Chasse à l’enfant : il n’y a pas que Belle-Île-en-Mer

Témoignage d’un enfant du bagne

Le

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Une manifestation contre les « bagnes d’enfants » en 1937


En 2003, nous avons recueilli le témoignage de Raoul Léger, le dernier survivant du bagne pour enfants de Mettray, en Indre-et-Loire. Il avait alors 92 ans. Sa verve et sa mémoire font aujourd’hui de ce témoignage un document historique.

Témoignage d’un enfant du bagne [24 novembre 2003]
En 2003, nous avons recueilli le témoignage de Raoul Léger, le dernier survivant du bagne pour enfants de Mettray, en Indre-et-Loire.

De toutes les colonies pénitentiaires pour les mineurs établies au XIXe siècle, Mettray est sans doute la plus sinistre. Entre 1840 et 1937, 17 000 garçons de 6 à 21 ans y ont séjourné, dont l’écrivain Jean Genet de 1926 à 1929, qui évoque sa captivité dans Miracle de la rose.

Dans ce témoignage, Raoul Léger évoque son séjour à Mettray de 1922 à 1927, la violence et l’exploitation des enfants, les coups, le cachot, le pain sec dans ce qui fut la première colonie agricole pénitentiaire française et qui, à sa création en 1839, se voulait une utopie philanthropique.

Les jeunes délinquants seraient désormais séparés des adultes pour être rééduqués par le travail agricole comme alternative à la prison. Un projet soutenu par les élites humanistes de l’époque, de Tocqueville à Lamartine, mais qui allait devenir l’enfer des bagnes pour enfants sans que la bourgeoisie dominante en soit trop incommodée.

Viols, tortures, mutilations volontaires, suicides parmi ces enfants, la bonne société a fermé les yeux sur les réalités sordides de ces « écoles du crime », tout comme sur les effets de la colonisation dans le monde, à la même époque, ou l’exploitation de la main-d’œuvre ouvrière et paysanne.

À Mettray, les uns étaient là pour avoir volé une pomme ou pour vagabondage. Il fallait du personnel. Ces colonies agricoles fondées par des entrepreneurs privés, gros propriétaires terriens, constituaient des réserves de main-d’œuvre à bon marché. Les enfants travaillaient dans les champs ou dans des ateliers dont les produits profitaient à ces entreprises florissantes. Les autorités laissaient faire complaisamment.

Des voix, rares mais têtues, se sont élevées contre ces maltraitances, comme le journal satirique L’Assiette au beurre au tournant du siècle et des journalistes comme Alexis Danan ou Pierre Lazareff, dont l’action contribuera à la fermeture des bagnes d’enfants.

Cliquez ici pour télécharger le document.


C’est un débat fondamental entre deux politiques : ÉDUQUER ou PUNIR ? Punir, est-ce éduquer ? Peut-on éduquer sans punir ?

Le rejet de la manière forte au lendemain de la guerre, au profit de l’éducation, par les ordonnances de février 1945 est inlassablement remis en cause à chaque fait divers par la droite et l’extrême droite qui réclament toujours plus de répression, d’enfermement rapide et de suppression des allocations dues aux familles.

Ces populations dangereuses demeurent la cible de l’oligarchie et de son fonds de commerce électoral. De Retailleau à Ciotti, d’Attal à Bardella, ils sont en compétition pour serrer la vis à cette jeunesse de plus en plus pourrie par l’irrespect, la délinquance, la drogue et le wokisme.

En 2005, on se souvient comment le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, dénonçait la jeunesse populaire comme autant de « racailles ». Il lançait une nouvelle chasse à l’enfant : « bandit, voyou, voleur, racaille… » . Des mots qui lui vont parfaitement. Avec virilité il promettait : « on va vous en débarrasser ».

C’est ce qui est arrivé, mais à lui-même.

Il se pourrait que ses successeurs au pouvoir l’an prochain soient moins amusants.

À nous de choisir.

Là-bas si j’y suis

reportage : Thierry Scharf
réalisation : Antoine Chao et Khoi Nguyen

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    L’administration pénitentiaire va alors faire appel aux habitants et aux estivants pour les aider à retrouver les jeunes évadés. Une récompense de 20 francs va même être promise à ceux qui aideraient à la capture d’un fuyard. Parmi les personnes sollicitées pour participer aux recherches, il y en a une qui refuse. Il s’agit de Jacques Prévert, et cette « chasse à l’enfant » va lui inspirer un poème qui sera mis en musique par Joseph Kosma et interprété par Marianne Oswald. Jacques Prévert tirera aussi de cet épisode un scénario que Marcel Carné commencera à tourner après la guerre. Serge Reggiani, Anouk Aimée et Arletty tournent plusieurs séquences en décors naturels, mais le film ne sera jamais achevé…

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  • Ouverture du Festival de Cannes : l’historien Tangui Perron raconte une autre histoire du festival Pourquoi la CGT siège au conseil d’administration du festival de Cannes Abonnés

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  • « Renaud, à coeur perdu » : le documentaire de Tancrède Ramonet sur le chanteur est disponible sur France Télévisions Renaud : « Son bleu » Abonnés

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    Depuis quatorze ans, le nombre de chômeurs a doublé, bondissant de 1 376 000 en 1980 à 2 605 000 en 1994. La création des « Restos du cœur » en 1985 a rendu visibles et concrètes les conséquences du « tournant de la rigueur » adopté par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1983. La ratification du traité de Maastricht en 1992 a entériné la soumission de la politique économique et sociale à des « critères de convergence » budgétaires. La conversion des socialistes au capitalisme néolibéral a précipité la désindustrialisation du pays et la destruction de centaines de milliers d’emplois.

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  • L’étrange défaite Pas de nazis, à Paris ni ailleurs Accès libre

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    8 mai, victoire sur le nazisme. 9 mai, les nazis paradent dans Paris. Dans un mois, au Panthéon, la France saluera l’historien Marc Bloch, fusillé le 16 juin 1944 par ceux-là mêmes qui défilent le 9 mai dans Paris. Drapeaux noirs et croix gammées, les mêmes, venus de France et d’Europe violent Paris dans le silence de ventres mous qui citeront haut et fort le livre de Marc Bloch, L’Étrange défaite. Celle de 1940, celle qui a permis au fascisme de s’installer alors si facilement en France et de revenir s’infiltrer partout aujourd’hui.

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Une chanson anti-colonialiste peut-elle devenir un tube et se hisser dans les premières places du top 50 ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est ce qui est arrivé au groupe australien Midnight Oil avec leur chanson Beds Are Burning. Vous ignoriez comment les colons britanniques ont volé leurs terres aux Aborigènes d’Australie ? En 1987, il a suffi de quatre minutes et quinze secondes au groupe de rock Midnight Oil pour raconter cette histoire au monde entier.

Le monopole du réel AbonnésLire

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Il tombe en janvier tous les ans, régulier, inquiétant : le baromètre de confiance du public envers les médias. Chaque année il est un peu plus calamiteux que la précédente – on n’est pas surpris. 2026 ne déroge pas. On pourrait débattre ici du pourquoi et du comment ; on aurait bien notre petite idée. Mais on ne va pas le faire : ce n’est pas ça qui est intéressant. Les journalistes le font très bien eux-mêmes. Je veux dire les importants, ceux dont la voix compte. Les responsables – crédibles et autres modérés. Observons-les qui viennent, la mine grave, déplorer l’alarmant constat. Ils l’habillent de mots forts, pénétrés du sérieux de l’instant. Unanimes : c’est la démocratie en personne qui s’en trouve fragilisée. Ah tiens.

Faut-il avoir foi dans sa propre parole pour penser qu’en douter menace pareil édifice. Ainsi va l’hégémonie culturelle, pleine et entière. Habitée par sa mission : ici le doute n’a pas sa place. Légitime à dire le réel, la bourgeoisie médiatique dispose d’un droit endogène sur les choses du Vrai. Sa pensée souveraine distille une raison qu’elle assume chimiquement pure. Elle sait, la fake news c’est les autres. Elle les a nommés : complotistes, populistes, anti-système – la barrière est précise, infranchissable ; ne souffre nulle conteste. La bourgeoisie médiatique n’est pas du bon côté, elle est le bon côté – de façon native, propriétaire. C’est de bon droit qu’elle parle. Elle parle, on l’écoute : que vous faut-il de plus. Et la voilà piquée lorsque la multitude vient lui gâcher la fête.

Spéciale Brigitte Fontaine Ah, que la vie est belle ! AbonnésVoir

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Iconoclaste, indocile, insubmersible, imprévisible. On a cherché dans les mots qui définissent Brigitte Fontaine : romancière, comédienne, dramaturge, parolière, chanteuse jusqu’à la nuit des temps et reine des kékés.

Mais finalement on a préféré :

perchée

Ça lui va bien perchée, ça fait oiseau, oiseau excentrique, oiseau dingo qui va d’une branche à l’autre, d’un ciel à l’autre à sa guise en chantant bien au-dessus des sentiers battus, exactement là où on ne l’attend pas et où elle ne s’attend pas non plus elle-même.

Déconcerter, c’est résister, les résistants l’oublient.

Créer, inventer, perturber, tout ça s’oppose aux conservatismes, au maintien de l’ordre et à la glu réactionnaire qui nous colle de partout.

LA GRANDE MANIF DE DROITE. Un PODCAST historique ! LA GAUCHE EST FOUTUE, LA DROITE EST DANS LA RUE ! Accès libreÉcouter

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LES HOMMES DEVANT, LES FEMMES DERRIÈRE !

NOUS SOMMES FIERS DES VIOLENCES POLICIÈRES !

PÉTAIN AU PANTHÉON !

LA SPÉCULATION SAUVERA LE TIERS-MONDE !

LES RICHES À VERSAILLES, LES PAUVRES SUR LA PAILLE !

LES HOMOSEXUELS, C’EST PAS NATUREL !

Voilà quelques-uns des slogans de la GRANDE MANIF DE DROITE à Paris le 12 juin 2007. C’était juste après la victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai et son discours triomphal place de la Concorde.

Enfin la vraie France osait s’exprimer dans la rue pour dire tout son rejet de l’esprit pervers et destructeur de MAI 1968 qui avait amené le pouvoir socialo-communiste de 1981. Cette MANIF de DROITE, à la fois acte de résistance et de vérité, fut une renaissance qui allait ouvrir la porte à la France qui vient !