COMMENT SORTIR DU CONSUMÉRISME ? Rencontre avec RAZMIG KEUCHEYAN

Le capitalisme a besoin que nous ayons envie de ce dont nous n’avons pas besoin Abonnés

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Un monde sans nuit. C’est notre monde. La nuit se meurt. La ville Lumière et la fée électricité jadis nous ont enchanté mais aujourd’hui la pollution lumineuse détraque nos villes et nos vies. 60% des européens et 80% des américains ne peuvent plus voir la voie lactée.

Un monde sans nuit s’ennuie.

Qui est responsable ? Pour les uns c’est l’homme qui est la cause de tout ça, une créature immorale qu’il faut civiliser. Pour d’autres c’est une idéologie puissante et résiliente qu’on ose à nouveau nommer le capitalisme.

Le capitalisme en veut toujours plus. Produire toujours plus, consommer toujours plus, détruire toujours plus. On croit qu’il sera emporté à chaque catastrophe qu’il engendre mais chaque fois il est secouru. Cette fois encore nous savons que nous n’avons plus le choix. Nous devons limiter nos besoins. Mais quels sont nos besoins ? Et qui a besoin de quoi ? Il y a les besoins vitaux mais il y a aussi les besoins inutiles. On connait l’utilité de l’utile mais on ignore l’utilité de l’inutile. Qui doit en décider ? Comment appliquer la décision ? Cette fois le temps presse. Comment rompre avec le productivisme capitaliste qui engendre LES BESOINS ARTIFICIELS, aussi aliénants pour l’homme que destructeurs de l’environnement ? COMMENT SORTIR DU CONSUMÉRISME ? La question est ancienne mais la réponse est urgente.

Rencontre avec le sociologue RAZMIG KEUCHEYAN, auteur de « Les besoins artificiels, comment sortir du consumérisme ? » (Zones, septembre 2019).

« Éloge de la nuit », Daniel MERMET (août 2002)

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Je suis un bourgeois et j’en suis fier. Personne ne dit une chose pareille. Le bourgeois, c’est l’autre, le bobo, le faux-cul, le gras du bide. Et encore, ça se dit plus, bourgeois, c’est désuet. Depuis longtemps, le bourgeois a appris à se déguiser. Une casquette de pêcheur, une veste de paysan, un blue jean comme les ouvriers. Il a entonné des discours indignés et révoltés contre le mal, contre le fascisme et contre les cons. C’est un libertaire, le bourgeois. Contre l’impôt, contre le voile, contre les flux migratoires incontrôlés. Il proclame la révolution. C’est le titre du livre d’Emmanuel Macron, RÉVOLUTION. Il est progressiste aussi. Le mouvement qui soutient Macron se proclame « progressiste ».