Avec le chercheur Mohammad Ali Amir-Moezzi, qui publie « Ali, le secret bien gardé » (CNRS éditions)

Connaissez-vous Ali, l’autre figure centrale de l’islam ? Abonnés

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Alors que plusieurs centaines de millions de musulmans dans le monde s’apprêtent à fêter jeudi 13 mai l’Aïd el-Fitr, qui met fin au mois saint du ramadan et au jeûne annuel qui constitue l’un des cinq piliers de l’islam, cette religion reste méconnue et même mystérieuse pour une majorité d’Européens. Parce que nous n’allons plus à l’église et parce que le fait religieux n’est pas enseigné à l’école, nous ignorons totalement – et faisons comme si ça n’existait pas du tout ! – ce qui compte pourtant le plus aux yeux de milliards de croyants à travers le monde.

Par exemple, connaissez-vous Ali ? Ali est une figure historique importante, puisqu’il était un proche compagnon du prophète Muhammad, dont il était et le cousin et le gendre (en épousant sa fille Fatima), et après la mort de Muhammad il est devenu l’un des premiers califes. Mais au-delà du rôle historique joué par Ali, il est un personnage spirituel central pour quelque 200 millions de chiites à travers le monde, qui le considèrent non seulement comme le premier imam de l’histoire, et aussi comme une manifestation divine, un peu comme le Christ possède une double dimension, humaine et divine. Ce n’est pas clair ? Si vous voulez en savoir plus sur Ali, accrochez-vous et écoutez Mohammad Ali Amir-Moezzi, l’un des plus grands spécialistes francophones du chiisme, qui vient de publier Ali, le secret bien gardé (CNRS éditions). L’occasion pour Gérard Mordillat et Jonathan Duong d’évoquer avec lui cette figure méconnue de l’islam, pourtant primordiale pour 200 millions de musulmans. Et souvenons-nous que l’ignorance des religions est la faille la mieux instrumentalisée par les pouvoirs politiques pour créer des divisions : les récentes violences en Palestine n’en sont qu’un des multiples exemples.

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journalistes : Gérard Mordillat et Jonathan Duong
réalisation : Cécile Frey
image : Amélie Brunet
son : Jules Krot

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-  Mohammad Ali Amir-Moezzi, Ali, le secret bien gardé, CNRS éditions, 2020

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.