Une « allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre »

BURKINI, UNE CAMPAGNE ANTISÉMITE ?

Le

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De Nice au Touquet, de courageux élus Français se dressent contre l’invasion des barbares mahométans. Vont-ils charger sabre au clair contre le Maure sanguinaire ?

Non, leur virilité se limite à s’en prendre à des femmes supposées musulmanes qui portent paisiblement sur la plage des tenues de bain qui représentent pour ces messieurs un complot contre la France, un « projet politique de contre-société » selon le premier ministre Manuel Valls, un « acte politique, militant, une provocation » selon Nicolas Sarkozy, un « outil de propagande de l’islamisme radical » selon le Front National.

Mais en condamnant ces costumes de bain, ces « vrais Français de souche » risquent aussi d’être poursuivis pour antisémitisme. En effet, un peu partout dans le monde, des dames juives orthodoxes portent exactement les mêmes tenues !


Un exemple de « Burqini » proposée par le site ahiida.com

Pour les femmes juives souhaitant respecter la « tsniout », le site seasecret.biz propose des « maillots de bain pudiques »

Estrosi, Ciotti, Valls, Sarkozy : DAECH ne sait pas comment les remercier. En faisant pourchasser les femmes musulmanes sur nos plages, ils sont en train de réaliser le but de l’État Islamique, diviser le pays, prouver que les musulmans ne peuvent pas vivre en France.

Plus de trente communes ont pris des arrêtés contre le « burkini ». Par dizaines sur la plage de Nice, des femmes sont verbalisées pour défaut d’une « tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité », selon l’arrêté municipal anti « burkini ».

D’autres villes balnéaires ont pris les mêmes mesures. Dans le Pas-de-Calais, le maire du Touquet, Daniel Fasquelle, a pris cette mesure mais à titre préventif ; aucune femme n’a jamais arboré la tenue maudite jusque là sur ses plages élégantes.

À Cannes, le directeur général des services de la ville explique que ces tenues constituent « une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre », sans bien sûr fournir la moindre preuve d’un lien quelconque.

André Gerin, ancien député-maire communiste, demande à Manuel Valls de faire prendre des arrêtés préfectoraux afin d’interdire le burkini, estimant que les Français ne veulent pas « voir la France devenir charia-compatible », en ajoutant « il est grand temps d’éradiquer cette gangrène islamiste ».

À Palavas-les-Flots, brandissant des drapeaux tricolores, une centaine de manifestants d’extrême droite ont demandé l’interdiction du « burkini ». On aura sans doute bientôt la photo d’une foule virile arrachant les voiles des femmes, tout comme il y a 70 ans les mêmes capturaient des femmes pour les tondre en public.

Selon un sondage IFOP/Le Figaro (du jeudi 25 août), « une majorité de Français sont opposés au port du burkini sur les plages ». Ce titre peut faire croire que l’opinion est favorable aux interdictions. Or le sondage ne dit rien là-dessus ! Ce n’est pas sur l’interdiction que porte le sondage, c’est sur cette tenue. On peut désapprouver cette tenue et ne pas souhaiter l’interdire. Attention, sondage piégé !

Curieusement, bien peu de médias indiquent que les femmes juives orthodoxes portent exactement les mêmes tenues sans rencontrer la moindre réprobation. Le site SEASECRET par exemple propose une collection de tenues de bain « tsniout » pour « femmes pudiques » et indique les plages israéliennes séparées, hommes et femmes.

Capture d’écran de la page fr.seasecret.biz/guide-des-plages-israéliennes-séparées

Depuis des années aux États-Unis est apparue la mode « pudique » avec les maillots de bain « couvrants » pour les femmes très pratiquantes, juives, musulmanes ou chrétiennes, mais aussi celles qui préfèrent dissimuler leurs rondeurs ou se protéger du soleil. Tsniout Mag’, le « premier magazine Juif au féminin », recommande des plages isolées où se baigner en France avec toute la sérénité requise.

Au nom de nos valeurs républicaines et de notre mission civilisatrice, nul doute que nos incorruptibles défenseurs enverront bientôt leurs policiers municipaux poursuivre également ces sorcières-là.

Daniel MERMET

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Voir aussi

- seasecret.biz, boutique en ligne de « vêtements pudiques » comptatibles « tsniout »

- ahiida.com, la boutique en ligne de la créatrice du « burqini »

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    Selon une étude de 2008, la plus récente à ce sujet, 68,7 % des prévenus jugés en comparution immédiate sont sans ressources ou avec des ressources faibles.

    Et pas besoin de grands chiffres pour le savoir : il suffit de lire les récits de Dominique Simonnot, tous les mercredis, dans Le Canard enchaîné. L’année dernière, cette procédure de justice directe a été massivement utilisée contre les « gilets jaunes » : plusieurs centaines d’entre eux, arrêtés et placés en garde à vue le samedi, ont été jugés en comparution immédiate le lundi.

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