À QUI LA FAUTE ? Il y a 150 ans Victor Hugo posait la question. Un poème d’une « brûlante » actualité.

« TU VIENS D’INCENDIER LA BIBLIOTHÈQUE ? » Victor Hugo, à lire à voix haute partout !

Le

L’ANNÉE TERRIBLE (1872) est un des plus célèbres recueils de Victor Hugo. il y évoque notamment la répression sanglante contre le peuple de la Commune de Paris. Pour freiner l’avancée de l’armée des versaillais, les insurgés parisiens incendient le château des Tuileries, symbole de la Tyrannie, ce qui entraîne la destruction de la bibliothèque impériale du Louvre. Victor Hugo pose la question essentielle d’aujourd’hui : À qui la faute ?

Victor Hugo : « À qui la faute ? »

L’Année terrible,1872 .

Tu viens d’incendier la Bibliothèque ? — Oui.
J’ai mis le feu là. — Mais c’est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C’est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C’est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage !
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l’aurore.
Quoi ! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d’œuvre pleins de foudre et de clartés,
 
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l’homme antique, dans l’histoire,
Dans le passé, leçon qu’épelle l’avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes ! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des Jobs, debout sur l’horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l’esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C’est le livre ? Le livre est là sur la hauteur ;
Il luit ; parce qu’il brille et qu’il les illumine,
Il détruit l’échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d’esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L’âme immense qu’ils ont en eux, en toi s’éveille ;
Ebloui, tu te sens le même homme qu’eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t’enseignent ainsi que l’aube éclaire un cloître
A mesure qu’il plonge en ton cœur plus avant,
Leur chaud rayon t’apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur ; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
 
Car la science en l’homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C’est à toi, comprends donc, et c’est toi qui l’éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l’erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un nœud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l’ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c’est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !
 
-- Je ne sais pas lire.
Victor Hugo

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  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre hsitoire Rachel Sumner : « Radium Girls (Curie Eleison) » Abonnés

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  • Quand une privilégiée s’attaque aux privilèges Pour une nouvelle abolition des privilèges Abonnés

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    Alice de Rochechouart, c’est la grande noblesse, les grandes écoles, les grands moyens et pourtant elle part en guerre contre les privilèges. Ceux d’aujourd’hui, ceux qui n’ont pas été abolis en 1789, ceux qui n’ont fait que prospérer depuis.

    Oui, souvenez-vous, le quatorze juillet, le peuple avait pris la Bastille mais il voulait plus, il voulait l’égalité et d’abord du pain. Alors dans son élan, il a ouvert la chasse au noble. La vraie chasse. Et d’eux-mêmes, comme par enchantement, dans la fameuse nuit du quatre août, les nobles ont dit d’accord, et ils ont aboli leurs privilèges, d’accord, fini le régime féodal.

    Une victoire et même une révolution. Mais les racines étaient profondes, d’autres privilèges sont apparus, des espèces souvent inconnues. On a beau couper et arracher, ça repousse.

    Aujourd’hui, les inégalités sont plus monstrueuses que jamais et le plus monstrueux, c’est tout ce qui réussit à nous faire encaisser les privilèges d’aujourd’hui. En soutenant l’extrême droite dans sa marche vers le pouvoir, les grandes fortunes entendent légitimer et augmenter leurs gentils privilèges.

    Alors ? L’impuissance a gagné, on a renoncé ?

    Pas Alice de Rochechouart. C’est ce qu’elle explique à Marième.

    Tremblez privilégiés, vos jours sont comptés !

  • Contre la déprime générale La victoire de Zohran Mamdani, un laboratoire pour la gauche Abonnés

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    Dans ces jours qui n’en finissent pas de déchanter, la victoire de Zohran Mamdani à la mairie de New York le 4 novembre 2025 a été une formidable embellie. Crédité de 1 % un an auparavant, ce pétulant musulman est devenu le premier maire « socialiste » dans la plus grande ville américaine qui compte le plus de milliardaires au monde.

    Une brève éclaircie ou bien le début d’un durable contre-feu ?

    Enseignant à l’université Johns Hopkins, l’historien Tristan Cabello voit dans cette victoire un laboratoire pour la gauche.

    Alors que nos gauches s’entretuent avec application en offrant un boulevard aux réacs les plus déboutonnés, il y a là sans doute pour nous du grain à moudre, surtout à la veille des municipales.

    Gel des loyers, bus gratuits, crèches abordables.

    C’est en répondant aux galères populaires que Mamdani a réussi. Avec bien moins de moyens financiers, il a battu Andrew Cuomo, figure de l’establishment démocrate, le parti qui, en méprisant les préoccupations des modestes, a favorisé l’élection de Trump.

    Accusée bien sûr d’antisémitisme et de soutien du Hamas, toute la jeunesse de la communauté juive de New York a voté pour lui.

    Et surtout Mamdani a laissé tomber les « culture wars », les guerres culturelles, c’est-à-dire les conflits identitaires et moraux qui masquent un agenda économique pro-patronat. Des débats dont notre gauche culturelle se gave depuis longtemps, loin des soucis du populo beauf et mal élevé.

    Un entretien contre la déprime générale avec une surprise à la fin…

  • Leïla Shahid, toute une vie Palestine Accès libre

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    Leïla Shahid vient de mourir. Une grande dame, une très grande dame répètent les messages. 76 ans. Malade, elle a mis fin à ses jours. Bouleversé, tout un monde est bouleversé, un monde bien plus grand que la Palestine. Elle lui a consacré toute sa vie mais sa voix porte bien plus loin. Elle le répétait sans cesse : « ne dites pas "conflit israélo-palestinien" mais dites "question de Palestine". Il s’agit bien d’un enjeu mondial de justice et de dignité qui survivra aux décombres, aux gravats et au génocide.

  • Quatrième visite officielle en Inde. Dans notre GUIDE DU DROITARD, toutes les questions dont il ne sera pas question En visite en Inde, Macron ose la cravate à pois Abonnés

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    Visite officielle de Monsieur et Madame Macron en Inde

    « Pour l’occasion, la première dame était vêtue d’un pantalon taille haute noir et d’une chemise blanche recouverte d’un blazer en cuir terracotta aux épaules structurées. Le président, lui, avait opté pour un costume bleu marine classique avec une touche de fantaisie sur sa cravate à pois. »

    Une visite dans le cadre d’un « partenariat stratégique bilatéral », notamment la vente de 114 chasseurs Rafale. Pour ça, bien sûr, il ne faut pas être trop regardant sur certains sujets comme les droits humains et tous ces trucs-là, les inégalités, l’environnement et tous ces éléphants au milieu du salon.

    Pour connaître les questions dont il ne sera pas question, voyez notre récent GUIDE DU DROITARD.

    Et faites suivre à toute la suite officielle…

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte nos chants de bataille Bruce Springsteen : « Streets of Minneapolis » Abonnés

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    Si on devait ne garder qu’un chant de bataille, ce serait lui ! Le 7 janvier 2026, le service de l’immigration états-unien, surnommé « ICE », tuait de quatre balles Renee Good, une mère de famille de Minneapolis qui leur résistait. Le 24 janvier, c’est un infirmier en réanimation de 37 ans, Alex Pretti, citoyen américain, qui succombait après avoir été touché de dix balles tirées par les agents de l’ICE. Le 28 janvier, Bruce Springsteen publiait sur ses réseaux Streets of Minneapolis. Écrite en quelques heures, enregistrée le lendemain. Plusieurs millions de vues en quelques jours. Et la voix des vrais manifestants de Minneapolis en guise de chœur : « ICE out ! »

  • Apprenez enfin l’art du savoir-vivre. Un reportage de Charlotte Perry. RADIO/PODCAST Soyez les bienvenus à l’académie des bienséances Abonnés

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    Vous rotez en mangeant, vous buvez au goulot, vous sortez des blagues grasses, vous êtes un rustre et un malpoli. Vous ne réussirez jamais dans la vie. Sauf si vous allez voir Bérengère de Monbois qui va vous apprendre les bonnes manières et tous les codes du savoir-vivre à la française. Comment tenir son couteau et sa fourchette sans éborgner votre voisine de table, comment faire un baise-main sans se moucher en même temps, comment faire la conversation sans parler du génocide à Gaza ni de ces 3 000 milliardaires français qu’il faudrait fusiller ? Pas facile pour les habitués de Là-bas. Mais les temps changent, il faut s’adapter. Bérengère va vous apprendre tout ça, et enfin vous aussi vous allez réussir dans la vie ! Bienvenue à l’académie des bienséances !

  • Michaël Lainé publie « L’ère de la post-vérité. Comment les algorithmes changent notre rapport à la réalité » (La Découverte) L’émotion prend l’ascenseur quand la raison prend l’escalier Abonnés

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    Pas de doute, on préfère croire que savoir. Sauf que même par là, ça ne passe plus. Pour Michaël Lainé, nous voilà entrés dans « l’ère de la post-vérité ».

    Croyance, propagande, bourrage de crâne, dans toutes les langues du monde on connaît la chanson du décervelage. Ravi et béat, nez en l’air, on suit l’étoile qui brille sans voir le camion qui arrive en face. Même sur le chemin de l’abattoir, on préfère chasser cette sorcière nommée Vérité.

    Oui mais c’est moyenâgeux tout ça. De nos jours on est informé, on a tous les moyens de savoir en temps réel comme jamais dans l’histoire humaine.

    Sauf que l’utopie du cyberespace a été entièrement colonisée et devenue un moyen de domination planétaire sans précédent. Pour Michaël Lainé, aujourd’hui les algorithmes sont en train de changer entièrement notre rapport à la réalité. L’algorithme en sait plus sur moi que moi-même. Les contenus clivants et anxiogènes sont privilégiés pour générer un maximum de revenus publicitaires en s’adressant à cette part de nous-mêmes qui souhaite se débarrasser de la réalité. La peur, la colère, l’indignation nous attirent davantage et nous poussent à un maximum de clics.

    Il montre aussi que l’essor mondial du « climato-dénialisme » et des extrêmes droites est en grande partie dû au biais d’internet et des réseaux sociaux qui en favorisent les idées.

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Midnight Oil : « Beds Are Burning » Abonnés

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    Une chanson anti-colonialiste peut-elle devenir un tube et se hisser dans les premières places du top 50 ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est ce qui est arrivé au groupe australien Midnight Oil avec leur chanson Beds Are Burning. Vous ignoriez comment les colons britanniques ont volé leurs terres aux Aborigènes d’Australie ? En 1987, il a suffi de quatre minutes et quinze secondes au groupe de rock Midnight Oil pour raconter cette histoire au monde entier.

  • À gauche : ensemble ou séparément ? La gauche, combien de divisions ? Accès libre

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    Une avalanche de commentaires sur notre forum cette semaine suite à la chronique de Gérard Mordillat qui s’est cru permis de critiquer la stratégie électorale de La France insoumise et de ses dirigeants !

    La récente affiche de la candidate Sophia Chikirou à la mairie de Paris en effet ne fait pas dans la dentelle et vise l’équipe de gauche sortante. De même le candidat La France insoumise à Marseille : « avec Delogu, Marseille propre ! Sans déchet ni corruption. »

    Bref. Voilà notre Gérard repeint en social-traître, renégat, bourgeois de gauche et pire encore, émule de François Hollande…

    Mais comment taire ces commentaires ?

    Impossible et c’est tant mieux.

  • Gérard Mordillat : « On attend Robespierre… on voit arriver Napoléon III » Abonnés

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    Ça y est, la campagne électorale pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains est lancée. Gérard Mordillat s’interroge sur la stratégie de certains insoumis d’attaquer plutôt les socialistes et leurs alliés que la droite et l’extrême droite. N’est-ce pas l’union de la gauche qui a fait battre le Rassemblement national en 2024 et qui le fera battre en 2027 ? Gérard Mordillat mord.

  • Convaincus d’être des cons vaincus ? Abonnés

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    « Faire le dos rond, attendre que ça passe, ça peut pas être pire, faudra faire avec… »

    Des petites phrases entendues à la table à côté.

    « — On est convaincu qu’on est des cons vaincus, dit un gars.
    — Pas partout, dit une dame, pas tout le monde, écoute Bruce Springsteen. »

    Et clac, sur son téléphone, elle envoie à fond « Streets of Minneapolis ».
    Écrit et enregistré en trois jours. Dix millions de vue en quatre jours… Oui, dix millions !

    Voilà un authentique CHANT DE BATAILLE !

    Ceux que vous raconte génialement Olivier Besancenot chaque semaine, c’est souvent dans le passé mais là c’est à chaud. Littéralement à chaud, dans le froid polaire de Minneapolis et contre ICE, la « Gestapo » de Trump qui a assassiné Renee Good et Alex Pretti. Des manifestants ordinaires mais que Trump qualifie de « terroristes de l’intérieur » alors que les images ne laissent aucun doute sur leur exécution à bout portant et sur leur totale innocence. L’histoire a fait le tour du monde. Trump a fait mine de calmer le jeu. Mais ce n’est pas un jeu et ça ne se calme pas. Au contraire. Los Angeles, San Francisco, New York, ça manifeste partout. Et à Minneapolis, ça ne plie pas.

Une sélection :

Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Renaud : « Son bleu » AbonnésVoir

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En ce mois de novembre 1994, François Mitterrand est toujours président de la République, pour quelques mois encore.

Depuis quatorze ans, le nombre de chômeurs a doublé, bondissant de 1 376 000 en 1980 à 2 605 000 en 1994. La création des « Restos du cœur » en 1985 a rendu visibles et concrètes les conséquences du « tournant de la rigueur » adopté par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1983. La ratification du traité de Maastricht en 1992 a entériné la soumission de la politique économique et sociale à des « critères de convergence » budgétaires. La conversion des socialistes au capitalisme néolibéral a précipité la désindustrialisation du pays et la destruction de centaines de milliers d’emplois.

C’est donc en novembre 1994, à la toute fin des deux septennats de celui qu’il a naguère soutenu, que Renaud publie son onzième album, À la Belle de Mai, sur laquelle figure cette chanson, Son bleu. L’une des préférées de Renaud, paraît-il, que vous raconte aujourd’hui Olivier Besancenot.

Bougre de merdre UBUESQUE UBU Accès libreLire

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C’est une évidence, Donald TRUMP a pris UBU comme modèle. TRUMP, c’est UBU et UBU, c’est TRUMP. Et la France doit en être fière car UBU a été créé en France, UBU est un produit français, on l’oublie trop. Nous avons Notre-Dame, Napoléon et le camembert mais, MERDRE ! nous avons aussi le père UBU. Il est temps que Macron exige des indemnisations pour une telle exploitation de notre patrimoine.

Laurent Mauduit, « Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires » (La Découverte) Collaborations AbonnésVoir

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La France est à un point de bascule. Pour la première fois depuis Vichy, notre démocratie est menacée de l’intérieur, la responsabilité est collective mais la responsabilité des milieux d’affaires est écrasante, dit Laurent Mauduit. Longtemps responsable des pages économiques du Monde puis co-fondateur de Mediapart, il se consacre à des enquêtes. Cette fois, il s’intéresse à ce bon vieux couple : extrême droite et milieux d’affaires.

Le front anti-Zucman déchaîné Accès libreVoir

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Les médias cherchent à augmenter toujours plus leur audience, les élus font tout pour séduire leurs électeurs. Mais il arrive que la majorité des médias et la majorité des élus s’opposent à la majorité des citoyens.

C’est ce qui vient d’arriver avec la taxe Zucman. Selon toutes les enquêtes, plus de 80 % de l’opinion s’est déclarée favorable à l’instauration d’un impôt plancher de 2 % sur les très hauts patrimoines qui échappent à l’impôt sur le revenu, soit 1 800 personnes disposant de plus de 100 millions d’euros.

C’est l’idée que défend inlassablement l’économiste Gabriel Zucman depuis des mois. Rien de révolutionnaire, rien d’anticapitaliste, une simple affaire de justice et d’égalité. Pourtant, malgré le consensus populaire, une majorité de droite et d’extrême droite a rejeté ce projet de loi.

De même, la plupart des médias se sont déchaînés pour défendre ces quelques super-privilégiés comme le bon chien de garde défend son maître.

Et alors ? Le peuple a pris la rue en réclamant l’abolition des privilèges ? En promenant quelques têtes de milliardaires au bout d’une pique ?