Sur la piste des derniers Mohicans

LA VÉRITÉ SUR CHARLIE Abonnés

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S’il y en a un qui peut dire « Je suis Charlie », c’est lui. Lui c’est Cavanna, c’est lui qui a engendré toute cette jubilation, toute cette vraie subversion. C’est lui qui a été dépossédé et qui a été gommé sur la photo comme les indiens des plaines, comme les derniers des Mohicans. Voilà ce qui fait courir Denis Robert, voilà pourquoi avec sa fille il a fait ce film sur Cavanna et maintenant ce bouquin qui vient de sortir, Mohicans.
Cavanna n’était pas le seul. Il y avait Choron l’autre Mohican, et tous les autres, Reiser, Gébé, Cabu, Siné, Fournier, Delfeil de Ton, Wolinski et toute la bande d’Hara Kiri puis de Charlie dans les années 70. Tous ont reconnu le rôle fondamental et le talent généreux de François Cavanna.
Mais son nom ne fut guère évoqué lors des attentats de janvier dernier. On a bien peu évoqué ce Charlie là. D’autres se sont bousculés pour montrer leurs larmes devant les caméras. Il faut dire que Cavanna était mort un an avant, il avait pris les devants pour ne pas voir le dernier bal tragique. Mais s’il a été oublié c’est surtout que son cadavre devenait encombrant. Dans son tout dernier livre Lune de Miel avec une sorte de douleur douce et poignante il décrit le traitement humiliant de Philippe Val à son égard lors d’un festival de Cannes. Mais il résiste. « Jusqu’à l’ultime seconde j’écrirai », dit Cavanna superbe. Et c’est ce qu’il a fait. Denis Robert l’a filmé à la fin de sa vie ; ses derniers jours. Le film a failli s’intituler « Cavanna 0,44% ». C’est le montant des miettes qui lui étaient versées, alors que Philippe Val s’octroyait une part de 60% du gâteau.

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    "C’est l’histoire de deux êtres rares : Cavanna et Choron. C’est l’histoire d’un premier journal, puis d’un deuxième, d’un troisième : tous créés par une bande de kamikazes, ivres de liberté et bourrés de talent. Ces journaux ont amusé, éclairé, ouvert les yeux et les esprits de deux ou trois générations de lecteurs, de citoyens, d’électeurs, de journalistes. Hara-Kiri mensuel, Hara-Kiri hebdo, La Gueule ouverte, Charlie Mensuel et le dernier : Charlie Hebdo... 1960-1985 : vingt-cinq années d’insolence, d’humour, de spontanéité et de subversion. L’époque étant ce qu’elle est, ces journaux fougueux qui sentaient le foutre, la sueur, l’alcool, la liberté sont devenus des marques. C’est l’histoire de la dilapidation d’un héritage. Une histoire tumultueuse, magnifique, triste et honteuse. À mes yeux, elle est… Lire la suite

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