La première fois la mort - hommage à Sophie Lechevalier - commentaires La première fois la mort - hommage à Sophie Lechevalier 2011-12-14T20:56:15Z https://la-bas.org/la-bas-magazine/les-archives-radiophoniques/2011-12/decembre-514/la-premiere-fois-la-mort-hommage-a-sophie-lechevalier#comment29074 2011-12-14T20:56:15Z <p>Sinon, parfaitement d'accord avec Anne de Nantes : si la mort était moins médicalisée et plus naturelle, elle serait plus facile à accepter. De même que la vieillesse, qui n'est pas une maladie non plus...</p> La première fois la mort - hommage à Sophie Lechevalier 2011-12-14T20:52:38Z https://la-bas.org/la-bas-magazine/les-archives-radiophoniques/2011-12/decembre-514/la-premiere-fois-la-mort-hommage-a-sophie-lechevalier#comment29072 2011-12-14T20:52:38Z <p>Très chouette, vraiment, cette émission.</p> <p>Mon premier mort, c'était une morte, ma grand'mère paternelle, il y a quatre ans. Je me souviens d'avoir trouvé qu'elle ressemblait à une vieille momie -c'est-à-dire, en fait, qu'elle ne se ressemblait plus. Elle était très, très vieille, avait beaucoup maigri, s'était éteinte tout doucement, très lentement. J'ai pleuré en me sentant presque étonnée de pleurer. Deux amis, dans les années précédentes, s'étaient suicidés, et je pensais être blindée. Sottise, on ne se blinde pas si facilement, et heureusement. <br class="autobr" /> Cette année, c'est ma grand'mère maternelle qui est morte, d'un cancer cette fois. Et c'est drôle, mais elle, elle se ressemblait, elle était paisible, apaisée. <br class="autobr" /> Toutes ces morts, ça m'a amenée à constater combien la manière de mourir est importante, ou en tout cas, combien elle influe sur le chagrin des vivants. C'est bête, mais je n'y avait jamais pensé avant.</p> <p>Aujourd'hui, mon fils de cinq ans me questionne sur la mort, et j'essaie de lui en parler comme quelque chose de normal, de naturel, essayer de ne pas générer de peur... <br class="autobr" /> Il voulait venir à l'enterrement de sa "Grand'Ma" morte cette année ; je n'étais pas pour, en premier lieu pour lui éviter le choc du chagrin des autres membres de la famille. Finalement, il a fait une poussée de fièvre à 40°C (comme par hasard), et il n'est pas venu. Le lendemain, il nous a accompagné au cimetière, où l'urne avait été déposée. Il a posé son petit bouquet et s'est assis sur la pierre tombale avec beaucoup de naturel. Il a regardé autour de lui et a demandé pourquoi il y avait "des bonshommes morts tout nus partout" (les crucifix et christs en croix sur les tombes). On a parlé de symbole. Il n'a pas posé d'autres questions, il a dit "allez, au revoir Grand'Ma", et on est repartis.<br class="autobr" /> Plus tard, il m'a demandé comment elle allait faire pour manger, enfermée là-dessous...</p> <p>Et on a tout recommencé. Retour à la terre et compagnie. Sa conclusion ? "Si on devient de la terre, c'est bien, parce que ça fait pousser les arbres." <br class="autobr" /> Et voilà... Pas mal, non ? Si on écoutait davantage leurs petites phrases, à nos gamins, peut-être qu'on aurait moins peur, nous aussi.<br class="autobr" /> Parce que c'est bête, la peur... Non ?</p> <p>Bises à vous, des pensées pour votre amie. Merci pour tout, continuez, vous êtes splendides.</p> La première fois la mort - hommage à Sophie Lechevalier 2011-12-14T16:38:08Z https://la-bas.org/la-bas-magazine/les-archives-radiophoniques/2011-12/decembre-514/la-premiere-fois-la-mort-hommage-a-sophie-lechevalier#comment29068 2011-12-14T16:38:08Z <p>Les questions de Là-bas c'est comme le divan chez le psy.<br class="autobr" /> Figurez-vous que je ne me souviens absolument pas de la première fois ‘la mort' que j'ai vu de mes propres yeux. Probablement parce que j'ai dû la voir avant même de me rendre compte que j'avais une mémoire dans ma petite cervelle. En Italie du sud la mort faisait partie de la vie. Nos mères, en noir, allaient voir les morts des uns et des autres, dans les familles et les voisinages. Et nous enfants petits et très petits on les accompagnait main dans la main dans la plus grande insouciance. Des morts j'en ai vus quelques unes ! Des accidentés, des suicidés, des morts de vieillesse. Je me souviens de la mort de mon grand père maternel, j'avais 4 ans et demi. J'étais toute mignonne et toute propre avec une jolie robe cousue main et machine à coudre. Ils étaient venus, ils étaient tous là, surtout ceux du sud de l'Italie ...</p> <p>J'ai vécu de très prés la mort de mon père ... j'aurais beaucoup de choses à dire à ce sujet ... je suis allée marcher toute seule dans les rues de Lyon, dans un état second, et j'ai compris énormément de choses à ce moment là ... j'ai compris pourquoi les choses étaient ainsi et pas autrement ... J'ai compris qu'il n'y a pas la vie d'un côté et la mort de l'autre mais que tout est dans tout ... la nuit je n'ai pas pu m'empêcher de serrer la vie à côté de moi comme pour rendre la vie encore plus vivante tant qu'elle était là ... et comme bras d'honneur à la mort ...</p> <p>Et comme bouquet final, dans ma tendre enfance, j'ai même failli assister à ma propre mort, mais la mort n'a pas voulu de moi comme disait le métèque.</p> <p>Mais il y a longtemps que je n'en vois plus comme si la mort était devenue tabou. <br class="autobr" /> Et quand la mort devient taboue on est en droit de se demander ce qu'est devenue la vie ?</p> La première fois la mort - hommage à Sophie Lechevalier 2011-12-14T13:41:20Z https://la-bas.org/la-bas-magazine/les-archives-radiophoniques/2011-12/decembre-514/la-premiere-fois-la-mort-hommage-a-sophie-lechevalier#comment29064 2011-12-14T13:41:20Z <p>A propos de première fois :</p> <p>"La poésie, c'est quand un mot en rencontre un autre pour la première fois ... "  Jean Tardieu</p> La première fois la mort - hommage à Sophie Lechevalier 2011-12-14T11:36:02Z https://la-bas.org/la-bas-magazine/les-archives-radiophoniques/2011-12/decembre-514/la-premiere-fois-la-mort-hommage-a-sophie-lechevalier#comment29061 2011-12-14T11:36:02Z <p>Merci pour ce bel hommage...<br class="autobr" /> J'ai été toutefois super étonnée par l'incapacité de mes contemporains à considérer la mort comme faisant partie de la vie.</p> <p>J'ai 39 ans. Et mon premier mort, je l'ai vu à 10 ans. un grand oncle. J'ai été impressionnée de rentrer dans cette pièce où deux femmes récitaient un chapelet. Ambiance différente. Grave. Et cet homme au visage immobile, dans ce lit qui m'a paru immense. Mais, dans la pièce d'à côté, il y avait le café,</p> <p>Depuis j'ai cotoyé les morts brutales, subites. Mais avec une manière - j'ose le dire - vivante, de cotoyer la mort. Il y a 11 ans, mon père tout d'abord. les gens de la cité l'avaient vu acheter son journal le matin. Il est mort dans son lit, après un gros coup de fatigue... et pendant trois jours, les amis se sont succédé à la maison qui a résonné de larmes, de fous rires... Il y a 9 mois, ma p'tite maman, emportée subitement pendant une sieste dans son fauteuil. Incapacité totale des pompiers à envisager de transporter le corps de cette p'tite bonne femme pesant son cent de kilos dans la chambre d'à côté. L'emmener à l'hosto puis à la chambre mortuaire, ça aucun problème, mais la transporter dans un lit à 10 m, c'était inconcevable... Et il a fallu argumenter, lutter pied à pied. Là voilà cette société qui ne sait plus envisager la mort autrement que par "emmenez vite ce corps que je ne saurai voir"... On a eu gain de cause, mon beau-père et moi et quatre gars costauds ont transporté ce corps inerte dans son lit. <br class="autobr" /> Visites des proches, des amis, choqués,puis apaisés devant ce visage si... apaisant ; quelqu'un qui dort... (Je voudrais rendre hommage à ces travailleurs de l'ombre que sont les thanatopracteurs). De quoi ils se privent Daniel, tous ceux qui ne veulent pas entendre parler de la mort. Tu crois qu'on peut l'apprivoiser si vite ?</p> <p>Ma p'tite maman a été enterrée quatre jours après. et ces quatre jours, je peux te dire, on les a mis à profit pour apprivoiser la mort. Combien j'ai pleuré devant ce corps avec des amis, combien j'ai pu me recueillir aussi, contempler, continuer à parler à cette maman...</p> <p>Mes contemporains qui ne veulent plus entendre parler de la mort, qui la cantonnent aux horaires d'ouverture d'un salon funéraire sans âme se privent complètement d'une dimension essentielle du deuil. <br class="autobr" /> Et je ne parlerai même pas de tous ceux auprès de qui il faudrait presque s'excuser de dire "excusez-moi, je suis à côté de mes pompes, ma maman est décédée". comme si le fait d'évoquer la mort d'un proche était incongru, indécent...</p> <p>Notre société est malade, complètement. On met la mort de côté et tout ce qui renvoie à la mort : la vieillesse, la maladie... Et on passe à côté de ce qui nous humanise, cette vulnérabilité, cette conscience d'être fragiles.</p> La première fois la mort - hommage à Sophie Lechevalier 2011-12-13T19:41:06Z https://la-bas.org/la-bas-magazine/les-archives-radiophoniques/2011-12/decembre-514/la-premiere-fois-la-mort-hommage-a-sophie-lechevalier#comment29055 2011-12-13T19:41:06Z <p>quand j'ai entendu le sujet de l'émission, j'ai hésité quelques instants : oh c'est un sujet bien sombre, noir, est-ce que j'ai vraiment envie... ? je l'ai finalement écouté, et je ne le regrette pas. Merci pour ce beau moment de radio, qui, de manière différente des autres, fait réfléchir, enrichit. Une émission modeste et ... géniale, c'est bien vrai ! En passant, vous nous repasserez peu être un jour l'émission sur le famadihana à Madagascar auquel il est fait allusion ici ?</p> La première fois la mort - hommage à Sophie Lechevalier 2011-12-13T17:53:42Z https://la-bas.org/la-bas-magazine/les-archives-radiophoniques/2011-12/decembre-514/la-premiere-fois-la-mort-hommage-a-sophie-lechevalier#comment29054 2011-12-13T17:53:42Z <p>J'ai été bouleversé par ce reportage qui m'a conduit, par ailleurs, à m'interroger moi-aussi sur la première fois que j'avais vu un mort. Et, curieusement, cela m'a demandé un effort de mémoire.</p> La première fois la mort - hommage à Sophie Lechevalier 2011-12-13T16:47:12Z https://la-bas.org/la-bas-magazine/les-archives-radiophoniques/2011-12/decembre-514/la-premiere-fois-la-mort-hommage-a-sophie-lechevalier#comment29053 2011-12-13T16:47:12Z <p>Salut,</p> <p>La 1ère fois la mort ...</p> <p>Aïe. Toute jeune adulte, un boulot d'été à l'hosto.<br class="autobr" /> La cousine d'une patiente agée demande en ralant à ce qu'on s'occupe d'elle enfin, qu'on la lève, la fasse marcher un peu. Les infirmières m'envoient ... et d'avoir simplement aidé cette femme à se dresser, elle est morte. Mais ça a duré un peu. Elle a perdu son souffle vite, ce qui m'a paru anormal malgré mon manque de formation. Je la rassois, essaie de l'apaiser, lui demande son attention. Ca passait pas. Je vais voir les infirmières qui me renvoient avec quelques menues indications. J'essaie, toujours pas de mieux et là, d'instinct peut-être j'ai couru dans le couloir et là les infirmières ont compris que ça urgeait. Missionnée au service de cardio en desssous, je reviens avec une cardiologue mais trop tard, le massage déjà effectué n'a pas suffit.<br class="autobr" /> La surveillante a vu que j'étais choquée et m'a dispensée de la toilette mortuaire.</p> <p>Je fais un récit un peu froid mais les choses se passent si vite que la réalité est bien ce que j'ai décrit. Ensuite, un fil de culpabilité m'a poursuivie un temps même si je n'ai jamais pensé avoir tué. Bon, que dire de plus !? Bienvenue dans le monde du travail !</p> <p>Dans le reportage personne ne parle de l'odeur de la mort exceptée la toubib lors de l'autopsie. Je parle de l'odeur que l'on sent en "salon mortuaire", odeur âcre, chaude, salée, truc très bizarre qui prend possession du nez. <br class="autobr" /> Une année en vacances en Bretagne en camping, je sens cette saleté d'odeur malgré le vent omniprésent. Je laisse ça de côté puis ça revient et je me questionne, puis flippe. Quoi, pourquoi je sens ça ? J'appelle la famille, "tout va bien". Et ça dure 3 semaines !!! <br class="autobr" /> De retour de vacances, mon frère m'invite à diner, me demande de m'assoir et m'apprend que mon père est à l'hosto. On lui a découvert un cancer rare et mal en point.<br class="autobr" /> Je passe sur la période de soin mais il est mort 6 mois après.</p> <p>Le témoignage du conducteur de métro heurte un peu car il en veut un peu à tous ces gens qui se foutent en l'air, 1 par jour si j'ai bien compris. Mais il a raison. Il m'est arrivé de vouloir partir et si je ne l'ai pas fait, c'est par empathie. Car quelle que soit la méthode, je savais que ça ferait du mal. Après cette période, mes comptes avec la faucheuse ont été réglés ; je n'en ai plus peur. Et mon esprit m'a aidée par les rêves, nuit après nuit en me montrant le film de tous ces gens qui ont eu de la bienveillance à mon égard, en me montrant les beautés de la vie. Très bizarre et serein !</p> <p>J'ai bien aimé le gars qui entend mal la question et répond " la 1ère fois l'amour ?". <br class="autobr" /> La mort, les obsèques appellent souvent le rire, fou, décalé. En moi il appelle aussi le désir, après. Le désir, l'amour est plus fort finalement. Pulsion de vie ! Personne n'en parle jamais.</p> <p>La bise Daniel, pour ton amie.</p>