SPECIAL GRAND REPORTAGE RADIO (56’54)

LA LONGUE MARCHE DES "DJIHADISTES VERTS" Abonnés

1

Le , par L’équipe de Là-bas

Ils sont partis à pied de la ZAD d’Agen pour venir dénoncer l’hypocrisie de la COP 21 à Paris. Qui sont ces "zadistes" qualifiés de "djihadistes verts" lors de la mort de Rémi Fraisse ?
Anaëlle Verzaux les a suivis pendant tout un mois. Leur but était de venir contester la COP 21 et, chemin faisant, de manifester contre la LGV (Ligne à Grande Vitesse).
Écolos radicaux et donc anticapitalistes, ils veulent un monde différent, et ils vivent différemment. Mais en cours de route, soudain, l’horreur a éclaté le 13 novembre à Paris. Suivie de l’État d’ urgence et de la violente manif où ils étaient le 29 à Paris.
Voici cette longue marche et ce choc, vus et vécus par ces djihadistes là.

Version intégrale

(Extrait) La longue marche des djihadistes verts

ZAD, c’est Zone A Défendre. Les zadistes vont de Zad en Zad. Notre-Dame des Landes, barrage de Sivens, ferme des mille vaches à Ducrat dans la Somme, Center Parcs de Roybon dans l’Isère. Ils vivent de rien, ils parlent aux gens, ils ont des chiens, ils font la manche et la révolution. Pour brouiller les pistes et se moquer des médias, ils s’appellent tous CAMILLE, un prénom fille ou garçon. En les voyant cheminer on pense aux pèlerins de naguère, aux hippies fleuris, aux premiers routards, ou aux travellers anglais. Mais on pense aussi au Larzac des années 70 et aux eco-warriors plus récemment. C’est un peu de tout ça qu’ils trimballent, avec des semelles de vent, un monde à refaire et des nouilles à faire cuire.

Nos zadistes marchent contre la COP 21, mais aussi contre la ligne LGV (Ligne à Grande Vitesse), qui doit bientôt relier Tours à Bordeaux, en passant par Poitiers.
Grâce à la LGV, il ne vous faudra plus que 2 heures pour Bordeaux depuis Paris, au lieu de 3 h 20.
Quelle chance ! Mais ça coûte cher. Et il y a plusieurs LGV en projet, il y a aussi la ligne Lyon-Turin, qui va coûter au minimum 26 milliards d’euros, dont 13 milliards à la France, soit 20 fois le coût de l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Il y a aussi la ligne Bordeaux-Toulouse, et la Limoges-Poitiers.

Or il y aura nécessairement des dégâts environnementaux, puisque quantité de nouveaux rails vont être posés dans ces fragiles paysages.

Concernant la ligne LGV le long de laquelle nous marchons avec les zadistes, il s’agit d’un Partenariat Public Privé (PPP), piloté par VINCI, pour un financement total de 7,8 milliards d’euros, dont 4 milliards d’apports publics direct et 2,2 milliards d’emprunt garantis. L’apport réel de Vinci est donc en fait relativement limité (1,8 milliards d’euros) Par contre Vinci, propriétaire de cette LGV, en aura les bénéfices dès l’ouverture de la ligne !

A Poitiers, près de la future ligne LGV, nous avons dormi dans un tipi, chez Zo Prod, un grand atelier d’artistes. Avec les marcheurs de la ZAD, partis d’Agen, on se prépare à reprendre la longue, longue marche jusqu’au Bourget… ou presque...


Partie 1 :


Partie 2 :


Reportage : Anaëlle VERZAUX
Réalisation : Jérôme CHELIUS

Merci à : Lucie, Pika, Mathias, Denis, Garance, Malik, Obélix, Oliv, Minou, Bassam, Adrien, Milan, Dada, Romain et à tous les marcheurs !


Programmation musicale :

- Kyoto Blues
UHT
Black Sifichi

- Karl Heinz Schäfer
Utopia

- Keny Arkana
Y a urgence !

- Global Warning
UHT & Ghostown


N’oubliez pas que le répondeur attend vos messages au 01 85 08 37 37.

(Vous pouvez podcaster ce reportage en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)


Zo Prod

Zo Prod


Photos : © Anaëlle Verzaux

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

La pollution atmosphérique tue vingt fois plus que la Covid-19 1972 : DES VÉLOS, PAS D’AUTOS ! Accès libreVoir

Le

La Covid-19 nous a obligés à faire passer nos vies avant l’économie. Mais maintenant, retour à la normale. Avec la pollution atmosphérique qui tue vingt fois plus, l’économie passe avant nos vies. Voici un petit retour sur la première manif écolo en faveur du vélo, le 22 avril 1972, organisée par les Amis de la Terre et suivie par 25 000 doux dingues…

Pour un programme de PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE. Avec le sociologue Razmig Keucheyan Monde d’après : mode d’emploi Accès libreÉcouter

Le

Demain, le paradis ? Ce n’est pas certain. Mais quel avenir avec ce choc énorme ? Il est urgent de faire front face à un pouvoir qui va revenir comme avant, mais en pire. Voici le projet de deux chercheurs, Razmig Keucheyan et Cédric Durand, une PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE avec un programme en cinq points : un contrôle public de l’investissement, une garantie de l’emploi, la relocalisation de (...)

Comment en est-on arrivé là en si peu de temps ? Voilà la réponse dans une super BD ! LA GRIPPETTE DU PANGOLIN AbonnésLire

Le

C’est passé si vite… Une histoire de pandémie, de confinement et de résidence secondaire : voilà qu’un éternuement de pangolin en Chine fait trembler le monde entier. Enfin, presque le monde entier. Parce qu’en France, la clairvoyance présidentielle nous a évité de tomber dans la panique, puis de paniquer parce qu’il était temps. De ne pas porter de masques inutiles, puis de porter des masques indispensables. De confiner, de déconfiner. On passe son temps sur Internet à essayer de comprendre ce qui nous tombe sur la tête et on finit noyé sous le flot d’informations continues. Alors arrêtons-nous un instant. Prenez le temps – grâce à Mathieu Colloghan – de regarder ce qui s’est passé depuis le rhume du pangolin.

SANTÉ PUBLIQUE. DÉCONFINEMENT. OÙ EN SONT LES PROMESSES DE MONSIEUR MACRON ? SOIGNANTS : APRÈS LES BRAVOS, LE MÉPRIS AbonnésVoir

Le

Bravo nos héros, show-biz et trémolos, merci, merci, bravo, bravo. Et après ? Et maintenant ? Où en sont les promesses de Monsieur Macron ? Le grand plan d’investissement massif ? Les soignants se sont dépassés, beaucoup ont payé de leur santé et même de leur vie. Pendant des semaines et avec succès, ils ont réussi à faire passer la santé avant l’intendance. Oui, bravo. Mais aujourd’hui ? Pas de réponse. Pourtant, Monsieur Macron avait promis ?

« Mépris et trahison ». Voila ce que balance le collectif Inter-hôpitaux à l’heure du déconfinement. Voilà des mois que ces soignants sont à fond dans une lutte qui dure depuis des années pour sauver l’hôpital public des griffes de la logique marchande. Nous les avons rencontrés à l’heure du déconfinement.

Profitant de l’émotion générale pour amadouer un pays qui le rejette, Macron et ses communicants ont poussé encore un peu plus loin le bouchon du cynisme. Avant d’évoquer « les jours heureux », ce destructeur obstiné du modèle social français s’est transformé en brave militant d’Attac pour faire l’éloge de l’État-providence : « ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. »