Assigné à résidence, il est arrêté pour être allé au tribunal !

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Manuel Valls a déclaré vouloir « tout faire » pour notre « sécurité ». L’état d’urgence sera-t-il inscrit dans la Constitution malgré la mobilisation citoyenne ? Alors que les débats sur la révision de la Constitution sont en cours à l’Assemblée nationale ce vendredi 05 février, 381 personnes sont toujours assignées à résidence, pour des raisons plus ou moins justifiées.

C’est le cas de Younès. Nous lui avons consacré un reportage il y a quelques semaines. Younès 28 ans, vit à Goussainville, dans le Val-d’Oise en banlieue parisienne. Avant d’être assigné, Younès était chauffeur VTC (Voiture de Tourisme avec Chauffeur). Mais depuis le 16 novembre, il ne peut plus travailler, ne peut plus gagner sa vie, ne peut plus quitter sa ville…

Et il doit pointer trois fois par jour au commissariat de Goussainville…

(photo : Emmanuel BROSSIER)

Il est accusé, pour le moment sans preuves, d’être un prétendant au terrorisme, un danger pour la sécurité du territoire national ayant connu l’un des frères Kouachi. Younès s’en défend, dans l’incompréhension totale de ce qui lui arrive. Il pense qu’il s’agit d’une erreur, qu’il a été confondu avec un homonyme, un autre Younès qui vit en Tunisie.

Atteint de narcolepsie, la maladie du sommeil, depuis l’âge de 16 ans, il suit un traitement très rigoureux qu’il a, en ce moment, du mal à tenir. Il souffre aussi psychologiquement, vivant cette situation comme une humiliation.

Younès doit se rendre trois fois par jour au commissariat, mais n’a exceptionnellement pas pu pointer le 3 février à 14 heures, puisqu’il était alors au Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, pour l’audience de son procès. Une audience particulièrement importante, puisque son avocat, Me Gérard Tcholakian, demandait la suspension de son assignation à résidence.
Mauvaise surprise en revenant du tribunal. A peine était-il chez lui que Younès est arrêté… au motif qu’il n’a pas pointé le 3 février, à 14 heures. Mais comment pouvait-il être à la fois ici et là-bas ?

L’état d’urgence poursuit son chemin glissant...

Anaëlle VERZAUX a pu joindre Younès à la sortie de sa garde à vue, ainsi que son avocat Me Gérard TCHOLAKIAN. C’était dans l’émission « LA GUERRE DES CIVILISATIONS N’AURA PAS LIEU », notre LÀ-BAS Hebdo n°34 du 05 février 2016 :

YOUNÈS arrêté !

Merci à Younès et à son avocat Me Gérard TCHOLAKIAN.

entretiens : Anaëlle VERZAUX
réalisation : Jérôme CHELIUS

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