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Les bouquins de LÀ-BAS

La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

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La sélection

Nos nouveautés

Humour et fiction

  • De A à X

    John Berger (L’Olivier, 2018)

    Qu’importe le lieu où se déroule cette histoire, Mexico, Ramallah, Kaboul ou ailleurs. John Berger, anglais exilé en France mort en 2017, homme de gauche et artiste engagé, a voulu son roman universel, c’est-à-dire le situer partout où les hommes souffrent, résistent à l’oppression. De A à X est la correspondance entre Xavier, incarcéré dans la cellule n° 73 de la prison de Suse où il purge une peine de réclusion à perpétuité pour terrorisme, et Aida son amante qui, elle, est libre. Roman épistolaire, roman d’amour, roman de combat. Mais aussi roman elliptique où chacun peut laisser libre cours à son imagination.
  • Le Suaire

    Éric Liberge, Gérard Mordillat, Jérôme Prieur (Futuropolis, 2018)

    Après Corpus Christi, soit un documentaire en douze épisodes faisant état des connaissances historiques sur Jésus de Nazareth, Jérôme Prieur et Gérard Mordillat se posent désormais une question essentielle : le Suaire, un linge de 4,42 mètres de long sur 1,13 de large et qui aurait enveloppé le corps du Christ à sa descente de la croix, est-il une relique sacrée ou une arnaque ? Avouez, vous n’y auriez pas pensé … Mais rassurez-vous, dans cette trilogie qui traverse le temps et l’espace, il y a de la passion, de l’amour, de l’excès, de la rivalité, du mensonge et une intrigue captivante. Plus sérieusement, cette bande dessinée portée par le magnifique dessin noir et blanc d’Éric Liberge, repose sur un minutieux travail d’historien comme savent le faire les deux auteurs. Le premier tome, paru le 4 janvier 2018, se déroule au XIVème, dans la campagne de Troyes. Lucie, une jeune nonne qui va prononcer ses vœux,… Lire la suite
  • Manif

    Mathieu Colloghan (Adespote, 2017)

    Tous ensemble, tous ensemble ! Les parcours bastille-république-nation, les slogans, les combats, les charges de CRS, les indignations, les rencontres heureuses et malheureuses… A chacun sa manif, la vôtre, la sienne, la nôtre. Dans cette BD qui raconte l’engagement politique à « hauteur d’homme », vous retrouverez l’ambiance, l’émotion, les coups de matraques et les coups d’apéro. Tout cela dessiné avec humour et tendresse, portés par un trait vif et maîtrisé.
  • Comme une rivière bleue

    Michèle Audin (L’arbalète Gallimard, 2017)

    Qu’est-ce qui pousse une mathématicienne et écrivain à s’emparer d’un évènement historique comme la Commune de Paris ? Un besoin d’utopie ? Ces instants d’immense fraternité ? Ces rêves d’émancipation et d’autogestion au travail ? On sait la fin tragique des communards nageant dans le bain de sang des exécutions massives, on connait leur héros, ainsi Louise Michel déportée en Nouvelle-Calédonie. S’inscrivant dans la lignée des récits historiques portés par les anonymes et les sans grades, Michèle Naudin choisit de raconter ces 72 jours de la Commune de Paris (du 18 mars au 28 mai 1871), à travers une petite foule de personnages. Ils s’appellent Emilie Lebeau, Pierre Vésinier, Florris Piraux, Paul Vapereau, Charles Longuet. Ils s’aiment, se querellent, se retrouvent, protestent. Ils sont là, place de Grève, dans le onzième arrondissement, le Faubourg Saint-Antoine, le quai Conti. Ils dansent, discutent, soudés… Lire la suite
  • Jeu blanc

    Richard Wagamese (Zoé, 2017)

    C’est un roman. Cela pourrait être une autobiographie. L’auteur, Richard Wagamese est d’origine objiwé, soit une des plus grandes nations amérindiennes en Amérique du Nord. Le héros, également issu de cette communauté, raconte son histoire, se remémore son enfance, la récolte du riz et de la pêche, son enfermement dans un pensionnat où les blancs s’échinent à effacer son indianité. « Ils m’emmenèrent dans un pensionnat (…) une fois j’avais lu qu’il y avait dans l’univers des trous qui avalaient toute la lumière, tous les corps. (Il) vola tout la lumière de monde, tout ce que je connaissais s’évanouit avec un bruissement audible comme le fait l’orignal quand il disparaît dans les épicéas », écrit-il. Ce livre parle de racisme, de destruction culturelle, mais aussi de la relation magique de l’homme avec la nature. Par cette double voix, on découvre la singularité et la richesse de l’identité… Lire la suite

Histoire

  • Jeanne et Lucien dans le tourbillon de Mai 68

    Bruno Lemerle (les Mutins de Pangée, 2018)

    Que s’est-il passé précisément à l’usine Peugeot de Sochaux le 11 juin 68 ? Quels souvenirs les ouvriers en ont-ils gardés ? « Pour nous, 26 200 personnes à l’époque, c’est resté une tragédie, avec une haine chevillée en nous pour ces répressions policières, une cicatrice dans l’histoire de l’usine. Il fallait que la chienlit s’en aille, un prolo c’est fait pour bosser, pas pour faire grève ! Alors ils ont nettoyé : 2 morts, 152 blessés » écrit Christian Courouge, ouvrier et militant syndicaliste à Sochaux de 1978 à 2011, dans sa préface au récit écrit par son pote Bruno Lemerle, également ouvrier de Peugeot Sochaux. Cinquante ans plus tard, leur mémoire est intacte, leur envie de raconter aussi, renforcée par l’ouverture d’une partie des archives. À travers les yeux de Jeanne et Lucien, deux personnages inventés pour l’occasion, c’est donc une histoire mal connue qu’on nous raconte. Marcellin, la famille Peugeot,… Lire la suite
  • 68, une histoire collective (1962-1981)

    Michelle Zancarini-Fournel, Philippe Artières (La Découverte, 2018)

    68, ce n’était pas qu’un mois, mais une longue séquence historique dans laquelle ce mouvement s’inscrit, de la fin de la guerre d’Algérie en 1962, à l’élection de François Mitterrand en 1981, de la révolution cubaine à la révolution iranienne. Ce volumineux ouvrage (860 pages), écrit il y dix ans et qui vient d’être réédité, a l’intérêt de décentrer mai 68 du quartier latin, des barricades et de l’occupation de la Sorbonne, pour recomposer un paysage bien plus vaste, à Paris, en province et à l’étranger. À travers des personnages anonymes ou célèbres, des lieux connus ou inconnus, ces récits polyphoniques donnent à voir l’intensité des débats politiques, la diversité des luttes et des aspirations dont ces années furent le… Lire la suite
  • Nouveauté !

    Marx, une passion française

    Antony Burlaud , Jean-Numa Ducange (La Découverte, 2018)

    Deux siècles après sa naissance, les contributeurs de cet ouvrage collectif - historiens, philosophes, linguistes, spécialistes des sciences-politiques - s’interrogent sur la place et l’influence de Karl Marx dans le débat politique et artistique français, de l’extrême gauche à la droite aronienne, jusque dans le monde colonial francophone. Ces textes et analyses proposent un regard singulier qui permet de comprendre les usages - et les mésusages- d’une œuvre qui reste parmi les plus importantes de l’époque contemporaine. Malgré la disparition de l’URSS, l’effondrement du parti communiste, les séquelles laissées par le stalinisme, le spectre de Marx hante toujours l’imaginaire français.
  • Sur l’enseignement de l’histoire

    Laurence de Cock (Libertalia, 2018)

    Questionner le récit national, se lamenter sur les programmes et les manuels d’histoire, est devenu un sport national français. Laurence de Cock propose de sortir de ces éternelles polémiques, en proposant un autre angle d’attaque : aborder l’analyse « par le bas et par les praticiens depuis le XIXème siècle ». Pour cette spécialiste des questions pédagogiques et didactiques, l’histoire de l’enseignement de cette discipline bien vivante est inséparable de ses acteurs, de ses lieux, de ses outils et de ses espaces de discussions. On découvre également dans ce travail de recherche - et c’est peut-être son but - que les débats qui agitent l’enseignement de l’histoire, une « des passions françaises » sont récurrents et toujours présentés comme… Lire la suite
  • Une histoire populaire du football

    Mickaël Correia (La Découverte, 2018)

    Le foot ne se résume pas aux supporteurs débiles et fachos, aux masses d’argent échangées lors des transferts déments, aux stars surmédiatisées gangrénées par le business. Le foot, selon ce journaliste indépendant qui participe au mensuel CQFD et à la revue Jef Klak, est aussi un puissant instrument d’émancipation pour les ouvriers, les féministes, les militants anticolonialistes, les jeunes de quartiers populaires et les contestataires du monde entier. En dribblant à travers les clichés, Mickaël Correira, propose une histoire « par le bas » des contre-cultures footballistiques nées après la seconde guerre mondiale, des hooligans anglais jusqu’aux ultras qui ont joué un rôle central dans les printemps arabes de 2011. Le foot peut être aussi généreux que… Lire la suite

Biographie

  • Balzac, Paris

    Eric Hazan (La fabrique, 2018)

    Ici, « tout fume, tout brûle, tout brille, tout bouillonne, tout flambe, s’évapore, s’éteint, se rallume, étincelle, pétille et se consomme » écrivait Balzac dans Le Mendiant. Ici, c’est Paris, sa ville avec laquelle l’auteur de La Comédie humaine entretient une passion amoureuse. Éric Hazan, avec le talent d’arpenteur qu’on lui connait, lui redonne vie. On le suit dans les rues et les quartiers de Paris au gré de ses rêveries et de ses personnages. On l’accompagne dans ses nombreux déménagements afin d’échapper à ses créanciers. Éric Hazan raconte ses démêlés avec ses éditeurs, ses malheurs au théâtre, sa passion des journaux, de la politique et le bonheur de ses multiples amis. Ce livre est, à travers le temps et l’espace, les lieux et les personnages, l’exploration de l’univers balzacien dont Paris est la clef de… Lire la suite
  • Encore vivant

    Pierre Souchon (La brune au rouergue, 2017)

    C’est l’histoire d’un mec, drôle, tendre, doué, inventif, bipolaire. C’est l’histoire de Pierre Souchon, 35 ans, journaliste au Monde Diplo et à l’Humanité, qui raconte dans un premier livre autobiographique sa maladie, les séjours en hôpital psychiatrique, le passage vertigineux de ce qu’il nomme la « barrière de fous ». Cent fois, il aurait dû mourir, cent fois, il a inventé les raisons de vivre. Dans ces pages, il ne s’épargne rien. Peut-être parce qu’au-delà des crises maniaco-dépressives, ce récit trempé dans ses tripes, raconte l’humanité de chacun. Les internés, comme lui, ses frères dans l’ordre de la nuit, paranos, schizophrènes, suicidaires, les paysans de sa terre cévenole, la grande bourgeoisie dont est issue sa femme. Ces pages sont sans précautions, dures et… Lire la suite
  • Misère de l’espace moderne. La production de Le Corbusier et ses conséquences

    Olivier Barancy (Agone, 2017)

    Le Corbusier : un imposteur doublé d’un fasciste bon teint. Bon, ça on le sait. Le plus grave que démontre Olivier Barancy, architecte et auteur de cette enquête fondée sur l’analyse de la production bâtie ou théorique de Le Corbusier, c’est une oeuvre catastrophique, des projets au caractère totalitaire et une misère spatiale engendrée de son vivant jusqu’à aujourd’hui. Modèle des architectes de l’après-guerre qui ont couvert la France de béton, son monde cauchemardesque qu’il voulait édifier, fait les affaires des bureaucrates russes et chinois.
  • Hadjira, la ferme Ameziane et au-delà…

    Claire Mauss-Copeaux (Les Chemins du présent, 2017)

    « Écrire ce qui a fait ma vie ». Il lui en a fallu du temps à Hadjira pour qu’elle se souvienne de sa jeunesse à Constantine, ose écrire son combat pour l’indépendance de l’Algérie, cette ferme Ameziane transformée en Centre de renseignement et d’action par les militaires français. C’est là que la veille de ses vingt et un an, elle a été amené avec d’autres suspects. Et torturée. Une souffrance qu’elle a vécu et gardé secrète pendant plus de cinquante ans. Elle en témoigne désormais. Pour ses proches, pour l’Histoire.
  • Je vous rends ma médaille

    Michel Ferchaud (Les Savoirs Inédits, 2016)

    Il a fait la guerre d’Algérie, Michel. Il a sauvé des soldats et des populations. Il a eu une médaille pour cela, valeur militaire avec étoile de bronze. Mais Michel Ferchaud n’en veut plus de cette breloque dont on l’a honoré et qui n’est que le mauvais souvenir d’une guerre qui a sali ses vingt ans. Depuis, il a la rage et le raconte dans un livre où se mêlent musique et chansons, les gens simples, la Loire et les ébénistes parisiens du faubourg du temple. C’était une époque. Celle de beaucoup de nos pères et grands-pères. De petites histoires pour écrire la grande.

Médias

  • La pensée en otage

    Aude Lancelin (Les Liens qui Libèrent, 2018)

    Après Le monde libre, Aude Lancelin poursuit sa réflexion sur notre système d’information et l’apparente démocratie des médias dominants massivement rachetés par le CAC 40. Ils imposent, écrit-elle, « une idéologue de « neutralité » mortifère, propulsant sur le devant de la scène ses valets intellectuels, dévastant l’esprit public ». Dans cet essai, elle démonte sept idées fausses, autant de mensonges, de pseudo évidences et de mythes consolateurs, qui « empêchent les gens de prendre conscience de la gravité de la situation ». Une centaine de pages nécessaires pour s’« armer intellectuellement contre les médias dominants ».
  • Journaliste, syndicaliste, communiste. Trente-sept ans d’un combat dans l’audiovisuel

    Jean-François Téaldi (Tirésias-Michel Reynaud, 2017)

    C’est une histoire de l’audiovisuel français comme on ne vous l’avait jamais racontée, celle vue à travers le témoignage d’un journaliste qui a participé à toutes les discussions sociales importantes qui contribuèrent à assurer sa pérennité. Le récit de Jean-François Téaldi fourmille d’anecdotes inédites où l’on comprend qu’« il n’a pas été facile d’être communiste dans une télévisions publique longtemps contrôlée par le pouvoir politique » comme l’écrit l’ancien président de France télévisions, Hervé Bourges dans la préface à cet ouvrage de près de 400 pages. On croise également Jacques Médecin, Christian Estrosi, Bernard Tapie, Jean-Marie Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou encore Nicolas Sarkosy. On apprend aussi comment se sont menés en interne les nombreux combats pour la défense des droits au… Lire la suite
  • Pour aboutir à un livre

    Eric Hazan (La Fabrique, 2016)

    « La fabrique d’une maison d’édition ». Le sous-titre de ce petit livre est on ne peut plus clair. On vous raconte les différentes étapes de l’édition, on vous décrit des acteurs – auteur, maquettiste, correcteur, imprimeur, diffuseur-, on vous présente le metteur en scène, celui qui porte le nom d’éditeur. Ce livre raconte aussi une aventure forcément folle « faite d’hésitations et de cahots, de bonheurs et de rencontres précieuses ». Éric Hazan en est le récitant. Il sait de quoi il parle puisqu’il dirige depuis presque vingt ans La fabrique, sa maison d’édition toujours soutenue par le désir collectif de subvertir à l’ordre établi.
  • Ma vie au poste. Huit ans d’enquête (immobile) sur la télé du quotidien

    Samuel Gontier (La Découverte, 2016)

    Journaliste à Télérama, chroniqueur, Samuel Gontier a regardé tous les jours la télé. Il a tenu huit ans ! Verdict ? Coupables, forcément coupables ces programmes qui occupent la majorité du temps d’antenne est aux antipodes des valeurs de rigueur dans le traitement de l’information et de respect de la dignité de la personne humaine. A le lire ces chroniques édifiantes, la télé est simpliste, sexiste, raciste, démagogue, servile. Mieux vaut en rire qu’en pleurer.
  • Mohicans

    Denis Robert (Julliard, 2015)

    "C’est l’histoire de deux êtres rares : Cavanna et Choron. C’est l’histoire d’un premier journal, puis d’un deuxième, d’un troisième : tous créés par une bande de kamikazes, ivres de liberté et bourrés de talent. Ces journaux ont amusé, éclairé, ouvert les yeux et les esprits de deux ou trois générations de lecteurs, de citoyens, d’électeurs, de journalistes. Hara-Kiri mensuel, Hara-Kiri hebdo, La Gueule ouverte, Charlie Mensuel et le dernier : Charlie Hebdo... 1960-1985 : vingt-cinq années d’insolence, d’humour, de spontanéité et de subversion. L’époque étant ce qu’elle est, ces journaux fougueux qui sentaient le foutre, la sueur, l’alcool, la liberté sont devenus des marques. C’est l’histoire de la dilapidation d’un héritage. Une histoire tumultueuse, magnifique, triste et honteuse. À mes yeux, elle est… Lire la suite

Politique

  • Pourquoi les riches votent à gauche

    Thomas Franck (Agone, 2018)

    Attention, le titre de ce livre contient un oxymore ! Riche/gauche, cet assemblage en effet curieux, Thomas Frank, journaliste originaire du Kansas, le revendique et en fait sa thèse. Dans cet ouvrage qui fait écho à celui qu’il avait intitulé Pourquoi les pauvres votent à droite, il analyse l’abandon par les « nouveaux démocrates » des classes populaires au profit des populations les plus aisées et cultivées. Thomas Frank explique comment le « parti du peuple » a rompu les liens avec les pauvres, les exclus, les minorités et les travailleurs pour devenir, au nom de la réussite, des diplômes universitaires et de l’argent, le parti « pro business » plébiscité par les blancs de la classe moyenne supérieure. Autrement dit : on peut être riche, néo-libéral et pourtant progressiste ou « de gauche… Lire la suite
  • Quand la gauche essayait. Les leçons du pouvoir 1924, 1936, 1944, 1981

    Serge Halimi (AGONE, 2018)

    Étudier et comparer les réalisations et les échecs de la gauche française, de cartel des gauches (1924-1926), au Front Populaire (1936-1938), à la Libération (1944-1947) et aux cinq premières années de la présidence de Mitterrand (1981-1986). Tel est l’exercice auquel s’est livré notre ami Serge Halimi, directeur du Monde Diplomatique. Il explique comment « la gauche au pouvoir a caboté entre deux récifs : tantôt sa volonté de transformation sociale butant sur les contraintes imposées par l’ordre capitaliste, tantôt sa pratique du pouvoir devançait les exigences de ses adverses ». L’étude de cette tension permanente entre audace et enlisement, espérance et renoncement est d’autant plus intéressante qu’elle éclaire les raisons de la dilution de la gauche qui s’est elle-même « construit les barreaux de sa cage de verre… Lire la suite
  • Blanquer : un libéralisme autoritaire contre l’éducation. Notes de la fondation Copernic

    (Syllepse, 2018)

    Qui est vraiment Jean-Michel Blanquer, inconnu avant sa nomination comme ministre de l’éducation en mai 2017 ? Qui est celui que Macron met en avant, qui est le seul des ministres à être passé à "L’émission politique" en prime time ? Dans cet ouvrage rassemblant dix contributions de spécialistes de l’éducation, d’économie et des sciences politiques, la fondation Copernic dissipe l’écran de fumée qui masque la véritable personnalité de celui qui plait à une partie du corps enseignant et des parents d’élèves. Blanquer puise son inspiration dans les cercles patronaux, il a participé aux politiques de droite des Chirac-Sarkozy, son programme est un mélange d’autoritarisme pédagogique et d’assujettissement de l’école au patronat. Sous une volonté affichée de pragmatisme, Blanquer défend une vision traditionnelle de l’école qui ne s’intéresse ni aux inégalités scolaires, ni à la mutation écologique, ni à la… Lire la suite
  • L’optimisme contre le désespoir. Entretiens avec C.J. Polychroniou

    Noam Chomsky (Lux, 2017)

    « Nous avons deux options. Le pessimisme qui consiste à baisser les bras et, ce faisant, à contribuer à ce que le pire arrive. Ou l’optimisme, qui consiste à saisir les occasions qui se présentent et, ce faisant, à contribuer à la possibilité d’un monde meilleur ». A 88 ans, Noam Chomsky ne lâche rien, en rendant hommage à ceux et celles qui luttent avec acharnement contre les injustices qui fracturent la société. Dans cette série d’entretiens réalisés avec C.J. Polychroniou, cet intellectuel considérable réaffirme sa profonde conviction, ce qui l’a toujours animé dans ce monde en proie à mille fléaux : l’espoir est encore possible. Mieux, il est plus que jamais indispensable.
  • Éloge de la politique

    Alain Badiou (Flammarion, 2017)

    Qu’est-ce que la politique ? Que peut-elle nous promettre ? Nos démocraties libérales sont-elles toujours démocratiques ? Ces questions, Alain Badiou y répond avec clarté et précision dans ce livre élaboré à partir de ses conférences tenues au théâtre d’Aubervilliers en 2017. Il s’agit de cinq dialogues - ici avec la journaliste Aude Lancelin - qui abordent les sujets qui ont scandé l’année 2017 : l’élection présidentielle, la Révolution d’Octobre, l’« hypothèse communiste », la gauche, « Macron ou le coup d’état démocratique ». De quoi s’agit-il en fait dans ces pages qui déroulent la pensée de ce philosophe qui a placé la politique au cœur de son travail ? D’en faire l’éloge. Parce que, pour lui, la politique n’est pas que l’art souverain du mensonge, comme le disait Machiavel. « Elle doit pourtant être autre chose : la capacité d’une société à s’emparer de son destin, à inventer un ordre juste et se placer sous… Lire la suite

Économie et Finance

  • Le capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin)

    Jean Ziegler (Seuil, 2018)

    Qui est cet ogre animé par un ordre cannibale qui broie la vie de milliards d’êtres humains, accroit comme jamais les inégalités et la misère, épuise la planète, plonge dans la déprime les populations, aggrave les replis identitaires sous l’effet de la dictature du marché ? Cet ogre c’est le capitalisme qu’il faut tuer comme l’hydre à plusieurs têtes. Par le truchement d’un dialogue avec sa petite-fille Zohra, Jean Ziegler, ancien rapporteur pour l’ONU pour le droit à l’alimentation et actuel vice-président du comité consultatif du Conseil des Droits de l’homme, en appelle à une insurrection qui renversera ce système économique dictatorial. « Quand viendra-t-elle ? », demande la petite-fille. « Personne ne le sait », répond le grand-père, « mais elle est proche ». Parce qu’elle est… Lire la suite
  • Le système dette

    Éric Toussaint (Les Liens qui Libèrent, 2017)

    Historien, docteur en sciences-politiques et porte-parole du CADTM international (Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes), Éric Toussaint retrace l’histoire des dettes souveraines et de leur répudiation. Il nous emmène en Amérique Latine, en Chine, en Tunisie, en Égypte et en Grèce bien-sûr, replonge dans les racines du mal où à partir du XIXe siècle le recours à l’endettement devient un des bras armés du capitalisme pour mettre sous tutelle des économies entières. Tout au long de ces pages, Éric Toussaint martèle une évidence que le système ne veut pas entendre : la pratique de la dette n’est pas inéluctable. La preuve, des états ont réussi à annuler les leur, Mexique, Cuba, Costa Rica et la Russie des Soviets. Les dictatures ont toujours une… Lire la suite
  • L’Empire de l’or rouge

    Jean-Baptiste Malet (Fayard, 2017)

    Où sont passées les tomates ? Comment sont-elles cultivées et par qui ? Quelles convoitises suscitent-elles ? Le journaliste, dans une périlleuse enquête où l’on trouve des Chinois, des mafias, des migrants et des additifs suspects, est remonté à la source de l’or rouge. Une histoire du capitalisme à la sauce tomate.
  • Bernard Maris expliqué à ceux qui ne comprennent rien à l’économie

    Gilles Raveaud (Les Échappés, 2017)

    Illustré par Coco, Juin, Félix, Riss, Vuillemin et Willem, les dessinateurs de Charlie, ce livre est un hommage à l’économiste iconoclaste, le prof de fac de Paris VIII-Saint Denis, assassiné le 7 janvier 2015. Gilles Raveaud, son ancien élève devenu collègue et ami, retrace à la vie et l’approche économique de Bernard Maris. Ces pages précises et simples, drôles parfois permettront aux inquiets ou récalcitrant de se familiariser avec cette discipline et de comprendre que l’économie peut être bien autre chose que celle assénée par une élite d’initiés qui, en brouillant pistes et chiffres, permettent à l’ultralibéralisme de prospérer. C’est « L’économie de Bernard Maris pour les nuls ».
  • Enrichissement. Une critique de la marchandise

    Arnaud Esquerre, Luc Boltanski (Gallimard, 2017)

    Dans cet ouvrage, ces deux sociologues analysent les profondes transformations du capitalisme. Basé sur le développement industriel, puis constatant son déclin, il s’est tourné vers la marchandisation d’autres objets comme les arts, la culture le commerce d’objets anciens, la création de fondations, l’industrie de luxe, le tourisme… L’ampleur de ce changement amorcé depuis le dernier quart du XXe siècle, a profondément modifié la création des richesses dans l’Europe de l’ouest. Ce type d’économie, les auteurs l’appellent économie de l’enrichissement parce qu’elle repose moins sur la production de choses nouvelles qu’elle entreprend d’enrichir les choses déjà là.

Sociologie

  • Faire l’économie de la haine

    Alain Deneault (Écosociété, 2018)

    Après avoir mis à nu les multinationales, les paradis fiscaux, l’idéologie de la gouvernance, la censure et l’autocensure, Alain Deneault, directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris, démonte la marchandisation du monde et la perte de liberté de nos esprits asservis par la culture de l’argent. Ce livre regroupant douze essais déjà publiés, défend la thèse que sous le néolibéralisme se cache un mal terrible, silencieux, volontairement dissimulé : la haine. Haïr sans qu’il n’y paraisse, en cachant sous les données, les calculs et la spéculation, des crimes, du sang, des vols, des morts. Pas de cris, pas de gémissements, l’argent fait écran. Pour Alain Deneault, il fallait déchirer le voile de notre propre autocensure, pour s’émanciper du filtre marchand qui codifie le… Lire la suite
  • Le déchaînement de la violence. Logique nouvelle de la violence

    François Cusset (La Découverte, 2018)

    « Arracher le masque de la violence », écrit en préambule François Cusset, professeur à l’université Paris-Nanterre. Le ton, surtout le fond, est donné. Dans cet essai sous-titré « logique nouvelle de la violence », il assure que celle-ci a changé de formes et de logique, elle est moins visible, plus constante. Plutôt qu’enrayée, elle a été prohibée. La pacification policière de nos sociétés cacherait non pas la diminution des violences mais leurs mutations. D’où l’idée de faire apparaitre son nouveau visage, certes transformé mais bien réel. C’est à partir de ce postulat que François Cusset analyse les transformations de notre monde et met en lumière ce que le système néolibéral voudrait laisser dans l’ombre : les violences nouvelles, infligées sans trace, sans marque, sans visibilité et à bas… Lire la suite
  • Nouveauté !

    Droit des femmes, tout peut disparaître

    Pauline Delage (Textuel, 2018)

    Tout est toujours à refaire en matière de droits des femmes. On les croit irréversibles, mais en réalité, ils sont en périls, aussi fragiles que des colosses aux pieds d’argile. Ce livre passe en revue les dangers qui les guettent. Ivg, politiques publiques de la petite enfance, discrimination au travail, sexisme, exclusion, distorsion entre les principes et la mise en pratique. Dans la liste des menaces pérennes ou nouvelles, il faut ajouter, les attaques des groupes et autres lobbys qui résistent à l’égalité, les résistances à l’anti-sexisme, les limites que le contexte néolibéral impose à la défense des droits des femmes. Ne perdons pas espoir. We can do it !
  • Amadora

    Dominique Simonnot (Seuil, 2018)

    C’est un livre à deux voix. Celle d’Amadora, une jeune Tzigane de Roumanie qui raconte avec ses mots d’enfant son quotidien en Seine Saint-Denis où elle est arrivée à l’âge de 4 ans. Celle de l’auteure, journaliste au Canard Enchainé qui décrit avec tendresse et émotion, la vie de cette famille Rom en France. C’est drôle, triste, malicieux, effroyable. Comme un double journal de bord qui explose les a priori et les poncifs stigmatisant cette communauté, on découvre un monde où la survie et l’amour sont les moteurs de ce couple et leurs deux enfants pour qui les lendemains ne sont jamais acquis. Amadora, vous l’aimerez sûrement, celle qui adore l’école, ses parents et son petit frère, qui est la seule de la famille Linguar à savoir lire, écrire et parler français, qui discute avec les policiers et l’assistante sociale, accompagne les adultes à l’hôpital et négocie le prix des matelas que son père ramasse dans… Lire la suite
  • Se défendre. Une philosophie de la violence

    Elsa Dorlin (Zones, 2017)

    Qui a le droit de s’armer ? L’auteur, professeur de philosophie à Paris 8, examine cette ligne de partage qui oppose historiquement les corps « dignes d’être défendus » à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables ont laissés sans défense. Ainsi le Code noir interdisait aux esclaves de porter aucune arme défensive ou de gros bâtons. Au XIXe siècle en Algérie, l’état colonial interdisait également le porter une arme aux indigènes, pas aux colons bien sûr, plutôt encouragés à le faire. À travers l’histoire, du jiu-jitsu aux suffragettes, des pratiques insurrectionnelles du ghetto de Varsovie aux fusils des Black Panters jusqu’aux patrouilles queer, Elsa Dorlin dessine une généalogie philosophique de la violence. Et de l’autodéfense quelques soit le lieu, public ou… Lire la suite

Travail et luttes sociales

  • Un monde à gagner

    Marie-Laure Dufresne-Castets (Don Quichote, 2017)

    Moulinex, Les Contis, Les cinq de Renault Le Mans, la relaxe de Ghislaine, l’affaire Alain Herbert… À travers une dizaine de combats emblématiques, Marie-Laure Dufresne-Castets raconte, de l’intérieur, « la lutte des classes du tribunal ». Avocate en droit du travail, elle a choisi de se mettre aux cotés des travailleurs. « Je suis descendue dans l’arène de leurs luttes et je n’ai plus jamais voulu en sortir ». Elle raconte le cynisme, la violence inouïe de la gestion de la « masse salariale » par le patronat et cette opinion qui gagne les juges que le travail ne « coûte » rien. Bienvenu dans un monde qui plait tant à Macron au point qu’il veut en faire la norme.
  • Manifeste des œuvriers

    Bernard Lubat, Charles Sylvestre, Roland Gori (Actes sud, Les Liens qui libèrent, 2017)

    Alors que Macron légifère le travail à coups d’ordonnances, il est temps de lire ce petit livre salutaire écrit par un trio aussi génial que surprenant : un psychanalyste, un artiste, un journaliste. Ensemble, ils signent un manifeste qui rend hommage aux « œuvriers ». Qui sont-ils ceux que désigne ce mot énigmatique, poétique et engageant ? Ils sont ceux qui disent non à l’accablement du « travail en miettes », refusent les « productions standardisées » et se rebellent contre un monde glacial et désenchanté. Dans leurs activités, dans leur vie et « au travail », ils font oeuvre et la mettent en pratique. Faire oeuvre, pour eux, c’est aimer le travail bien fait dans l’amitié et le goût, gagner sa vie et la partager, renouveler la pratique, des métiers manuels et intellectuels, du geste le plus simple à l’exercice le plus savant. Œuvriers, levez-vous… Lire la suite
  • Changer d’avenir, réinventer le travail et le modèle économique

    Les économistes atterrés (Les Liens qui libèrent, 2017)

    Repenser l’idée même de la croissance, de l’ubérisation de la société, du délitement de la protection sociale, de la profondeur de la crise… Ce collectif d’économistes et de citoyens donnent les clefs pour comprendre le caractère systémique de la crise et propose d’entrer dans un nouveau monde. Les Economistes Atterrés qui s’inscrivent résolument dans la transition écologique, proposent d’autres organisations du travail pour renforcer la solidarité et combattre le précariat. Des idées, des idées et encore des idées pour nous sauver de l’orthodoxie néolibérale. Et donner de solides arguments pour batailler contre.
  • Désobéir - La collection

    Les désobéissants, Xavier Renou (Le Passager clandestin, 2017)

    Vous avez aimé les Que sais-je ? , vous adorerez cette collection de petits bouquins pleins de conseils pratiques pour Désobéir dans l’entreprise, Désobéir aux grands projets qui coutent très cher et ne servent à rien, Sivens, Lyon-Turin, Notre-Dame-des-Landes. Voilà pour les derniers. Il y a aussi désobéir au sexisme, à l’argent, au nucléaire, au colonialisme, à la précarité… Autant de modes d’emploi clairs et efficaces, concoctés par un « collectif activiste qui forme à la désobéissance civile ». En plus, ils sont faciles à glisser dans une poche !
  • Carnet de bord d’un gréviste

    Christophe Metroz (Les mutins de Pangée, 2016)

    Il n’est pas journaliste, pas sociologue, pas écrivain. Christophe Metroz est ouvrier. Il est entré à PSA à Aulnay à l’âge de 20 ans et y a travaillé quatorze ans jusqu’à 2011, année où les rumeurs de fermeture de l’usine commencent à circuler et qui se concrétisera trois ans plus tard. Alors il a décidé de raconter ce combat au jour le jour. « La force du texte de Christophe Metroz est celle de l’histoire brute, inexorable, de la parole sans retour d’un témoin du premier rang » écrit Gérard Mordillat dans sa préface qui ajoute « chaque jour qui passe charge son texte d’histoire, de mémoire, de devoir, de pouvoir, comme si chacun de ses mots portait en lui une charge explosive ». En bonus de ce texte, le DVD Comme des lions qui raconte en images deux ans de lutte des salariés pour sauver leur… Lire la suite

Environnement et Santé

  • Éloge des mauvaises herbes . Ce que nous devons à la ZAD

    Collectif (Les Liens qui Libèrent, 2018)

    Soit dix-sept intellectuels, artistes, écrivains, poètes* qui dissertent sur « ce que nous devons à la ZAD », cette zone à défendre qui est bien plus qu’un bout de bocage. Leurs textes ainsi rassemblés racontent que, dans notre monde normé, catalogué, mesuré, peut s’y inventer de nouvelles formes de vie et de liberté. Sur la ZAD, on existe en commun, on cohabite avec la nature, on rêve, on sort de l’emprise du marché. On lutte, on invente, on redonne du sens au travail et à l’agriculture, on prépare les alternatives en occupant les terres. « C’est notre réalité de demain qui prend forme sous nos yeux. C’est une percée de mauvaises herbes ». Une percée de la vie. * David Graeber, Jade Lindgaard, Virginie Despentes, John Jordan, Vandana Shiva, Olivier Abel, Geneviève Pruvost, Bruno Latour, Christophe Bonneuil, Nathalie Quintane, Starhawk, Kristin Ross, Pablo Servigne, Wilfried Lupano, Amandine Gay, Patrick… Lire la suite
  • La guerre des métaux rares

    Guillaume Pitron (Les Liens qui Libèrent, 2018)

    Finies les énergies fossiles. Enfin, nous allons nous affranchir du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires. Un progrès ? Sauf que nous sommes en train de sombrer dans une nouvelle dépendance : celle des métaux rares - graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène -, ces ressources indispensables à nos voitures électriques, à nos éoliennes, à nos smartphones, à nos ordinateurs. L’avenir qu’on croyait radieux risque d’être encore plus sombre que celui d’aujourd’hui. C’est cette contre-histoire de la transition énergétique que raconte Guillaume Pitron, journaliste pour le Monde Diplo, Géo ou National Geographic. Ce récit clandestin d’une quête généreuse, mais qui charrie des périls aussi colossaux que ceux qu’elle s’était donnée pour mission de… Lire la suite
  • Être forêts, habiter des territoires en lutte

    Jean-Baptiste Vidalou (Zones, 2017)

    « Nous sommes allés à la rencontre des forêts et de celles et ceux qui les défendent. Nous y avons découvert des continents innombrables, des sentiers inédits, des êtres ingouvernables. Toute une géographie depuis laquelle il était possible, enfin, de respirer », écrit l’auteur qui se présente comme un bâtisseur en pierre sèche et par ailleurs agrégé de philosophie. Ces forêts sont celles des paysans Guerrero du Mexique qui se battent contre les exploitants, des trappeurs du peuple Cri du Canada défendant sa forêt boréale victime de déforestation, des Penan de Bornéo qui s’arment de sarbacanes contre les plantations de palmiers à huile. Sauver la forêt, mais aussi l’habiter pour la protéger, comme du bois de Tronçay à celui de Sivens, de Notre-Dame-des-Landes aux Cévennes. Autant d’espaces à se réapproprier, autant de luttes à mener pour clamer haut et fort que la forêt est bien autre chose qu’une réserve de… Lire la suite
  • Dictionnaire impertinent de la vieillesse

    Alain Jean, Christian Gallopin, Didier Martz, José Polard, Michel Billé (Éres, 2017)

    « Ce n’est pas parce qu’on a un pied dans la tombe qu’on va se laisser marcher sur l’autre » disait François Mauriac. Cette phrase placée en exergue de ce dictionnaire donne le ton : il sera volontairement impertinent et résolument iconoclaste. Nourri par une vingtaine d’auteurs et porté par l’association « EHPAD’côté – les pas de côté » pour dire que les vieux, s’ils sont privés de liberté par l’avancée de l’âge, ne sont pas privés ni d’humour, ni de dignité, ni de besoin d’égalité. Rire pour dissoudre le mépris et pour exploser le dieu unique des Ehpad : la rentabilité. Exemples de définition. Vieillissement réussi : avoir une Rolex avant 50 ans, s’en souvenir après 80 ans. Maladie d’Alzheimer : étranger sans papier, à la fois immigré du temps et émigré de la… Lire la suite
  • Homme augmenté, humanité diminuée

    Philippe Baqué (Agone Contre-feux, 2017)

    « D’Alzheimer au transhumanisme, la science au service d’une idéologie hégémonique et mercantile ». Ce sous-titre résume à lui-seul l’objet de l’enquête de Philippe Baqué que la maladie d’Alzheimer de sa mère a propulsé dans un monde inconnu, celui du business de la santé. Ce livre en forme de carnet de bord écrit à la première personne montre comment les laboratoires spéculent, les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) se lancent dans des projets mégalomaniaques, comment s’élabore une société basée sur une conception eugéniste des corps et des consciences. Rassurez-vous, ce ne sera pas donné à tout le monde ! Dehors les pauvres, l’immortalité, c’est pour les riches.

International

  • Guerres humanitaires ? Mensonges et intox

    Rony Brauman (Textuel, 2018)

    Dans cette conversation avec Régis Meyran, l’ancien président de Médecins sans frontières interroge ces guerres « humanitaires » déclenchées « toujours au nom d’un Bien ». Il analyse ces « croisades morales fondées sur des mensonges ». Les exemples ne manquent pas qui appuient son analyse à la simplicité redoutablement efficace : le prétendu arsenal d’armes de destruction massives de Saddam Hussein, les chiffres bidons de la famine en Somalie, le faux massacre de manifestants en Libye, ... Contre un prétendu « droit d’ingérence », Rony Brauman critique l’obsession occidentale d’imposer par la force les valeurs démocratiques et démontre les fausses raisons d’entrer dans des conflits aux conséquences… Lire la suite
  • Dire non ne suffit plus

    Naomi Klein (Actes Sud, 2017)

    Après La Stratégie du choc (2008), la journaliste canadienne s’empare d’un autre choc, celui provoqué par l’élection de Donald Trump, le 8 novembre 2016. Choc immense, planétaire, effrayant. Noami Klein a jeté toutes ses forces dans la bataille pour comprendre ce qui pour elle n’est pas « une aberration de l’histoire », mais la suite logique d’un long processus au cours duquel se sont imposées les valeurs du capitalisme débridé, incarné par un président qui fait courir des risques majeurs à la planète. Ce livre qui analyse la destruction de l’état-providence sur fond d’attaques frontales contre les communautés vulnérables est aussi un livre de combat, au sens que « dire non ne suffit plus ». Il faut dire oui, c’est à dire tracer – et s’y tenir - la feuille de route des solutions alternatives et démocratiques à adopter « pour faire reculer les populismes et fixer un cap audacieux pour prendre soin du monde que… Lire la suite
  • Méharées et autres textes

    Théodore Monod (Actes Sud, 2017)

    Il aimait passionnément les poissons, surtout les scaridae. Il aimait la biologie, l’écologie, l’humanisme et le désert qu’il a parcouru pendant 60 ans. Théodore Monod est mort en 2000, laissant une œuvre imposante derrière lui. Dans la collection Thesaurus, Actes Sud a rassemblé ses textes les plus importants. Méharées, Maxence au désert, l’Émeraude de Garamantes, Plongées profondes, Majâbat al-Koubrâ. Plus de 1500 pages, comme une initiation au voyage et une ode à la découverte de l’ailleurs, écrites par un éternel marcheur.
  • Black lives matter

    Keeanga-Yamahtta Taylor (Agone/Contre-feux, 2017)

    « Plus qu’un moment, un mouvement » écrit Keeanga-Yamahtta Taylor, militante antiraciste, anticapitaliste et auteur de ce livre qui raconte les luttes du Black Lives Matter (BLM). Enseignante à l’université de Princeton, elle pose une question centrale : comment cette mobilisation afro-américaine contre le racisme systémique envers les noirs a-t-elle pu naitre sous le mandat du premier président… noir ? Pour comprendre la grande désillusion provoquée par Obama et la naissance du BLM en 2012, l’auteur plonge dans l’histoire des mouvements sociaux des années 60, analyse l’économie du racisme ainsi que l’essor d’une élite noir prompte à relayer les préjugés racistes et anti-pauvres. En protestant sans cesse contre le profilage racial, « l’inhumanité de la police » et son arsenal militaire, une justice prompte à acquitter les flics tueurs de noirs, le Black Lives Matter pourrait devenir le catalyseur et s’étendre… Lire la suite
  • La machine à tuer, la guerre des drones

    Jeremy Scahill (Lux , 2017)

    Parfaits les drones, avec leur frappe chirurgicale, utiles grâce à leur absence d’affect face à leur cible ? Pas vraiment, assurent les auteurs de ce livre préfacé par Edward Snowden. « Ils ne visent juste qu’une fois sur dix et la plupart du temps, assassinent des personnes qui ne représentent aucune menace » assure Jeremy Scahill. Ce journaliste d’enquête, ancien correspondant de guerre pour le magazine américain La Nation, est formel : « ces engins et ceux qui les commandent à distance font non seulement des victimes innocentes ». En 2012, cette arme a tué plus de 200 personnes au Yémen dont seules 35 représentaient une menace. De plus, ces engins volants affaiblissent le renseignement antiterroriste (il tue au lieu de capturer) et attise la colère des populations affectées par la menace de la mort venue du ciel. La guerre des drones, la sale guerre… Lire la suite

Jeunesse

  • Lettres des îles Baladar

    André François, Jacques Prévert (Gallimard jeunesse, 2007)

    La mer a ses îles préférées, qu’elle protège à grand renfort de brouillards et de tornades. On vivait heureux aux îles Baladar, jusqu’au jour où le Général Trésorier tenta d’y imposer sa loi. Un jour, en effet, les habitants du Grand Continent s’aperçurent que de l’or brillait sur l’île… Voilà, résumé par les éditions Gallimard ce texte illustré par André François, publié pour la première fois en 1977. La suite est délicieuse, pleine de poésie et d’humour, comme sait écrire Jacques Prévert.
  • La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires

    Tim Burton (10/18, 1998)

    Autre grand nom du fantastique, dans la lignée directe d’Allan Poe : Tim Burton. Réalisateur, scénariste, producteur, graphiste, il aime raconter et dessiner des histoires sorties de son imagination si particulière. Celles de ce recueil sont courtes, cruelles, macabres, tendres et poétiques. Un régal pour les grands, une frayeur pour les petits, que cette galerie d’enfants tous plus moches, plus étranges, plus solitaires, plus bizarres et curieux les uns que les autres. Enfant brie, enfant tache, enfant huitre, enfant avec des clous dans les yeux, enfant robot, enfant toxique, fille faite d’ordures, J.C. le jeune carbonisé. Ils coulent, s’enflamment, rêvent, meurent. Ces textes et ses dessins mêlent avec un étrange talent horreur et… Lire la suite
  • Allumette

    Tomi Ungerer (L’École des loisirs, 1997)

    Les trois brigands, Jean de la lune. Qui ne connait pas Toni Ungerer, génial graphiste, créateur multiforme et auteur de livres pour enfants (il a dessiné pour les adultes, mais on ne peut rien en dire dans cette rubrique). Si Allumette, une adaptation – très libre – du conte d’Andersen vous a échappé, courrez l’acheter. Pour vos enfants, pour vous aussi tant les dessins et le texte sont jouissifs. Ne craignez rien, cela se termine bien. Les riches deviennent généreux, les politiques cessent de parler, les militaires se sentent inutiles, les dons affluent du monde entier. C’est une belle histoire, tout est donc inventé. Parce que dans la vraie vie …

Beaux livres

  • La banlieue en couleur

    Robert Doisneau (La découverte, 2017)

    En 1984, la Datar (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire) commande à douze photographes - ils deviendront vingt-huit devant l’ampleur du projet - de « représenter le paysage français des années 1980 ». Cette mission devenue légendaire sélectionnera 2000 images parmi 200 000 prises de vue réalisées tout au long de milliers de kilomètres parcourus à travers la France. Raymond Depardon et Josef Koudelka sont parmi ces photographes. Pour l’occasion, Robert Doisneau revient sur son territoire d’élection, la banlieue qu’il avait longuement photographiée. Regarder ces clichés rassemblés dans ce livre, provoque un double trouble. L’un parce qu’ils témoignent de l’incroyable importance des changements urbains. L’autre parce que ses sont ses premières photos en… Lire la suite
  • L’Humanité, figures du peuple. Une plongée dans les archives photographiques du journal

    Danielle Tartakowsky (Flammarion, 2017)

    Feuilleter ce bel ouvrage qui met en lumière les photos rarement montrées du quotidien, c’est se faire emporter par une vague de souvenirs (même si on ne les a pas vécus), de combats (même si on vous les a racontés), de poings levés, de grèves, de mobilisations (même si à cette époque vous n’étiez pas nés). Le temps semble suspendu. La puissance des images en noir et banc explose. Cette plongée dans les archives, rythmée par les évènements marquants du XXe, est une traversée du siècle commencée en 1904. Livre de photos, mais aussi livre d’histoire.
  • Charmes de Londres

    Izis, Jacques Prévert (Cherche Midi, 2017)

    Dans cette ville de débrouille et de misère, sous le brouillard et le long de la Tamise, « à l’endroit des épousailles d’un fleuve et d’un peuple », se promènent un poète et un photographe. De ces déambulations, ils ont en fait un livre paru en 1952 qui vient d’être réédité. L’occasion de rêver, comme on rêverait en bilingues, l’une visuelle, l’autre poétique. Page de droite, une photo noir et blanc plein cadre, page de gauche un texte de longueur variable. C’est beau, c’est bouleversant. Parce que c’était eux.
  • Alive

    Luz (Futuropolis, 2017)

    Est-ce pour transmettre à sa fille d’un an, sa passion du rock ? Est-ce un hymne à la vie, lui qui a échappé à l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015 ? Alive, l’album de Luz, dont le titre polysémique suffit à le résumer, témoignage à grands traits à l’énergie brute, le bonheur des concerts et des festivals fréquentés pendant plus de quinze ans. Les planches publiées dans cette anthologie (384 pages) ont été dessinées entre 1999 et 2015, augmentées de dessins récents et d’un entretien avec Philippe Manoeuvre dans les locaux de Rock & Folk, en 2016. Et ça déménage.
  • La pensée dure du grand timonier mou

    Collectif Invisible Line Piaille Haut (Librairie Tropiques, 2016)

    Des affiches de films, des timbres, des réclames, des tableaux, des unes, des jaquettes de livres, calendriers tous détournées, réinventés sur le mode du petit livre rouge de Mao. Le Collectif Invisible et la Fédération Française des Concours de Circonstances, avec le soutien de la Libraire Tropiques, se sont lancés dans un grand détournement où les visages, les titres et les légendes de l’époque ont été remplacés et détournés. On n’y voit pas le grand timonier chinois, mais François Mollande et toute la clique des hommes et femmes politiques d’aujourd’hui. Un travail de titan que ce livre, aussi pertinent qu’hilarant.

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

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    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Les Rendez-vous des Repaires

  • Pour la première fois, depuis la création du Café Repère du Conflent, nous avons décidé de reporter le prochain rendez-vous de juin au quatrième jeudi du mois, plutôt que le troisième habituel, pour cause de Fête de la musique le 21. On se retrouvera donc le jeudi 28 juin à 19h30 au café du Canigou à (...)

    Villefranche de conflent

Une sélection :

Le premier reportage dessiné de LÀ-BAS ! (5 épisodes) 42 nuances de libéralisme AbonnésLire

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En fait, vois-tu, il y a des petits rayons de soleil, même dans les existences les plus mornes. Et c’est heureux.
Regarde par exemple : moi.
Voilà qu’en plein milieu d’une journée morose de chômeur, je reçois un courrier de Pôle. ”Pôle”, c’est Pôle Emploi. Comme on se côtoie depuis longtemps, je l’appelle maintenant par son prénom. Pôle, donc, m’écrit pour me proposer une formation en programmation (...)

Libérez l’entrepreneur qui est en vous ! Un reportage de Sophie Simonot Plus de patron, plus de chômage, vous en rêvez ? Un stage pour devenir freelance AbonnésÉcouter

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Plus de patron, plus de chômage, vous en rêvez ? Et bien c’est simple, devenez freelance ! Suivez avec nous ce stage de quatre jours et vous allez devenir « le capitaine de vous-même » ! L’Académie du freelance vous attend. Emmanuel Macron le proclame : « la France est un pays d’entrepreneurs ». Toute enthousiasmée, Sophie Simonot a voulu rencontrer cette jeunesse pleine d’avenir. Miroir aux alouettes ?

Skouze-moi dérangé vous sivouplé. Un reportage de Sophie Simonot Je m’appelle Amadora, je suis Rom, j’ai douze ans AbonnésÉcouter

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Et elle éclate de rire. Pourtant il n’y a pas de quoi. En France les Roms sont de loin les plus rejetés, oui mais on ne peut pas se dire toute la journée qu’on est une victime. Pour tenir, il faut résister. Éclater de rire, c’est résister. Arrivée en France avec sa famille à l’âge de quatre ans, Amadora a vite appris le français et elle le parle parfaitement. Toute petite, elle est devenue l’interprète de tout le campement. Avec les flics, avec le médecin, avec l’assistante sociale, c’est comme ça qu’elle découvre la vie. Elle discute le prix des matelas que son père ramasse dans la rue, elle traduit sa mère qui dit qu’« en France, même les poubelles, tu peux en vivre, c’est comme un magasin ». La journaliste Dominique Simonnot est devenue sa grande copine. Ça a fini par donner ce livre unique sur l’histoire d’une famille Rom en France.

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À l’heure du réchauffement climatique et de la destruction acharnée de l’environnement, c’est un affrontement planétaire entre l’avidité mortelle du capitalisme face à la simple survie de ce monde. C’est la planète toute entière qui est la zone à défendre. Retrouvez notre dossier spécial ZAD, avec toutes nos émissions depuis 2012 :