LÀ-BAS Hebdo n°16

UN CHIEN DANS UN JEU DE QUILLES Abonnés

1

Le , par L’équipe de Là-bas

Colère, rejet, mépris, le bouquin d’Emmanuel Todd ne plaît pas du tout aux voyageurs de première classe. La classe moyenne se rebiffe, les réacs réagissent, la petite bourgeoisie intellectuelle perd son sang-froid. Un simple livre peut donc encore secouer le beau monde jusqu’au premier ministre dans les colonnes du même nom. Nous recevrons Emmanuel Todd la semaine prochaine. En attendant en voilà des livres et des idées. Et des chansons.
- François CUSSET, une brève histoire de la gauche radicale états-unienne
- Georges CORM, « Pensée et politique dans le monde arabe »
- et trois cerises sur le gâteau, trois fraîches cerises...
Deux invités nous aident à comprendre la pensée politique des États-Unis d’une part, et celle du monde arabe d’autre part. Les spectateurs du film Howard Zinn, une Histoire populaire américaine s’interrogent souvent sur l’influence réelle des figures de la gauche intellectuelle aux États-Unis. Quelle place Howard ZINN, et les autres, tiennent-ils dans le paysage intellectuel et politique américain ? François CUSSET, professeur d’études américaines, revient sur l’Histoire de la gauche américaine jusqu’au mouvement Occupy Wall Street.
À l’heure où la confusion et le racisme sont entretenus en France à l’égard des musulmans, Georges CORM détisse le lien entre politique et religieux dans son dernier livre « Pensée et politique dans le monde arabe ». En rappelant que monde arabe et Islam ne se confondent pas, et en dessinant un avenir profane pour le monde arabe, renvoyant dos-à-dos islamophiles et islamophobes.

LÀ-BAS Hebdo n°16 (extrait)

Les différentes séquences de l’émission
01. L.E.J. : « Seine-Saint-Denis Style »

01. L.E.J. : « Seine-Saint-Denis Style »

Après quelques messages parmi ceux que vous avez laissés sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37, on commence avec l’énergie de Lucie, Élisa et Juliette du groupe L.E.J., qui reprennent un titre de NTM : Seine-Saint-Denis Style.

L.E.J. (©YouManBeing)


02. François CUSSET : la gauche américaine

François CUSSET est l’auteur de La décennie : le grand cauchemar des années 1980, à laquelle nous avions consacré une série d’émissions en 2007. Professeur d’études américaines à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, il nous aide aujourd’hui à comprendre l’influence aux États-Unis de figures de la gauche intellectuelle comme Noam Chomsky ou Howard Zinn : leur importance réelle dans la scène intellectuelle américaine pose question aux spectateurs du film Howard Zinn, une Histoire populaire américaine.


03. Lucie, Élisa et Juliette de L.E.J.

François CUSSET revient sur les mouvements contemporains de la gauche américaine, comme Occupy Wall Street, dont le bilan est critiqué par une partie de la gauche traditionnelle. Thomas Frank par exemple regrettait dans un article du Baffler un mouvement qui n’avait d’autre horizon que sa propre organisation horizontale et exemplaire :

« Malheureusement, un tel programme ne suffit pas. Bâtir une culture de lutte démocratique est certes utile pour les cercles militants, mais ce n’est qu’un point de départ. Occupy Wall Street n’est jamais allé plus loin ; il n’a pas déclenché une grève, ni bloqué un centre de recrutement, ni même occupé le bureau d’un doyen d’université. Pour ses militants, la culture horizontale représente le stade suprême de la lutte : « Le processus est le message », entonnaient en chœur les protestataires. »

L.E.J. nous dévoile l’une de leurs compositions, Saine Sainte Nitouche, qui fera partie de leur premier album, avant de nous raconter leur parcours depuis leur enfance à Saint-Denis jusqu’à la Maîtrise de Radio France et le Conservatoire.


04. Georges CORM : pensée et politique dans le monde arabe

Historien, économiste, et même ancien ministre des Finances du Liban, Georges CORM dissèque le lien entre politique et religieux au sein du monde arabe dans son livre « Pensée et politique dans le monde arabe : contextes historiques et problématiques, XIXe-XXIe siècle » (éditions La Découverte).

dessin : Daniel MERMET


05. Georges CORM : islamophiles et islamophobes

« C’est l’Islam tout entier qui pose un problème à notre pays. Je dis les choses telles que je les pense. D’abord nous sommes aujourd’hui entrés (...) dans une troisième Guerre mondiale : c’est l’islamofascisme. D’accord ? Alors certes, ce n’est pas une guerre de même nature que les autres, mais c’est une guerre avec des cinquièmes colonnes rampantes qui dans la plupart de nos démocraties avancent comme des lâches camouflés derrière des réseaux sociaux. » Voilà notre motodidacte, Christian ESTROSI, qui fait rire malgré lui le public du Lieu-Dit avec son numéro anti-musulmans. Mais pour Georges CORM le danger est réel d’attribuer le terrorisme à la théologie musulmane, en niant les causes géopolitiques et économiques.


06. Hervé KEMPF se lâche

Hervé KEMPF se lâche sur les socialistes après avoir entendu Bruno LE ROUX défendre la loi sur le renseignement, mardi 05 mai sur France Inter : « Des électeurs viennent me voir en me disant "Mais vous, à la limite, vous pouvez, mais l’outil tel que vous allez le mettre en place peut être mal utilisé demain par d’autres." Et bien faites-en un critère de choix pour le jour où vous choisirez ceux qui doivent assumer les responsabilités. »


07. Gérard MORDILLAT : à quoi servent les musées ?

Les musées, derniers gestes majeurs de l’action politique ? Gérard MORDILLAT voit fleurir les musées comme autant de coquilles vides, d’affichages architecturaux sans lien avec les œuvres qu’elles sont censées accueillir.

Le centre Paul Klee à Berne, conçu par l’architecte Renzo Piano


Merci à Hossein et à l’équipe du Lieu-Dit.

Musique : Lucie, Élisa et Juliette du groupe L.E.J., devant le public du Lieu-Dit :
- Seine Saint-Denis Style, de NTM, interprété par L.E.J.
- Can’t Hold Us, de Macklemore, interprété par L.E.J.
- Saine Sainte Nitouche, de L.E.J.
- El Duce de leche, de Tryo, interprété par L.E.J.
- Tous les mêmes, de Stromae, interprété par L.E.J.

N’oubliez pas que le répondeur attend vos messages au 01 85 08 37 37.

Présentation : Daniel MERMET
Réalisation : Guillaume GIRAULT
Montage : Grégory SALOMONOVITCH
Répondeur : Stéphanie FROMENTIN
Préparation : Jonathan DUONG

(vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique "Mon compte", en haut à droite de cette page)

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

C’est l’été ! L’occasion de redécouvrir cette série de podcasts de Sophie Simonot Qu’est-ce qui a provoqué vos premiers désirs amoureux ? [INTÉGRALE] AbonnésÉcouter

Le

Nos visages ne sont que des masques et notre apparence est un déguisement. La vérité, c’est les idées que nous avons derrière la tête mais nous les ignorons. Et pas seulement derrière la tête. Voilà ce qui intéresse Sophie, vous faire mettre des mots sur votre essentiel avec des questions faussement simples et vous étonner vous-mêmes. Et étonner chacun. Exemple : tout le monde se souvient de sa première fois. Mais avant la première fois, qu’est-ce qu’il y avait ?

Face à la deuxième vague, inquiétude et colère des soignants. REPORTAGE RADIO et TEXTE À L’APPUI HÔPITAL PUBLIC, RISQUE DE SATURATION. « Macron paralyse le pays parce que l’hôpital manque de lits » AbonnésÉcouter

Le

Risque de saturation, crainte d’impuissance. Face à la nouvelle vague de la pandémie, les soignants de l’hôpital public tiendront-ils une seconde fois ? C’est la grande inquiétude du pouvoir. Pour l’urgentiste Patrick Pelloux, « on doit paralyser le pays parce que les hôpitaux manquent de lits. » Manque de lits, manque de personnels, la déprime gagne avec un sentiment de trahison. Pourtant, au printemps, la pandémie avait entraîné un soutien enthousiaste et une prise de conscience du désastre des politiques de santé appliquées depuis des années. Il y avait là un élan unanime pour changer radicalement de logiciel. L’opinion était prête.

Pourquoi nous manquons d’infirmières dans les hôpitaux aujourd’hui ? Il y a cinq ans, l’hôpital était déjà à bout Accès libreVoir

Le

Il y a cinq ans, la lettre d’une infirmière nous avait tous bouleversés. Clémentine disait à Martin Hirsch pourquoi elle démissionnait. Un incident insignifiant dans la casse globale de l’hôpital. Sauf que cette vidéo a été vue des centaines de milliers de fois, Clémentine a été invitée partout sur des télés et dans les médias. Le sujet n’était pas nouveau. La destruction systématique du secteur public dure depuis bientôt 40 ans, en application de l’idéologie néo-libérale. Ce, qu’avec d’autres, nous dénonçons depuis trente ans. Si la crise monstrueuse que nous subissons aujourd’hui entraîne des réponses difficiles, une grande partie des dysfonctionnements mortels qui se multiplient sont le résultat direct de cette idéologie criminelle.

« Les idées qui traînent dans l’air » Naomi Klein : le coronavirus du capitalisme Accès libreVoir

Le

La crise est-elle une opportunité pour le capitalisme ? Va-t-il appliquer sa stratégie du choc pour nous faire avaler des choses qui nous semblaient impossibles il y a un mois ? Tout dépend des idées qui traînent dans le fond de l’air et de celles qui s’imposeront. Et justement, il y a, dans l’air, des idées qui pourraient nous être favorables.