Le plan de licenciement était bel et bien illégal

LES GM&S GAGNENT UNE BATAILLE !

Le

Cet article est en accès libre grâce aux abonnés modestes et géniaux, mais…

…sans publicité ni actionnaires, Là-bas si j’y suis est uniquement financé par les abonnements. Sans les abonnés, il ne nous serait pas possible de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre indépendance  : rejoignez-nous  !

Je m'abonne J'offre un abonnement

(photo : Jonathan Duong/Là-bas si j’y suis)

Ils n’ont pas gagné la guerre, mais ils ont gagné une bataille. Le Conseil d’État a confirmé lundi 27 janvier l’annulation du plan social qui avait frappé les GM&S en 2017, ce qui rend possible une meilleure indemnisation d’une partie des ouvriers licenciés. Oui, le plan de licenciement était bel et bien illégal ! La lutte continue mais c’est une victoire dans la bataille judiciaire des ouvriers de GM&S. On se souvient de la visite du méprisant Macron en Corrèze en octobre 2017 et de sa petite phrase aux salariés de GM&S venus l’accueillir : « Certains feraient mieux de chercher du travail plutôt que de foutre le bordel. » Nul doute qu’en honnête homme, il va aujourd’hui leur adresser ses excuses.

« Cette fois, on a la peau de l’ours, mais on ne l’a pas encore vendue ! » C’est Vincent Labrousse, ancien délégué du personnel et vice-président de l’association de soutien et de défense des salariés qui jubile au téléphone : « C’est une superbe victoire, même si le rapporteur public allait dans notre sens à l’audience, nous n’étions pas certains que les juges allaient confirmer l’irrégularité du PSE. »

Cette bonne nouvelle dans la longue lutte engagée par les ouvriers de la Souterraine (Creuse) ouvre la voie à des indemnisations prudhommales pour les salariés licenciés : « On ne va pas préjuger des décisions des prudhommes, mais pour un licenciement illégal, normalement, on va être bien indemnisés. » Les 55 procédures prudhommales sont déja entamées depuis un moment puisque, souvenez-vous, depuis « la Loi Travail 2 » d’Emmanuel Macron, le délai pour contester un licenciement est d’un an quel que soit le motif du licenciement, contre 2 ans auparavant [1].

La bataille de l’irrégularité du PSE est gagnée, mais pas la guerre contre les donneurs d’ordre. Une plainte des salariés est en ce moment en cours contre PSA et Renault pour « abus de position dominante » : « Nous avons des éléments qui prouvent que PSA et Renault pilotaient en réalité l’entreprise GM&S (devenue LSI), qu’ils ont orchestré la baisse de l’activité pour préparer la fermeture du l’usine. C’est ce qu’ils continuent à faire, en ne tenant par leurs engagements de commande, l’usine tourne au ralenti avec les 116 salariés restants. Mais cette victoire nous donne de la force, on ne lâchera rien ! »

En visite en Corrèze en octobre 2017, Emmanuel Macron s’était fendu d’une petite phrase méprisante sur les salariés de GM&S venus l’accueillir : « Certains feraient mieux de chercher du travail plutôt que de foutre le bordel » [2]. Une petite phrase restée en travers de la gorge de Vincent Labrousse : « Monsieur Macron nous a traité de "fouteurs de bordel", aujourd’hui on voit qu’on foutait le bordel contre une injustice, un licenciement illégal, le conseil d’Etat l’a démontré définitivement. Nous souhaitons aujourd’hui que le président s’excuse, qu’il revienne sur ses paroles, et qu’il mette en place une loi sur la responsabilité des entreprises vis-a-vis de leurs sous-traitants. »

journaliste : Jérémie Younes

L'équipe de Là-bas attend vos messages dans les commentaires et sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !

Notes

[1article L. 1471-1 du Code du travail

[2Macron : « Certains feraient mieux » de chercher du travail que de « foutre le bordel », Le Parisien, 4 octobre 2017.

Sur notre site

À écouter

  • Les GM&S en lutte nous présentent leur patron d’avant. Dernière partie du reportage de Dillah TEIBI à La Souterraine

    VIVE LE PATRON ! (3/3) Abonnés

    Écouter
    Tati, Whirlpool, GM&S Industry, Ford bientôt, pas un jour sans de nouvelles suppressions d’emploi. Un bruit de fond depuis des années. C’est bien malheureux mais que voulez-vous, c’est inéluctable, c’est dû à la modernisation, à la (...)
  • Avec les GM&S prêts à faire péter leur usine. 2ème partie du reportage de Dillah TEIBI avec les salariés en lutte

    277 OU BOUM ! (2/3) Abonnés

    Écouter
    Tapis rouge, Marseillaise et coups de canon, les médias sont en extase, c’est le sacre du nouveau monarque. Mais contre qui les coups de canon ? De l’autre côté du manche, dans l’autre France, celle d’en bas et qui parfois fait face, on (...)

À voir

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Les Rendez-vous des Repaires

  • Le prochain café repaire de Liffré portera sur le thème des Ehpads. Témoignage des personnels, différences entre l’associatif, le public et le privé, et alternatives en France ou à l’International ! Nous vous attendons mercredi 22 octobre dès 18h30 à l’Entre-Temps, 12 avenue François Mitterrand, 35340 (...)

  • Pour notre réunion de ce lundi 28, le repaire de Bennecourt vous propose de visionner le film "J’veux du soleil !"de François Ruffin, la projection débuterait vers 19h (pétant...) pour se finir vers 20h20. Suivra le repas qui sera aussi l’occasion de se retrouver et débattre autour de la séquence (...)

Dernières publis

Une sélection :

PERQUISITION, ASSIGNATION, ATTENTION DÉRIVE SÉCURITAIRE AbonnésÉcouter

Le

3 021 perquisitions en deux mois. Résultat ? Nul. À peine quatre procédures antiterroristes au total. Même les policiers dénoncent l’inefficacité et les dérives de l’état d’urgence. De même les assignations à résidence, 385 en deux mois. Quel résultat ? Suspicion, discrimination, islamophobie, les témoignages foisonnent. Une répression inefficace qui risque au contraire de radicaliser. Et qui sont ces perquisitionnés et ces assignés ?

ATTENTION DÉRIVE SÉCURITAIRE, un reportage radio d’Anaëlle Verzaux [45:55]

Aude Lancelin reçoit Juan Branco Macron ou la tentation autoritaire AbonnésVoir

Le

Juan Branco est l’avocat français de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks. Régulièrement, ils se rencontrent à Londres, dans l’ambassade d’Équateur, où Assange vit toujours reclus. Juan Branco porte un regard informé sur les périls que font peser sur nos libertés la raison d’État, autant que les nouvelles oligarchies intimement liées au pouvoir politique.

Saluons le courage de nos policiers qui se battent héroïquement ! FARIDA, INFIRMIÈRE CRIMINELLE, 1m55… Accès libreVoir

Le

Soignants, blouses blanches, bravo à nos héros ! Ça, c’était hier. Aujourd’hui, voilà une infirmière par terre, blessée, menottée, en garde à vue. On salue le courage de la police de Macron contre une femme d’1m55, jetée à terre, asthmatique et qui réclame sa Ventoline. Farida a reconnu avoir jeté deux cailloux sur les flics.

La République En Marche renonce à supprimer l’expression « Sécurité Sociale » dans la Constitution Ambroise Croizat nous avait prévenus : « le patronat ne désarme jamais » Accès libreÉcouter

Le

En février 2011, notre reportage sur Ambroise Croizat fut une redécouverte, et pour beaucoup une découverte, du père de la Sécurité Sociale. Chacun connaît une rue qui porte ce nom, un collège, une bibliothèque, mais qui était Ambroise Croizat ? C’est à lui, ministre communiste à la Libération, que l’on doit la Sécurité Sociale et les retraites.