Une avalanche de commentaires sur notre forum cette semaine suite à la chronique de Gérard Mordillat qui s’est cru permis de critiquer la stratégie électorale de La France insoumise et de ses dirigeants !
La récente affiche de la candidate Sophia Chikirou à la mairie de Paris en effet ne fait pas dans la dentelle et vise l’équipe de gauche sortante. De même le candidat La France insoumise à Marseille : « avec Delogu, Marseille propre ! Sans déchet ni corruption. »

Bref. Voilà notre Gérard repeint en social-traître, renégat, bourgeois de gauche et pire encore, émule de François Hollande…
Mais comment taire ces commentaires ?
Impossible et c’est tant mieux.
Ce flot de messages révèle parfaitement le tourment politique que nous vivons face à une puissante marée brune qui avance de toutes parts, nos atermoiements, nos aveuglements face au venin mortel de la division et ce qu’on qualifiait jadis de « terrorisme intergroupusculaire ».
UNITÉ ! est sans doute le mot le plus scandé, le plus hurlé par tous les poumons de tous les peuples en lutte, une litanie dans toutes les langues du monde. TOUS ENSEMBLE, TOUS ENSEMBLE, OUI, OUI, OUI !
Ceux d’en face savent parfaitement diviser, ils connaissent les failles, leurs méthodes sont vieilles comme leur monde. Ils ont le monopole de la violence, ils ont la plupart des médias et le soutien total des puissances d’argent mais leur force principale, c’est nos divisions.
Le peuple n’a qu’une seule incantation : EL PUEBLO UNIDO JAMÁS SERÁ VENCIDO !
Mais attention, notez qu’à tous vos messages, Gérard a répondu :
« Les ami(e)s,
L’ampleur de vos commentaires (comment taire les problèmes, aurait dit Lacan) montre la hauteur des questions que nous devons surmonter :
– est-il impensable de critiquer la stratégie électorale de La France insoumise et de ses dirigeants ? Par nature, La France insoumise serait-elle incritiquable ?
– l’enjeu des municipales (et a fortiori de l’élection présidentielle) est-il de battre l’union des droites (le néofascisme en marche, Dati/Knafo) ou de démontrer par la défaite que les autres partis engagés dans ce combat ne sont pas à la hauteur ?
– dans ce combat peut-on par principe disqualifier ceux qui veulent le mener s’ils n’appartiennent pas à l’organisation auto-proclamée seule capable de le faire ?
– l’établissement d’une VIe République (sociale et démocratique), le rétablissement des services publics à la place qui devrait être la leur, l’augmentation des salaires, la réduction du temps de travail… bref tout le programme du Nouveau Front populaire n’est-il pas plus mobilisateur que les guerres picrocholines entre les uns et les autres ?
À un jeune poète qui l’interrogeait, Antonin Artaud répondit : « je vous en pose des questions ? »
Eh bien moi, je vous en pose !
Vive la Sociale !
Gérard. »
Social-traître notre Gérard ? Et nous, l’équipe de Là-bas, ne sommes-nous pas ses complices ? Patrick, dans son message, nous a même menacés de se désabonner ! Heureusement FiofioJM a mis les choses au point en rappelant judicieusement à ne pas tout mélanger et à rappeler le rôle de notre média.
« Bonjour Patrick,
Il me semble que vous confondez "organisation militante qui a une ligne politique" et "média indépendant". Là bas si j’y suis, même s’il s’affirme de gauche, n’a aucune obligation de suivre la ligne politique d’un quelconque parti et je pense que les abonnés attendent de ce média qu’il anime la controverse à gauche, des plus radicaux jusqu’aux plus mous voire même hypocrites, car c’est justement en mettant en lumière cette controverse, en laissant chacun aller au bout de ses idées que nous, auditeurs et électeurs, pouvons être en capacité de faire nos choix en toute connaissance de cause. Donc oui, Gérard Mordillat a glissé sur une planche savonneuse pour le coup, selon certains (dont moi), mais c’est le jeu à Là bas, et pour son indépendance salutaire il faut l’accepter.
Bref conservez votre abonnement et exprimez vos désaccords dans cet espace qui nous est réservé, ils seront lus et analysés par les autres.
La preuve.
Bien cordialement. »
Merci à toutes et tous !
On n’a pas le cul sorti des ronces mais tous ensemble on va s’en sortir !

