Un restaurateur refuse deux clientes qui portent un voile

TOUS LES MUSULMANS SONT TERRORISTES ! Abonnés

Le

« Les terroristes sont musulmans et tous les musulmans sont terroristes. » C’est ce que balance un restaurateur à deux clientes qu’il met à la porte sous prétexte qu’elles portent le voile.


Ça se passe samedi soir dans un restaurant cossu de Tremblay-en-France, dans le 93. Une vidéo de la scène a dépassé le million de vues :

La ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol a engagé une enquête et le parquet de Bobigny a ouvert une procédure pour discrimination à caractère racial.

Dimanche, sur BFM TV, le restaurateur a présenté ses excuses mais sans convaincre des jeunes de la région accourus sur les lieux. Pourtant, écoutez, le débat s’engage entre le restaurateur et les jeunes musulmans du coin, c’est rugueux mais pas seulement. Comment lutter contre la haine raciale ? Par le débat entre habitants ou bien en s’en remettant à la justice pour faire condamner ? Ou bien les deux ?

Un reportage de Dillah TEIBI  :

reportage : TOUS LES MUSULMANS SONT TERRORISTES ! (EXTRAIT)

Un petit patron qui pète un câble ou bien une scène de racisme ordinaire dans la France de monsieur Valls ? ? Verra-t-on bientôt l’autocollant « interdit aux musulmans » comme le « white only » du temps de l’apartheid ou le « interdit aux chiens et aux juifs » de sinistre mémoire ?

Comment ne pas faire le rapprochement devant cette vidéo, dans ce restaurant où les clients se taisent et laissent des femmes se faire agresser et se faire mettre à la porte par un restaurateur raciste. Écouter le silence des clients. Le climat de peur exacerbé par les médias et le pouvoir suite aux attentats va multiplier les délires et les dérives de ce genre. Tout est bon pour ne pas parler de l’essentiel social et politique.

En avril, alors que la majorité du pays rejetait clairement la Loi Travail, le premier ministre, lors d’un colloque « islamisme et populisme », indiquait ce que serait le terrain de jeu de la campagne électorale qui s’ouvre : « Bien sûr, il y a l’économie et le chômage, mais l’essentiel c’est la bataille culturelle et identitaire. » Nous y voilà.

D.M.

Les différentes séquences du reportage :

01. « Des gens comme vous, j’en veux pas chez moi »

Programmation musicale :
- Médine (avec Aboubakr) : Ni Violeur Ni Terroriste

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

reportage : Dillah TEIBI
montage : Grégory SALOMONOVITCH
réalisation : Sylvain RICHARD

(Vous pouvez podcaster ce reportage en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Les Rendez-vous des Repaires

  • Qui sont ces gilets jaunes ? Que veulent-ils au juste ? Jusqu’où iront-ils ? Et bien, venez leur poser la question ! Le Café repaire d’Angers vous invite à venir les rencontrer mardi 26 mars.

  • Laurent et Oliv’, deux beaux perdreaux matures rebelles, en manque de "repaires" dans leurs Yvelines verdoyantes, se lancent dans la crétaion d’un repaire. Pour ce faire on vous propose un premier rendez-vous pour faire connaissance, l’état des lieux et des envies de cette nouvelle aventure, ça ce (...)

  • Café repère du 20ème ! En général, pas de thème défini, chacun vient avec ses propositions et l’envie d’échanger et de partager. Pour celles et ceux qui le souhaitent la soirée se prolonge autour d’une bonne table !

Dernières publis

Une sélection :

Un entretien de Daniel Mermet avec Daniel Bensaïd (2009) Daniel Bensaïd : Marx, mode d’emploi Accès libreÉcouter

Le

« À la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. » Telle fut l’utopie de Marx et Engels, une utopie toujours partagée par des millions de femmes et d’hommes, mais une utopie qui fut souvent récupérée, détournée et pervertie. Maintes fois jeté dans les poubelles de l’histoire, Marx revient aujourd’hui dans la lutte contre la violence capitaliste. Le bicentenaire de sa naissance fournit l’occasion de (ré)écouter ces deux émissions de 2009 avec Daniel Bensaïd, auteur de Marx, mode d’emploi, avec des illustrations de Charb (La Découverte, 2009).

Les prisons sont pleines mais elles sont vides de sens. Un rapport sur l’horreur carcérale PRISON, t’es moins qu’un rat AbonnésVoir

Le

On marche dans la merde de rat dans la prison, il y en a partout, on est bouffé par les poux et les punaises de lits, la bouffe est pourrie, on est neuf par cellule, on se fait cogner par les surveillants.

Cette fois, c’est la prison de Fresnes qui fait l’objet d’un rapport explosif. Nous recevons Adeline Hazan, contrôleure générale des lieux de privation de liberté, et Yoan Karar, surveillant membre du Syndicat National Pénitentiaire FORCE OUVRIÈRE.

À La Courneuve, les « gilets rouges » de la CGT réinventent un service public au service du public AbonnésÉcouter

Le

« L’électricité, c’est la vie, et nous, on est des "gilets rouges" ! » La formule est de Nicolas Noguès, un militant CGT. Avec des collègues syndicalistes, il occupe une ancienne boutique EDF à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Leur opération a débuté le 14 novembre 2018, soit trois jours avant le premier acte des « gilets jaunes ». Alors c’est vrai, c’est moins spectaculaire. Et du coup, il y a moins de journalistes pour couvrir l’événement. Pourtant, là aussi, dans ce coin du 93, il est question de proximité et d’accès aux services publics pour des usagers sacrifiés sur l’autel de la dématérialisation.