04 novembre 2016. Évacuation des réfugiés. Un reportage de Dillah TEIBI et Sylvie COMA

Le migrant, ça rapporte gros ! Abonnés

1

Le

Vendredi 04 novembre 2016, avenue de Flandre à Paris (photo : Dillah TEIBI)

Pas de castagne, pas de lacrymo, même pas un bébé arraché à sa mère, les gros médias sont très déçus.

Cette trentième évacuation de migrants à Paris, la plus importante, s’est passée sans histoires. Bien sûr des voisins énervés, des racistes de service mais aussi des bonnes âmes, des solidarités de celles et ceux qui ne renoncent pas à une vraie FTA, une France Terre d’Asile.

Mais quelle serait la bonne solution ici, devant les migrations ? Chacun a sa petite idée, ses grands fantasmes. Avant tout, il faut comprendre que le migrant, ça rapporte gros, la xénophobie engendre un énorme marché. Contrôler, enfermer, surveiller, on n’a rien inventé de plus profitable ni de plus efficace. Connaissez-vous G4S, la plus grosse entreprise de sécurité qui emploie près de 650 000 salariés, ce qui en fait la deuxième entreprise au monde ?

Jamais en effet les politiques sécuritaires n’ont été aussi fructueuses, financièrement et politiquement. C’est ce que développe Claire RODIER dans son livre « XÉNOPHOBIE BUSINESS ».

Un REPORTAGE de Dillah Teibi et Sylvie Coma pendant l’évacuation des réfugiés

REPORTAGE : Le migrant, ça rapporte gros ! [EXTRAIT]

Les différentes séquences du reportage :

01. 30ème évacuation des migrants du 19ème

reportage : Dillah TEIBI et Sylvie COMA
réalisation : Sylvain RICHARD

(Vous pouvez podcaster ce reportage en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)


ENTRETIEN avec Claire Rodier : xénophobie business (04 juin 2015)

G4S est la première entreprise de sécurité au monde, chargée entre autres de la « gestion » de l’immigration

Claire RODIER : xénophobie business (juin 2015)

En juin 2015 nous avions reçu Claire Rodier, juriste, membre du Groupe d’information et de soutien des immigré-e-s (GISTI) et du réseau Migreurop. Elle a publié en 2012 le livre « Xénophobie business : à quoi servent les contrôles migratoires ? » (aux éditions La Découverte). Noyés en Méditerranée, camp de migrants évacué à Paris, les migrants sont de nouveau à la une des journaux.

Alors qu’on parle plus souvent du business des passeurs et des trafics d’être humains, ou encore du « coût » supposé d’un migrant en France, Claire Rodier éclaire un aspect économique méconnu de la migration, le business du contrôle des migrants, des frontières et et de la rétention. Dont l’entreprise florissante G4S, 650 000 employés dans le monde, 3ème plus gros employeur privé mondial, 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

journaliste : Daniel MERMET
réalisation : Franck HADERER
montage : Grégory SALOMONOVITCH
préparation : Jonathan DUONG

Pauline BOULET attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

Voir aussi

-  À ÉCOUTER :
« Les réfugiés de Stalingrad », un reportage de Thibaut CAVAILLÈS pendant l’évacuation des réfugiés du 16 septembre dernier

- À LIRE :
« Xénophobie business : à quoi servent les contrôles migratoires ? », un livre de Claire RODIER (2012, éditions La Découverte)

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

La pollution atmosphérique tue vingt fois plus que la Covid-19 1972 : DES VÉLOS, PAS D’AUTOS ! Accès libreVoir

Le

La Covid-19 nous a obligés à faire passer nos vies avant l’économie. Mais maintenant, retour à la normale. Avec la pollution atmosphérique qui tue vingt fois plus, l’économie passe avant nos vies. Voici un petit retour sur la première manif écolo en faveur du vélo, le 22 avril 1972, organisée par les Amis de la Terre et suivie par 25 000 doux dingues…

Pour un programme de PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE. Avec le sociologue Razmig Keucheyan Monde d’après : mode d’emploi Accès libreÉcouter

Le

Demain, le paradis ? Ce n’est pas certain. Mais quel avenir avec ce choc énorme ? Il est urgent de faire front face à un pouvoir qui va revenir comme avant, mais en pire. Voici le projet de deux chercheurs, Razmig Keucheyan et Cédric Durand, une PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE avec un programme en cinq points : un contrôle public de l’investissement, une garantie de l’emploi, la relocalisation de (...)

Comment en est-on arrivé là en si peu de temps ? Voilà la réponse dans une super BD ! LA GRIPPETTE DU PANGOLIN AbonnésLire

Le

C’est passé si vite… Une histoire de pandémie, de confinement et de résidence secondaire : voilà qu’un éternuement de pangolin en Chine fait trembler le monde entier. Enfin, presque le monde entier. Parce qu’en France, la clairvoyance présidentielle nous a évité de tomber dans la panique, puis de paniquer parce qu’il était temps. De ne pas porter de masques inutiles, puis de porter des masques indispensables. De confiner, de déconfiner. On passe son temps sur Internet à essayer de comprendre ce qui nous tombe sur la tête et on finit noyé sous le flot d’informations continues. Alors arrêtons-nous un instant. Prenez le temps – grâce à Mathieu Colloghan – de regarder ce qui s’est passé depuis le rhume du pangolin.

SANTÉ PUBLIQUE. DÉCONFINEMENT. OÙ EN SONT LES PROMESSES DE MONSIEUR MACRON ? SOIGNANTS : APRÈS LES BRAVOS, LE MÉPRIS AbonnésVoir

Le

Bravo nos héros, show-biz et trémolos, merci, merci, bravo, bravo. Et après ? Et maintenant ? Où en sont les promesses de Monsieur Macron ? Le grand plan d’investissement massif ? Les soignants se sont dépassés, beaucoup ont payé de leur santé et même de leur vie. Pendant des semaines et avec succès, ils ont réussi à faire passer la santé avant l’intendance. Oui, bravo. Mais aujourd’hui ? Pas de réponse. Pourtant, Monsieur Macron avait promis ?

« Mépris et trahison ». Voila ce que balance le collectif Inter-hôpitaux à l’heure du déconfinement. Voilà des mois que ces soignants sont à fond dans une lutte qui dure depuis des années pour sauver l’hôpital public des griffes de la logique marchande. Nous les avons rencontrés à l’heure du déconfinement.

Profitant de l’émotion générale pour amadouer un pays qui le rejette, Macron et ses communicants ont poussé encore un peu plus loin le bouchon du cynisme. Avant d’évoquer « les jours heureux », ce destructeur obstiné du modèle social français s’est transformé en brave militant d’Attac pour faire l’éloge de l’État-providence : « ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. »