidoti.
Et puis, « les soldats israéliens qui se filment en train de détruire et de se moquer des jouets d’enfants soulèvent de graves préoccupations d’ordre éthique, disciplinaire et juridique, symbolisant la déshumanisation de l’enfance palestinienne elle-même ».
Dans les conclusions du rapport, la commission note : une « grande partie des préjudices subis par les enfants palestiniens n’était pas fortuite, mais visait à détruire l’existence des Palestiniens de Gaza en tant que groupe ».
Les enfants palestiniens se trouvent au cœur de la démonstration juridique sur l’existence d’un génocide.

