Les « invididus cagoulés », idiots utiles de Macron ? Une enquête de Dillah Teibi

MANIP DE MANIFS ! Abonnés

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Des policiers « en civil » interpellent un manifestant le 1er mai 2016, place de la Nation à Paris (photo : Alain Jocard/AFP)

[EXTRAIT] Manip de manifs ! [RADIO]

Police casseur ? Et oui, l’histoire du flic déguisé en black bloc, vous la connaissez ? Et l’histoire du flic en civil avec un badge syndical ou avec une carte de presse ? Et l’histoire du flic qui lançait des pavés, vous la connaissez ? Et l’histoire des CRS qui ont ordre de laisser les casseurs casser ?

Des histoires vieilles comme la police, des ficelles grosses comme un cordon de gardes mobiles. Dans son poste de commandement, le grand super-chef de la police a un tableau de bord avec deux boutons. Seulement deux boutons : les casser ou les laisser casser. Voilà. Face à la manif, le pouvoir a toujours le même but, faire diversion. Et pour ça, il peut compter sur les médias : « regardez, regardez, les individus cagoulés mettre le feu au McDo. » Et aussitôt, les « individus cagoulés » sont sur tous les réseaux, et dans toutes les télés.

« — Mais hum… c’était pour quoi la manif déjà, chef ?
— Ah, on ne sait plus trop…
— Les retraites ?
— Ah non non, c’est pas les retraites.
— Les cheminots peut-être ?
— Ah oui, peut-être les cheminots.
— Mais alors, si c’est ça chef, les individus cagoulés serviraient à faire diversion, chef ? Les black blocs seraient les alliés du pouvoir, les amis de Macron ?
— Et oui mon petit Cricri… »

C’est un CRS de base qui s’appelle Christophe, mais ses copains l’appellent Cricri :

« — Et oui mon petit Cricri… les individus cagoulés sont les idiots utiles de Macron !
— Ça alors chef. Vous êtes trop fort. Ça fait mal ce que vous dites, chef !
— Et oui, et c’est pas tout mon petit Cricri. Écoute le reportage de Dillah Teibi, tu vas voir. Et puis, rends-moi ma cagoule s’il te plaît. »

En 2016, Là-bas filmait les affrontements avec les forces de l’ordre pendant la manifestation du 14 juin contre la Loi Travail :

Programmation musicale :
- ACHAB : Black bloc
- La Fanfare Invisible : Esperanza l’Aranesa (musique d’André Minvielle et Marc Perrone)

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reportage : Dillah Teibi
réalisation : Sylvain Richard

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- Taranis News, « PARIS : UN RG DÉGUISÉ EN JOURNALISTE PÈTE UN PLOMB ET NOUS CRACHE DESSUS », 19 mars 2017

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.