La décennie - le cauchemar des années 80 (I) : 1979-1981

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Les années 80 nous ont-elles quittés ? Pas si sûr ...
Chez les « humbles militants pénétrés d’idéal » qu’évoque François Mitterrand le jour de son élection - et dont le 10 mai 1981 est aussi la victoire -, certains y croient, à la « rupture avec le capitalisme ».
Mais, déjà, Outre-Atlantique - mais aussi, tout près, de l’autre côté de la Manche -, un vent nouveau souffle. Un vent porteur de mots « modernes » : « innovation », « créativité », « entreprise », « diversité », « jeunesse », « droits de l’homme ». En quelques années, au son des synthétiseurs et à la lumière des boules à facettes, ces nouveaux mots s’imposent dans les discours politiques en France.
Bientôt, ils imposent les bornes « raisonnables », « dépassionnées » et « indépassables » du débat. Un débat devenu « technique », presque « scientifique ».
La France se découvre de nouveaux modèles : les Bernard Tapie et autres « gagnants ». Elle se découvre aussi des « perdants », de plus en plus nombreux, pour qui le vent nouveau, c’est la rigueur, le chômage, et la précarité...
Alors qu’en vingt ans, le lexique de la « réforme nécessaire » a changé, les maux des années 80, eux, sont toujours avec nous.
Nouvelle version d’une émission préparée par Renaud Lambert.

Programmation musicale :


- Les Rita Mitsouko : "C’est comme ça"
- Renaud : "Miss Maggie"
- Joy Division : "Love will tear us apart"

A lire ou à relire :


- "La décennie : Le grand cauchemar des années 1980", de François Cusset, (La Découverte, 2006).
- "Le grand bond en arrière - Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde.", de Serge Halimi (Fayard, 2004).
- "Fonds de pension, pièges à cons ? - Mirage de la démocratie actionnariale.", de Frédéric Lordon (Raisons d’agir, 2000).
- "Lettre ouverte à ceux qui sont passés du Col Mao au Rotary", de Guy Hocquenghem (Agone, 2003)

La décennie - le cauchemar des années 80 (I) : 1979-1981

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.