La société ingouvernable. Un entretien de Daniel Mermet avec le philosophe Grégoire Chamayou

Quand le pouvoir a eu peur que nous n’ayons plus peur Abonnés

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Tout le monde conteste tout, la société est ingouvernable. L’État providence protège, le plein emploi fait refluer l’angoisse du licenciement, et les syndicats sont puissants. En somme, « ils n’ont plus peur ».

Ainsi fut vécu le début des années 1970 par le pouvoir et le monde des affaires, gagnés par la panique. C’est contre cette insoumission générale qu’une puissante contre-offensive néolibérale s’est développée. Il s’agissait de réinstaller la peur. Comment ? Quelles idées ? Quelles stratégies ? Quelle guerre ? C’est ce que raconte le livre de Grégoire CHAMAYOU qui a mené une longue recherche du côté du management et des mondes gestionnaires. Une guerre sournoise et puissante qui se poursuit aujourd’hui. Un livre essentiel pour construire notre contre-offensive à leur contre-offensive.

Un entretien de Daniel Mermet avec Grégoire Chamayou, auteur du livre La Société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire (La Fabrique, 2018).

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journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Jonathan Duong
image : Cécile Frey
montage : Aurélie Martin
son : Alexandre Lambert

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  • La société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire

    Dans cet ouvrage dont le sous-titre annonce clairement son objet, une généalogie du libéralisme autoritaire, le philosophe Grégoire Chamayou s’empare de ce qu’il nomme la « crise de gouvernabilité ». Pour cela, il a épluché les discours théoriques des années 70 (principalement nord-américains) portant sur l’entreprise et le management et qui font apparaître de nouvelles stratégies développées par le monde des affaires pour contrer les contestations des gouvernés (plus d’autonomie et plus d’égalités pour les travailleurs, les femmes, les minorités). Grégoire Chamayou met en lumière l’existence d’un contre-mouvement des forces libérales et un nouvel art de gouverner. « Une sorte de contre-activisme des pratiques managériales dont nous ne sommes pas sortis », affirme l’auteur qui montre que ce libéralisme autoritaire suppose une verticalité de l’État. Un État fort pour une économie libre.

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