Chaque mois, des films offerts à nos abonnés bien-aimés…

LA CHIENNE (avec Michel Simon, 1931) et DIVORCE À L’ITALIENNE (avec Marcello Mastroiani, 1961) : deux films offerts à nos abonnés ! Avec même L’ATALANTE à voir ou à revoir Abonnés

1

Le

Ce film était disponible pour les abonnés jusqu'au 5 mars 2022. Retrouvez un nouveau film chaque 1er samedi du mois avec votre abonnement à Là-bas si j'y suis. Voir le film du mois.

MICHEL SIMON, MARCELO MASTROIANNI, DEUX GENRES DE BEAUTÉ

L’un, c’est la beauté des laids qui se voit sans délai, comme disait son ami Gainsbourg en fredonnant avec lui dans l’herbe tendre. L’autre n’a pas cessé de ridiculiser le « latin lover » tout en l’incarnant parfaitement. Deux figures qui furent le contraire de leur image. Le contraire, ou tout à fait autre chose sous leur masque. Au fond, comme chacun d’entre nous.

DIVORCE À L’ITALIENNE, de Pietro Germi (1961)

Il faut montrer ce film à tous ceux qui sont sûrs que « c’était mieux avant » et qui se lancent à la reconquête d’un monde de faux-culs et de cul-bénits, ces temps de puritanisme catholique où, en Italie, le divorce était rigoureusement interdit par la loi. Par contre, le mari trompé qui lavait son honneur dans le sang rencontrait l’indulgence du tribunal comme de la société. Ainsi le héros du film (Mastroianni), lassé de son épouse (un peu moustachue) et fou amoureux de sa fraîche nièce de 17 ans, échafaude tous les stratagèmes dans l’espoir de devenir le plus cocu possible. Le sort promis à tous les partisans du grand bond en arrière qui réclament le retour des valeurs authentiques.

Voici l’article 587 du code pénal transalpin, abrogé en 1981 : « qui cause la mort de sa conjointe, de sa fille ou de sa sœur, dans l’acte où il en découvre la relation charnelle illégitime et dans l’état de colère déterminé par l’offense faite à son honneur ou à celui de sa famille, est puni de 3 à 7 ans de réclusion. Une telle peine est aussi applicable à qui, dans les dites circonstances, cause la mort de la personne qui serait dans une relation charnelle illégitime avec la conjointe, la fille ou la sœur ».

LA CHIENNE, de Jean Renoir (1931)

Un des tout premiers films français du cinéma parlant et l’un des plus grands succès de l’avant-guerre. Adapté du roman de Georges de La Fouchardière (journaliste au Canard Enchaîné), et mettant en scène le génie de Michel Simon, celui que Charlie Chaplin considérait comme « le plus grand acteur du monde ». Acteur dans plus de cent films et autant de pièces de théâtre, il était passionné de sexe et d’érotisme et sa formidable collection à ce sujet fut saccagée et dispersée après sa mort en 1975. Dans ce film, il est jeune, 35 ans, mais à la fin on voit apparaître la silhouette de Boudu.

Jean Renoir disait : « en ce qui concerne Michel Simon, je rêvais de le voir sur l’écran avec certaines expressions (…) je rêvais de le voir avec une espèce de masque qui est aussi passionnant qu’un masque de la tragédie antique. Et j’ai pu réaliser mon rêve.  »

Les deux autres vedettes ont eu un destin dramatique, ressemblant à une suite tragique du film. Lors du tournage, Georges Flamant, qui tenait le rôle du maquereau, était réellement tombé amoureux de sa partenaire, l’actrice Janie Marès (23 ans).

Dans son autobiographie, Jean Renoir raconte les circonstances du drame : « Georges Flamant, ébloui par la perspective de devenir une « star », s’était acheté une grosse voiture américaine. Il savait à peine conduire. Les prises de vue du film terminées, il emmena Janie Marèse dans sa voiture, eut un accident et la jeune femme fut tuée [1] ».

Michel Simon ressentit le coup si douloureusement qu’au cours de l’enterrement il s’évanouit.

L’ATALANTE, le chef-d’œuvre de Jean Vigo, à voir ou à revoir

Puisqu’on est avec Michel Simon, on vous propose de voir ou de revoir L’ATALANTE, de Jean Vigo. Il faut enjamber les superlatifs et les tonnes d’analyses pour regarder ce film en se laissant simplement toucher. Troisième et dernier film de Jean Vigo, mort à 29 ans, en 1934, juste après ce film qui a fait l’objet d’un tas de retouches et de restaurations. Cette version se veut un retour le plus fidèle à sa version d’origine :

En bonus, une interview de François Truffaut par Éric Rohmer, à propos de L’Atalante :

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

La chienne
un film de Jean Renoir
France, 1931

Divorce à l’italienne
un film de Pietro Germi
Italie, 1961

L’Atalante
un film de Jean Vigo
France, 1934

Notes

[1Jean Renoir, Ma vie et mes films, Flammarion, 1974.

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Une sélection :

Les nouveaux négationnistes Accès libreVoir

Le

« Gaza brûle. » C’est avec ces deux mots très clairs que le ministre israélien de la Défense a qualifié mardi 16 septembre l’offensive terrestre menée par l’armée israélienne pour « prendre le contrôle » de la ville de Gaza.

Même les autorités françaises, pourtant diplomates, ont dénoncé « cette campagne destructrice, qui n’a plus de logique militaire ». Le jour même, une commission d’enquête internationale de l’ONU sur le territoire palestinien occupé « estime qu’Israël est responsable du génocide commis à Gaza ».

Pendant ce temps, en France, certains continuent à estimer qu’« Israël n’est pas responsable d’une famine à Gaza » (Bernard-Henri Lévy, 24 août 2025), que « la détestation d’Israël sur la base d’un mensonge médiatique invraisemblable, la fausse famine, le faux génocide, est à son comble » (Gilles-William Goldnadel, 14 septembre 2025) et même qu’« il n’y a AUCUN journaliste à Gaza. Uniquement des tueurs, des combattants ou des preneurs d’otages avec une carte de presse. » (Raphaël Enthoven, 15 août 2025). Gérard Mordillat revient aujourd’hui sur ceux qui s’évertuent à nier la réalité du massacre à Gaza, ces « nouveaux » négationnistes.

Tout un été Là-bas pour se refaire la cerise ! COMMENT LE FASCISME GAGNE LA FRANCE AbonnésÉcouter

Le

Nationaliser le bonheur commence par virer ces passions tristes qui nous bouffent comme des punaises de lit et rétrécissent la surface de la cage. Contre ça il faut des biscuits, il faut des provisions, il faut des armes. Là-bas si j’y suis vous en donne tout l’été, comme cette émission avec le sociologue Ugo Palheta à l’occasion de la nouvelle édition de son livre Comment le fascisme gagne la France. De Macron à Le Pen parue en mai aux éditions La Découverte.

On vise les affects et non la pensée Rima Hassan, sorcière terroriste AbonnésLire

Le

Fachos, droite et extrême droite, de Retailleau à Marion Maréchal en passant par les 94 sénateurs qui exigent la levée de son immunité parlementaire, une chasse délirante est ouverte contre la députée européenne Rima Hassan suite à son entretien avec Jean-Jacques Bourdin le 27 février.

Voilà le pourquoi et le comment d’un lynchage ordinaire.

Charmant dessin daté du 3 mars. Le virage réac du dessinateur Plantu ne date pas d’hier mais il a le mérite de montrer une droitisation générale de plus en plus déboutonnée. Si on suit Plantu, le « dessinateur citoyen », ces dernières années, on arrive à Gaza devenu le Auschwitz du Hamas avec LFI qui garde le camp ? (images trouvées par le site Contre Attaque)