Viol, harcèlement. Une erreur judiciaire passée sous silence

Condamné pour viol suite à un mensonge, il est réhabilité, mais une histoire en tous points semblable a été passée sous silence

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Farid El Haïry a été condamné pour viol par la cour d’assises des mineurs en 2003. En 2017, la jeune fille qui l’avait dénoncé a reconnu avoir menti en évoquant des abus sexuels subis auparavant. Une histoire étonnamment semblable à celle de Vamara Kamagate, un Africain SDF, condamné en 2008 pour une agression sexuelle qu’il n’avait nullement commise, accusé lui aussi par une jeune fille de bonne famille qui finit par reconnaître avoir menti et qui évoque elle aussi des abus sexuels subis dans son passé.

La différence, c’est que cette erreur judiciaire est vite passée sous silence, sans la moindre indemnisation, ce qui avait beaucoup affecté Kamagate. Très fragilisé, il mourait trois ans plus tard à 49 ans. À titre très exceptionnel, la cour de révision a procédé à la réhabilitation de Farid El Haïry. C’est le douzième cas pour une condamnation aux assises depuis 1945. Africain, SDF et sans-papiers, Varama Kamagate n’a bénéficié ni d’une indemnisation financière, ni de la naturalisation française.

Vamara Kamagate le 10 juin 2009 à la Cour de cassation (photo : Marc Chaumeil)

[RADIO] Quand Monsieur Kamagate s’est mis à bégayer [1er septembre 2009]
Condamné pour viol suite à un mensonge, il est réhabilité, mais une histoire en tous points semblable a été passée sous silence : celle de Varama Kamagate. Un reportage de Charlotte Perry, diffusé la première fois sur France Inter le 1er septembre 2009.

VOICI COMMENT VARAMA KAGAMATE S’EST MIS À BÉGAYER

C’est une jeune femme frêle et fraîche, un soir de février 2008, boulevard Richard-Lenoir à Paris. Elle a vingt ans, elle se balade, elle sourit, elle va retrouver son petit copain qui travaille dans le coin. Soudain, un type surgit, lui saute dessus. Un grand black hirsute la saisit violemment par le cou, il lui pince les seins, elle crie. Il enfonce sa main dans le pantalon de la fille, dans son slip, il frotte et pince son sexe, puis il la repousse en l’insultant et il se tire en courant.

Ce n’est que trois semaines plus tard que la jeune femme, Alexandra G., va trouver la force d’aller au commissariat du quartier. Elle raconte toute la scène à une policière qui l’écoute et tente de la consoler. Elle dépose une plainte, elle décrit son agresseur, un homme de 50 à 60 ans, 1,80 m, de « type africain ».

Deux semaines plus tard, au commissariat, on la convoque pour lui présenter d’abord des photos, puis des types derrière une glace sans tain. Parmi les policiers, l’un est plus attentif et plus prévenant que les autres, puisque c’est son petit ami. C’est à lui qu’elle s’est confiée en premier lieu, et c’est lui qui déploie tout son zèle pour rechercher le coupable. Il lui présente un SDF africain, un certain Vamara Kamagate, qui a été interpellé dans le quartier à l’occasion d’un contrôle d’identité et qui, pour les policiers, « pouvait correspondre » à son agresseur. « Il ne mesure pas 1,80 m mais 1,70 m, il n’a pas "entre 50 et 60 ans", puisqu’il est âgé de 46 ans et il se contente de répéter dans un français approximatif qu’il n’est pour rien dans cette affaire. Mais un vendeur de moto du quartier affirme que c’est bien le SDF qui traînait souvent dans le coin et insultait les passants quand il était saoul et Alexandra G. "pense le reconnaître" sans être toutefois formelle », comme le raconte Pascale Robert-Diard, du journal Le Monde [1].

Le petit ami d’Alexandra montre son autorité et son savoir-faire. Tout va très vite. Vamara Kamagate est arrêté et passe au tribunal, en comparution immédiate, avec un avocat commis d’office. Elle, Alexandra G., n’est pas présente au tribunal. Kamagate est condamné à 18 mois fermes pour violences sexuelles. Il ne fait pas appel, il ignore qu’il peut faire appel et son avocat ne fait pas la démarche. Il est immédiatement incarcéré. Il dit qu’il est innocent, mais « ils disent tous qu’ils sont innocents. » L’affaire est réglée. Au suivant.

En mai 2008, deux mois donc après la condamnation, l’avocate Me Françoise Margo reçoit une bien étrange visite. Un couple de parents et leur fille. Une famille plutôt bourgeoise, la mère est psychiatre et le père cadre supérieur. Et leur fille n’est autre qu’Alexandra G., la fraîche et frêle victime. Sauf qu’elle n’est pas victime du tout. C’est ce qu’elle vient raconter. Elle a tout inventé, elle a fait un faux témoignage. Elle vient demander les moyens de faire libérer l’homme qu’elle a fait condamner.

Conseillée par cette avocate, elle adresse une longue lettre au procureur de la République. Elle raconte ses confidences à son ami policier, puis à ses parents, elle raconte : « tout ce que j’aurais voulu que l’on fasse pour moi des années plus tôt ». Selon Le Monde, la jeune femme explique avoir été victime d’une agression, lorsqu’elle était âgée de 13 ans, par un ami de la famille. À l’époque, ses parents ne lui avaient pas donné le sentiment de prendre la juste mesure de sa souffrance. C’est ce qu’elle affirme.

Elle raconte la plainte, la présentation des photos au commissariat. « Je me sentais obligée de désigner quelqu’un. » Elle raconte la procédure qui s’emballe – « personne n’entendait mes doutes » – puis la prise de conscience violente : « je venais d’envoyer un pauvre type en prison. Je n’avais jamais pensé que la justice puisse condamner un homme sur mon seul témoignage. »

Me Françoise Margo prend le dossier en charge. L’affaire remonte à la chancellerie. En septembre 2008, après six mois de détention à la prison de Fresnes, Vamara Kamagate est remis en liberté, sans comprendre. Il sera définitivement relaxé le 6 septembre 2010.

C’est là que nous le rencontrons et qu’il raconte son histoire à Charlotte Perry, c’est là qu’il raconte comment il est devenu dingue en prison, comment il s’est mis à bégayer.

Ses malheurs n’étaient pas finis. Il faisait encore l’objet d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. La légalité de cette reconduite était aussi douteuse que sa culpabilité, puisqu’il était en France depuis 20 ans. On pourrait penser qu’après cette erreur judiciaire, la France eût au moins la décence de lui donner des papiers.

Mais non : Varama Kamagate est mort peu de temps après, le 6 juillet 2011. Il avait 49 ans.

Un reportage de Charlotte Perry, diffusé la première fois sur France Inter le 1er septembre 2009.

Programmation musicale :
 Experience : Le diable sur ta porte
 Mick Micheyl : La justice des hommes

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    Une série de portraits de paysannes et paysans d’Ariège à l’occasion des dernières élections aux chambres d’agriculture.

    En Ariège, la chambre ne sera pas présidée par un membre de la Confédération paysanne, à très peu de voix près, on l’a vu à l’épisode précédent, mais la « Conf’ » est en progression et l’emporte en Ardèche et en Guyane. Ces deux présidences s’ajoutent à celle de Mayotte, où le scrutin a été reporté d’un an à cause du cyclone Chido qui a dévasté l’archipel.

    Par contre la Coordination rurale – réputée proche du Rassemblement national – s’accapare une dizaine de chambres. Aujourd’hui, Antoine Chao rencontre Laurence Marandola, éleveuse de lamas en Ariège et porte-parole nationale de la Confédération paysanne, pour une analyse des résultats au siège de la « Conf’ » à Bagnolet.

  • « Vive la Conf’ », épisode 05 : Mathias, éleveur de brebis à Seix Abonnés

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    Victoire pour la Confédération paysanne ! Pas en Ariège, où c’est finalement la liste du président sortant qui est reconduite, mais en Ardèche où la « Conf’ » a devancé de 41 voix l’alliance conjointe de la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles et des Jeunes agriculteurs (FNSEA/JA) et va prendre les rênes de la chambre départementale d’agriculture.

    Petite victoire donc pour la Confédération paysanne, mais victoire amère, car la progression la plus remarquée est celle de la Coordination rurale. Ce syndicat, dont un représentant du Lot-et-Garonne avait estimé l’année dernière que « l’horreur absolue pour [eux] serait d’avoir au gouvernement Marine Tondelier », devrait conquérir une quinzaine de chambres d’agriculture selon des résultats encore provisoires. Ces résultats sont donc une forme de validation électorale de la stratégie de la Coordination rurale (CR) qui a mené beaucoup d’actions coup de poing ces dernières années pour accompagner le mouvement de colère des agriculteurs. Ces élections vont permettre à la CR de représenter le monde agricole dans quinze départements, et d’accompagner les exploitants en leur proposant des prestations.

    En attendant de voir le travail que va mener la Confédération paysanne en Ardèche, les militants ariégeois de la « Conf’ » ne baissent pas les bras : la preuve avec ce cinquième épisode de cette série d’Antoine Chao qui est allé à la ferme d’Espintz à Seix, en Ariège, à la rencontre de Mathias, éleveur de brebis.

  • Une série d’Antoine Chao « Vive la Conf’ », épisode 04 : Samuel Bazerque, fils d’Anne et André Abonnés

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    Jusqu’au 31 janvier, plus de deux millions de personnes du monde agricole étaient appelées à élire leurs représentants dans les Chambres d’agriculture. Une fois tous les six ans, cette élection permet de renouveler la composition des 88 chambres départementales dont l’existence remonte à 1924. Le rôle de ces établissements publics ? « Soutenir », « accompagner », « représenter » et « défendre » les agriculteurs.

    Aux dernières élections de 2019, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) avait remporté la quasi-totalité des Chambres d’agriculture. Seules les trois chambres du Lot-et-Garonne, de la Vienne et de la Haute-Vienne sont dirigées par la Coordination rurale. Ce syndicat, qui a fait de la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier sa bête noire, espère capitaliser sur le mouvement de colère qui anime le monde agricole ces dernières années pour grignoter l’hégémonie de la FNSEA.

    Troisième force syndicale du monde agricole, que peut attendre de ce scrutin la Confédération paysanne, héritière du mouvement des Paysans-travailleurs ? Pour tirer son épingle du jeu électoral, la Conf’ lorgne du côté de l’Ariège. Dans ce département pyrénéen, la Coordination rurale ne présentait aucune liste, et la FNSEA en présentait… deux. Le président sortant de la Chambre n’ayant pas reçu le soutien de son syndicat pour la nouvelle élection, il présentait une liste dissidente venue concurrencer la liste officielle. De quoi faire espérer que la Conf’ arrive en tête : résultats du scrutin attendus le 6 février. En prévision de cette perspective historique, notre grand reporter Antoine Chao a pris un train de Paris jusqu’à Bordeaux puis de Bordeaux jusqu’à Toulouse puis de Toulouse jusqu’à Saverdun pour faire le portrait de six paysans ariégeois. Quatrième épisode : Samuel Bazerque, fils d’Anne et d’André.

  • Une série d’Antoine Chao « Vive la Conf’ », épisode 03 : André Bazerque de la ferme du Carregaut Abonnés

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    Jusqu’au 31 janvier, plus de deux millions de personnes du monde agricole étaient appelées à élire leurs représentants dans les Chambres d’agriculture. Une fois tous les six ans, cette élection permet de renouveler la composition des 88 chambres départementales dont l’existence remonte à 1924. Le rôle de ces établissements publics ? « Soutenir », « accompagner », « représenter » et « défendre » les agriculteurs.

    Aux dernières élections de 2019, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) avait remporté la quasi-totalité des Chambres d’agriculture. Seules les trois chambres du Lot-et-Garonne, de la Vienne et de la Haute-Vienne sont dirigées par la Coordination rurale. Ce syndicat, qui a fait de la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier sa bête noire, espère capitaliser sur le mouvement de colère qui anime le monde agricole ces dernières années pour grignoter l’hégémonie de la FNSEA.

    Troisième force syndicale du monde agricole, que peut attendre de ce scrutin la Confédération paysanne, héritière du mouvement des Paysans-travailleurs ? Pour tirer son épingle du jeu électoral, la Conf’ lorgne du côté de l’Ariège. Dans ce département pyrénéen, la Coordination rurale ne présentait aucune liste, et la FNSEA en présentait… deux. Le président sortant de la Chambre n’ayant pas reçu le soutien de son syndicat pour la nouvelle élection, il présentait une liste dissidente venue concurrencer la liste officielle. De quoi faire espérer que la Conf’ arrive en tête : résultats du scrutin attendus le 6 février. En prévision de cette perspective historique, notre grand reporter Antoine Chao a pris un train de Paris jusqu’à Bordeaux puis de Bordeaux jusqu’à Toulouse puis de Toulouse jusqu’à Saverdun pour faire le portrait de six paysans ariégeois. Troisième épisode : André Bazerque de la ferme du Carregaut.

  • Une série d’Antoine Chao « Vive la Conf’ », épisode 02 : Sylvestre de la ferme collective de Bragat Abonnés

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    Jusqu’au 31 janvier, plus de deux millions de personnes du monde agricole étaient appelées à élire leurs représentants dans les Chambres d’agriculture. Une fois tous les six ans, cette élection permet de renouveler la composition des 88 chambres départementales dont l’existence remonte à 1924. Le rôle de ces établissements publics ? « Soutenir », « accompagner », « représenter » et « défendre » les agriculteurs.

    Aux dernières élections de 2019, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) avait remporté la quasi-totalité des Chambres d’agriculture. Seules les trois chambres du Lot-et-Garonne, de la Vienne et de la Haute-Vienne sont dirigées par la Coordination rurale. Ce syndicat, qui a fait de la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier sa bête noire, espère capitaliser sur le mouvement de colère qui anime le monde agricole ces dernières années pour grignoter l’hégémonie de la FNSEA.

    Troisième force syndicale du monde agricole, que peut attendre de ce scrutin la Confédération paysanne, héritière du mouvement des Paysans-travailleurs ? Pour tirer son épingle du jeu électoral, la Conf’ lorgne du côté de l’Ariège. Dans ce département pyrénéen, la Coordination rurale ne présentait aucune liste, et la FNSEA en présentait… deux. Le président sortant de la Chambre n’ayant pas reçu le soutien de son syndicat pour la nouvelle élection, il présentait une liste dissidente venue concurrencer la liste officielle. De quoi faire espérer que la Conf’ arrive en tête : résultats du scrutin attendus le 6 février. En prévision de cette perspective historique, notre grand reporter Antoine Chao a pris un train de Paris jusqu’à Bordeaux puis de Bordeaux jusqu’à Toulouse puis de Toulouse jusqu’à Saverdun pour faire le portrait de six paysans ariégeois. Deuxième épisode : Sylvestre de la femme collective de Bragat.

  • Une série d’Antoine Chao « Vive la Conf’ », épisode 01 : Kévin et Agnès, éleveurs de brebis à Saverdun Accès libre

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    Jusqu’au 31 janvier, plus de deux millions de personnes du monde agricole étaient appelées à élire leurs représentants dans les Chambres d’agriculture. Une fois tous les six ans, cette élection permet de renouveler la composition des 88 chambres départementales dont l’existence remonte à 1924. Le rôle de ces établissements publics ? « Soutenir », « accompagner », « représenter » et « défendre » les agriculteurs.

  • Lettre hebdo : « il n’y a que deux sexes, masculin et féminin » Le cauchemar de Monsieur Trump Accès libre

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    Un homme qui donne le sein à son enfant ou bien une mère pourvue d’une barbe opulente ? Voilà des questions interdites et des images prohibées. Le président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump, a été formel dans les premiers mots de son discours d’investiture : « à partir d’aujourd’hui, la politique officielle du gouvernement des États-Unis sera qu’il n’y a que deux sexes, masculin et féminin ». Ah ? Mais la femme à barbe, on la met où ? Celles et ceux qui n’entrent pas dans les cases, on en fait quoi ? On les élimine comment ?

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    Rhinocéros, orangs-outans, léopards et pangolins sont en voie de disparition, de même que les abeilles, les insectes et des milliers de plantes. Constat alarmant mais on oublie une espèce menacée : le Français !

    Oui, tout comme l’outarde barbue, le pluvier guignard et le traquet rieur, la Française et le Français sont en voie de disparition. Nous sommes menacés de « submersion migratoire ». Le premier ministre François Bayrou a tiré le signal d’alarme, la France est menacée de submersion migratoire. Il a bien insisté : « quiconque s’est confronté à la situation à Mayotte – et ça n’est pas le seul endroit de France – mesure que le mot de "submersion" est celui qui est le plus adapté » (Assemblée nationale, 28 janvier 2025). Oui, il insiste bien : « ça n’est pas le seul endroit de France ». Le premier ministre « centriste » d’un gouvernement français reprend et renforce le thème fondamental de l’extrême droite.

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Eugène Pottier : « Jean Misère » Abonnés

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    Quel est le point commun entre l’auteur de L’Internationale, l’artiste Marcel Mouloudji et la chanteuse Agnès Bihl ? Réponse : un homme nommé Jean Misère. Jean était un ancien communard, qui échappa à la répression menée par les Versaillais et finit sa vie dans la solitude et le dénuement le plus total, d’où son surnom, Jean « Misère ». Un surnom trouvé par le poète Eugène Pottier, car en fait Jean Misère n’a pas réellement existé.

  • Gérard Mordillat : « il n’y a pas d’alternative, il faut censurer le gouvernement » Abonnés

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    Alors, censureront ou censureront pas ? Le sort du gouvernement Bayrou est suspendu aux tergiversations des socialistes et du Rassemblement national qui laissent planer le doute sur leurs intentions. En attendant de voir si François Bayrou passera la fin de l’hiver à l’hôtel Matignon ou à la mairie de Pau, Gérard Mordillat n’a aucun doute, lui : « il n’y a pas d’alternative, il faut censurer le gouvernement ».

Une sélection :

La lettre hebdo de Daniel Mermet La résistance d’un prof israélien accusé de trahison Accès libreLire

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On tue Nasrallah, on oublie Gaza, on danse à Tel Aviv, Nétanyahou exulte, BHL est de retour. Joe Biden pleure les enfants morts et fait l’indigné tout en livrant ses bombes à Bibi. Bonne nouvelle aussi pour le RN et Marine Le Pen, ses amis d’extrême droite remportent les législatives en Autriche. Le FPÖ (Parti de la liberté d’Autriche ) – qui soutient Israël – est un parti franchement nazi. Son leader Herbert Kickl veut devenir le VOLKSKANZLER, le « chancelier du peuple », titre emprunté à un autre autrichien, Adolf Hitler.

Hommage à Catherine Ribeiro (1941-2024) Catherine Ribeiro en concert aux Bouffes du Nord Accès libreVoir

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En 1995, la chanteuse Catherine Ribeiro créait au théâtre des Bouffes du Nord le spectacle « Vivre libre ». Elle y chantait ses propres chansons mais aussi celles d’Aragon, de Barbara, Brel, Ferrat, Ferré, Lluís Llach, Colette Magny, Gérard Manset, Danielle Messia, Anne Sylvestre et même, si vous allez jusqu’à la fin, une surprise à réécouter alors que nous célébrons le 80e anniversaire de la libération de Paris. En hommage, nous vous proposons de découvrir ce concert :

L’historien Gérard Noiriel publie PRÉFÉRENCE NATIONALE (Gallimard,3.90Euros) (Vidéo et podcast | durée : 51’23) Préférence nationale : cette vieille recette facho, un sujet urgent AbonnésVoir

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« Il y a toujours un groupe qui symbolise le rejet en fonction de la conjoncture du moment », dit l’historien Gérard Noiriel. Il est urgent de démonter le système de cet apartheid dont les électeurs du RN sont souvent eux-mêmes les premières victimes.