L’Anarchie bouge encore. Rencontre avec FRANCIS DUPUIS-DÉRI

QUI SONT CES MÉCHANTS « BLACK BLOCS » ? Abonnés

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Dans la manif, il y a les gentils manifestants et il y a les méchants manifestants. Le pouvoir et les vrais grands médias ne cessent de vous le répéter. Il y a le brave peuple naïf et sincère (en jaune) mais hélas il y aussi ces casseurs, ces « black blocs » (en noir).

Depuis longtemps, les flics ont été dressés à manipuler la violence dans les manifs. Ils savent comment provoquer et obtenir les images qui discréditent la lutte. Sauf depuis le soulèvement des « gilets jaunes », il y a un an, où l’opinion a admis qu’une certaine violence est nécessaire pour se faire entendre.

Mais qui sont ces bêtes noires ? Des idiots utiles ou des alliés efficaces ? Professeur de science politique à l’université de Montréal, Francis Dupuis-Déri, chercheur engagé, les connait depuis longtemps de l’intérieur. La violence de la rue a montré la violence mille fois plus violente de l’arrogance des riches, du chômage, de la précarité, des inégalités et de la destruction des ressources humaines et naturelles.

Enfumer, tromper, réprimer, arracher les yeux ou les mains des modestes. Réduit à une brutalité imbécile, le pouvoir exécutif montre sa médiocrité politique. S’il tient encore, c’est grâce à nos résignations et à nos divisions. Il y a urgence à retrouver et à inventer les chemins qui mènent à la grande place commune. Ces chemins passent par la guerre des idées. Francis Dupuis-Déri regarde le monde à travers le prisme de l’Anarchie. Soit l’ordre moins le pouvoir. L’Anarchie a une histoire multiple et têtue. Une manière de voir et de faire qui peut inspirer les temps qui courent et qui vont courir devant l’histoire qui nous mord la nuque.

Daniel Mermet

Une rencontre avec Francis DUPUIS-DERI, chercheur, professeur de science politique à l’université du Québec, et auteur de "Nous n’irons plus aux urnes. Plaidoyer pour l’abstention" (Lux, 2019).


Programmation musicale :
- Armand Mestral et les Octaves : Le capitaine « au mur » (chanson de Jean-Baptiste Clément)

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journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Jonathan Duong
montage : Kévin Accart
son : Sylvain Richard

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À LIRE :


- Francis Dupuis-Déri, "Nous n’irons plus aux urnes. Plaidoyer pour l’abstention", Lux, 2019

- Francis Dupuis-Déri, "Les nouveaux anarchistes, de l’altermondialisme au zadisme", Éditions Textuel, 2019

- Francis Depuis-Déri, "Les Black blocs", Lux, 2003

Sur notre site

Dans les livres

  • Les Black blocs. La liberté et l’égalité se manifestent

    Qui sont les black blocs, ces manifestants cagoulés, vêtus de noir, s’attaquant aux symboles du capitalisme et de l’état ? D’où viennent-ils ceux que les pouvoirs désignent comme des « casseurs, voire de terroristes ? Professeur de sciences politiques à l’université du Québec à Montréal, ancien militant dans des collectifs de sensibilité anarchiste, dresse leur portrait, leur histoire, leur rapport à la violence politique, les sources de leur rage, les critiques à leur égard et la violence de l’état contre eux. Ce livre est à sa quatrième édition tant l’intérêt pour ce livre est grand et tant l’évolution de ce mouvement est rapide.

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  • Chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte prend des nouvelles de Brigitte Macron Abonnés

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  • « Paysannes », une série documentaire de 1979 enfin en DVD Travail, famille, révolte : paroles de paysannes du Larzac Abonnés

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  • ÉGOUTIERS EN COLÈRE. Reportage radio version texte. « À oreille reposée » COVID-19 : LES ÉGOUTIERS TOUJOURS EN DANGER Abonnés

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    Vous avez été nombreux à écouter le reportage d’Anaëlle Verzaux, « Égouts contaminés : les égoutiers en grève pour leur santé (et la nôtre !) ». En voici la version écrite et augmentée afin d’aller plus loin, à oreille reposée.

    Les égoutiers sont en tête parmi les « premiers de corvée ». Ils sont fortement exposés à un nombre incalculable de bactéries et à des maladies graves, comme la leptospirose, qui s’attrape par l’urine de rat, ou l’hépatite E qui s’attaque au foie. Ils ont une espérance de vie inférieure de sept ans à la moyenne des Français, et même de dix-sept ans par rapport à un cadre. Aujourd’hui, face au virus présent dans les eaux usées, ils demandent des protections et des garanties. Sans réponse, ils se sont mis en grève.

    Pendant le confinement, à Paris, ils étaient quarante en service à nettoyer nos égouts, en échange de leur salaire bien sûr et d’une prime. Mais depuis le 11 mai – le début du déconfinement –, ils sont tous appelés à reprendre le travail. Ils sont 285 à Paris. Sauf que, des études l’ont montré, les eaux des égouts, qu’on appelle les eaux usées, ont été fortement contaminées par le coronavirus. Maintenant que le pic de la pandémie est derrière nous, ces eaux usées sont-elles toujours contaminées ? Un peu ? Beaucoup ? Il n’est pas rare qu’un égoutier se prenne des projections d’eaux usées dans les yeux, donc ce serait bien de le savoir. Et pourquoi la mairie ne s’est-elle pas empressée de trouver des protections adaptées pour ces égoutiers ?

  • « Ségur de la Santé » : LE MANIFESTE DES SOIGNANTS LA SANTÉ DOIT ÉCHAPPER AUX LOIS DU MARCHÉ ! Accès libre

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    Alors que s’ouvre le « Ségur de la Santé » entre le gouvernement et l’hôpital public (et les Ehpad), le collectif Les jours heureux publie dans Libération le « MANIFESTE DES SOIGNANTS », pour une refonte sociale (et totale) du système de santé en France. En lutte depuis des années contre le démantèlement et la gestion financière de l’hôpital public, aujourd’hui les soignants sont soutenus par la majorité du pays. Les bravos, les primes et les médailles n’ont pas suffi à enfumer l’opinion. La lutte contre la pandémie a montré à la fois l’échec idéologique des politiques de santé, et aussi la réussite des soignants qui se sont organisés en dehors du carcan gestionnaire. « L’impensable est devenu réalité », disent-ils.

  • LA SANTÉ DOIT ÉCHAPPER AUX LOIS DU MARCHÉ. Entretien de Daniel MERMET avec le professeur André GRIMALDI À 20 heures, on applaudit nos héros en blouse blanche Abonnés

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    Ça fait un bien fou, ces fenêtres qui applaudissent désormais à 20 heures. Bravo à nos héros en blouse blanche qui se battent pour nous en première ligne ! Mais attention, l’image et l’hommage ne doivent pas cacher le combat essentiel : « LA SANTÉ DOIT ÉCHAPPER AUX LOIS DU MARCHÉ. » Cette crise sanitaire montre le désastre de l’hôpital public géré comme une entreprise commerciale depuis des années.

  • Valérie, aide-soignante, la tête haute simplement [VIDÉO : 4’47 et PODCAST : 14’16] UN APPEL À LA COLÈRE Accès libre

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    Elle avait refusé de serrer la main du président. Valérie, aide-soignante au CHU de Rouen, militante CGT, vous vous souvenez ? C’était en avril 2018 lors des luttes pour la défense de l’hôpital public. Macron rabâchait sa petite chanson : "Il n’y a pas d’argent magique, la France à 100% de dette, c’est vos enfants qui paieront. "

  • CONTRE LE RETOUR À L’ANORMAL ! COMMENT LA PSYCHIATRIE A FAIT FACE ? PODCAST RADIO ET LES FOUS DANS TOUT ÇA ? Abonnés

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    Comment ça c’est passé du côté psychiatrique ? On s’en doute, angoisse et enfermement forcé ont entraîné délires et « pétages de plomb ». Les urgences psychiatriques ont vu arriver des crises inconnues jusque-là. En France, selon Santé publique France, le sentiment d’anxiété est passé de 13,5 % en mars 2017 à 26,7 % à la fin mars de cette année. Parent pauvre de la médecine, la psychiatrie a vécu l’épidémie plus difficilement, et ce n’est pas vraiment une surprise. Depuis 40 ans, le nombre de places en psychiatrie dans le secteur public a considérablement baissé, passant de 120 000 lits en 1980 à 41 000 en 2016. La psychiatrie est sous-financée depuis des décennies.

  • TETSU : dessins des QUE et des Q CONNAISSEZ-VOUS TETSU ? Abonnés

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    « Mes personnages sont des gens sérieux qui se sont mis dans des situations bizarres. » C’est ce que disait Tetsu de ses dessins.

    On les trouvait partout dans les années 1960, de France Dimanche à Paris Match, en passant par Noir et Blanc. Des petits bourgeois désespérément humains, qui ressemblaient aux lecteurs. C’était l’époque de Chaval, Bosc ou Mose. Un rire noir et grinçant devant un quotidien étriqué et absurde. Et une sorte de tendresse pour les inadaptés définitifs que nous sommes. On ne mesure pas l’influence énorme de ces petits dessins sur les idées qu’un être humain se fait du monde et de lui-même. Ça passe sous les radars des experts culturels. De la sous-culture, comme ils disaient. Et c’est leur chance et leur force à ces petits dessins. Ce que cette bourgeoisie éduquée appelle la vulgarité, ça les protège et nous avec.

    En réalité, Tetsu s’appelait Testu, Roger Testu. Il avait fait différents boulots, directeur dans la distribution de la presse, patron d’une savonnerie, marchand de tableaux et en 1951, à presque 40 ans, il s’est mis à peindre, puis à dessiner. Un grand succès, des livres, des prix, il n’a pas arrêté, il aurait fait 20 000 dessins. À 94 ans, en 2008, il a refermé son encrier. Il a fait l’admiration des meilleurs, Willem, Siné, Lefred-Thouron ou Topor, qui disait : « Gloire à Toi / Ô Tetsu / Dont la plume ne nous a jamais déçus ».

  • Chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte tenté par le reconfinement Abonnés

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    Pas de Didier Porte cette semaine, il profite du pont de l’Ascension pour se reconfiner provisoirement sur son yacht. En attendant son retour, Didier a demandé à notre « employé de la semaine » quasi permanent, Jonathan Duong, de le remplacer au pied levé pour cette revue de presse hebdomadaire. Au menu cette semaine :
    - coronawashing, suite, les marques voient enfin le bout du tunnel avec ce déconfinement synonyme pour elles de réouverture des magasins ;
    - contrairement aux idées reçues, certains bourgeois aussi ont souffert du confinement, essentiellement à cause de l’absence de personnel qui est habituellement à leur service ;
    - et un hommage à Michel Piccoli.

  • Comment en est-on arrivé là en si peu de temps ? Voilà la réponse dans une super BD ! LA GRIPPETTE DU PANGOLIN Abonnés

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    C’est passé si vite… Une histoire de pandémie, de confinement et de résidence secondaire : voilà qu’un éternuement de pangolin en Chine fait trembler le monde entier. Enfin, presque le monde entier. Parce qu’en France, la clairvoyance présidentielle nous a évité de tomber dans la panique, puis de paniquer parce qu’il était temps. De ne pas porter de masques inutiles, puis de porter des masques indispensables. De confiner, de déconfiner. On passe son temps sur Internet à essayer de comprendre ce qui nous tombe sur la tête et on finit noyé sous le flot d’informations continues. Alors arrêtons-nous un instant. Prenez le temps – grâce à Mathieu Colloghan – de regarder ce qui s’est passé depuis le rhume du pangolin.

Une sélection :

Didier Porte Hebdo : chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte dissèque le coronawashing AbonnésVoir

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Par les temps qui courent, incertains, ouverts au pire comme au meilleur (et à l’abus de clichés idiots, déjà comme je le prouve lamentablement en cet instant même), il est fortement recommandé de se moquer des puissants (ça apaise), en premier lieu évidemment de nos dirigeants, tous plus à la ramasse les uns que les autres, mais aussi et surtout de ceux qui nous dirigent vraiment (attention, irruption imminente d’un cliché odieusement populiste), à savoir les puissances d’argent.

L’île du droit à la caresse Accès libreÉcouter

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Nous nous évitons, nous nous méfions des autres, l’enfer, c’est les autres. Gardez vos distances. On ne sait quel crétin officiel a trouvé l’expression « distance sociale ». Comment retrouver la fusion de la manif, les grappes humaines du « tous ensemble », la grande partouze de la lutte après ça ? En attendant, pour rebondir, voici une histoire d’île et de caresse.

Pour Gérard FILOCHE, MACRON fait plus fort que PÉTAIN ! La plus violente attaque contre le code du travail depuis 75 ans AbonnésÉcouter

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Profitant de la panique générale, Macron et sa bande imposent une série de « lois d’urgence sanitaire » qui constituent une attaque monstrueuse contre le code du travail. Parfaite mise en œuvre de la « stratégie du choc », ces lois prétendument provisoires risquent de passer ensuite dans le droit courant. Même si c’est difficile, c’est maintenant qu’il faut résister, sinon ce sera le retour à la normale, mais en pire.