Élections départementales

Y’a tellement personne ! Abonnés

Le , par L’équipe de Là-bas

GRANDE SOIREE ELECTORALE

Le bruit a couru ces dernières semaines : le FN va triompher dans l’Aisne. C’est où l’Aisne ? Les grands voyageurs qui sont allés dans l’Aisne racontent des champs de betteraves, des villages sans personne, des bouts d’usine en friche, c’est la France des inaperçus, la France qu’on voit en train.
Et c’est là que le FN va gagner ? Pourquoi ? François, un AMG, vit depuis longtemps à PINON dans l’Aisne. Il va nous faire rencontrer quelques habitants du coin, ses voisins.
Un reportage d’Anaëlle Verzaux.

Y’a tellement personne ! (extrait)

Les différentes séquences de l’émission

Partie 1ère : La France s’en va en friche, et les Français s’en fichent

Dans l’Aisne, le Front National est arrivé en tête dans 16 cantons sur 21, au premier tour des élections départementales. Le Conseil général de l’Aisne est encore à majorité socialiste, présidé par Yves Daudigny, également sénateur. À Pinon c’est 40,74% des voix qu’a obtenu le Front National au premier tour. Cette petite ville de 1 800 habitants a longtemps vécu de la métallurgie de l’aluminium, avec plus de mille ouvriers répartis dans deux usines. Mais l’une des deux a fermé en 2014, laissant sur le carreau les derniers salariés, l’autre s’apprête à mettre la clef sous la porte.


Partie 2 : Françoise et Bernard, 50 ans de mariage

Bernard travaillait l’aluminum à l’usine. Françoise, elle, a été employée à la cantine du collège d’à côté, avant de s’occuper de leurs quatre enfants. Il touche maintenant une retraite de 1 400 €, elle perçoit seulement 690 €, à laquelle s’ajoutent les 800 € de l’allocation aux adultes handicapés. Heureusement la maison est à eux, achetée en 1971, six ans après leur mariage, à l’époque où ils étaient encore nombreux à vivre de la métallurgie. L’année dernière, l’un de leurs deux fils a été licencié suite à la fermeture de l’usine Hydro Aluminium.

En 2014, les salariés d’Hydro Aluminium manifestaient contre la fermeture de leur usine (photo : Stéphanie Polonio Aubry)

Partie 3 : Henriette, crevée à en avoir travaillé

Henriette ne croit plus en la gauche, ni en la droite. Elle ne vote plus. Pas pour le Front National non plus. De toute façon elle ne peut plus aller voter, elle ne peut plus marcher, à 86 ans. Son premier mari est mort à 29 ans, emporté par la tuberculose. Le second, un travailleur, elle l’a trouvé à l’usine. C’était un Marocain. « Il vaut bien un Français ! », elle leur disait aux gens qui appelait ses enfants les "bougnoules".


Partie 4 : l’UMP a disparu de la circulation

À Pinon c’est l’heure de recoller les affiches sur les panneaux électoraux, pour rappeler aux électeurs qu’il y a un second tour pour les élections. On peut même se permettre de coller des affiches sur celles de l’UMP, éliminé au premier tour. Seules restent les affiches des candidats FN et PS. Sur les 21 cantons du département, 16 ont placé en tête des candidats FN. Le PS a obtenu le plus grand nombre de voix dans deux cantons seulement. Alors ça vaut bien le coup de recoller quelques affiches, au cas où ça rappellerait à certains qu’ils peuvent aller voter.

Merci à François Muller, Nina, Henriette, Françoise et Bernard.


Programmation musicale :
- Le cimetière de campagne, par Reynaldo Hahn
- Rien ne change, par Psykick Lyrikah

Et n’oubliez pas que le répondeur attend toujours vos messages au 01 85 08 37 37.

Reportage : Anaëlle VERZAUX
Présentation : Daniel MERMET
Montage : Grégory SALOMONOVITCH
Réalisation : JC
Préparation : Jonathan DUONG

(vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique "Mon compte", en haut à droite de cette page)

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Les Rendez-vous des Repaires

  • Yannis Youlountas partage sa vie entre la Grèce, l’Espagne et la France, là où les hommes se battent pour sortir de l’impasse mortifère du capitalisme et du productivisme. Il plonge à la fois son regard et ses bras dans la rébellion active en témoignant, plume aux doigts ou caméra au poing de la façon (...)

  • Pour ce café repraire d’Octobre à Vierzon, deux villageois de Tarnac viendront nous raconter leur histoire, et leur point de vue sur le traitement médiatique de l’affaire du groupe de "Tarnac". Venez nombreux

Dernières publis

Une sélection :

Mourir pour des idées, un mythe dépassé ? Deux entretiens de Daniel Mermet avec Arthur et Siyah « – Tu as tué ? – Oui, sans doute. » Témoignages exclusifs de combattants français contre Daech AbonnésÉcouter

Le

Djihadistes, islamistes, on a beaucoup parlé de ces Français radicalisés partis combattre aux côtés de Daech, mais beaucoup moins des autres, de ces volontaires français qui, au contraire, sont allés se battre contre Daech, contre l’État islamique, aux côtés des Kurdes du Rojava. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Quel est cet anarcho-communo-féminisme dont ils se réclament ? Quel est ce Rojava pour lequel ils se disent prêts à mourir en martyr ? Écoutez les témoignages de deux d’entre eux, deux parcours, deux engagements, à l’heure où « mourir pour des idées » semble un mythe dépassé.

[TEXTES À L’APPUI] Entretien avec Cornelius Castoriadis (novembre 1996) LE TRIOMPHE DE L’INSIGNIFIANCE Accès libreLire

Le

Il y aura vingt ans cette année, nous avons diffusé cet entretien avec Cornelius CASTORIADIS, quelques mois avant sa mort, un entretien fondamental et lumineux, qui est devenu une référence et une source d’inspiration pour beaucoup d’auditeurs de LÀ-BAS.

En voici la transcription dans la collection des TEXTES À L’APPUI que nous vous proposons désormais.

CONTRE L’ÉCOLOGIE DE MARCHÉ (RADIO 50’51) ANDRÉ GORZ, LEUR ÉCOLOGIE ET LA NÔTRE Accès libreÉcouter

Le

« Une politique écologiste est une politique nécessairement anticapitaliste » Dés le début des années 70, André GORZ, le père spirituel de l’écologie politique, dénonçait la récupération de l’écologie par la puissance capitaliste. La COP21 a montré la totale domination des grandes entreprises sur les États. On dit merci à EDF, Exxon, BNP-Paris Bas, Chevron et tout leurs amis qui ont financé la conférence. Grâce à vous désormais les tigres ne mangeront que de la salade verte. Pour ceux qui en douteraient, nous vous proposons cette heure avec André GORZ (...)

Entretien, Daniel Mermet avec Christophe Fourel. (Archives de l’émission « À voix nue » (France Culture, Marie-France Azar, 1991).