Eloge de la désobéissance

Le , par L’équipe de Là-bas

« Selbsdenken », penser par soi-même, un mot qui peut illustrer une des grandes controverse du XXème siècle autour de la thèse de Hannah Arendt, « la banalité du mal ». Au moment où sort le film de Margarate von Trotta sur Hannah Arendt et où Claude Lanzman présente son dernier film « Le dernier des injustes », nous revenons en 1999 avec Rony Brauman et Eyal Sivan au moment de la sortie de leur film « Un spécialiste, portrait d’un assassin moderne », un documentaire construit sur les 350 heures filmées lors du procès d’Adolphe Eichmann en 1961, vues à travers l’analyse qu’en fit Hannah Arendt dans « Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal ».

Le livre allait déclencher une très violente controverse et des attaques contre son auteure. En effet pour Arendt, Eichmann n’est ni un monstre, ni un fanatique, ni un imbécile, c’est un fonctionnaire ambitieux et zélé, soumis à l’autorité qui a renoncé aux facultés proprement humaines de penser et de juger par soi-même, ce qui ne l’innocente nullement, bien au contraire, pour Hannah Arendt c’est en cela qu’il est condamnable.
Aujourd’hui reste la question essentielle, le risque de la soumission à l’autorité, notre peur de penser, notre peur de désobéir, bref, une heure en forme d’éloge de la désobéissance.

Entretien Daniel Mermet avec Rony Brauman et Eyal Sivan

Illustration :

Adolf Eichmann lors de son procès à Jérusalem en 1961.

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