Handicapée à 80%, notre amie Jacqueline continue le combat

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Au cœur de l’été nous recevons un message superbe de Jacqueline LORTHIOIS. On ne l’avait pas oubliée, avec François Ruffin nous l’avions rencontrée, il y a dix ans, suite au message bouleversant qu’elle avait laissé sur le répondeur. Urbaniste, socio économiste, femme engagée, soudain frappée par un lourd handicap, elle nous disait "J’ai un corps comme un scaphandrier mais j’ai la tête comme un papillon". Un papillon de lutte. Non pas seulement une lutte "malgré tout" mais une lutte politique, une lutte "essentielle" disait-elle. Dix ans après elle n’a rien lâché. De quoi nous redonner à tous le courage de faire face. Merci chère Jacqueline, nous vous embrassons !




Mardi 7 aout 2018

Cher Daniel Mermet,

Au sortir d’une opération particulièrement éprouvante de colonne vertébrale, vous m’aviez consacré il y a plus de 10 ans une heure d’interview sur France Inter, qui m’a permis de connaître François Ruffin, dont je suis restée une groupie (j’ai encore ri cette nuit en revoyant son intervention sur l’achat de vaisselle de l’Elysée…) tout autant que la vôtre, ains que celle de toute votre équipe.

Grâce à vous, j’ai créé tout un réseau de solidarité qui m’a permis de tenir, alors que ma vie était sur un fil…

Je suis toujours en vie, toujours malade, plus gravement. Je suis toujours remontée comme une horloge et je pense que c’est pour cette raison que je suis encore là !

J’ai repris du service en militantisme : j’ai co-fondé un Collectif contre Auchan pour empêcher un Grand Projet Inutile intitulé « Europacity » sous les pistes de Roissy ;

J’ai co-fondé aussi la COSTIF : Coordination Ile de France contre les Grands Projets Inutiles.

Et nous avons pris comme avocat Etienne Ambroselli, qui a fait 3 jours de garde à vue pour avoir osé manifester avec les opposants de Bure !!

Et là, avec la canicule, sous mon masque respiratoire, je pète un plomb.

La mairie me téléphone, pour me demander de boire de l’eau !!! On se fout de notre gueule ??? Alors j’ai pondu un papier d’humeur, qui peut-être rencontrera un écho auprès de vous. Parce que c’est très joli, vos Sexplorateurs, mais je ne suis pas du tout préoccupée en ce moment par la bagatelle, j’essaie tout simplement de rester EN VIE (ne serait-ce que pour me permettre – entre autres – d’écouter Là bas si j’y suis… )

Et je me sens de plus en plus jetable, et jetée par les notables...

C’est pourquoi je vous envoie à toutes fins utiles ce papier d’humeur.

Bien à vous et longue vie à votre équipe, vos auditeurs… Et à tous ceux qui conservent un minimum de lucidité (et d’air pour respirer), Ici et Là-bas.

Bien à vous,

Jacqueline



Prendre des mesurettes par temps de canicule : Une mise en danger de la vie d’autrui !

Je suis handicapée à 80% : j’ai un effondrement thoracique qui a nécessité une greffe totale de la colonne vertébrale [1]. J’ai donc les poumons écrasés, avec seulement 1,6 litre de capacité pour respirer (le seuil mortel est de 1,5). Je suis sous assistance respiratoire depuis 2016 (avec appareil, masque, cortisone), après avoir fait un TVO sévère = Trouble Ventilatoire obstructif, où j’ai failli y passer (j’étais à 1,26 litre)…

Chaque été, je vois arriver la chaleur avec une angoisse croissante. Et chaque nouvel été, j’entends ce constat météo : « l’été le plus chaud depuis que les relevés existent !! » Et à chaque fois, le record est repoussé d’un cran ! Et à chaque fois, on nous indique le NIVEAU de GRAVITÉ de la situation ! ça me fait penser à la mesure du chômage. Quand on a le sentiment de ne rien pouvoir faire, on fait les comptes… Ça me met hors de moi : on s’en fout des chiffres, on veut des ACTIONS !!

J’entends la Ministre de la Santé expliquer : « on met en place des pièces rafraichissantes dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite… On installe des ventilateurs… » Et pour la « journée noire du grand chassé-croisé des vacances… », en prévision des heures d’attente, coincés dans les embouteillages, cette remarque qui m’exaspère : « heureusement, y a la clim… » Mais on se tire une balle dans le pied ! Car la clim’, les ventilateurs consomment de l’énergie et contribuent à augmenter l’effet de serre !

Il se trouve que je suis urbaniste. Et qu’on a démontré qu’à la grande canicule de 2003, en dehors de Paris qui est une des villes les plus denses du monde… le département suivant le plus impacté était la Seine-St-Denis. Au milieu d’une flopée de grands ensembles (St Denis, Aubervilliers, Stains, la Courneuve, Pierrefitte, Blanc-Mesnil)… on a réussi à sauvegarder un grand espace vert : le parc Georges-Valbon de la Courneuve, 400 ha. Et bien non ! A quelques encablures du Bourget où s’est tenue la COP 21, il faut qu’on lui rogne quelques hectares, au prétexte d’y installer le village des Médias pour les J.O. de 2024, malgré la protestation des associations riveraines. Sans compter le projet toujours en suspens d’une couronne de tours, sous l’autorité de l’ordonnateur du « Paris-Grand », Roland Castro, chargé d’une mission gouvernementale, qui imagine des constructions pour « optimiser » un espace de la taille de Central Park, au prétexte de recoudre le tissu urbain d’une « urbanité » vertueuse.

Et un peu plus au nord, se trouve le Triangle de Gonesse, 700 ha de terres agricoles coincées entre deux aéroports : Roissy et le Bourget, interdites à l’habitat en raison des nuisances de bruit (un avion qui décolle ou atterrit toutes les minutes ½). C’est la dernière « pénétrante » non urbanisée du nord-est de l’Ile-de-France, qui assure des fonctions irremplaçables : piéger le carbone, sauvegarder un vaste îlot de fraîcheur dans un univers particulièrement minéralisé, sans compter la haute valeur nutritive de ses excellentes terres limoneuses. Mais Auchan associé à un groupe chinois Wanda a jeté son dévolu sur ce territoire, pour y mettre des équipements aussi incongrus qu’inutiles : une piste de ski ( !), des surfaces commerciales qui doubleraient l’offre existante dans un rayon de 5 kms, 50 000 m2 de culture au milieu de nulle part (la taille de Beaubourg), une gare de métro dans un lieu sans habitant, pendant qu’à quelques kilomètres, les banlieusards s’entassent dans les RER B ( 900 000 flux/ jour) et D (600 000 flux/jour). Le tout prétendant attirer 31 millions de visiteurs, soit 2 fois Disneyland (1ère destination touristique européenne) et 3 fois ½ Le Louvre (n°1 mondial des musées).

Malgré des oppositions à ce projet grandissantes, des prises de position multiples d’acteurs associatifs, politiques, syndicaux, intellectuels, artistes… Malgré des actions juridiques toujours en cours, une rumeur insistante voudrait que ces terres qui ont mis 18 à 20 000 ans à se bonifier serviraient de poubelle… pour entreposer les déchets BTP de la gare de métro du Bourget/ Aéroport dont la construction doit démarrer en 2019 pour desservir le Village Olympique !

Quand la France étouffe, que la vie des plus fragiles est menacée : combien faut-il de morts (on en compte déjà 40 000 par an, liés à la pollution) pour que cette politique à courte vue, qui consiste à entasser toujours plus de béton, toujours plus de spéculation immobilière, toujours plus de consommation… soit totalement abandonnée, et que l’on se décide, enfin, à sauver –non pas le climat, il s’en fout !- mais l’espèce humaine qui a construit la galère où nous sommes embarqués ?

Je refuse de passer pour un dégât collatéral ! Je me moque que ma mairie m’appelle pour vérifier que je bois suffisamment (alors que par ailleurs, elle s’apprête à sacrifier une zone agricole en bord d’Oise pour agrandir le port de plaisance !)

Quand est-ce qu’on cesse de prendre des mesures (au sens température) et qu’on prend des VRAIES MESURES (au sens programme !) pour éviter la catastrophe ?

Jacqueline LORTHIOIS

L'équipe de Là-bas attend vos messages sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !

Notes

[1Pas tout à fait : il me reste D1, la première dorsale que j’ai appelée Dominique. Mais les 11 autres, les 5 lombaires, le sacrum sont outillées d’un kilo de métal, d’os de synthèse et de greffes osseuses.

Voir aussi

Le blog de Jacqueline Lorthhiois : https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois

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    Un retour au réel. Voilà ce que les « gilets jaunes » sont depuis trois mois : un retour des classes populaires dans le débat public, dont elles avaient été consciencieusement chassées. Cette exclusion des classes populaires du champ politique, les tenants de l’ordre néolibéral l’ont pensée, théorisée. L’ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn l’écrivait noir sur blanc dans son livre La Flamme et la Cendre (Grasset, 2002 ) : « les couches sociales regroupées dans le terme générique d’“exclus” ne votent pas pour (la gauche), pour cette raison simple que, le plus souvent, elles ne votent pas du tout. Au risque de l’impuissance, (la gauche) se voit dans l’obligation de trouver à l’intérieur d’autres catégories sociales le soutien suffisant à sa politique. »

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    À Là-bas, on s’est dit que la com’ gouvernementale avait besoin d’un petit coup de main. Nos deux envoyés un peu spéciaux, Anaëlle et Gaylord, nouvelles recrues prometteuses de la Direction des systèmes d’information et de communication du ministère de l’Intérieur (ça existe vraiment) et militants des JAM, les Jeunes avec Macron (eux aussi existent vraiment), sont allés place Georges-Pompidou, à Paris, faire la retape pour la « loi anti-casseurs »… pardon, la « loi visant à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations ».

  • À 87 ans, TOMI UNGERER a dévissé son billard Tomi Ungerer, si je deviens aveugle un jour… Accès libre

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    Tous les enfants et les anciens enfants connaissent par cœur ses livres et ses dessins. Il en laisse des milliers. Cheveux blancs, chapeau noir, gueule superbe, et cette dent qui se débine, les médias en boucle saluent l’artiste Tomi Ungerer, le « conteur engagé ». Mais engagé dans quoi ? En hommage fraternel, voici la réponse en quelques dessins qui redonnent du goût au mot « subversion ».

  • ACTE XIII : « QUI NE CASSE RIEN N’A RIEN ! » Abonnés

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    D’ordinaire, la violence est utilisée pour discréditer un mouvement. Mais voilà, ça ne prend plus, et depuis treize semaines, une petite musique monte : « QUI NE CASSE RIEN N’A RIEN ! » « Le mouvement s’essouffle. » Chaque semaine, les experts sont unanimes, « le mouvement s’essouffle ». Et chaque semaine, le nombre de manifestants est en baisse, selon le chiffre du ministère de l’Intérieur - un détail que les experts oublient souvent d’indiquer. Ajoutez l’hostilité assumée de la plupart des médias et les accusations permanentes contre les « gilets jaunes » : homophobie, xénophobie, insultes raciales, infiltration par « les extrêmes » et même antisémitisme, suite à un tag découvert sur une vitrine alors qu’absolument aucun manifestant n’était présent dans ce quartier et que le tag – selon le commerçant lui-même – a été fait durant la nuit précédente !

  • Didier Porte Hebdo : chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte se fait du souci pour Les Républicains Abonnés

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    Je te le dis sans barguigner, ami abonné, on vit une époque bien chamboulée, bien chtarbée. Ça déconne à plein tube de partout, tout particulièrement du côté Les Républicains, complètement à la ramasse depuis quelques mois. Leur chef reçoit Éric Zemmour en fanfare, comme si c’était l’arrière-petit-fils du Général. Un député Les Républicains du Pas-de-Calais s’invite à la télé de l’Assemblée nationale pour y faire des propositions constructives, comme la gouvernance par l’assassinat : un mode de gouvernance qui a certes cours dans de nombreux pays, mais bon, chez nous, on n’a pas encore trop l’habitude. Au moins d’en parler à la télé.

Une sélection :

« Le Président des ultra-riches », le nouveau livre des Pinçon-Charlot (Zones, 2019) LA VIOLENCE DES ARROGANTS : JUSQU’OÙ ? AbonnésVoir

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Rien à faire, malgré les gros moyens, la com’, les médias, la frime et les débats, l’entourloupe Macron ne marche plus. Il ne reste qu’à faire tirer contre le peuple, faire arracher les yeux et les mains des gueux, le samedi de préférence. Mais les gueux résistent et les Français sont avec eux. À l’appui de cette guerre de classes, les Pinçon-Charlot apportent des armes et des outils efficaces et tranchants contre cette oligarchie aux pieds d’argile. En attendant l’autopsie finale. Un entretien avec Monique Pinçon-Charlot, qui publie avec Michel Pinçon Le Président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron (Zones, 2019).

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« L’électricité, c’est la vie, et nous, on est des "gilets rouges" ! » La formule est de Nicolas Noguès, un militant CGT. Avec des collègues syndicalistes, il occupe une ancienne boutique EDF à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Leur opération a débuté le 14 novembre 2018, soit trois jours avant le premier acte des « gilets jaunes ». Alors c’est vrai, c’est moins spectaculaire. Et du coup, il y a moins de journalistes pour couvrir l’événement. Pourtant, là aussi, dans ce coin du 93, il est question de proximité et d’accès aux services publics pour des usagers sacrifiés sur l’autel de la dématérialisation.

Une série de reportages en dix épisodes Vous êtes seul, célibataire ? Là-bas vous aide à rencontrer quelqu’un ! [INTÉGRALE] AbonnésÉcouter

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Tout le monde ne se pose pas la question, mais beaucoup quand même : comment rencontrer quelqu’un ? Où choper un mec ? Où draguer une fille ? Dans la rue, dans un bar, au bureau ? Sur un site de rencontre, avec une application ? Pour une nuit, pour la vie ? Chacun ses trucs, mais au fait, comment font les autres ? Sophie Simonot est allée vous poser la question. Une série de reportages en dix épisodes, dans des milieux et des générations différentes, des réponses et des silences inattendus…