
Un membre des Forces de défense israéliennes le 18 février 2022 à Hébron, Cisjordanie (photo : Hazem Bader/AFP)
Comment des jeunes gens ordinaires peuvent devenir des tortionnaires indifférents ? Comment puissants satrapes et brutes galonnées obtiennent soumission et adhésion enthousiastes pour que je torture et assassine mon semblable et ses enfants ? Que je les annule en effleurant du doigt mon écran en toute bonne conscience ? Au nom de qui, de quoi ?
L’insoumission est rare, son prix est lourd, corps et âme, le héros est démodé, la résistance est en bande dessinée. Pourtant, des grains de sable existent, inattendus.
Voilà un type plutôt rondouillard, plutôt bougon avec sa kippa sur son vieux scooter. Yehuda Shaul vient de finir sa période dans l’armée israélienne. Retour à la normale sauf que l’anormal ne passe pas. Ce qu’il a fait, ce qu’il a vu faire, il veut le montrer. Pas seulement refuser comme les « refuzniks », mais montrer l’ampleur de la corruption morale engendrée par les choix politiques et l’indifférence plus ou moins lâche de l’entourage.
Grâce à l’ami Michel Warschawski, nous l’avons rencontré en Israël il y a 20 ans alors qu’il venait juste de lancer BREAKING THE SILENCE. Accumuler des témoignages précis et vérifiés de soldates et de soldats et les montrer. Voilà ce que nous faisons. Voilà ce que font vos enfants dans l’armée la plus morale du monde. Pas seulement des dysfonctionnements, pas seulement des bavures. Voilà le prix à payer pour vos choix politiques.
Breaking the silence tient depuis plus de vingt ans !
En Cisjordanie, à Gaza, l’Israël de Nétanyahou a sombré dans un génocide grâce à la lâcheté et l’aveuglement du monde. Ce qu’Edgar Morin appelait les « métastases » de ce « cancer » affecte nos sociétés. La résistance n’est plus qu’un mince ruisseau mais elle est têtue. Le film NAZA le montre ces jours-ci. Et dans le monde, la génération Gaza ne lâche rien.
Au début de cette émission, on le rappelait : « un peuple qui opprime un autre peuple n’est pas un peuple libre ».

