« Ceux qu’ont l’pognon, c’est pour eux qu’on crève ». 14-18 dans les archives de Là-bas

NI PÉTAIN, NI AUCUN !

Le

« Ils se battirent pour que la France reste la France ». Des sanglots dans la voix, Macron repeint les poilus en résistants et en héros qui seraient morts pour sauver la France. Mais la France depuis un siècle rejette ce mensonge des maitres et des brutes galonnées. Non, ils ne se sont pas sacrifiés, ils ont été sacrifiés. Le Chemin des Dames n’est pas le Vercors. Non, ils n’ont pas consenti, ils ont été contraints. Chacun en France a un grand-père qui fut un morceau de cette chair à canon. Sous ces quatre années de commémoration insipide la mémoire a fait son chemin souterrain malgré tout. Une lettre retrouvée, un nom sur du marbre, un dessin sur un carnet, un bout de soulier, des silences. Rien de glorieux dans ces silences mais des souffrances sans fond, sans nom. Un hébètement. En faire des résistants est une insulte à leur mémoire tout comme à la mémoire des résistants du Limousin ou de l’affiche rouge. Fous de peur, de poux et de pinard, la gueule arrachée dans la boue des tranchées, jamais la chair à canon n’a accepté d’être de la chair à canon. Jamais. Le poilu, ce héros, c’est la figure que l’oligarchie impose depuis un siècle, de commémorations en représentations, de films en livres scolaires, de recherches savantes en bandes dessinées. Pour Macron et son vieux monde il s’agit d’effacer ce que disait Anatole France « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ». Voilà pourtant bien de quoi débattre âprement aujourd’hui.

Cette guerre fut la matrice de la violence totalitaire mais aussi le moyen d’amputer la force ouvrière et paysanne. Le chauvinisme a servi à détruire le profond mouvement social du début du 20eme siècle. Dans les neufs premiers mois de la guerre, 500 000 petits français furent tués. Par consentement ? Pour que la France reste la France ? Oui, celle de Nivelle, de Foch, de Mangin, de Pétain, des banques et de la grande industrie, et du monde politique à leur service, c’est à dire le monde de Macron, le beau monde avec du sang de pauvre sur ces gants blancs, le beau monde qui porte l’entière responsabilité de ce massacre, le beau monde criminel. « Un massacre entre des gens qui ne se connaissent pas au profit des gens qui se connaissent et ne se massacrent pas » disait Paul Valéry. Est-ce là, une manière de voir a posteriori, après la bataille en somme ? Non. En 1915, depuis la prison où elle était enfermée pour incitation à la désobéissance, Rosa Luxembourg écrivait dans son journal :

« La guerre entre les nations est venue imposer la lutte des classes, le combat fratricide du prolétariat, massacre d’une ampleur sans précédent. Ces millions de morts, neuf sur dix sont des ouvriers et des paysans, c’est une guerre inédite, industrielle, déclenchée au nom du nationalisme mais menée pour la domination des marchés. Cette guerre ouvre en vérité la voie à la mondialisation du capital, à la conversion de toute richesse , de tout moyen de production en marchandise et en action boursière. Elle transforme les êtres en matériel humain. C’est l’avenir d’un socialisme humaniste que cette guerre est en train de détruire ».

Nous, nos héros, nos résistants, sont les 15 000 qui désertèrent chaque année, ce sont d’abord les mutins, les milliers de mutins qui mirent la crosse en l’air, les 3 700 qui furent condamnés, les 953 fusillés pour l’exemple, nos héros sont aussi les mutilés volontaires et tout ceux qui fredonnaient la chanson de Craonne, quitte à se faire casser les dents à coups de crosse. Oui, ceux là « se battirent pour que la France reste la France ». La nôtre. Celle de Georges Mermet, mon père. Pas un héros non plus celui là, mais « de la viande », une de ses expressions quand il nous racontait le Chemin des Dames, la Somme, l’Italie, « On était de la viande ». Né en mai 1897, mon père, apprenti orfèvre de Belleville, mobilisé au début de 1916 fut de tous les fronts et de toutes les blessures jusqu’au bout. Éventré, brûlé, traumatisé, il n’a pas fait ça pour votre France monsieur Macron. Je ne veux pas parler à sa place, on n’ouvre pas une boutique dans un cimetière mais, en hommage à sa mémoire je veux juste évoquer ce 13 mai 1993, lors de son enterrement dans l’église de notre banlieue rouge. Discours, fleurs et recueillement, lorsque deux messieurs s’approchèrent et déployèrent un drapeau tricolore sur le cercueil. De la part de la mairie ? De la part d’une organisation d’anciens combattants ? Toujours est-il qu’aussitôt, à la demande de notre mère, l’un d’entre nous se glissa jusqu’à eux et leur demanda d’enlever immédiatement ce bout de tissu. Ce qu’ils firent aussitôt, lentement, laissant apparaître le beau bois blond du cercueil, blond comme la chevelure de Georges lorsqu’il avait vingt ans au Chemin des Dames.

Daniel MERMET
Retrouvez-ci dessous notre dossier sur 14-18, une sélection de 4 émissions, radio et vidéo, un fragment de mémoire populaire à écouter et réécouter, pour que plus jamais nous ne soyons de la chair à canon.

À écouter

  • Première guerre mondiale : la mémoire des auditeurs de Là-bas. Un reportage de Thierry Scharf (2002)

    Les lettres de Craonne Accès libre

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    En novembre 1998, Là-bas si j’y suis avait proposé aux auditeurs une série d’émissions pour commémorer la 1ère Guerre mondiale et les centaines de milliers de sacrifiés de cette Grande boucherie. Quatre émissions qui ont beaucoup marqué les (...)

À voir

  • Extraits du film « Howard Zinn, une histoire populaire américaine »

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    La première guerre mondiale en abrégé : il y a un siècle, Zorro est arrivé, les méchants ont perdu, et la paix est revenue grâce au sacrifice héroïque des braves soldats Américains. Pour ceux qui auraient des doutes sur cette version de (...)

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  • Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) Abonnés

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    Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

    « On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

  • TOUTE LA COMMUNE. (Re)Découvrez les célèbres émissions d’Henri Guillemin. Une série en 13 épisodes vidéo de 30 min chaque jeudi ! Comprendre la Commune de Paris #04 : le siège de Paris Accès libre

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    Quatrième épisode. Les Versaillais auraient-ils poussé le peuple de Paris à la révolte afin de mieux l’écraser et ainsi prendre durablement le pouvoir ? Dans cette quatrième émission, Henri Guillemin évoque la situation à la veille de l’explosion du 18 mars 1871. Après la défaite de Sedan et la proclamation de la République le 4 septembre 1870, Paris est assiégée par les troupes de Bismarck.

  • L’« employé de la semaine » de Là-bas, c’est Jonathan Duong Quel milliardaire va mettre la main sur RTL, M6, Europe 1, Paris Match (et les autres) ? Abonnés

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    À quelques mois de l’élection présidentielle en France, le paysage médiatique est dans une situation inédite : plusieurs titres de presse, stations de radio et chaînes de télé sont à vendre. C’est ce que raconte le journal Le Monde, et surtout comment quelques milliardaires avancent leurs pions dans cette partie de Monopoly. L’« employé de la semaine » de Là-bas, Jonathan Duong, est revenu dans Didier Porte Hebdo #153 sur ces grandes manœuvres médiatiques qui pourraient se révéler plus graves qu’elles n’y paraissent.

    Puisqu’il est question de médias chaque vendredi dans Didier Porte Hebdo, on sait que ce qui compte, c’est « qui possède quoi », pour reprendre le titre de la carte établie par Acrimed et par Le Monde diplomatique.

    Parce qu’on sait bien que la plupart des oligarques de ce pays ne possèdent pas des médias pour gagner de l’argent – ce sont des gouffres financiers. Non, ils achètent des médias pour l’influence qu’ils pensent acquérir en détenant des titres de presse ou des chaînes de télé. On connaît l’expression : « qui paie l’orchestre choisit la musique. » C’est pourquoi il n’est pas inintéressant de se plonger dans la lecture de cet article du Monde : « Emmanuel Macron et la bataille des magnats des médias ».

    Qu’est-ce qu’on y apprend ? Eh bien on y apprend qu’« une partie géante et inédite de Monopoly s’est engagée ». Plusieurs médias en France sont à vendre. D’un côté, on a le groupe allemand Bertelsmann qui veut se désengager du marché français. Bertelsmann, c’est le premier groupe de médias allemand, qui possède RTL Group, qui possède l’éditeur de musique BMG, et qui possède aussi l’éditeur américain Penguin Random House, éditeur dont l’un des succès récents est le double contrat pour les mémoires de Michelle et de Barack Obama (un contrat à 65 millions de dollars quand même). Et Bertelsmann est aussi présent en France, puisqu’il détient, à travers le groupe M6, la chaîne M6, mais aussi les chaînes W9, Gulli et les stations Fun Radio et RTL. Et (c’est pas fini !) jusqu’en décembre dernier, Bertelsmman était même le propriétaire de pas mal de magazines comme Femme actuelle, Gala, GEO ou encore National Geographic, via le groupe Prisma Media. Ça, c’était jusqu’en décembre dernier, jusqu’à ce que Bertelsmann vende Prisma Media – pas à n’importe qui, on va le voir, c’est important pour la suite de l’histoire : Bertelsmann a vendu Prisma Media au groupe Bolloré.

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    Le cul. C’est fou ce qu’on est faux-cul avec le cul. Quoi de plus méprisé et de plus prisé que le cul ? « ¡ Votre dos perd son nom avec si bonne grâce / Qu’on ne peut s’empêcher de lui donner raison. Pour un hommage immortel comme celui de Brassens, combien d’insultes et d’infamies ? Pour une caresse, un baiser, une langue amie, combien de coups de pied et de coups de bâton ? On le dédaigne, on l’humilie, on le traite par la gaudriole. Ce sont les femmes qui en font les frais, la plupart du temps, parce qu’elles en jouent.

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  • Éthique en toc. Quand les patrons milliardaires américains font leur com’ sur la mort d’un homme. Texte à l’appui « Blackwashing » : suite au meurtre de George Floyd, des records d’hypocrisie philanthropique Abonnés

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    Depuis le meurtre de George Floyd le 5 mai 2020 à Minneapolis, les patrons des plus grandes entreprises états-uniennes affichent leur soutien à Black Lives Matter. Mais cette générosité soudaine et massive éveille quelques soupçons…

    Vous ne verrez plus le mot « blanc », ni « blanchissant », ni « clair » sur les produits L’Oréal. Le 27 juin 2020, le groupe L’Oréal s’est engagé à supprimer ces mots de ses produits destinés à « uniformiser la peau ». Une « décision historique » selon le magazine Capital. Mais attention : supprimer les mots, mais pas la chose. Rassurons les actionnaires, les crèmes pour éclaircir les peaux mates et noires sont toujours en vente, et même en tête de rayon. C’est un marché trop juteux à travers le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 27 % des femmes au Sénégal et jusqu’à 77 % au Nigéria utilisent ces produits, d’ailleurs régulièrement dénoncés pour leur dangerosité.

    Et pourquoi cette décision historique ? Suite au meurtre de George Floyd par un policier blanc le 25 mai 2020, suivi d’une énorme vague de manifestations à travers le monde, les grandes multinationales ont atteint des sommets d’hypocrisie philanthropique en faveur du mouvement Black Lives Mater. En avant-goût, rappelez-vous cette pub Pepsi d’avril 2017, avec la mannequin Kendall Jenner qui jouait les activistes « Black Lives Matter » et fraternisait avec la police, une cannette à la main (pub retirée depuis sous la pression des critiques).

  • À rebours du mythe, Michèle Audin refait les contes et les comptes de la Semaine sanglante. Un entretien avec Mathieu Dejean Lieux communs sur la Commune Abonnés

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    « Le mort est encore intact dans son cercueil, et sa mémoire tombe déjà en pourriture. » Cent cinquante ans après la Commune de Paris, les mots de Jules Vallès dans L’Insurgé, décrivant les derniers jours de la Semaine sanglante en mai 1871, résonnent encore tragiquement. Condamner la Commune, effacer sa mémoire, voilà cent cinquante ans que le camp des Versaillais s’y emploie obstinément. Encore ces jours derniers, le sépulcral Pierre Nora se prononçait contre cette commémoration car la Commune « n’a pas apporté grand-chose à la construction de la République ». Il préfère que la France commémore Napoléon dont il vante les mérites, oubliant le désastre imbécile des guerres napoléoniennes qui firent entre trois et six millions de victimes. Aujourd’hui, les 150 ans de la Commune ont le mérite de rappeler l’antagonisme fondamental de notre histoire, une barricade comporte deux côtés, on est de l’un ou de l’autre, il faut choisir son camp.

  • CHAQUE SAMEDI, LES SEXPLORATEURS (5) | Podcast et belles images L’orgasme et Lequeu Accès libre

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    Ah, la joie de Miou-Miou dans Les Valseuses quand elle prend son pied ! Son premier orgasme explosant de rire et de vie entre les deux nigauds Depardieu et Dewaere, tout penauds, tout jaloux et qui la foutent à l’eau. Scène d’anthologie. C’était en 1974. La critique avait détesté ces « scènes pornographiques » du film de Bertrand Blier, mais le public avait adoré, gros succès. Le plaisir féminin marquait des points, quelque chose alors s’est décoincé. Voilà en tout cas ce qui nous avait inspiré un reportage, « mon premier orgasme ».

  • Chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Dialogue avec la jeunesse, mode d’emploi Abonnés

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    Renouer le dialogue avec la jeunesse, c’est ce qui semble être l’obsession du gouvernement à un an de l’élection présidentielle. Après Emmanuel Macron qui invite Mcfly et Carlito à l’Élysée, après le stream de Gabriel Attal sur Twitch, après le Premier ministre dans le salon de Samuel Étienne, Jonathan Duong a regardé le dernier épisode de la sitcom gouvernementale à destination des 18-35 ans : Olivier Véran aux « mardis de l’Essec ».

  • TOUTE LA COMMUNE. (re)découvrez les célèbres émissions d’Henri Guillemin. Une série en 13 épisodes vidéo de 30’ chaque jeudi ! Comprendre la Commune de Paris : #02 Qui est Thiers ? Accès libre

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  • Entretien Corinne Masiero avec Daniel Mermet. Radio. PODCAST Corinne Masiero : « Je suis moche, vulgaire et populaire, mais je te sucerai pas avec les yeux ouverts » Abonnés

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    Bien sûr, il y a eu les réacs de service qui ont essayé de prendre un peu la lumière, mais elle a surtout reçu un « tsunami d’amour ». C’est ce que répète Corine Masiero depuis son strip-tease sanguinolent à la nuit des César, le 12 mars. Des images qui ont fait le tour du monde. Rigolade, respect, bravos. « Ma force, c’est d’être moche, populaire, et vulgaire ». Tout le monde répète sa phrase. Elle affûte ses mots comme des flèches. Sur le tournage de Capitaine Marleau, la série sur France 3 qui bat des records, avec sept millions de spectateurs, elle retouche souvent les dialogues, dans le genre « je te sucerai pas les yeux ouverts ». S’il faut une explication de texte, les yeux fermés, c’est quand l’amour n’est pas là, c’est le boulot, c’est le compromis, les yeux ouverts, c’est les yeux de l’amour. C’est plus beau mais c’est plus rare. La pudeur et la dignité, c’est pas toujours là où on croit. La beauté non plus.

    Corinne Masiero a souvent raconté son passé de gamine de milieu prolo et son parcours tordu entre la seringue et les passes à la va-vite pour remplir la seringue. Même sans savoir tout ça, on comprend tout de suite, au bout de deux minutes avec elle, qu’elle n’a rien à voir avec le monde « radical chic » autour d’elle, le monde « bogo », cette bourgeoisie gauchiste et ses révoltes de salon. Depuis longtemps, elle est avec les « interluttants » de son coin, avec toutes les luttes, pas seulement le cinéma et le spectacle souvent accusé d’égoïsme corporatiste et d’indifférence envers ses propres galériens, elle est avec toutes celles et ceux qui morflent et qui se battent, toute fière de mettre sa notoriété en jeu si ça peut servir, sans souci de com’ ou de carrière. Car elle le sait, quand on est visible, on est visé, et les ratés ne vous ratent pas.

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Pourquoi toutes les séries policières se ressemblent-elles ? AbonnésVoir

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Le confinement quasi mondial a permis aux plateformes de vidéos en ligne d’augmenter leur audience et leur nombre d’abonnements. Pour attirer l’abonné, elles peuvent compter sur les séries policières, qui sont aussi la base du catalogue de toute chaîne télé, publique ou privée. Mais pourquoi toutes les séries policières, qu’elles soient françaises, danoises ou américaines, se ressemblent autant ? Le commissaire Mordillat a mené l’enquête… devant sa télé.

BULLSHIT DEATH ! Mort de DAVID GRAEBER, auteur de « BULLSHIT JOBS » FAITES-VOUS UN BOULOT À LA CON ? Accès libreVoir

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Votre travail apporte-t-il quoi que ce soit d’important au monde ?Faites vous un BULLSHIT JOB, un BOULOT À LA CON ? 40 % ont répondu « non » à la question posée par l’anthropologue David Graeber. Faites vous un « BULLSHIT JOB », un BOULOT À LA CON ? En 2013, dans un article provocateur dans la revue STRIKE !, David GRAEBER pose la question.

Manu Dibango et Daniel Mermet au piano-bar en 1983 ! MANU DIBANGO, LA VIE QUAND MÊME Accès libreÉcouter

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« Il rendait les gens heureux » : le mot sans doute le plus juste dans la pluie d’hommages qui tombe sur la mort de Manu Dibango à 86 ans, des suites du CoViD-19. « Je suis passionné et curieux », disait-il, et c’était vrai, et toute sa vie et toute sa musique le prouvent sur tout son parcours, de Douala au monde entier. S’il y a bien un remède en ces temps difficiles, c’est la musique de Papa Manu, de « Douala Serenade » à « Soul Makossa », en passant par « La Javanaise ».