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Didier Porte n’a pas embrassé un flic Abonnés

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Ami abonné, après une semaine (interminable) d’interruption consécutive à une forte envie de buller, revoilà ta revue de presse préférée, laquelle t’encourage chaudement à faire carrière dans la police nationale. Tu y seras plus en sécurité que devant ton lycée, à militer pour la reconnaissance du baccalauréat comme diplôme de fin d’études secondaires et pas seulement comme bout de papier à rouler des oinjes (je cause le jeune couramment !).

Si la carrière de Malek Boutih te fait chialer, alors tu chialeras, car il est vraiment pathétique ; de même que tu verseras une larme sur la chronique « lacrymogène » de notre employé de la semaine, Kévin Accart… bon visionnage.

Nous reproduisons ci-dessous la lettre ouverte de Robin, mutilé à Bure en 2017, adressée à Maxime, mutilé sur la ZAD le 22 mai 2018.

POUR MAXIME, MUTILÉ SUR LA ZAD LE 22 MAI 2018

LETTRE DE ROBIN, MUTILÉ À BURE LE 15 AOÛT 2017

Mettre des mots sur l’horreur. Ne pas céder à la résignation. Au terrorisme d’État. Malgré le stylo qui tremble, écrire. Témoigner. Ne pas se laisser écraser par le concert d’opérations sémantiques, de propagande préventive et de censure qui cherche à nous couper de notre empathie et de la révolte qu’elle devrait spontanément engendrer.

Maxime vient de perdre sa main. Sa main droite. Pour toujours. Il rejoint bien plus gravement encore, l’enfer que j’ai vécu durant 9 mois. Le 15 août 2017, à Bure, l’explosion d’une grenade GLI-F4 tirée par les gendarmes mobiles creusait mon pied gauche sur un diamètre de 13cm et jusqu’à 3cm de profondeur arrachant peau, veines, nerfs, muscles et pulvérisant les os. C’était pendant une manifestation contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs à 500 mètres de profondeur. Il y a eu 30 blessés dont 4 graves.

Contrairement à ce que leur nom indique, les grenades GLI-F4 contiennent du TNT et explosent ! Leurs déflagrations font 1 mètre de diamètre et peuvent tuer si elles touchent une partie vitale. Les appellations de « lacrymogènes » ou d’« assourdissantes » que la préfecture et les ministres leur donnent dans les médias servent à masquer la vérité à leur sujet : CE SONT DES ARMES DE GUERRE !

L’État utilise des armes de guerre pour terrasser le peuple. Dans le cas présent, les conséquences sont bien pires qu’un tir à balle réelle.

Déjà, à l’époque, j’avais alerté sur les dangers des grenades explosives en organisant une manifestation pour exiger leur interdiction mais les grandes chaînes ont cantonné l’information à la région Lorraine. La majorité des Français ignore encore la vérité sur ce sujet. Il est tombé près de 4 000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les gendarmes mobiles. Provoquant des centaines et des centaines de blessés notamment à cause des éclats de métal qu’elles projettent. Où est la violence ?

Maxime est actuellement à l’hôpital.

Outre les intenses douleurs et le fort traumatisme qui le suivront nuit et jour, il devra désormais supporter ce handicap inimaginable : vivre avec une seule main. Cette main, que l’explosion lui a arraché sur le coup, l’État lui a volé pour prix de son combat, pour prix de notre combat. Dans les dernières décennies, la militarisation du maintien de l’ordre a fait couler trop de sang.

Combien d’éborgnés ? Combien de mutilés ? Combien de vies déchirées par l’utilisation criminelle des flashballs et des grenades explosives ? La violence de l’État pour mater toute résistance est extrême. Elle cherche à nous terroriser, à nous acculer à la résignation. Face à cela, la solidarité est notre arme et jamais la peur ne doit nous arrêter.

Proches, moins proches et tous ceux qui croiseront la route de Maxime, prenez soin de lui ! Tenez bon ! Il y a mille et une manières de lui apporter ce qui lui permettra de vivre. Écoutez-le, cherchez, trouvez !

La vie continue, le combat pour elle aussi. Maxime tiens bon !

Une caisse de soutien pour maxime :

Quelques jours après les blessures de Maxime infligée par l’explosion d’une grenade de type GLI-F4 sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), des initiatives de solidarités concrètes s’organisent : c’est le cas avec la diffusion de cette caisse de soutien organisée par les proches de Maxime, constitués en « Collectif du 22 mai ». (Paris-luttes infos)

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revue de presse : Didier Porte
réalisation : Jonathan Duong
montage : Léa Bardiau
son : Alexandre Lambert

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