Le salut de l’agriculture (2ème partie) Bio sens paysan Abonnés

Le

La Méridienne ou la sieste, de Vincent Van Gogh (1889, huile sur toile)

Chute des cours, surproduction, guerre des prix menée par la grande distribution... l’agriculture française se meurt et les agriculteurs avec. Tous ? Pas forcément. Pas ceux qui, notamment, s’écartent du productivisme, s’engagent dans les filières bio ou reviennent à des techniques plus respectueuses de la terre et du vivant. Deuxième volet de notre série sur l’agriculture, où l’on rencontre, entre autres, André Pochon, octogénaire vaillant et vieux militant d’une agriculture durable.

LE SALUT DE L’AGRICULTURE, 2de partie (EXTRAIT)

Signe des temps et d’une croissance fulgurante et soutenue (+10% en 2015, pour un marché de 5,5 milliards d’euros), la grande distribution s’est engouffrée dans le développement de la consommation bio : celle qui fait la nique à la production agricole intensive, dopée aux produits chimiques de synthèse. Casino a racheté le réseau Naturalia. Et Carrefour en a fait un axe stratégique, promouvant toujours plus de produits bio dans son offre et, désormais, des magasins entièrement dédiés à ce type de consommation (10 magasins uniquement consacrés au bio prévus pour la fin 2016).

Conséquence de la demande : les agriculteurs qui choisissent de s’engager dans la filière bio ne semblent guère avoir de problèmes de débouchés. Et leur avenir paraît plutôt bien dégagé. En France, ils seraient ainsi aujourd’hui 42 000 producteurs (représentant environ 5% de la surface agricole utile) à avoir choisi cette filière et à vivre correctement de leur métier.

En son temps (des années 1950 aux années 1970), André Pochon, 85 ans, précurseur et avocat d’une agriculture saine et durable, criait déjà dans un désert. Alors que l’agriculture française versait sans discernement dans l’intensif industriel (il fallait nourrir vite les populations affamées par la guerre), le jeune agriculteur des Côtes-d’Armor prônait une agriculture plus harmonieuse avec la nature, respectueuse d’immuables règles agronomiques. Sa trouvaille d’éleveur : placer du trèfle blanc dans les prairies, rien que de très naturel, en lieu et place des engrais azotés.

Dominique Le Calvez (à gauche), éleveur producteur de lait bio, avec André Pochon (à droite) (photo : Jean-Michel DUMAY)

Aujourd’hui retraité dans la banlieue de Trégueux, on le retrouve à l’heure de l’apéro au coin du feu, après avoir croisé des dizaines d’ouvriers du cochon en colère aux abattoirs de Lamballe. Pourfendeur de l’élevage hors-sol (où les bêtes sont alimentées par des céréales en stabulation et non par de l’herbe en prairie), « Dédé » Pochon a fondé le Centre d’étude pour un développement agricole plus autonome (Cédapa) en 1982. Le déjeuner terminé, il nous guide auprès de Jeanne et Dominique Calvez, jeunes éleveurs, récemment installés près de Lamballe. D’heureux producteurs de lait bio, ayant choisi de vivre et travailler avec les méthodes Cédapa.


Les différentes séquences de ce reportage :

01. Sur la route de Trégueux
André Pochon

Merci à André POCHON, à Jeanne BRAULT et Dominique LE CALVEZ.

Programmation musicale :
- Monsieur Durand : Lucien, Agriculteur
- Pascal Parisot & Charlie-Rose Parisot : Mes Parents Sont Bios
- Jules Marquard : 20 Ans À La Campagne

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

reportage : Jean-Michel DUMAY
réalisation : Guillaume GIRAULT

(Vous pouvez podcaster ce reportage en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

Déjà abonné ? Identifiez-vous.

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Voir aussi

-  À ÉCOUTER :
LE SALUT DE L’AGRICULTURE (1ère partie) En France, un agriculteur se suicide tous les deux jours, le premier volet du grand reportage de Jean-Michel DUMAY

- À LIRE :
Les Néopaysans, un livre de Gaspard d’Allens et Lucile Leclair (2016, co-édité par Le Seuil et le site Reporterre)

Lire délivre

  • Voir

    LES BOUQUINS DE LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Vos conseils sont bienvenus ! Oui, LIRE DÉLIVRE...

Les Rendez-vous des Repaires

  • Rendez-vous vendredi 23 Février au café repaire de Neuvy, pour une discussion autour de la question : "les animaux ont-ils des droits ?". Entrée libre et gratuite à partir de 18h30 au restaurant Le Gout des autres !

    Neuvy
    24, rue Saint-Vincent

Dernières publis

Une sélection :

Un cours d’Autodéfense intellectuelle pour l’été Apprenez la langue de l’adversaire avec Olivier BESANCENOT AbonnésVoir

Le

Ne dites pas « cotisations sociales », dites « charges sociales », ne dites pas « vagues de licenciement », dites « plan de sauvegarde de l’emploi », ne dites pas « guichetier », dites « chargé de clientèle ». On connaît quelques-unes de ces entourloupes langagières, mais on ne mesure pas assez comment cette perversion du langage contamine les esprits et nous fait avaler l’idéologie dominante à notre insu. Contre cette violence verbale, Olivier Besancenot publie un Petit dictionnaire de la fausse monnaie politique.

[Extrait VIDÉO 08’58 + entretien RADIO 59’30]

Humanité et fermeté sont les deux mamelles de la France AbonnésVoir

Le

« C’est un projet de loi totalement équilibré. » Voilà comment le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb défend son projet de loi « Asile et immigration ». Pourtant, une trentaine d’associations ont déjà dénoncé une circulaire que le ministre de l’Intérieur souhaite maintenir : ce texte, signé par les ministres Gérard Collomb et Jacques Mézard, demande aux fonctionnaires de l’Office français de l’immigration et de l’intégration de vérifier la situation administrative des immigrés dans les centres d’hébergement d’urgence.

Aude Lancelin reçoit Arthur Messaud, de la Quadrature du Net Google et Facebook contre la démocratie AbonnésVoir

Le

Difficile de mobiliser les citoyens sur la question de la protection des données personnelles, ou des dangers que font courir aux libertés publiques des géants du web comme Google ou Facebook. C’est ce que tente de faire La Quadrature du Net, association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet, qui intervient depuis 2008 dans les débats concernant la liberté d’expression, le droit d’auteur, ou encore de la régulation des télécoms.

Travailler beaucoup moins, beaucoup mieux. SANS EMPLOI (Raphaël Liogier) Revenu universel ? Le POUR AbonnésÉcouter

Le

Vous hésitez entre Macron le révolutionnaire et Valls le révolté ? Voici un peu d’air frais pour vous sortir de ce captivant dilemme, un air de retour du droit à la paresse. Car, oui, nous en faisons de plus en plus en en faisant de moins en moins. C’est une constante dans l’histoire, de l’invention de la roue jusqu’à la révolution numérique, nous avons cherché à nous libérer de la torture du travail.

Aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire, nous produisons suffisamment de richesses pour satisfaire tous les besoins humains. Une excellente nouvelle, non ?