De grands soirs en petits matins. En public au Lieu-Dit

SOIXANTE-HUITARD QUE JAMAIS (2/2), avec Ludivine Bantigny Abonnés

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Comme tous les dix ans, le GRAND MAI 68 CIRCUS est de retour, avec ses renégats à paillettes, ses imposteurs de barricades, ses historiens sentencieux, ses escamoteurs staliniens, ses peine-à-jouir rancuniers, pour nous dire et rabâcher que ce fut bel et bien la chienlit, pour nous dire et rabâcher « on s’est bien marré mais on s’est bien planté », pour dire et rabâcher « ça a donné l’individualisme égoïste, le consumérisme, la pédophilie et le néo-libéralisme ».

Mais les entourloupes ne durent pas toujours, des historiens font leur boulot, les témoins sont encore là, les mamies parlent à leurs petites-filles. Bien sûr, il y a du bois mort dans l’héritage de MAI, mais, mais… on ne peut pas oublier l’essentiel, ce profond mouvement politique, avec la plus grande grève générale « sauvage » de notre histoire sociale, sans mot d’ordre au départ, jusqu’à 10 millions pendant des jours et des nuits et tout ce qui a été imaginé alors, tout ce qui a été planté dans la terre de l’histoire. Malgré des tonnes de livres, de films et d’émissions, cette partie lumineuse est encore mal connue. Mai 68 ne se limite pas au Quartier latin, ni même aux luttes ouvrières de Sochaux, de Flins ou de Billancourt. C’est toute la France, la profonde, qui s’est mobilisée.

À partir d’un long travail dans les archives de toute la France – pour beaucoup inédites – Ludivine BANTIGNY finit par restituer l’énergie des luttes, des débats, des émotions et des espoirs portés par ceux de 68, et tout ce qui fut alors imaginé de grand et de petit pour réellement « changer la vie ».

Un entretien de Daniel Mermet avec Ludivine Bantigny, historienne, auteure du livre 1968. De grands soirs en petits matins, Seuil, 2018.

Enregistré en public le 10 avril 2018 au Lieu-Dit :


Programmation musicale :
- Vanessa Hachloum : Il est cinq heures

Merci à Ludivine Bantigny.

Merci aussi à Hossein et à toute l’équipe du Lieu-Dit.

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journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Jonathan Duong
image : Kévin Accart
montage : Cécile Frey
son : Franck Haderer, Alexandre Lambert et Jérémie Younes

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  • 1968, de grands soirs en petits matins

    Des livres sur mai 68, il n’en manque pas pour célébrer les cinquante ans. Celui de Ludivine Bantigny s’appuie, non pas sur des récits nostalgiques, des souvenirs individuels à la véracité historique plus ou moins discutable, mais sur des archives puisées dans toute la France et pour beaucoup inédites. Cette historienne, maître de conférence à l’université de Rouen Normandie s’attache à la grande diversité des protagonistes - ouvriers, étudiants, militants mais aussi danseurs, médecins, paysans, artisans, poètes d’un jour, et les femmes à parts égales avec les hommes -. Elle s’intéresse aussi à « l’autre côté » : c’est-à-dire à la police, au pouvoir et aux oppositions à la contestation. Son livre a le mérite de revenir précisément aux faits, aux projets, à l’inventivité, à tout ce qui a été imaginé, de grand et de petit, pour réellement « changer la vie ». C’était tout, sauf… Lire la suite

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.