LES FEUX DE POUBELLE N’INQUIÈTENT QUE LES ORDURES !
Les pancartes disent tout. Comme des bulles de bande dessinée, des milliers de messages à bout de bras sur des bouts de carton, drôles, joyeux ou cinglants : LA JEUNESSE VISE LE BAC, LA BAC VISE LA TÊTE ! C’est en effet la misérable réplique d’un pouvoir qui a engendré le fascisme qui arrive en France et qui est prêt à entrer dans la collaboration.
On l’oublie mais l’une des toutes premières manifs étudiantes, c’était le 11 novembre 1940 à Paris contre l’occupation allemande et contre le gouvernement de Pétain qui acceptait la collaboration. Une manif de lycéens et d’étudiants qui fut l’une des premières formes de résistance face à l’occupant et aux collabos après l’armistice du 22 juin 1940. Qui étaient ces rebelles ? Des gaullistes, des communistes, des scientifiques comme Paul Langevin. Ils avaient en commun une « certaine idée de la patrie », souillée par la soumission du pouvoir à l’occupant. Cette lâcheté des élites est la même aujourd’hui, quant à l’extrême droite, elle parade déjà.
Certes, comparaison n’est pas raison, mais il y a au moins un rapprochement surprenant, c’est La Marseillaise reprise partout dans les cortèges aujourd’hui et le drapeau tricolore maquillé sur les visages d’une jeunesse qui emmerde le Front national et ce qui le porte au pouvoir, cette collaboration ordinaire.
À la fin du film, c’est la Résistance qui gagne mais pas toujours, tout dépend de nous autres, c’est nous qui jouons dans le film et c’est aujourd’hui la jeunesse qui l’écrit dans la rue et qui écrit les sous-titres sur des bouts de carton .

