L’inspecteur Filoche démonte la propagande gouvernementale

Filoche dézingue la réforme des retraites Abonnés

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Emmanuel Macron, conférence de presse du vendredi 22 novembre 2019.

« Vous constaterez avec moi que le 5 décembre est quelque chose d’étrange. Cette mobilisation est une mobilisation de salariés, d’entreprises qui relèvent des régimes spéciaux. C’est donc avant tout une mobilisation contre la fin des régimes spéciaux »

Emmanuel Macron, 22 novembre 2019

Une grève de salariés privilégiés qui profitent de régimes spéciaux ? Un système unique et universel beaucoup plus juste ? Les caisses de retraites déficitaires ? Inévitable de travailler plus longtemps avec l’allongement de la durée de la vie ? Contre toutes ces fausses évidences, répétées comme des vérités de plateau en plateau, Là-bas si j’y suis a le remède : 20 minutes avec l’inspecteur Filoche ! Et là, on comprend qu’on a bien raison de se révolter :

[EXTRAIT] Filoche dézingue la réforme des retraites

La retraite par points, point par point :

  • Un système "universel" est-il plus juste ?

C’est le contraire : les régimes spéciaux, ça s’appelle des « conventions collectives ». Il s’agit de lentes constructions historiques qui reflètent la disparité des réalités au travail. Un égoutier ne fait pas le même travail qu’un comptable. L’écart d’espérance de vie entre les plus riches et les plus pauvres est de 13 ans. Leur réserver le même régime serait donc injuste.

  • Le système de retraite est-il en déficit, au bord du gouffre ?

Absolument pas. Selon le dernier rapport d’activité de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV), "la branche retraite (tous régimes confondus) affiche un excédent de 160,8 millions d’euros" [1]. Sans parler des réserves abyssales qui se trouvent dans les différents "fond de retraites" : plus 150 milliards d’euros au total.

source : Rapport d’activité 2018 de la Caisse Nationale d’Assurance Veillesse (CNAV)

  • Est-on obligé de réformer parce que "ça ne marche pas" ?

Ça marche au contraire très bien : en plus d’être efficace économiquement, le système actuel permet à la France d’avoir l’un des taux de pauvreté les plus faibles du monde chez les vieux.

  • Est-il inévitable de travailler plus longtemps avec l’allongement de la durée de vie ?

Là encore, ce raisonnement procède d’une fausse logique : si la durée de vie s’est allongée, c’est précisément parce qu’on a conquis un droit à la retraite et baissé le temps de travail. Si on rallonge le temps de travail, nous recommencerons à mourir plus jeunes (ça a déjà commencé [2]).

  • Demain, il n’y aura plus assez d’actifs pour financer les retraites !

Le rapport actifs/retraités n’est pas une menace. Il a déjà beaucoup diminué : à la création du système, il y avait 5 actifs pour un retraité ; il y a aujourd’hui 3 actifs pour un retraité. Et pourtant souvenez-vous, les caisses sont excédentaires ! C’est normal : dans le même temps, la productivité des travailleurs a été démultipliée. Si bien qu’il y a besoin de moins d’actifs pour créer... plus de richesses ! La question n’est donc pas celle de la démographie, mais de la répartition de ces gains de productivité. Et si vous voulez définitivement vous rassurer sur ce point, rappelez-vous qu’il y a eu un baby-boom dans les années 2000 et que des bataillons de jeunes cotisants arrivent.

  • Alors, pourquoi font-ils cela ?

Pour mettre fin au système de répartition, sans le dire. En effet, dans tous les pays où la retraite par points est en vigueur, on constate que la valeur du point ne fait que baisser chaque année et qu’il ne suffit plus à assurer un niveau de vie décent aux retraités. Résultat, ces pays votent... des complémentaires privées obligatoires ! Une aubaine pour les assureurs, qui ne supportent pas que ce gâteau de 320 milliards annuel leur échappe. C’est bel et bien l’objectif inavouable de cette réforme.

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