Balance Ton Port. Une version locale de la « stratégie du choc »

Brétignolles-sur-Mer. En plein confinement, les autorités font évacuer et incendier (!) la ZAD de la Dune

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ZAD Brétignolles-sur-Mer – 8 avril 2020 © Photo : DR

C’est ce qu’on appelle un serpent de mer. Le genre de projets qui ne voient jamais le jour, mais qui refont surface tous les quatre matins. Le port de plaisance de Brétignolles-sur-Mer est de ceux-là. Il est avant tout le projet d’un homme, Christophe Chabot, le maire, self-made man à la réussite insolente, PDG des vérandas Akena qui rêve de laisser une trace dans l’histoire.

Sa pyramide du Louvre à lui, un port de plaisance sur les rives de la commune dont il prend les rênes en 2001. Deux années plus tard, les premières esquisses de ce projet à plusieurs millions d’euros sont lancées. Ce dernier doit soulager les ports voisins des Sables-d’Olonne et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, mais aussi redonner du lustre à ce bout de littoral vendéen populaire, majoritairement fréquenté par des familles populaires. Bien loin de l’image d’Épinal d’une station balnéaire pour gens riches, chaussures bateau aux pieds et petits pulls en V négligemment noués autour d’un cou hâlé.

Depuis 17 ans, le serpent de mer empoisonne la vie de toute une commune, au nom d’une plaisance où les bateaux ne sortent à l’eau à peine quinze jours par an. Après des années rocambolesques, les premiers coups de pelleteuse sont finalement donnés dans la dune le 23 septembre 2019. En toute illégalité puisqu’une pelletée de recours, déposés par les opposants auprès du tribunal administratif de Nantes, n’ont pas encore tous été examinés par la justice. L’entorse de trop, croyait-on encore à l’époque, qui donne un retentissement national à cette histoire locale quand, le 6 octobre suivant, ils sont plus de 2 500 à se réunir sur la plage pour dire « non au port » et son monde.

Ainsi naissait la ZAD de la Dune. Un dimanche funeste pour le PDG-maire qui, depuis, a mis toute son énergie pour la « dégager » de sa commune. L’histoire notera que cela a bien eu lieu, en plein état d’urgence sanitaire. Alors même que 66 millions de Français sont confinés à résidence depuis le 17 mars 2020, Christophe Chabot profite d’une opération de gendarmerie pour lancer un appel à « nettoyer le site ». C’était le 8 avril dernier.

C’est cette histoire et, plus largement celle de cette « stratégie du choc » version locale, que voici, une petite plongée dans la « méthode Chabot » :

2003. Élu il y a tout juste deux ans, le self-made man vendéen drague la commune de Brétignolles-sur-Mer, et ses résidents secondaires, avec son projet de port de plaisance.

Vue d’artiste du futur port de plaisance de Brétignolles-sur-Mer (communauté de communes du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie)

2006. Le dossier est à peine déposé que ce projet de 500 à 700 emplacements pour bateaux, d’un coût de 15 millions d’euros, se fracasse sur le danger de faire disparaître les plages du Sud et des Dunes. Le drapeau des autorités est rouge. En retour, le maire promet la création de deux récifs artificiels positionnés en mer, censés protéger les bassins portuaires des assauts de l’océan.

2008. Christophe Chabot marche sur l’eau. Avec cette idée d’un port en pleine terre, il ambitionne les 1 000 emplacements. Seigneur en son pays, le PDG des vérandas Akena profite du salon nautique de Paris pour faire monter Jean-Louis Borloo dans sa barque. S’assurant, à peu de frais, un beau coup de com’ estampillé « projet soutenu par le ministère de l’Écologie ».

2009 à 2012. Oui, mais voilà. Alors que, non loin de là, la tempête Xynthia a fait 29 morts, les préfets de la Vendée se succèdent et s’opposent tous au projet. L’avis de gros temps arrive par les voix de l’Autorité environnementale et du préfet de région, qui pointent des insuffisances qui « laissent présager, si le projet était autorisé, l’apparition de problèmes de fonctionnement de l’infrastructure (insécurité de navigation, surcoût d’entretien du chenal, déséquilibre financier de l’opération…) [1] ». Échaudé, Chabot retire son projet initial avant d’en soumettre un autre en commission.

2012. Le PDG-maire gratifie de « pieds nickelés  » les membres de ladite commission d’enquête publique qu’il a pourtant appelée de ses vœux [2]. Leur principale réserve touche à la non-maîtrise du foncier. Le matelot Chabot lance un SOS au groupe Rousseau Sipo-Philam. L’ami promoteur rachète la ferme de la Normandelière, terrain indispensable au projet. Le ciel se dégage et, quelques jours plus tard, c’est la commune qui rachète la ferme à l’entrepreneur.

Après Borloo, de Rugy à la rescousse du moussaillon Chabot

2012 à 2014. « Vous savez, la définition des pieds nickelés, c’est une bande de petits voleurs qui sont tellement maladroits qu’ils n’arrivent jamais à dépouiller les gens de ce qu’ils veulent dépouiller », déclare sur TV Vendée Christophe Chabot, en parlant des commissaires enquêteurs. « Je trouve que ça correspond bien [3] ». Le préfet de l’époque et l’association La Vigie trouvent que ça correspond bien aussi à Christophe Chabot, et portent plainte contre lui. Dans son rendu, le tribunal administratif de Nantes juge illégale la délibération du conseil municipal autorisant l’achat de la ferme de la Normandelière pour 1,8 million d’euros, alors même que le domaine public maritime l’estime à 996 000 euros.

2015. Dans ce grand Monopoly qu’est la vie en bord de mer, la ferme et ses terres restent toujours propriétés de la commune, le juge judiciaire – saisi il y a seize ans par le tribunal administratif – n’ayant jamais poursuivi l’affaire. Pour bétonner une bonne fois son affaire, le maire transfère la maîtrise d’ouvrage à l’échelle communautaire, embarquant ainsi avec lui les quatorze communes voisines à la sienne. Après tout, Christophe Chabot est également président du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie…

Pas encore connu comme étant ce fin gourmet amateur de homards et de grands crus français, François de Rugy claque la porte d’Europe Écologie-Les Verts pour fonder le Parti écologiste. Il veut prendre l’air. Direction Brétignolles-sur-Mer où le moussaillon des pontons en profite pour lui glisser deux mots de son projet. Banco, de Rugy tope et, enivré par les embruns vendéens, rugit contre les opposants et « le dogmatisme des écologistes » [4] ».

2016. Pas vraiment connus pour leur « dogmatisme », les jurés du « concours national des ports de plaisance exemplaires » en profitent pour retoquer le projet du Vendéen.

2017. L’élu-entrepreneur tente un coup de poker. Il maintient son territoire sous le régime du règlement national d’urbanisme, lui évitant ainsi de mettre en place le plan local d’urbanisme, outil pourtant indispensable à l’intégration du projet de port sur les terres de Brétignolles-sur-Mer. Un nouveau tour de passe-passe administratif qui lui permet d’obtenir l’ouverture d’une nouvelle enquête publique.

2018. Parmi les 6 000 dépositions recueillies dans le cadre de l’enquête publique, une retient particulièrement l’attention. Comme Là-bas si j’y suis a pu le constater, la déposition n°4 567 relève du soutien du commandant de paquebot au capitaine de pédalo. Elle émane d’Hervé Gastinel, président du directoire du groupe Bénéteau, géant mondial vendéen de l’industrie de la plaisance de luxe. Et, alors que l’avis de l’Autorité environnementale reste inchangé, les nouveaux commissaires enquêteurs changent de cap en donnant un avis favorable au projet.

2019. Le 16 juillet, François de Rugy démissionne du ministère de la Transition écologique et solidaire. Le lendemain, le préfet de la Vendée délivre une déclaration d’utilité publique, autorisant la création d’un bassin portuaire de 900 anneaux. Cette déclaration autorise notamment de creuser un chenal d’enrochement de 500 mètres de long sur 60 mètres de large, ce qui aurait pour effet d’éventrer la dune et de couper la plage en deux.

Les recours en justice déposés n’ayant pas tous été examinés, le projet doit normalement en rester à l’état de projet. C’en est trop pour le matelot Chabot qui passe outre le droit français, le 23 septembre, en lançant ses bulldozers à l’assaut de la dune et de sa végétation.

Devant ce nouveau – mais pas dernier – déni de droit, les opposants doublent le combat judiciaire d’une bataille de l’opinion. Le dimanche 6 octobre, 2 500 personnes investissent la plage de la Normandelière. Toujours beau joueur, Christophe Chabot fait abattre tous les arbres du parking de la plage et prend un arrêté d’interdiction de stationner. En réponse, le soir même, la ZAD de la Dune s’installe sur un terrain privé voisin.

Le capitaine de pédalo a le moral dans les chaussettes. À peine quelques jours qu’ils sont là et les zadistes enracinent leur lutte et engrangent les soutiens. Chaque jour, des citoyens leur livrent paniers de nourriture et palettes pour consolider leurs cabanes. Le 12 octobre, près de 2 000 curieux assistent aux portes ouvertes de la ZAD de la Dune. Une semaine plus tard, ils sont encore près de 1 500 à manifester leur opposition au port, dans les rues de La Roche-sur-Yon. À Brétignolles, les bulldozers sont au point mort.

2020. Après trois mandats, le magnat des vérandas laisse le soin à son adjoint aux sports et aux associations de maintenir le cap pour les six prochaines années. Lui a décidé de rétrograder à la 5e place de la liste « Réussir Brétignolles ». On le dit fatigué, obnubilé par la ZAD et son évacuation. Lors d’une réunion publique, Frédéric Fouquet, son dauphin, décrit des zadistes qui « n’en ont rien à foutre de ce projet. Leur seule motivation, c’est d’être hébergés gratos, nourris gratos et de défendre leur idéal politique qui, en gros, est le rejet de la totalité de la société française dont ils profitent par ailleurs puisqu’ils sont tous enregistrés au niveau de la CAF [5] ». Les partisans applaudissent à tout rompre et demandent : « quand est-ce qu’on va l’évacuer, cette zone à détruire ? » Élu avec 60,4 % des suffrages, mais pas encore désigné maire du fait de la suspension des municipales, Fouquet promet « que tout ce qui peut être fait pour que cette ZAD dégage est fait. Dans la salle, je suis sûr que je peux identifier une cinquantaine de personnes qui m’ont tous dit, individuellement : “Quand tu veux qu’on y aille, on y va.” Si ça bouge avec l’État, on sera là pour bosser avec et si ça ne bouge pas, c’est nous qu’allons le faire, voilà. »

Voilà. Le 8 avril au matin, un couple d’automobilistes, qui emprunte la « route des chicanes », est pris à partie par des zadistes qui l’accusent d’avoir écraser un de leur chiots. La situation s’envenime durement. Une vaste opération d’interpellation est menée sur instruction de la procureure des Sables-d’Olonne. Le matin, puis l’après-midi, un hélicoptère et des drones survolent la ZAD de la Dune pendant qu’une cinquantaine de gendarmes mènent l’opération, au sol. L’occasion est trop belle.

À 17h, le PDG-encore maire lance un appel aux troupes. 70 « bénévoles » arrivent en fin d’après-midi pour jouer de la pioche et du briquet. En plein confinement, sous un régime d’état d’urgence sanitaire, l’élu de la République profite de la disposition du 25 mars 2020 prise par Christophe Castaner pour « nettoyer le site ». Le ministre de l’Intérieur a fait ajouter sur les nouvelles attestations de sortie dérogatoires la case : « participation à des missions d’intérêt général sur demande de l’autorité administrative ». Case que les 70 « bénévoles » de l’édile n’ont pas manqué de cocher sous l’œil passif des forces de l’ordre et « la compréhension complice de la préfecture de la Vendée », s’étrangle-t-on chez les opposants et au-delà.

Les suites de l’affaire

Dépôt de plainte contre X. Voilà comment la ZAD de la Dune a été incendiée, alors même que les zadistes affirment, par la voix de leur avocat David Potier, « n’avoir jamais eu de copie d’ordonnance d’expulsion ». Contre ce « coup de force », certains envisagent de déposer plainte contre X pour dégradation vraisemblablement en bande organisée, vol et mise en danger de la vie d’autrui.

Prison ferme pour deux des zadistes. Dans le cadre de l’altercation autour de la mort du chiot, les deux zadistes interpellés sont passés en comparution immédiate devant le tribunal des Sables-d’Olonne, le 10 avril. Ils ont été reconnus coupables de « dégradations de véhicules en réunion » ainsi que de « violences ayant entraîné un choc émotif, outrages à des dépositaires de l’autorité publique ». Ils ont respectivement été condamnés à 8 et 10 mois de prison ferme, avec mandat de dépôt. Les deux zadistes ont immédiatement été incarcérés.

Solidarité de Brétignollais. Choqués et ulcérés par l’expédition punitive qui a eu lieu, mercredi dernier, bon nombre d’habitants de Brétignolles et de militants ont remué leurs réseaux pour venir en aide à la vingtaine de zadistes laissés sur le carreau, depuis près d’une semaine. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ils ont tous pu être provisoirement relogés.

Pierre-Yves Bulteau

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    Les égoutiers sont en tête parmi les « premiers de corvée ». Ils sont fortement exposés à un nombre incalculable de bactéries et à des maladies graves, comme la leptospirose, qui s’attrape par l’urine de rat, ou l’hépatite E qui s’attaque au foie. Ils ont une espérance de vie inférieure de sept ans à la moyenne des Français, et même de dix-sept ans par rapport à un cadre. Aujourd’hui, face au virus présent dans les eaux usées, ils demandent des protections et des garanties. Sans réponse, ils se sont mis en grève.

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  • TETSU : dessins des QUE et des Q CONNAISSEZ-VOUS TETSU ? Abonnés

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    « Mes personnages sont des gens sérieux qui se sont mis dans des situations bizarres. » C’est ce que disait Tetsu de ses dessins.

    On les trouvait partout dans les années 1960, de France Dimanche à Paris Match, en passant par Noir et Blanc. Des petits bourgeois désespérément humains, qui ressemblaient aux lecteurs. C’était l’époque de Chaval, Bosc ou Mose. Un rire noir et grinçant devant un quotidien étriqué et absurde. Et une sorte de tendresse pour les inadaptés définitifs que nous sommes. On ne mesure pas l’influence énorme de ces petits dessins sur les idées qu’un être humain se fait du monde et de lui-même. Ça passe sous les radars des experts culturels. De la sous-culture, comme ils disaient. Et c’est leur chance et leur force à ces petits dessins. Ce que cette bourgeoisie éduquée appelle la vulgarité, ça les protège et nous avec.

    En réalité, Tetsu s’appelait Testu, Roger Testu. Il avait fait différents boulots, directeur dans la distribution de la presse, patron d’une savonnerie, marchand de tableaux et en 1951, à presque 40 ans, il s’est mis à peindre, puis à dessiner. Un grand succès, des livres, des prix, il n’a pas arrêté, il aurait fait 20 000 dessins. À 94 ans, en 2008, il a refermé son encrier. Il a fait l’admiration des meilleurs, Willem, Siné, Lefred-Thouron ou Topor, qui disait : « Gloire à Toi / Ô Tetsu / Dont la plume ne nous a jamais déçus ».

  • Chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte tenté par le reconfinement Abonnés

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    Pas de Didier Porte cette semaine, il profite du pont de l’Ascension pour se reconfiner provisoirement sur son yacht. En attendant son retour, Didier a demandé à notre « employé de la semaine » quasi permanent, Jonathan Duong, de le remplacer au pied levé pour cette revue de presse hebdomadaire. Au menu cette semaine :
    - coronawashing, suite, les marques voient enfin le bout du tunnel avec ce déconfinement synonyme pour elles de réouverture des magasins ;
    - contrairement aux idées reçues, certains bourgeois aussi ont souffert du confinement, essentiellement à cause de l’absence de personnel qui est habituellement à leur service ;
    - et un hommage à Michel Piccoli.

  • Comment en est-on arrivé là en si peu de temps ? Voilà la réponse dans une super BD ! LA GRIPPETTE DU PANGOLIN Abonnés

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    C’est passé si vite… Une histoire de pandémie, de confinement et de résidence secondaire : voilà qu’un éternuement de pangolin en Chine fait trembler le monde entier. Enfin, presque le monde entier. Parce qu’en France, la clairvoyance présidentielle nous a évité de tomber dans la panique, puis de paniquer parce qu’il était temps. De ne pas porter de masques inutiles, puis de porter des masques indispensables. De confiner, de déconfiner. On passe son temps sur Internet à essayer de comprendre ce qui nous tombe sur la tête et on finit noyé sous le flot d’informations continues. Alors arrêtons-nous un instant. Prenez le temps – grâce à Mathieu Colloghan – de regarder ce qui s’est passé depuis le rhume du pangolin.

Une sélection :

Didier Porte Hebdo : chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte dissèque le coronawashing AbonnésVoir

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Par les temps qui courent, incertains, ouverts au pire comme au meilleur (et à l’abus de clichés idiots, déjà comme je le prouve lamentablement en cet instant même), il est fortement recommandé de se moquer des puissants (ça apaise), en premier lieu évidemment de nos dirigeants, tous plus à la ramasse les uns que les autres, mais aussi et surtout de ceux qui nous dirigent vraiment (attention, irruption imminente d’un cliché odieusement populiste), à savoir les puissances d’argent.

L’île du droit à la caresse Accès libreÉcouter

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Nous nous évitons, nous nous méfions des autres, l’enfer, c’est les autres. Gardez vos distances. On ne sait quel crétin officiel a trouvé l’expression « distance sociale ». Comment retrouver la fusion de la manif, les grappes humaines du « tous ensemble », la grande partouze de la lutte après ça ? En attendant, pour rebondir, voici une histoire d’île et de caresse.

Pour Gérard FILOCHE, MACRON fait plus fort que PÉTAIN ! La plus violente attaque contre le code du travail depuis 75 ans AbonnésÉcouter

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Profitant de la panique générale, Macron et sa bande imposent une série de « lois d’urgence sanitaire » qui constituent une attaque monstrueuse contre le code du travail. Parfaite mise en œuvre de la « stratégie du choc », ces lois prétendument provisoires risquent de passer ensuite dans le droit courant. Même si c’est difficile, c’est maintenant qu’il faut résister, sinon ce sera le retour à la normale, mais en pire.