Les enfants fichus

A pour Amy tombée au bas des escaliers ; B pour Basil surpris par des ours affamés ; C pour Clara lassée, décharnée et malade ; F pour Fanny vidée d’un baiser de sangsue ; Z pour Zillah petite ayant bu trop de gin… Cet abécédaire de morts d’enfants, dessiné à la plume en noir et blanc est écrit et illustré avec minutie, par un dessinateur fantastique, extravagant, excentrique, tragique, prolixe, aimant le ballet de Balanchine, Buffy contre les vampires, le Dit du Genji Raymond Queneau et Astérix. Edward Gorey, mort sur son sofa le 13 avril 2000, est peut-être l’un des dessinateurs le plus original du siècle dernier que cette réédition permet de découvrir en France. Les enfants fichus, The Gashlycrumb Tinies, un de ses premiers livres, est l’objet d’un véritable culte et bon nombre d’artistes s’en sont inspirés. Ainsi Tim Burton en publiant La triste fin du petit enfant huitre et autres histoires. Si Edward Gorey reconnaissait avoir tué beaucoup d’enfants dans ses livres, pour autant, il ne se considérait pas comme un auteur macabre. « Pourquoi détestez-vous les enfants » lui demandait-on ? A quoi il répondait, avec cette façon elliptique et absurde qui le caractérise « Vous vous trompez. D’ailleurs : je ne connais pas d’enfant ».

Edward Gorey, Les enfants fichus, Le tripode, Paris, 2014, première édition : 1963.

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Pour se mettre dans l’ambiance, retour sur la manif du 28 mars 2006 IL Y A VINGT ANS, CONTRE LE CPE, LÀ-BAS ÉTAIT LÀ ! Accès libreÉcouter

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Le 28 mars 2006, ils étaient trois millions dans la rue contre le CPE (Contrat Première Embauche), la manif qui a fait plier le pouvoir. Le 10 avril, c’était le retrait de la loi. Toute l’équipe de LÀ-BAS était dans la rue et les auditeurs envoyaient des centaines de messages sur le répondeur. Aujourd’hui, à la veille des turbulences qui commencent, replongez-vous dans ce moment de jubilation où soudain la peur a changé de camp. Un encouragement pour rappeler qu’on ne perd pas toujours !

Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Trust : « Antisocial » AbonnésVoir

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Quarante-cinq ans plus tard, cette chanson écrite en quarante-cinq minutes est LE tube de chaque manif, où elle ne manque pas de faire danser tout le monde dès que les premières notes de guitare résonnent derrière le camion de la CGT. Ses interprètes en personne étaient même venus soutenir les salariés en lutte de l’usine GM&S en donnant un concert à La Souterraine en 2017. Aujourd’hui, Olivier Besancenot vous prépare à la prochaine manif et vous fait réviser les paroles de la chanson Antisocial du groupe Trust.

MANIP de MANIFS : UN CRS NOUS EXPLIQUE Quand ils cassent, laissez-les casser ! AbonnésÉcouter

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Des flics parmi les casseurs, des policiers déguisés en black bloc, un manifestant qui sort son brassard de police au dernier moment. Comme après chaque manif, des rumeurs ont circulé après celle de samedi à Paris. Des accusations récurrentes, mais très peu de preuves en général, malgré les centaines de téléphones qui filment tout. Hier, on levait le poing, aujourd’hui, on brandit son téléphone, c’est la même crainte pour le pouvoir ; la manif est avant tout une guerre d’images qu’il doit absolument gagner.

Ce samedi, les images de violences, d’incendies et de policiers blessés ont tourné en boucle mais n’ont pas réussi à « équilibrer » le tabassage de Michel Zecler, vu par 18 millions de personnes sur la toile. La manif est un important enjeu de propagande. En attendant de contrôler, voire d’interdire les images diffusées par des journalistes et des témoins, le pouvoir sait mettre en scène et produire les images qui lui sont favorables.

Pour cela, il n’est pas indispensable d’infiltrer les manifestants, ni de se déguiser, il suffit simplement de laisser faire les groupes violents et d’en faire ses idiots utiles : « s’ils cassent, laissez les casser ». Et laissez les filmer. Les images de destruction et de pillage ont un triple avantage :
– resserrer la France profonde autour de l’ordre et de la sécurité,
– discréditer la cause de la manifestation,
– utiliser la violence comme moyen de diversion.

Rencontre avec Francesca Albanese qui publie son rapport sur la torture en Palestine (vidéo et radio. Durée : 24’53) Francesca Albanese : « Israël a reçu un permis de torturer les Palestiniens » Accès libreVoir

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Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés…

À Genève, le 21 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés FRANCESCA ALBANESE a présenté son dernier rapport « TORTURE ET GÉNOCIDE » dans les territoires palestiniens occupés.

Pas seulement bavure ou revanche, mais méthode systématique contre les Palestiniens dans les prisons mais aussi hors des lieux de détention, y compris sur des mineurs. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une logique qui s’exerce sur les corps comme sur les conditions de vie.

Le rapport précise : « la torture est une caractéristique structurelle du génocide en cours commis par Israël et, plus largement, de l’apartheid colonial de peuplement ».