L’Huma si j’y suis avec ALIKI PAPADOMICHELAKI

QUI VA GOUVERNER LA GRÈCE ? ON LE SAIT DÉJA... Abonnés

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C’EST LA TROIKA ! Si les législatives de ce dimanche ne passionnent pas beaucoup les Grecs c’est qu’ils n’ont plus guère de pouvoir depuis le "coup d’État financier" du 13 juillet dernier. Ils avaient pourtant dit NON ("OXI") à près de 62% quelques jours auparavant au referendum, refusant misère et austérité. Euphorie générale à travers toute l’Europe mais panique furieuse dans le camp néo-libéral. L’Eurogroupe et le charmant Monsieur Schaüble ont mis toutes leurs forces pour leur casser les reins et obliger le premier ministre Alexis Tsipras à faire volte-face et à mettre en oeuvre un troisième plan d’austérité encore plus humiliant et encore plus inefficace.
Consternation, débandade et divisions. En Grèce comme en Europe, une partie de la gauche radicale continue de soutenir Tsipras, d’autres avec Ianis Varoufakis échafaudent un plan B, un autre courant dissident fonde un nouveau parti, l’Unité Populaire (UP) qui se réclame du NON massif au referendum du 5 juillet et milite pour une sortie de l’Euro. Toutes ces tendances étaient présentes à la fête de l’Huma. ALIKI PAPADOMICHELAKI ancienne responsable au sein de Syriza a rejoint l’Unité Populaire, elle est notre invitée. 


Entretien avec ALIKI PAPADOMICHELAKI

« Se battre contre le néolibéralisme, la destruction des relations de travail, l’appropriation de la richesse mondiale par les élites néolibérales et financières.  » Voilà le combat d’Aliki Papadomichelaki depuis 25 ans. Pour cette ex-militante du parti d’Alexis Tsipras, quitter Syriza c’est faire son devoir envers le peuple grec.

Entretien : Daniel MERMET
Réalisation : Franck HADERER et Jérôme CHELIUS
Préparation : Jonathan DUONG
Montage : Grégory SALOMONOVITCH

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

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