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En pleine grève, la SNCF devient une société anonyme

C’est l’une des conséquences funestes de la réforme ferroviaire de 2018 : la SNCF a changé le 1er janvier 2020 de forme juridique, passant d’EPIC (Etablissement public à caractère industriel et commercial) à SA, société anonyme. La forme capitaliste de l’entreprise, "une entreprise comme les autres", selon les mots de l’ancien PDG Guillaume Pépy rapportés par la dépêche AFP.

Passer de EPIC à société anonyme : c’est ce qui est arrivé à GDF, avant qu’elle ne soit privatisée et devienne Engie. C’est ce qui est arrivé à La Poste, en 2010. C’est ce qui est arrivé à France Telecom, avant qu’elle ne soit privatisée (avec la brutalité qu’on connait) et devienne Orange. C’est ce qui est arrivé à Aéroport de Paris, avant qu’elle ne devienne ADP, etc... Bref, c’est l’étape décisive et formelle pour privatiser une industrie de réseaux, un monopole naturel.

Parallèlement, « l’état actionnaire exige de la SNCF qu’elle fasse de sérieuses économies pour être plus compétitive, dans un contexte d’ouverture du rail à la concurrence »... Et bien sûr, la société n’embauchera plus au statut de cheminot.

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Bravo nos héros, show-biz et trémolos, merci, merci, bravo, bravo. Et après ? Et maintenant ? Où en sont les promesses de Monsieur Macron ? Le grand plan d’investissement massif ? Les soignants se sont dépassés, beaucoup ont payé de leur santé et même de leur vie. Pendant des semaines et avec succès, ils ont réussi à faire passer la santé avant l’intendance. Oui, bravo. Mais aujourd’hui ? Pas de réponse. Pourtant, Monsieur Macron avait promis ?

« Mépris et trahison ». Voila ce que balance le collectif Inter-hôpitaux à l’heure du déconfinement. Voilà des mois que ces soignants sont à fond dans une lutte qui dure depuis des années pour sauver l’hôpital public des griffes de la logique marchande. Nous les avons rencontrés à l’heure du déconfinement.

Profitant de l’émotion générale pour amadouer un pays qui le rejette, Macron et ses communicants ont poussé encore un peu plus loin le bouchon du cynisme. Avant d’évoquer « les jours heureux », ce destructeur obstiné du modèle social français s’est transformé en brave militant d’Attac pour faire l’éloge de l’État-providence : « ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. »