ENDOCTRINER, ÉVANGÉLISER, MANIPULER.
Les stratégies pour dominer les foules sont connues depuis longtemps.
On peut aujourd’hui ajouter : INFORMER.
Certes des contre-feux existent. Là-bas y tient sa place modeste [1]. Mais les forces sont inégales.
La propagande, nouvelle méthode de gouvernement qui s’empare des armes des publicitaires, ne se contente plus d’interdire les positions dissidentes, elle les étouffe par la pression économique et la distorsion des preuves.
Elle offre ainsi un avantage indu sur le terrain des idées à ceux qui concentrent pouvoir et richesse.
De graves menaces pèsent sur la liberté de penser.
C’était en 1922 l’avertissement visionnaire du philosophe britannique Bertrand RUSSELL (1872-1970), témoin privilégié de l’essor des techniques modernes de propagande, qui seront cyniquement décrites par Edward Bernays quelques années plus tard dans son PROPAGANDA.
Une occasion de (re)découvrir le parcours et l’œuvre d’un des intellectuels les plus stimulants pour aujourd’hui.
Chantal Santerre et Norman Baillargeon présentent le parcours de celui qui disait : « trois passions, simples mais irrésistibles, ont commandé ma vie : le besoin d’aimer, la soif de connaître, le sentiment presque intolérable des souffrances du genre humain ».
Auteur de 70 livres et d’au moins 3 000 articles, académiques ou autres, il conseillait : « ne craignez pas d’être excentrique dans vos opinions, car chaque opinion aujourd’hui acceptée fut un jour excentrique. »