Décision historique de la Cour de Cassation : on ne perd pas toujours !

Les livreurs à vélo sont des salariés comme les autres ! Abonnés

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Dans la série « on ne perd pas toujours », voici une petite victoire qui en annonce de plus grandes : dans un arrêt inédit rendu ce mercredi 28 novembre, la Cour de Cassation, plus haute juridiction du pays, a estimé que les livreurs à vélo des plateformes en ligne relevaient du salariat classique, et pas du statut d’autoentrepreneur !

Pour comprendre le caractère décisif de cet arrêt, il faut en revenir au principe censé sous-tendre ces plateformes : les travailleurs y seraient indépendants, volontaires, non-contraints, et devraient donc exercer leur activité en tant qu’auto-entrepreneur. Pas de lien de subordination direct, ce n’est pas du salariat, on peut donc se contenter de les payer à la tâche – sans cotis’, sans congés, sans droits ! Un retour au 19e siècle dénoncé depuis le début par les travailleurs à bicyclette : le lien de subordination entre eux et les plateformes qui leur fournissent le travail et les contrôlent est tout à fait évident. C’est justement ce que vient de reconnaître la Cour de Cassation, estimant que « l’existence d’un pouvoir de direction et de contrôle de l’exécution de la prestation » caractérise bien « un lien de subordination ». Une décision historique qui va faire jurisprudence, et qui pourrait mettre fin au scandaleux modèle d’exploitation de ces plateformes. Jérôme Pimot, porte-parole du Collectif des Livreurs Autonomes de Paris, était présent hier soir au rassemblement place de la République organisé par François Ruffin : « C’est une première victoire. On s’attaque à des multinationales qui ont des milliards, mais cette décision est la preuve de leur grande fragilité ».

Une nouvelle preuve que la lutte, ça paye !

L’occasion de réécouter ce reportage de Thibaud Cavaillès, qui en janvier 2017 avait testé le boulot pour Là-bas :

Une journée dans la peau d’un livreur à vélo (janvier 2017)

Être payé pour faire du vélo dans Paris, cool, non ? Tu bosses quand tu veux, tu gagnes le fric que tu veux, tu livres des repas, tu fais plaisir aux gens, c’est éco-responsable, ça donne du boulot aux jeunes, vraiment cool. Tellement cool que Thibaut a voulu faire le boulot. Vélo, casque, maillot, le voilà parti, avec ce curieux cube sur le dos, cool ! Euh… vraiment ?

EXTRAIT : Une journée dans la peau d’un livreur à vélo

Programmation musicale :
- Queen : Bicycle Race
- Georgette PLANA : Fais du vélo

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reportage : Thibaut CAVAILLÈS
réalisation : Alexandre LAMBERT et Sylvain RICHARD

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.