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Déboulonner des statues ou les repeindre en rouge ?

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En 2008, la statue de Léopold II à Bruxelles avait été recouverte de peinture rouge qui symbolisait ses « crimes contre l’humanité » au Congo (photo : RTBF)

Leopold II, roi colonial [24 janvier 2011]
Bruxelles coloniale. Bruxelles ville d’Afrique. Bruxelles qui doit tout au roi "bâtisseur", le roi Leopold II. Promenade coloniale à Bruxelles, avec Lucas Catherine, et au Cercle royal namurois des anciens d’Afrique, avec Jean Paul Rousseau et Paul Vannesse.
Un reportage avec Giv Anquetil

Déboulonner, c’est bien, mais après, c’est fini, on n’en parle plus. Tandis que repeindre en rouge, couper une oreille ou une main d’une statue, ça vous interpelle, ça appelle une explication…

Vous vous dites, quelle horreur, couper une oreille ou une main d’une statue, mais c’est atroce ! Sans doute, mais un peu moins tout de même que le châtiment des oreilles coupées pratiqué par les maîtres sur leurs esclaves, comme l’exigeait le Code noir, promulgué en 1685, en grande partie rédigé par le ministre Jean-Baptiste Colbert, dont la statue trône toujours aujourd’hui devant l’Assemblée nationale à Paris.

Voici l’article 38 : « l’esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l’aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lys sur une épaule ; s’il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé, et il sera marqué d’une fleur de lys sur l’autre épaule ; et, la troisième fois, il sera puni de mort. [1] »

Voilà pourquoi, en langue créole, de nos jours, le blanc, le touriste ou celui de la métropole est surnommé « Zoreilles ».

Quand aux mains coupées, ce fut une pratique fréquente au Congo dont Léopold II, roi des Belges, était le propriétaire. Un rapport officiel de 1904 faisait état de ces pratiques courantes. Même si les données sont incertaines, les historiens s’accordent pour estimer que la conquête et l’exploitation du Congo a entraîné la mort de dix millions d’Africains. Pourtant, Léopold II est encore une figure paternelle et prestigieuse en Belgique, même si depuis quelques années déjà, un fort courant anticolonialiste s’est développé en Belgique. Si Léopold II est responsable et même coupable de cette barbarie, des financiers, des banquiers, des grandes multinationales ont bâti leurs fortunes avec le sang des « nègres » du Congo et les fabuleuses ressources naturelles de ce que Leopold II appelait ce « merveilleux gâteau africain ».

Le crime colonial n’a pas été commis par les Belges, ni les Français, ou les Britanniques, mais par une certaine oligarchie dans chacun de ces pays. Attention, par commodité, on dit « la France a colonisé… », ou bien « l’Angleterre a étendu son empire jusque… », ou bien « l’Italie a envahi l’Érythrée… », mais les mots sont trompeurs, ni le peuple italien, ni le peuple anglais ou français n’ont exploité quiconque. Bien souvent, ces peuples eux-mêmes sont exploités, ils n’ont pas de culpabilité à éprouver. De la solidarité avec les opprimés, oui, mais dans tous les cas, c’est la classe dominante, c’est les milieux d’affaires qui sont responsables et doivent rendre des comptes, voire des réparations.

Esclavage, colonialisme, il est courant d’entendre dire que jadis ces choses là ne choquaient pas et qu’ "il faut se remettre dans l’époque". Or dans toutes les époques de ces crimes, des voix se sont élevées constamment, souvent minoritaire, souvent étouffées mais toujours présentes. Voir le dessin de Jossot dans "l’assiette au beurre" qui en 1901, dénonce les crimes de Léopold II.

Depuis des siècles, les iconoclastes ont attaqué les représentations symboliques. De nos jours, hier, c’était la statue de Staline qui tombait ou celle de Saddam Hussein, aujourd’hui, c’est Léopold II, c’est le négrier Edward Colston, c’est Colbert et son Code noir, c’est même Christophe Colomb qui se retrouve par terre, décapité sous les huées. C’est toute une jeunesse en colère qui profane les saintes icônes à la base des « valeurs » de l’ordre mondial d’aujourd’hui.

Difficile de décerner le prix du pire, mais Léopold II se distingue assez nettement. Le Congo, dont il avait fait sa propriété privée sans jamais y mettre les pieds, a fait sa fortune et celle des banquiers, des financiers et des grands patrons. Une « mission civilisatrice » qui a exterminé plusieurs millions d’hommes et dont les traces glorieuses sont encore présentes en Belgique.

Le chercheur Lucas CATHERINE est l’auteur d’un fameux petit guide anticolonial, PROMENADE AU CONGO (éditions Aden et CADTM, 2010) : une promenade au Congo sans quitter la Belgique, bien sûr.

Voici une nouvelle édition d’une balade en sa compagnie, il y a dix ans, avec Giv Anquetil, en partant de la fameuse statue équestre du roi des Belges qui venait d’être joliment repeinte en rouge sang. Déjà.

[RADIO] Déboulonner des statues ou les repeindre en rouge ? [24 janvier 2011]
Le chercheur Lucas CATHERINE est l’auteur d’un fameux petit guide anticolonial, PROMENADE AU CONGO : une promenade au Congo sans quitter la Belgique, bien sûr. Voici une nouvelle édition d’une balade en sa compagnie, il y a dix ans, avec Giv Anquetil, en partant de la fameuse statue équestre du roi des Belges qui venait d’être joliment repeinte en rouge sang.
Daniel Mermet

L’Assiette au beurre, 1901

Programmation musicale :
 Tramel : Qu’est-ce que t’attends pour aller aux colonies ?

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    La récente affiche de la candidate Sophia Chikirou à la mairie de Paris en effet ne fait pas dans la dentelle et vise l’équipe de gauche sortante. De même le candidat La France insoumise à Marseille : « avec Delogu, Marseille propre ! Sans déchet ni corruption. »

    Bref. Voilà notre Gérard repeint en social-traître, renégat, bourgeois de gauche et pire encore, émule de François Hollande…

    Mais comment taire ces commentaires ?

    Impossible et c’est tant mieux.

  • Convaincus d’être des cons vaincus ? Abonnés

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    « Faire le dos rond, attendre que ça passe, ça peut pas être pire, faudra faire avec… »

    Des petites phrases entendues à la table à côté.

    « — On est convaincu qu’on est des cons vaincus, dit un gars.
    — Pas partout, dit une dame, pas tout le monde, écoute Bruce Springsteen. »

    Et clac, sur son téléphone, elle envoie à fond « Streets of Minneapolis ».
    Écrit et enregistré en trois jours. Dix millions de vue en quatre jours… Oui, dix millions !

    Voilà un authentique CHANT DE BATAILLE !

    Ceux que vous raconte génialement Olivier Besancenot chaque semaine, c’est souvent dans le passé mais là c’est à chaud. Littéralement à chaud, dans le froid polaire de Minneapolis et contre ICE, la « Gestapo » de Trump qui a assassiné Renee Good et Alex Pretti. Des manifestants ordinaires mais que Trump qualifie de « terroristes de l’intérieur » alors que les images ne laissent aucun doute sur leur exécution à bout portant et sur leur totale innocence. L’histoire a fait le tour du monde. Trump a fait mine de calmer le jeu. Mais ce n’est pas un jeu et ça ne se calme pas. Au contraire. Los Angeles, San Francisco, New York, ça manifeste partout. Et à Minneapolis, ça ne plie pas.

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Carlos Puebla : « Yankee, go home ! » Abonnés

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    Venezuela, Iran, Groenland, Canada, Cuba, Colombie, Mexique… mais où va s’arrêter l’impérialisme viril et déboutonné de Donald Trump et de son influent conseiller Stephen Miller ?

    Carlos Puebla, lui, s’y connaissait un peu dans la lutte contre l’impérialisme yankee, puisqu’il est l’auteur et l’interprète cubain de la célébrissime chanson Hasta siempre, Comandante, écrite comme un au revoir au moment où le Che quitte ses fonctions gouvernementales pour mener la guérilla au Congo. Une autre chanson, moins connue, de Carlos Puebla illustre avec ironie et humour la résistance cubaine contre l’impérialisme nord-américain. Cette chanson s’appelle Yankee, go home ! et Olivier Besancenot nous raconte son histoire cette semaine.

  • Le monopole du réel Abonnés

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    Il tombe en janvier tous les ans, régulier, inquiétant : le baromètre de confiance du public envers les médias. Chaque année il est un peu plus calamiteux que la précédente – on n’est pas surpris. 2026 ne déroge pas. On pourrait débattre ici du pourquoi et du comment ; on aurait bien notre petite idée. Mais on ne va pas le faire : ce n’est pas ça qui est intéressant. Les journalistes le font très bien eux-mêmes. Je veux dire les importants, ceux dont la voix compte. Les responsables – crédibles et autres modérés. Observons-les qui viennent, la mine grave, déplorer l’alarmant constat. Ils l’habillent de mots forts, pénétrés du sérieux de l’instant. Unanimes : c’est la démocratie en personne qui s’en trouve fragilisée. Ah tiens.

    Faut-il avoir foi dans sa propre parole pour penser qu’en douter menace pareil édifice. Ainsi va l’hégémonie culturelle, pleine et entière. Habitée par sa mission : ici le doute n’a pas sa place. Légitime à dire le réel, la bourgeoisie médiatique dispose d’un droit endogène sur les choses du Vrai. Sa pensée souveraine distille une raison qu’elle assume chimiquement pure. Elle sait, la fake news c’est les autres. Elle les a nommés : complotistes, populistes, anti-système – la barrière est précise, infranchissable ; ne souffre nulle conteste. La bourgeoisie médiatique n’est pas du bon côté, elle est le bon côté – de façon native, propriétaire. C’est de bon droit qu’elle parle. Elle parle, on l’écoute : que vous faut-il de plus. Et la voilà piquée lorsque la multitude vient lui gâcher la fête.

  • Quand Trump soutient discrètement Marine en procès, ça étonne Dillah ! VIDÉO ET PODCAST Organiser des grandes rafles, c’est la solution finale ? Abonnés

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    ORGANISER DES GRANDES RAFLES ?

    Voilà la solution d’Arno Klarsfeld, avocat et conseiller d’État, pour faire face aux migrants illégaux en France comme Trump le fait aux États-Unis.

    Grotesque, crétin, faiseur de buzz certes mais en même temps, par des moyens plus ou moins discrets, le modèle Trump s’impose de plus en plus en France et un peu partout à droite et à l’extrême droite avec le soutien de puissants financiers.

    Avec des nouveaux moyens, les assauts se multiplient contre cette digue ultime qui est l’État de droit. C’est une attaque idéologique et politique puissante.

    Comment ne pas penser au message de Bertolt Brecht à la fin d’Arturo Ui : « le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».

    On cite moins souvent la phrase précédente :

    « VOUS, APPRENEZ À VOIR, PLUTÔT QUE DE RESTER
    LES YEUX RONDS. AGISSEZ AU LIEU DE BAVARDER »

  • Laurence De Cock reçoit le sociologue Julien Vitores qui publie « La nature à hauteur d’enfants. Socialisations écologiques et genèse des inégalités » Et si la nature n’était pas naturelle ? Abonnés

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    Le sociologue Julien Vitores publie aux éditions La Découverte La nature à hauteur d’enfants. Socialisations écologiques et genèse des inégalités, fruit de son enquête sur le rapport des enfants à la nature.

    « Les enseignants, directement en contact avec la nature, peuvent enseigner la biologie, la géologie, l’écologie et permettent aux élèves de développer un lien personnel avec la nature. » Voilà comment l’académie de Paris, à l’instar d’autres institutions, encourage les professeurs à « faire classe dehors » pour favoriser le contact des enfants avec la nature : « le milieu naturel est une source de jeux et d’opportunités de développement infinie ».

    Mais si les enfants, en fonction de leur origine géographique et leur milieu social, n’avaient pas tous le même rapport à la nature ? Si l’injonction à se connecter à la nature, au-delà d’une intention louable, entretenait des logiques de distinction et confortait certaines inégalités sociales ? Et si le rapport à la nature n’était au fond pas naturel mais éminemment politique et social ?

    Autant de questions que s’est posées le sociologue Julien Vitores. Pour étudier le rapport des élèves de maternelle à la nature, il a réalisé une enquête sociologique dans trois écoles : une école privée de l’ouest parisien, une école publique d’un quartier populaire du nord de Paris et une école rurale du sud de la France.

    Il a publié les résultats de son enquête dans un livre, La nature à hauteur d’enfants. Socialisations écologiques et genèse des inégalités, publié aux éditions La Découverte. Le sociologue Julien Vitores est invité de Laurence De Cock dans ce nouvel épisode de « Si j’aurais su ».

  • Gérard s’en va-t-en guerre Abonnés

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    « Faire de l’aventure sa routine quotidienne. » « J’ai soif d’aventure pour ceux qui ont faim de liberté. » « Je viens de loin et j’irai loin. » Autant de slogans de la nouvelle campagne de recrutement de l’armée de terre qui ont convaincu Gérard Mordillat qu’il fallait s’engager pour faire la guerre. Mais la guerre contre qui ? Gérard vous dévoile toutes les options qui sont sur la table.

  • « Histoire populaire américaine 2 ». Sortie nationale 28 février Complet partout ! Accès libre

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    Montpellier, Toulouse, Nîmes, Paris… une quarantaine d’avant-premières, partout un accueil formidable, MERCI !

    Et ça continue ! VOYEZ LE PROGRAMME.

    Cette année 2026, qui marque le 250e anniversaire de la déclaration d’Indépendance du 4 juillet 1776, est l’occasion pour Donald Trump de montrer en grande pompe sa vision de la grandeur américaine expurgée de ses aspects « négatifs » imposés par les « gauchistes radicaux ».

    Trump n’est pas seulement ce milliardaire rusé en affaires et ce communicant imprévisible, il entend aussi imposer ses idées et sa vision de l’histoire. Il s’agit de restaurer la vérité et la raison dans l’histoire des États-Unis selon Donald.

    Aussi, pour ces commémorations, on éliminera les références au racisme, au genre et aux minorités, tous ces sujets wokistes et négatifs dont les Blancs – c’est évident – sont les premières victimes.

    Parmi les grands événements prévus, on pourra voir le plus grand drapeau américain de l’histoire portée par 500 champions olympiques et un grand récit de la civilisation occidentale et judéo-chrétienne de Moïse à Donald Trump.

    Pour l’historien, Brian Sandberg de l’université de l’Illinois du Nord, le contrôle de l’interprétation de l’histoire par le gouvernement est totalement nouveau aux États Unis.

    Étant donné la force du modèle états-unien, cette dérive totalitaire ne va pas manquer d’inspirer des imitations à travers le monde. Face au développement de l’extrême droite, l’histoire devient donc un enjeu majeur. Aussi le livre d’Howard Zinn constitue un contre-feu nécessaire et, sans que nous l’ayons vraiment prémédité, tant mieux si notre film contribue à cette résistance.

  • Résistance armée contre ICE, police fédérale pour l’immigration Le retour du Black Panther Party Accès libre

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    Contre les milices de Trump, la résistance armée s’organise.

    L’assassinat de Renee Good, 37 ans, mère de famille, le 7 janvier 2026, à Minneapolis, par un flic d’ICE, a suscité une profonde colère dans le monde entier. Par milliers les États-Uniens se mobilisent contre les nervis de Trump. Des réseaux d’autodéfense se mobilisent partout.

    Le 20 janvier, c’est un enfant de 5 ans, Liam Ramos, qui est arrêté par les sbires de ICE pour leur servir d’appât pour faire sortir ses parents afin de capturer et expulser toute la famille.

    Plus de 600 000 ont déjà été brutalement expulsés en 2025.

    Mais la résistance s’organise. À Philadelphie, armée de fusils AK-47, une patrouille d’autodéfense qui se réclame du Black Panther Party des années 1960 s’oppose aux milices de Trump. Le légendaire Black Panther Party for Self-Defense a profondément marqué l’histoire de la lutte contre les inégalités raciales et sociales qui persistaient dans les années 1960, malgré les droits civiques obtenus par les citoyens noirs. Les femmes représentaient jusqu’aux deux tiers du parti. Angela Davis en est une figure emblématique.

    Aujourd’hui, à nouveau, quarante ans plus tard, on entend : « tout le pouvoir au peuple, aucun pouvoir aux flics ! »

Une sélection :

Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Renaud : « Son bleu » AbonnésVoir

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En ce mois de novembre 1994, François Mitterrand est toujours président de la République, pour quelques mois encore.

Depuis quatorze ans, le nombre de chômeurs a doublé, bondissant de 1 376 000 en 1980 à 2 605 000 en 1994. La création des « Restos du cœur » en 1985 a rendu visibles et concrètes les conséquences du « tournant de la rigueur » adopté par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1983. La ratification du traité de Maastricht en 1992 a entériné la soumission de la politique économique et sociale à des « critères de convergence » budgétaires. La conversion des socialistes au capitalisme néolibéral a précipité la désindustrialisation du pays et la destruction de centaines de milliers d’emplois.

C’est donc en novembre 1994, à la toute fin des deux septennats de celui qu’il a naguère soutenu, que Renaud publie son onzième album, À la Belle de Mai, sur laquelle figure cette chanson, Son bleu. L’une des préférées de Renaud, paraît-il, que vous raconte aujourd’hui Olivier Besancenot.

Bougre de merdre UBUESQUE UBU Accès libreLire

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C’est une évidence, Donald TRUMP a pris UBU comme modèle. TRUMP, c’est UBU et UBU, c’est TRUMP. Et la France doit en être fière car UBU a été créé en France, UBU est un produit français, on l’oublie trop. Nous avons Notre-Dame, Napoléon et le camembert mais, MERDRE ! nous avons aussi le père UBU. Il est temps que Macron exige des indemnisations pour une telle exploitation de notre patrimoine.

Laurent Mauduit, « Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires » (La Découverte) Collaborations AbonnésVoir

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La France est à un point de bascule. Pour la première fois depuis Vichy, notre démocratie est menacée de l’intérieur, la responsabilité est collective mais la responsabilité des milieux d’affaires est écrasante, dit Laurent Mauduit. Longtemps responsable des pages économiques du Monde puis co-fondateur de Mediapart, il se consacre à des enquêtes. Cette fois, il s’intéresse à ce bon vieux couple : extrême droite et milieux d’affaires.

Le front anti-Zucman déchaîné Accès libreVoir

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Les médias cherchent à augmenter toujours plus leur audience, les élus font tout pour séduire leurs électeurs. Mais il arrive que la majorité des médias et la majorité des élus s’opposent à la majorité des citoyens.

C’est ce qui vient d’arriver avec la taxe Zucman. Selon toutes les enquêtes, plus de 80 % de l’opinion s’est déclarée favorable à l’instauration d’un impôt plancher de 2 % sur les très hauts patrimoines qui échappent à l’impôt sur le revenu, soit 1 800 personnes disposant de plus de 100 millions d’euros.

C’est l’idée que défend inlassablement l’économiste Gabriel Zucman depuis des mois. Rien de révolutionnaire, rien d’anticapitaliste, une simple affaire de justice et d’égalité. Pourtant, malgré le consensus populaire, une majorité de droite et d’extrême droite a rejeté ce projet de loi.

De même, la plupart des médias se sont déchaînés pour défendre ces quelques super-privilégiés comme le bon chien de garde défend son maître.

Et alors ? Le peuple a pris la rue en réclamant l’abolition des privilèges ? En promenant quelques têtes de milliardaires au bout d’une pique ?